13e mois
13e mois / Gratification de fin d'année
Le 13e mois (ou prime de fin d'année) correspond à un mois de salaire supplémentaire. Non obligatoire au titre du Code du travail, il résulte de la convention collective, d'un accord ou d'un usage. Soumis aux cotisations et à l'impôt comme un salaire ordinaire.
Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin
13e mois 13ème mois Treizième mois Prime de fin d'année Gratification annuelle Prime annuelleQu'est-ce que c'est ?
Le 13e mois (ou "prime de fin d'année", "gratification annuelle") est un complément de salaire correspondant généralement à un mois de salaire supplémentaire, versé en une ou plusieurs fois dans l'année (souvent en novembre ou décembre).
Il n'est pas obligatoire au titre du Code du travail. Son versement résulte de la convention collective, d'un accord d'entreprise, du contrat de travail ou d'un usage constant. Quand il est dû, il constitue un élément de rémunération que l'employeur ne peut pas supprimer unilatéralement.
Le 13e mois est soumis aux cotisations sociales et imposable dans les mêmes conditions que le salaire. Il apparaît comme une ligne distincte du bulletin du mois de versement, ce qui explique un brut (et un PAS) nettement plus élevés ce mois-là.
Comment c'est calculé ?
Le 13e mois est généralement égal à un mois de salaire de base, mais les modalités dépendent de la convention ou de l'accord :
13e mois = salaire mensuel de base (ou base définie par la convention) × prorata de présence
Modalités courantes
- Versement intégral en décembre (ou novembre)
- Versement fractionné : 50 % en juin, 50 % en décembre
- Mensualisation : 1/12 ajouté chaque mois (plus rare)
- Prorata temporis pour les salariés entrés ou sortis en cours d'année
Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)
Salarié à 2 400 € brut/mois, présent toute l'année, 13e mois versé en décembre :
- Brut de décembre : 2 400 (salaire) + 2 400 (13e mois) = 4 800 €
- Cotisations et PAS calculés sur 4 800 € ce mois-là
Salarié arrivé le 1er juillet (6 mois de présence) :
- 13e mois proratisé : 2 400 × 6/12 = 1 200 €
Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?
Le 13e mois est un élément de salaire à part entière, soumis aux mêmes prélèvements que la rémunération ordinaire :
- Soumis à toutes les cotisations sociales (salariales et patronales)
- Imposable et intégré au net imposable
- Soumis au prélèvement à la source (le mois de versement)
- Génère des droits à la retraite
Le versement du 13e mois peut faire basculer temporairement le salarié dans la tranche 2 (si le brut du mois dépasse 1 PMSS), entraînant des cotisations AGIRC-ARRCO T2, CEG T2 et CET ce mois-là.
Une fois acquis (par convention ou usage), le 13e mois ne peut pas être supprimé unilatéralement par l'employeur. Il entre dans l'assiette de calcul de certaines indemnités (congés payés, licenciement).
À quoi sert cette cotisation ?
Le 13e mois est un complément de rémunération qui poursuit plusieurs objectifs :
Pour le salarié
- Lissage du pouvoir d'achat : il aide à faire face aux dépenses de fin d'année (fêtes) ou aux besoins ponctuels (versement en juin/décembre)
- Augmentation de la rémunération annuelle globale : un salaire de 2 400 € sur 13 mois équivaut à 31 200 €/an, soit 2 600 €/mois lissés
Pour l'entreprise
- Attractivité et fidélisation : le 13e mois est un avantage social valorisé dans le recrutement
- Élément différenciant dans la négociation salariale
Origine conventionnelle
Le 13e mois n'est pas légal. Il est très répandu dans certaines branches (banque, assurance, grande distribution, métallurgie) mais absent dans d'autres. Quand il existe, il est obligatoire pour l'employeur selon les modalités prévues par la convention, l'accord ou l'usage.
En cas de litige (calcul, prorata, suppression), le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes. Source : service-public.fr — Primes et gratifications.
Évolutions récentes
Le 13e mois est une pratique ancienne, née de la négociation collective et des usages d'entreprise :
- Il s'est développé dès l'après-guerre dans certaines branches (banque, assurance) comme avantage social distinctif.
- La jurisprudence de la Cour de cassation a précisé son régime : conditions d'acquisition, prorata, caractère d'usage, modalités de dénonciation.
- Le 13e mois reste un usage ou un avantage conventionnel, jamais une obligation légale générale. Sa présence varie fortement selon les secteurs.
Aujourd'hui, le 13e mois est particulièrement répandu dans la banque, l'assurance, la grande distribution, la métallurgie et de nombreuses grandes entreprises. Il fait souvent l'objet de négociations annuelles obligatoires (NAO).
Pour vérifier si vous y avez droit, consultez votre convention collective sur Légifrance ou votre contrat de travail.
Cas pratiques
Cas 1 — Salarié présent toute l'année
Salaire 2 400 €/mois, 13e mois versé en décembre :
- Décembre : brut = 4 800 € (salaire + 13e mois)
- Rémunération annuelle : 2 400 × 13 = 31 200 €
Cas 2 — Salarié entré en cours d'année
Salarié arrivé le 1er avril (9 mois de présence), salaire 2 400 € :
- 13e mois proratisé : 2 400 × 9/12 = 1 800 €
Cas 3 — Versement fractionné
Convention prévoyant un demi 13e mois en juin et l'autre moitié en décembre :
- Juin : brut = salaire + 1 200 € (demi 13e mois)
- Décembre : brut = salaire + 1 200 €
Cas 4 — Effet sur l'impôt à la source
Le mois du versement, le prélèvement à la source est calculé sur un brut doublé. Le salarié voit donc un PAS nettement plus élevé en décembre. Ce n'est pas une "double imposition" : c'est simplement l'impôt dû sur un revenu plus important ce mois-là.
Questions fréquentes
Sources officielles
- Service-public.fr — Primes et gratifications — officiel
- Légifrance — Conventions collectives (IDCC) — officiel
Page mise à jour le 26/05/2026.