Module 4 / 4 · Sommaire complet de la formation
4.2 L'oral avec le jury : entretien de personnalité ou RAEP
L'oral représente à lui seul 80 des 140 points du concours. Il prend l'une des deux formes choisies à l'inscription : un entretien de personnalité, ou un entretien fondé sur la reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle. Ce chapitre présente les deux options et une méthode pour s'y préparer.
Deux options, un même oral de 20 minutes, coefficient 4
Entretien de personnalité
Porte sur l'aptitude à exercer les fonctions de surveillant et sur les motivations. Ouvert à tous les candidats.
Entretien RAEP
Porte exclusivement sur le dossier d'expérience du candidat. Réservé à ceux qui ont au moins trois ans d'expérience dans la sécurité ou l'administration pénitentiaire.
Ce que prévoit le texte
L'article 5 de l'arrêté du 4 juin 2025 et la notice décrivent une épreuve orale, « au choix du candidat, déterminée au moment de son inscription » :
- soit un entretien de personnalité portant sur son aptitude à exercer les fonctions de surveillant et ses motivations (20 minutes maximum, coefficient 4) ;
- soit la reconnaissance des acquis de son expérience professionnelle (RAEP), dès lors qu'il dispose d'une expérience professionnelle minimale de trois ans (20 minutes maximum, coefficient 4).
Le choix se fait à l'inscription et ne peut pas être modifié le jour de l'oral. En cas d'égalité de points à l'issue du concours, l'arrêté donne la priorité à la meilleure note à cet oral (art. 6).
Avec un coefficient 4, l'oral pèse deux fois plus que les épreuves physiques et quatre fois plus que le compte rendu : c'est lui qui décide du classement final.
L'option RAEP : conditions et dossier
Selon la notice, sont pris en compte « les emplois inscrits dans la filière sécurité du répertoire interministériel de l'État ou en relation avec les métiers de la sécurité ou relevant de l'administration pénitentiaire ». Le candidat produit, à l'inscription, un dossier professionnel faisant apparaître son cursus et ses motivations, et l'entretien porte « exclusivement sur le dossier constitué par le candidat ».
Le modèle de dossier de la session 2027 A comprend notamment :
Le dossier se retourne par courriel au service des concours avant une date limite fixée par le dossier (le 26 février 2027 pour la session 2027 A) ; le modèle précise que sa présentation « constitue une épreuve d'admission ». La déclaration sur l'honneur rappelle les peines encourues pour faux (code pénal, art. 441-1) : tout ce qui est écrit doit être exact et justifiable.
Préparer la présentation de soi
Quelle que soit l'option, l'oral commence généralement par une présentation du candidat. Le rapport du jury de la 1re session 2024, sur l'ancien format, précisait que la présentation du parcours scolaire et professionnel « doit être ordonnée et couvrir au plus 5 minutes sur les 20 consacrés à l'oral ». Les textes de 2025 ne fixent pas de durée : ce repère reste un bon ordre de grandeur.
Une trame possible (conseil de méthode) :
- Qui je suis : parcours scolaire et professionnel, en quelques phrases.
- Ce que j'en retire : deux ou trois qualités illustrées par des faits (travail en équipe, horaires décalés, gestion d'un conflit, rigueur).
- Pourquoi ce métier : ce que j'ai compris du rôle du surveillant, sécurité et réinsertion, et pourquoi il me correspond.
- Mon projet : la formation à l'ENAP, le type d'établissement, les évolutions possibles.
Pour l'option RAEP, la présentation s'appuie sur le dossier : le jury l'a lu, il attend une mise en perspective, pas une relecture.
Les mises en situation : du bon sens, pas LA réponse
Le jury propose souvent des mises en situation. Le rapport de 2024 donne une indication précieuse : « le jury n'attend pas LA réponse professionnelle mais une réponse de bon sens qui démontre que le candidat a réfléchi à ce métier et qu'il a pu s'en imprégner par des lectures ».
Une méthode en quatre temps (conseil de méthode), illustrée sur un cas fictif : « Une personne détenue vous propose de l'argent pour faire passer un message à l'extérieur. »
- Identifier la règle : le code de déontologie interdit d'accepter des dons et de se charger d'un message pour une personne détenue (code pénitentiaire, art. R. 122-14).
- Réagir sur le moment : refuser calmement, sans agressivité, en rappelant la règle.
- Rendre compte : informer sa hiérarchie, par écrit (art. R. 122-20).
- Rester dans son rôle : la suite relève de la hiérarchie, pas d'une initiative personnelle.
Cette structure (règle, réaction, compte rendu, place de la hiérarchie) fonctionne pour la plupart des situations : tension en détention, découverte d'un objet interdit, malaise d'une personne détenue, ordre qui paraît contestable.
Les règles de déontologie à connaître
Les mises en situation s'appuient souvent, sans le dire, sur le code de déontologie du service public pénitentiaire (code pénitentiaire, art. R. 122-1 et suivants). Les plus utiles :
| Article | Règle |
|---|---|
| R. 122-1 | Loyauté envers les institutions républicaines ; intégrité, impartialité, probité, dignité en toute circonstance |
| R. 122-6 | Usage de la force seulement dans les conditions et limites posées par les lois et règlements |
| R. 122-10 | Respect absolu des personnes confiées ; ni violence, ni intimidation, ni discrimination, ni tutoiement |
| R. 122-11 | Toute mesure pour sauvegarder la vie et la santé des personnes confiées |
| R. 122-14 et R. 122-15 | Aucun don, aucun message, aucune relation non justifiée par le service |
| R. 122-19 | Obéissance aux instructions, sauf ordre manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public |
| R. 122-7 | Témoin d'agissements prohibés : s'efforcer de les faire cesser, en informer la hiérarchie et, s'il s'agit d'infractions, le procureur |
Pour les droits et obligations communs à tous les agents publics (neutralité, laïcité, secret professionnel), le QCM droits et obligations du fonctionnaire permet de vérifier ses connaissances.
Le jour de l'oral
Quelques repères pratiques, tirés du rapport de jury de 2024 et du bon sens :
- La tenue : le rapport demande d'être habillé de façon sobre et décente, « y compris si les températures sont élevées ».
- L'attitude : écouter la question jusqu'au bout, prendre deux secondes avant de répondre, reconnaître simplement ce que l'on ne sait pas.
- Les connaissances : le rôle du surveillant, les types d'établissements, les grandes règles de déontologie ; pour situer la justice dans l'État, le QCM institutions françaises et européennes peut servir de révision.
- La cohérence : les tests et l'entretien psychologique sont utilisés par le jury ; mieux vaut un discours sincère qu'un rôle appris.
S'entraîner à voix haute, devant un proche qui joue le jury, reste la meilleure préparation : présentation chronométrée, puis deux ou trois mises en situation tirées au hasard.
Répondre à une mise en situation en quatre temps
La règle
Quel texte ou quelle consigne s'applique ?
La réaction
Que fais-je tout de suite, calmement ?
Le compte rendu
Qui j'informe, et comment ?
La hiérarchie
Qu'est-ce qui relève d'elle ?
Sources
- Arrêté du 4 juin 2025, art. 5 et 6 — Légifrance
- Code pénitentiaire, art. R. 122-1 à R. 122-20 — Légifrance
- Direction de l'administration pénitentiaire, notice et dossier RAEP de la session 2027 A ; rapport du jury de la 1re session 2024 — lajusticerecrute.fr
À retenir
- Oral de 20 minutes, coefficient 4 : 80 des 140 points du concours.
- Deux options choisies à l'inscription : entretien de personnalité ou RAEP (3 ans d'expérience).
- RAEP : l'entretien porte exclusivement sur le dossier, à renvoyer avant la date limite.
- Présentation ordonnée ; repère du jury 2024 : 5 minutes au plus.
- Mises en situation : du bon sens, la règle, la réaction, le compte rendu, la hiérarchie.
- Réviser le code de déontologie (R. 122-1 et suivants) ; tenue sobre et discours sincère.