Concours sous-officier de gendarmerie
Les épreuves d'admission

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 3 : Épreuves d'admission 14 min de lecture

3.2 Épreuve physique gendarmerie : les trois ateliers

L'épreuve physique gendarmerie est la seule épreuve sportive du premier concours. Elle enchaîne trois ateliers qui reproduisent des efforts du métier : franchir des obstacles, simuler un combat, porter une charge. Ce chapitre explique ce que fixe l'arrêté, comment la note est construite et comment s'y préparer sans se blesser.

Les trois ateliers, dans l'ordre de l'annexe IV

Atelier 1

Parcours d'obstacles

Chronométré

Atelier 2

Simulation d'un combat

Chronométrée

Atelier 3

Transport de poids

Réussite ou échec

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Le cadre fixé par l'arrêté

L'épreuve physique gendarmerie fait partie des épreuves d'admission du premier concours. L'annexe I de l'arrêté du 27 avril 2011 lui donne le coefficient 3 et la décrit comme un « parcours d'obstacles destiné à tester le potentiel physique du candidat ». Son déroulement et son barème figurent à l'annexe IV du même arrêté.

Comme toutes les épreuves du concours, à la seule exception de l'évaluation numérique, elle est soumise à l'article 23 : « est éliminé tout candidat ayant obtenu une note inférieure à 6 sur 20 à l'une des épreuves ». Une note sous 6 à l'épreuve physique suffit donc à être éliminé, même avec d'excellents résultats par ailleurs.

Avec un coefficient 3 sur 18, l'épreuve pèse environ un sixième du total. C'est moins que la composition et l'entretien, mais c'est une épreuve sur laquelle la préparation produit des progrès mesurables, à condition de commencer tôt.

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Comment la note est construite

L'annexe IV décrit trois ateliers. Les deux premiers, le parcours d'obstacles et la simulation d'un combat, sont chronométrés : c'est le temps réalisé sur ces deux ateliers qui sert à établir la note sur 20, selon un barème qui distingue les hommes et les femmes. Le troisième, le transport de poids, est évalué en réussite ou échec.

« L'échec au troisième atelier entraîne le retrait d'un point sur la note obtenue lors des deux premiers ateliers chronométrés. »

— Arrêté du 27 avril 2011 modifié, annexe IV

Deux conséquences pratiques en découlent. La note se joue d'abord sur la vitesse et l'enchaînement des deux ateliers chronométrés : chaque seconde perdue, par exemple sur un obstacle mal abordé, se paie au barème. Le transport de poids, lui, ne rapporte pas de points, mais son échec en coûte un, ce qui peut suffire à faire passer une note sous le seuil éliminatoire de 6.

Les temps de référence, la description détaillée de chaque obstacle et la charge à transporter figurent dans l'annexe IV. Ils peuvent être modifiés par arrêté : consultez la version en vigueur sur Légifrance et les documents remis avec la convocation plutôt que des tableaux recopiés sur des forums.

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Ce que chaque atelier sollicite

Sans reprendre le détail du barème, on peut décrire les qualités physiques que les trois ateliers mobilisent. C'est utile pour construire un entraînement équilibré.

AtelierMode d'évaluationQualités sollicitées
Parcours d'obstaclesChronométréVitesse, coordination, franchissement, gainage, capacité à enchaîner sans temps mort
Simulation d'un combatChronométréePuissance, résistance à l'effort intense et court, maîtrise du souffle
Transport de poidsRéussite ou échecForce, gainage, posture de port de charge, résistance à la fatigue en fin d'épreuve

Le transport de poids arrive en dernier, après deux ateliers intenses : c'est souvent la fatigue, plus que la force pure, qui fait échouer. S'entraîner à porter une charge après un effort, et non à froid, prépare mieux à cette situation.

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Se préparer : les principes d'un entraînement

Les conseils qui suivent sont des principes généraux d'entraînement, pas une méthode officielle de la gendarmerie. Ils ne remplacent ni l'avis d'un médecin ni celui d'un éducateur sportif.

  • Commencer par un avis médical, surtout si vous reprenez une activité après une longue interruption ou si vous avez des antécédents (blessure, problème cardiaque, asthme).
  • Progresser par paliers. Augmenter l'intensité ou le volume d'un coup est la première cause de blessure. Mieux vaut trois séances modérées par semaine pendant plusieurs mois qu'une préparation intensive de dernière minute.
  • Travailler toutes les qualités. Endurance de base (course, vélo, natation), renforcement musculaire (gainage, membres supérieurs et inférieurs), vitesse et coordination (fractionné court, parcours d'agilité).
  • Simuler l'enchaînement. Quelques semaines avant l'épreuve, enchaîner un effort de franchissement, un effort intense et court, puis un port de charge reproduit la logique des trois ateliers.
  • Récupérer. Sommeil, hydratation et jours de repos font partie de la préparation. La semaine de l'épreuve, on entretient la forme, on ne cherche plus à progresser.
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Le jour de l'épreuve

Quelques réflexes simples limitent les points perdus bêtement :

  • Lire la convocation : tenue, documents à présenter, horaire. Les consignes données sur place par les examinateurs prévalent sur tout ce que vous avez pu lire ailleurs.
  • S'échauffer progressivement, articulations et cardio, sans s'épuiser avant le départ.
  • Écouter les explications sur le parcours et poser ses questions avant le départ : une erreur d'itinéraire ou un obstacle mal franchi coûte du temps.
  • Gérer l'effort : partir vite mais garder de quoi réussir le transport de poids, dont l'échec retire un point.
  • Signaler tout problème de santé aux examinateurs avant l'épreuve plutôt que de la tenter blessé.

L'épreuve physique se passe pendant la phase d'admission, qui regroupe aussi l'entretien, l'évaluation numérique et les inventaires de personnalité. Organisez votre préparation pour arriver en forme sur l'ensemble de ces journées, pas seulement sur le parcours.

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Les erreurs fréquentes à éviter

Certaines erreurs reviennent chez les candidats qui préparent seuls une épreuve sportive de concours :

Commencer trop tard

La condition physique se construit sur des mois : attendre la réussite à l'admissibilité pour s'y mettre laisse trop peu de temps.

S'entraîner d'après un barème non vérifié

Seule l'annexe IV en vigueur fait foi : un ancien tableau peut induire en erreur sur l'objectif.

Négliger le port de charge

L'atelier ne rapporte pas de points, mais son échec en retire un.

Se surentraîner

Une blessure dans les dernières semaines coûte plus cher qu'une séance manquée.

La même logique vaut pour d'autres concours de la sécurité intérieure, avec des ateliers différents : la formation préparer le concours de gardien de la paix décrit par exemple l'épreuve physique de la police nationale.

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Un exemple de progression sur plusieurs mois

Le calendrier de chaque session, fixé par arrêté, laisse en général plusieurs mois entre l'inscription et les épreuves d'admission. Ce délai permet de construire une préparation physique progressive. Le découpage ci-dessous est un exemple, à adapter à son niveau de départ et à l'avis d'un médecin ou d'un éducateur sportif ; il ne reproduit aucun programme officiel.

PériodeObjectifContenu indicatif
Phase 1 : les fondationsConstruire une base d'endurance et de gainageDeux à trois séances par semaine : course ou vélo à allure modérée, renforcement au poids du corps, mobilité articulaire.
Phase 2 : le développementGagner en puissance et en vitesseFractionné court, renforcement des bras et du tronc, exercices d'agilité et de franchissement, port de charge progressif.
Phase 3 : la spécificitéSe rapprocher des conditions de l'épreuveEnchaînements courts et intenses, simulation de parcours, port de charge en fin de séance, chronométrage de ses propres circuits.
Dernières semainesArriver fraisVolume réduit, intensité maintenue, sommeil et récupération prioritaires, aucune nouveauté.

Deux conseils accompagnent ce type de progression. D'abord, noter ses séances : durée, exercices, sensations. Un carnet d'entraînement permet de repérer les progrès, mais aussi les signes de fatigue excessive (douleurs persistantes, sommeil perturbé, baisse de performance), qui doivent conduire à lever le pied. Ensuite, ne pas sacrifier le reste de la préparation : l'épreuve physique compte pour un coefficient 3, quand la composition et l'entretien pèsent chacun 7. Un entraînement physique régulier et modéré se combine d'ailleurs bien avec les révisions : il aide à tenir un rythme de travail sur plusieurs mois.

Si vous pratiquez déjà un sport collectif, un sport de combat ou la course à pied, vous disposez d'une base utile. Le travail spécifique porte alors sur ce que ces pratiques développent moins : le franchissement d'obstacles, l'enchaînement d'efforts différents et le port de charge sous fatigue.

Coefficients des épreuves du premier concours (total 18)

Composition de culture généralecoef. 7
Entretien avec le jurycoef. 7
Épreuve physiquecoef. 3
Évaluation numériquecoef. 1

Sources

  • Arrêté du 27 avril 2011 fixant les programmes, les conditions d'organisation et de déroulement ainsi que les coefficients des concours de recrutement des sous-officiers de gendarmerie, version en vigueur au 1er octobre 2025 : annexe I (coefficients), annexe IV (épreuve physique gendarmerie), article 23 (notes éliminatoires) — Légifrance

À retenir

  • Épreuve d'admission, coefficient 3, déroulement et barème à l'annexe IV de l'arrêté du 27 avril 2011.
  • Trois ateliers : parcours d'obstacles et simulation d'un combat chronométrés, transport de poids en réussite ou échec.
  • La note vient des deux ateliers chronométrés, selon un barème distinct pour les hommes et les femmes.
  • Échec au transport de poids : un point retiré.
  • Note inférieure à 6 sur 20 : éliminatoire (article 23).
  • Préparation progressive sur plusieurs mois, avis médical préalable, consignes de la convocation.

Sommaire de la formation