Module 3 / 4 · Sommaire complet de la formation
3.1 L'épreuve du compte rendu : ce qu'elle évalue, ce qu'elle interdit
Depuis 2025, l'écrit du concours se résume à un exercice professionnel : rédiger, en une heure, le compte rendu qu'un surveillant adresserait à sa hiérarchie après un incident. Pas de connaissances à réciter, mais des règles de forme strictes, dont une qui peut valoir l'élimination.
L'épreuve en chiffres (arrêté du 4 juin 2025, art. 3)
de rédaction
coefficient
supports possibles : images, vidéo, documents
dictionnaire ou appareil électronique autorisé
Ce que dit le texte
« La rédaction d'un compte rendu établi à partir d'une série d'images, d'une projection vidéo ou de documents relatifs à un événement ou un incident susceptible de survenir à l'occasion de l'exercice des fonctions de surveillant de l'administration pénitentiaire. Cette épreuve a pour objet de vérifier la capacité du candidat à rendre compte à sa hiérarchie en rédigeant un rapport circonstancié à partir dudit événement ou incident. »
— Notice de renseignements, session 2027 A, reprenant l'arrêté du 4 juin 2025
L'épreuve dure une heure, est notée de 0 à 20 et porte le coefficient 1. Elle constitue la deuxième épreuve d'admissibilité, après la série d'épreuves physiques.
L'arrêté ne prévoit aucun programme : le sujet contient tout ce qu'il faut savoir. Ce qui est évalué, c'est la capacité à rendre compte : observer, restituer les faits dans l'ordre, dire ce qui a été fait et le transmettre à la bonne personne, dans une forme professionnelle.
Rendre compte : une obligation du métier
L'épreuve n'est pas un exercice scolaire. Elle reproduit une obligation inscrite dans le code de déontologie du service public pénitentiaire :
« Tout personnel de l'administration pénitentiaire a le devoir de rendre compte à l'autorité investie du pouvoir hiérarchique, sans omission ou dissimulation, de son action et de l'exécution des missions qu'il en a reçues, ou, le cas échéant, des raisons qui ont rendu leur exécution impossible. »
— Code pénitentiaire, art. R. 122-20
Deux mots de cet article guident toute la copie : sans omission (tout ce qui compte doit figurer) et sans dissimulation (y compris ce qui n'a pas bien fonctionné). Le même article ajoute que, lors des relèves, toutes les informations utiles sont consignées au bénéfice des agents qui prennent le service.
Un compte rendu sert à la hiérarchie pour décider (suite à donner, mesures de sécurité, information d'autres services) et peut être relu longtemps après les faits. D'où l'exigence de précision : heures, lieux, identités, actes accomplis.
L'exemple du sujet de la 1re session 2026
Le premier sujet au nouveau format, publié par le ministère, donne une idée précise de l'exercice. Le candidat y joue le rôle d'un surveillant, sous un nom d'emprunt imposé, référent du quartier arrivant d'une maison d'arrêt fictive. L'énoncé :
- décrit l'établissement (nombre de personnes détenues, bâtiments, unités, étages) et la mission du jour ;
- nomme le supérieur hiérarchique, destinataire du compte rendu ;
- raconte, heure par heure, un incident grave découvert lors de l'appel du matin et ses suites (prise en charge sanitaire, retour en cellule, surveillance spécifique) ;
- demande un compte rendu « relatif à l'incident, à vos pratiques professionnelles et les mesures prises pour éviter la réitération des faits ».
Deux annexes accompagnaient le sujet : une fiche réflexe d'intervention et une note de service interne. Le candidat devait donc s'appuyer sur ces documents pour décrire les gestes accomplis et proposer des mesures. La demande comportait trois volets : les faits, les pratiques professionnelles, les mesures de prévention. Un compte rendu qui n'en traite qu'un est incomplet.
La règle qui élimine : l'anonymat
Le sujet 2026 contenait cette consigne :
Le compte rendu doit être signé, comme un vrai compte rendu professionnel, mais uniquement avec l'identité fictive fournie par le sujet (grade, nom, fonction). Son vrai nom, ses initiales, une signature personnelle, le nom de sa ville : tout élément qui permettrait d'identifier le candidat est à proscrire.
Le rapport du jury de la 1re session 2024, sur l'ancien format, relevait déjà seize ruptures d'anonymat sanctionnées par la note de zéro au seul concours national. C'est l'erreur la plus facile à éviter : relire l'en-tête et la signature avant de rendre la copie.
Ce qui est interdit pendant l'épreuve
La page de garde du sujet 2026 précise que « l'usage de tout ouvrage de référence, de tout dictionnaire ou de tout matériel électronique (y compris la calculatrice) est rigoureusement interdit ».
L'orthographe se travaille donc avant l'épreuve : pas de correcteur ni de dictionnaire le jour J. Le rapport de jury de 2024 notait qu'« un minimum de fautes d'orthographe est apprécié » et que l'écriture doit être lisible.
Interdit
- Dictionnaire, ouvrage de référence
- Téléphone, montre connectée, calculatrice
- Tout signe d'identification personnelle
Attendu
- Une écriture lisible, à l'encre foncée
- Une orthographe soignée
- La signature du nom d'emprunt du sujet
Pour vérifier son niveau en français avant le concours, le portail propose un QCM d'orthographe et de grammaire pour les concours.
Ce que le jury attend (rapport 2024, ancien format)
Le seul rapport de jury récent publié porte sur la 1re session 2024, donc sur l'ancien format. Sa partie consacrée au compte rendu reste pertinente, puisque l'exercice n'a pas changé de nature :
- écrire « un compte rendu qui ne soit pas un copié-collé du sujet » : le jury préfère une narration différente de l'énoncé, qui montre que le candidat a compris ;
- soigner l'orthographe et la lisibilité ;
- faire des propositions : « les meilleures copies furent des copies dans lesquelles les candidats ont pu faire des propositions d'amélioration ou de bonnes pratiques professionnelles », qui doivent être « de bon sens » et montrer que le candidat a réfléchi aux faits.
Le jury ne s'attend pas à ce qu'un candidat connaisse déjà les procédures internes : les propositions doivent rester réalistes et s'appuyer sur les documents du sujet. Les deux chapitres suivants détaillent la structure et la méthode de rédaction.
Les trois volets d'une demande de compte rendu (sujet 2026)
L'incident
Ce qui s'est passé, heure par heure
Les pratiques
Ce que j'ai fait, conformément aux consignes
Les mesures
Ce que je propose pour éviter que cela se reproduise
Sources
- Arrêté du 4 juin 2025, art. 3 — Légifrance
- Code pénitentiaire, art. R. 122-20 (édition du 7 septembre 2026) — Légifrance
- Direction de l'administration pénitentiaire, sujet de l'épreuve écrite de la 1re session 2026, notice 2027 A et rapport du jury de la 1re session 2024 — lajusticerecrute.fr
À retenir
- Compte rendu d'une heure, coefficient 1, à partir d'images, d'une vidéo ou de documents.
- Objet : rendre compte à sa hiérarchie par un rapport circonstancié ; aucun programme.
- Fondement : le devoir de rendre compte sans omission ni dissimulation (R. 122-20).
- Signer uniquement avec le nom d'emprunt du sujet : toute autre indication est éliminatoire.
- Aucun dictionnaire ni appareil électronique, calculatrice comprise.
- Le jury apprécie une narration propre (pas de copié-collé) et des propositions de bon sens.