Module 2 / 4 · Sommaire complet de la formation
2.3 Rédiger en trois heures : introduction, développement, conclusion
Une fois le sujet analysé et le plan construit, il reste à écrire une copie complète, claire et correcte en trois heures. Ce chapitre propose une répartition du temps, détaille l'introduction, le développement et la conclusion, puis donne des repères pour le style, l'orthographe, la relecture et l'entraînement.
Une répartition possible des trois heures
Proposition indicative, à adapter à son rythme lors des entraînements.
Analyse du sujet et problématique
Idées, exemples et plan détaillé
Introduction et conclusion au brouillon
Rédaction au propre
Relecture complète
Gérer les trois heures
La composition de culture générale dure trois heures, selon l'annexe I de l'arrêté du 27 avril 2011. C'est à la fois long et court : suffisant pour réfléchir, trop juste pour rédiger deux fois. La plupart des méthodes de dissertation conseillent de consacrer environ un tiers du temps au brouillon (analyse, plan, introduction et conclusion) et deux tiers à la rédaction et à la relecture.
La répartition proposée ci-dessus n'a rien d'officiel ; elle sert de point de départ. Ce qui compte est de se fixer des repères horaires avant de commencer et de s'y tenir. Un candidat qui passe une heure et demie sur son brouillon et bâcle sa troisième partie perd plus de points que celui qui rédige un plan un peu moins riche mais complet.
Deux conseils pratiques reviennent dans toutes les méthodes :
- ne pas rédiger tout le devoir au brouillon : seuls l'introduction et la conclusion méritent d'être écrites entièrement au brouillon ; le développement se rédige directement au propre à partir du plan détaillé ;
- garder une marge pour la relecture : un quart d'heure permet de corriger de nombreuses fautes d'orthographe et d'accord, qui pèsent sur l'évaluation de la « maîtrise du français ».
Rappel de l'article 14 : un candidat qui ne remet pas de copie reçoit la note zéro. Même en cas de difficulté, il faut rendre un devoir complet et structuré, plutôt qu'une copie inachevée.
L'introduction : quatre temps
L'introduction est la première impression que reçoit le correcteur. Dans la méthode classique, elle suit quatre étapes, rédigées en un seul paragraphe ou en quelques paragraphes courts :
- l'accroche : une entrée en matière qui amène le sujet (un fait, une situation, une citation exacte, une évolution récente). On évite les généralités creuses du type « de tout temps, les hommes… » ;
- la présentation et la définition des termes : on cite le sujet et on précise le sens retenu des mots-clés, en s'appuyant sur l'analyse faite au brouillon ;
- la problématique : la question à laquelle le devoir va répondre, formulée clairement ;
- l'annonce du plan : une ou deux phrases qui indiquent les grandes étapes, sans détailler les sous-parties.
Une introduction équilibrée tient en une quinzaine de lignes manuscrites environ. Trop courte, elle ne pose pas le sujet ; trop longue, elle commence à développer ce qui relève des parties.
Le développement : rédiger au propre
Le développement reprend le plan détaillé. Chaque partie commence par une courte phrase d'introduction partielle qui annonce son idée directrice, se poursuit par ses paragraphes argumentatifs (argument, exemple, analyse) et se termine par une transition.
Dans une copie manuscrite, la structure doit se voir. Les usages les plus courants de la composition sont les suivants :
- un alinéa au début de chaque paragraphe ;
- une ligne sautée entre l'introduction et la première partie, entre les parties, et avant la conclusion ;
- pas de titres apparents ni de numérotation (I, A, 1) dans la copie : c'est la rédaction elle-même qui doit rendre le plan visible, grâce aux phrases d'annonce et aux transitions.
Ces usages relèvent de la tradition scolaire de la dissertation ; l'arrêté ne les impose pas. Ils sont néanmoins attendus de fait dans toute composition, car ils facilitent la lecture. En cas d'hésitation sur les consignes de présentation, on suit celles qui figurent sur le sujet ou qui sont données en salle d'examen.
Une écriture lisible fait partie des qualités rédactionnelles : un correcteur qui doit déchiffrer chaque mot lit moins bien le raisonnement. S'entraîner à écrire trois heures à la main, régulièrement, est une préparation à part entière, surtout pour qui n'écrit plus qu'au clavier.
La conclusion : bilan et ouverture
La conclusion est souvent rédigée à la hâte, alors qu'elle laisse la dernière impression. Il est prudent de l'écrire au brouillon avant de commencer la rédaction au propre, pour ne pas en être privé si le temps manque.
Elle comprend deux temps :
- le bilan : une réponse claire à la problématique, qui reprend le chemin parcouru sans répéter mot pour mot les parties ;
- l'ouverture : un élargissement vers une question voisine, un enjeu à venir ou une autre échelle. L'ouverture doit rester en lien avec le sujet ; une question sans rapport ou une formule toute faite affaiblit la fin du devoir.
La conclusion ne doit pas introduire d'argument nouveau qui aurait dû figurer dans le développement. Une dizaine de lignes suffit.
Style, orthographe et relecture
La « maîtrise de la langue française » est explicitement évaluée. Elle se joue sur trois plans : la correction (orthographe, grammaire, ponctuation), la clarté (des phrases construites, pas trop longues) et la précision du vocabulaire.
Quelques habitudes aident à progresser :
- écrire des phrases de longueur moyenne, avec un sujet, un verbe et un complément identifiables ; une phrase de six lignes a toutes les chances de contenir une erreur ;
- préférer le mot juste au mot rare : « la société » plutôt que « le corps social » si l'on n'est pas sûr du sens ;
- bannir les abréviations, le style télégraphique et le langage familier ;
- utiliser le « nous » de modestie ou des tournures impersonnelles (« on peut considérer que… ») plutôt que le « je », sauf consigne contraire.
Pendant la relecture, on cherche en priorité les fautes les plus fréquentes : accords (sujet et verbe, adjectifs, participes passés), homophones (a / à, ces / ses, et / est), terminaisons verbales (-é / -er). Une relecture en deux passages, l'un pour le sens, l'autre pour l'orthographe, est plus efficace qu'une lecture unique.
Sur certains points, l'usage hésite et les ouvrages de référence divergent : l'Académie française admet par exemple des tolérances issues des rectifications orthographiques de 1990. Dans le doute, on choisit la forme la plus courante et l'on évite les tournures dont on n'est pas sûr. Pour s'entraîner sur les règles les plus utiles, le portail propose un QCM d'orthographe et de grammaire pour les concours.
S'entraîner efficacement
La composition ne se prépare pas en lisant des méthodes, mais en écrivant. Une progression raisonnable consiste à alterner trois types d'exercices au fil des semaines :
- les exercices courts (30 à 45 minutes) : analyser un sujet et trouver la problématique, construire un plan détaillé, rédiger une introduction. Ils peuvent se faire souvent ;
- les devoirs complets en temps limité : trois heures, à la main, sans aide, dans des conditions proches de l'épreuve. Un toutes les deux ou trois semaines, puis plus fréquemment à l'approche du concours ;
- la relecture critique : reprendre ses copies quelques jours plus tard, repérer les défauts récurrents (hors-sujet, exemples non exploités, fautes répétées), et si possible les faire lire par une personne qui a l'habitude de corriger.
Les sujets des sessions précédentes publiés par la gendarmerie sont le meilleur matériau d'entraînement, car ils donnent une idée réelle des thèmes et des formulations. Aucun corrigé officiel n'accompagnant généralement ces sujets, l'essentiel est d'appliquer la méthode et de mesurer ses progrès d'un devoir à l'autre.
L'entraînement à la composition sert aussi à l'entretien avec le jury, qui porte principalement sur les grandes questions d'actualité : savoir construire un raisonnement argumenté à l'écrit aide à le faire à l'oral. Le calendrier de préparation d'ensemble est présenté au chapitre planning de préparation.
Checklist des quinze dernières minutes
La composition n'est ni une note ni un rapport ; pour les autres épreuves rédigées des concours (note sur dossier, rapport, cas pratique) et les remarques publiées par les jurys sur l'orthographe et la présentation, voir la formation méthode des épreuves rédigées.
Sources
- Arrêté du 27 avril 2011 fixant les programmes, les conditions d'organisation et de déroulement ainsi que les coefficients attribués aux différentes épreuves des concours de recrutement des sous-officiers de gendarmerie, version en vigueur au 1er octobre 2025 (annexe I, articles 13 et 23) — Légifrance
- Académie française, « Dire, ne pas dire » et « Questions de langue » — academie-francaise.fr
- Sujets des sessions précédentes publiés par la gendarmerie (pour s'entraîner sur des sujets réels, à consulter sur le site du recruteur) — gendarmerie.interieur.gouv.fr
- Méthode de la dissertation : démarche classique de l'enseignement secondaire et supérieur, présentée à titre de conseil ; la répartition du temps est une proposition indicative.
À retenir
- Se fixer des repères horaires : environ un tiers du temps au brouillon, deux tiers à la rédaction et à la relecture.
- Écrire au brouillon l'introduction et la conclusion, pas tout le développement.
- Introduction en quatre temps : accroche, définitions, problématique, annonce du plan.
- Conclusion : bilan qui répond à la problématique, puis ouverture en lien avec le sujet.
- Garder un quart d'heure de relecture : accords, homophones, terminaisons ; la maîtrise du français est évaluée.
- Rendre toujours une copie : l'absence de copie vaut zéro (article 14) et toute note sous 6/20 est éliminatoire.