Primes · 2026

Prime ancienneté Syntec

Prime d'ancienneté et convention Syntec (IDCC 1486) : ce que prévoit vraiment la branche

Idée reçue : la convention Syntec (IDCC 1486) ne prévoit aucune prime d'ancienneté, ni pour les ETAM ni pour les cadres. Si une telle ligne figure sur votre bulletin, elle vient d'un usage, du contrat ou d'un accord d'entreprise. L'ancienneté Syntec donne en revanche des congés supplémentaires (1 à 4 jours) et d'autres droits.

Catégorie Primes
Taux salarial soumise comme du salaire si versée (usage, contrat, accord)
Taux patronal soumise comme du salaire si versée
Assiette Aucun barème de branche : la CCN Syntec ne prévoit pas cette prime
Millésime 2026

Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin

Prime d'ancienneté Prime anc. P. ancienneté

Qu'est-ce que c'est ?

Contrairement à une idée très répandue, la Convention Collective Nationale Syntec (IDCC 1486) — bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils, sociétés de conseil, numérique, ingénierie, événementiel — ne prévoit aucune prime d'ancienneté, ni pour les ETAM (Employés, Techniciens, Agents de Maîtrise), ni pour les Ingénieurs et Cadres.

Si une ligne « prime d'ancienneté » figure malgré tout sur votre bulletin de paie alors que votre entreprise relève de la Syntec, elle ne vient pas de la branche : elle provient nécessairement d'un accord d'entreprise, de votre contrat de travail ou d'un usage d'entreprise. Elle est alors traitée comme un complément de salaire classique (soumise à cotisations et imposable).

La confusion est fréquente avec d'autres conventions qui, elles, prévoient bien une prime d'ancienneté à barème (Métallurgie, bâtiment ETAM, pharmacie…). Dans la Syntec, l'ancienneté ouvre d'autres droits : congés supplémentaires d'ancienneté, préavis allongé, meilleur maintien de salaire en cas de maladie et indemnité de licenciement majorée.

Comment c'est calculé ?

Il n'existe aucun barème conventionnel de prime d'ancienneté dans la Syntec. Aucun pourcentage, aucun palier : le texte de la convention (consultable sur Légifrance) n'en prévoit tout simplement pas.

Si votre bulletin comporte quand même une prime d'ancienneté

Son mode de calcul est alors fixé par le texte qui l'a créée :

  • Accord d'entreprise : montant ou formule définis par l'accord (consultable auprès du CSE ou des RH) ;
  • Contrat de travail : montant ou formule prévus au contrat ou par avenant ;
  • Usage d'entreprise : pratique constante, fixe et générale de l'employeur — le calcul reproduit la pratique habituelle.

D'où vient la confusion ?

Beaucoup de salariés (et certains sites) transposent à la Syntec le barème d'autres branches. Exemple typique : l'ancienne convention de la Métallurgie prévoyait pour les mensuels une prime de 3 % après 3 ans d'ancienneté, augmentant de 1 point par an jusqu'à 15 % après 15 ans, calculée sur un barème conventionnel. Ce barème n'a jamais existé dans la Syntec.

Régime social et fiscal (si la prime est versée)

  • Intégrée au salaire brut : cotisations salariales et patronales de droit commun ;
  • Imposable et soumise au prélèvement à la source ;
  • Prise en compte dans l'assiette des droits à la retraite et incluse dans le salaire de référence des indemnités (licenciement, maladie…).
À retenir : si vous êtes ETAM Syntec et que votre bulletin ne comporte pas de prime d'ancienneté, ce n'est pas un oubli de l'employeur : la branche n'en impose aucune. Vérifiez le texte applicable sur Légifrance — CCN Syntec (IDCC 1486).
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Qui fait quoi ?

La branche Syntec n'impose aucune prime d'ancienneté : aucun employeur Syntec n'est tenu d'en verser une au titre de la convention collective.

Si une prime d'ancienneté est versée dans votre entreprise

Elle est alors traitée en paie comme un complément de salaire :

  • Soumise à toutes les cotisations sociales (parts salariale et patronale) ;
  • Imposable, intégrée au net imposable et soumise au prélèvement à la source ;
  • Génère des droits à la retraite (base et complémentaire) ;
  • Déclarée via la DSN et affichée en ligne distincte du bulletin.

L'employeur peut-il la supprimer ?

  • Prime contractuelle (contrat ou avenant) : sa suppression exige l'accord du salarié (avenant) ;
  • Prime issue d'un accord d'entreprise : elle suit le sort de l'accord (révision ou dénonciation selon les règles du Code du travail) ;
  • Usage d'entreprise : l'employeur peut y mettre fin, mais uniquement par une dénonciation régulière — information du CSE, information individuelle de chaque salarié concerné et respect d'un délai de prévenance suffisant. Sans ces formalités, la prime reste due.

À quoi ça sert ?

Pourquoi la Syntec n'a-t-elle pas de prime d'ancienneté ? La branche (numérique, conseil, ingénierie) a historiquement privilégié la progression individuelle des salaires (augmentations, primes variables, évolution de position dans la classification) plutôt que des compléments automatiques à l'ancienneté, dans un secteur à fort turnover où les rémunérations sont souvent au-dessus des minima conventionnels.

Ce que l'ancienneté donne réellement dans la Syntec

  • Congés supplémentaires d'ancienneté (ETAM comme Ingénieurs et Cadres) : 1 jour ouvré après 5 ans, 2 jours après 10 ans, 3 jours après 15 ans, 4 jours après 20 ans ;
  • Préavis allongé selon l'ancienneté et la catégorie ;
  • Maintien de salaire en cas de maladie : durée et niveau d'indemnisation améliorés avec l'ancienneté ;
  • Indemnité conventionnelle de licenciement croissant avec l'ancienneté.

La prime conventionnelle qui existe vraiment : la prime de vacances

La Syntec prévoit en revanche, pour l'ensemble des salariés, une prime de vacances d'un montant global au moins égal à 10 % de la masse des indemnités de congés payés de l'entreprise. C'est souvent elle que les salariés Syntec doivent vérifier sur leur bulletin — pas une prime d'ancienneté.

Cumul possible

Une prime d'ancienneté d'entreprise (usage, contrat ou accord), si elle existe, se cumule librement avec les congés d'ancienneté, la prime de vacances, l'intéressement, la participation ou la PPV.

Évolutions récentes

Repères pour comprendre pourquoi cette prime n'existe pas dans la branche :

  • 15 décembre 1987 : signature de la CCN Syntec (IDCC 1486). Le texte ne prévoit pas de prime d'ancienneté — ni à l'origine, ni dans les avenants qui ont suivi.
  • Article 31 (ancienne numérotation) : souvent cité à tort comme fondement d'une prime d'ancienneté, il institue en réalité la prime de vacances (au moins 10 % de la masse des indemnités de congés payés, pour tous les salariés).
  • 16 juillet 2021 : l'avenant n° 46 restructure et renumérote l'ensemble du texte conventionnel. Là encore, aucune prime d'ancienneté n'est créée.
  • Les revendications syndicales en faveur d'une prime d'ancienneté de branche n'ont jamais abouti dans les négociations.

La convention couvre aujourd'hui plus d'un million de salariés (ESN, conseil, ingénierie, événementiel, formation) : c'est l'une des branches les plus importantes de France, d'où le volume de recherches — et d'idées reçues — sur cette prime.

Source : Convention collective Syntec (IDCC 1486) sur Légifrance.

Cas pratiques

Cas 1 — ETAM Syntec, 10 ans d'ancienneté, aucune prime sur le bulletin

Situation parfaitement normale : la convention n'impose aucune prime d'ancienneté. En revanche, ce salarié doit bénéficier de 2 jours ouvrés de congés supplémentaires au titre de ses 10 ans d'ancienneté, et la prime de vacances doit être versée dans son entreprise.

Cas 2 — Ligne « Prime d'ancienneté » présente chez un employeur Syntec

Cette prime a une origine propre à l'entreprise : contrat de travail, accord d'entreprise ou usage. À vérifier : le contrat et ses avenants, les accords affichés ou disponibles auprès du CSE. Conséquence importante : si c'est un usage, l'employeur ne peut le supprimer qu'en le dénonçant régulièrement (information du CSE, information individuelle, délai de prévenance).

Cas 3 — Salarié venant de la Métallurgie ou du bâtiment

Dans son ancienne entreprise, une prime d'ancienneté conventionnelle figurait sur le bulletin. En rejoignant une ESN ou un cabinet de conseil Syntec, elle disparaît : les avantages d'une convention ne suivent pas le salarié qui change de branche. Le salaire se négocie donc globalement à l'embauche.

Cas 4 — Vérifier la convention réellement applicable

L'IDCC applicable figure obligatoirement sur le bulletin de paie. Certaines entreprises du numérique relèvent d'une autre convention (par exemple ex-« bureaux d'études » passés sous un autre code après restructuration d'activité). Avant de réclamer — ou de renoncer à — une prime, vérifiez l'IDCC indiqué sur votre bulletin puis le texte sur Légifrance.

Votre bulletin mentionne l'IDCC 1486 et une prime d'ancienneté ? Conservez vos bulletins : en cas de suppression sans dénonciation régulière de l'usage (ou sans avenant si elle est contractuelle), la prime reste exigible aux prud'hommes.

Questions fréquentes

Non. La CCN Syntec (IDCC 1486) ne prévoit aucune prime d'ancienneté, ni pour les ETAM ni pour les Ingénieurs et Cadres. C'est une idée reçue fréquente, souvent due à une confusion avec d'autres conventions comme la Métallurgie.

Elle ne vient pas de la branche : elle provient de votre contrat de travail, d'un accord d'entreprise ou d'un usage d'entreprise. Elle est alors traitée comme un complément de salaire classique, soumis à cotisations et imposable.

Des congés supplémentaires : 1 jour ouvré après 5 ans, 2 jours après 10 ans, 3 jours après 15 ans et 4 jours après 20 ans, pour les ETAM comme pour les cadres. L'ancienneté améliore aussi le préavis, le maintien de salaire en cas de maladie et l'indemnité de licenciement.

Si elle est contractuelle, il faut votre accord (avenant). Si elle résulte d'un usage, l'employeur doit le dénoncer régulièrement : information du CSE, information individuelle des salariés et délai de prévenance suffisant. Sans ces formalités, la prime reste due.

Principalement la Métallurgie, dont l'ancien texte prévoyait une prime de 3 % après 3 ans, progressant jusqu'à 15 % après 15 ans, ainsi que certaines conventions du bâtiment ou de la pharmacie. Ces barèmes ne s'appliquent pas aux entreprises relevant de la Syntec.

La prime de vacances : l'entreprise doit répartir chaque année entre tous les salariés un montant global au moins égal à 10 % de la masse des indemnités de congés payés. C'est la prime conventionnelle emblématique de la Syntec.
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 01/09/2026.