Congés d'ancienneté
Congés supplémentaires d'ancienneté (convention collective)
Les congés d'ancienneté sont des jours de congés payés supplémentaires accordés selon l'ancienneté du salarié. Non prévus par le Code du travail, ils résultent de la convention collective applicable (paliers de 5, 10, 15, 20 ans avec 1 à 6 jours supplémentaires selon les branches).
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Congés d'ancienneté Congés ancienneté Jours d'ancienneté CP ancienneté Congés supplémentaires anciennetéQu'est-ce que c'est ?
Les congés d'ancienneté sont des jours de congés supplémentaires accordés au salarié en fonction de son ancienneté dans l'entreprise (ou parfois dans la branche). Ils ne sont pas prévus par le Code du travail : leur existence dépend exclusivement de la convention collective, d'un accord d'entreprise ou du contrat de travail.
De nombreuses conventions collectives prévoient des congés d'ancienneté pour fidéliser les salariés et reconnaître leur expérience. Les paliers et les jours varient fortement selon les branches (généralement 1 à 6 jours supplémentaires selon l'ancienneté).
Quand ils existent, ces jours s'ajoutent aux 5 semaines légales de congés payés. Ils sont rémunérés selon les mêmes règles que les congés payés classiques (maintien ou 1/10), et soumis aux cotisations comme un salaire.
Comment c'est calculé ?
Le calcul des congés d'ancienneté dépend strictement de la convention collective applicable. Il n'existe pas de barème légal.
Exemples de barèmes conventionnels (indicatifs)
Métallurgie — CCN unique (IDCC 3248, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, art. 89) — jours cumulables, liés à l'ancienneté et à l'âge :
- 1 jour ouvré dès 2 ans d'ancienneté
- + 1 jour à partir de 45 ans (avec 2 ans d'ancienneté)
- + 1 jour si plus de 55 ans et 20 ans d'ancienneté
- + 1 jour dès 1 an d'ancienneté pour les cadres dirigeants et les salariés en forfait annuel (heures ou jours)
Les congés d'ancienneté acquis sous les anciennes conventions territoriales sont maintenus (garantie de l'article 89.4).
Syntec (IDCC 1486) :
- 5 ans d'ancienneté : 1 jour ouvré
- 10 ans : 2 jours
- 15 ans : 3 jours
- 20 ans : 4 jours
Contre-exemple — Banque (CCN AFB, IDCC 2120) : contrairement à une idée répandue, cette convention ne prévoit pas de congés d'ancienneté (le « 26ᵉ jour » parfois évoqué relève des règles de fractionnement, pas de l'ancienneté).
Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)
Salarié Syntec avec 12 ans d'ancienneté : il bénéficie de 2 jours de congés d'ancienneté en plus des 5 semaines légales, soit 27 jours ouvrés/an au total (25 + 2).
Qui fait quoi ?
Les congés d'ancienneté ne sont pas une cotisation : ce sont des jours de congés supplémentaires. L'indemnité de congés payés sur ces jours est soumise aux cotisations comme un salaire ordinaire.
Conditions d'attribution
- Existence prévue par la convention collective applicable (ou un accord d'entreprise, ou le contrat)
- Respect du palier d'ancienneté exigé (5 ans, 10 ans, etc.)
- Ancienneté calculée selon les règles de la convention (souvent ancienneté dans l'entreprise, parfois dans la branche)
Caractère obligatoire
Quand la convention collective prévoit des congés d'ancienneté, ils sont obligatoires pour l'employeur dès lors que le salarié remplit les conditions. L'employeur ne peut pas les supprimer unilatéralement.
Modalités de prise
- Pris à tout moment de l'année de référence suivante, selon les règles de pose de congés de l'entreprise
- Donnent lieu à l'ICCP (indemnité compensatrice de congés payés) en cas de rupture du contrat si non pris
- S'ajoutent aux congés payés légaux, aux jours de fractionnement et aux congés exceptionnels (mariage, naissance, deuil…)
À quoi ça sert ?
Les congés d'ancienneté récompensent la fidélité du salarié à l'entreprise (ou à la branche) et reconnaissent son expérience.
Pour le salarié
- Davantage de repos au fil de l'ancienneté
- Reconnaissance de la fidélité à l'entreprise
- Avantage progressivement acquis avec les années de présence
Pour l'entreprise
- Fidélisation des salariés expérimentés (réduction du turnover)
- Valorisation du capital humain
- Élément de package de rémunération attractif
Branches qui les prévoient
Les congés d'ancienneté sont très répandus dans certaines branches :
- Syntec (numérique, conseil, ingénierie) : 1 à 4 jours selon l'ancienneté
- Métallurgie (CCN unique IDCC 3248) : 1 à 3 jours selon l'ancienneté et l'âge (+ 1 jour pour les forfaits annuels)
- De nombreuses autres branches industrielles et tertiaires, selon des barèmes propres à chaque convention
À l'inverse, certaines grandes conventions n'en prévoient pas : c'est le cas de la banque AFB (IDCC 2120) ou de l'hôtellerie-restauration (HCR).
Dans les branches qui ne les prévoient pas, seuls un accord d'entreprise, le contrat de travail ou un usage peuvent en instituer.
Distinction avec les jours de fractionnement
Les congés d'ancienneté sont liés à la durée d'emploi, alors que les jours de fractionnement sont liés à la période de prise des congés principaux. Les deux peuvent se cumuler.
Évolutions récentes
Les congés d'ancienneté sont une création purement conventionnelle, qui s'est développée au fil des décennies dans les branches industrielles et tertiaires :
- Apparus dans les années 1950-1960 dans les conventions collectives ouvrières (métallurgie, chimie), pour fidéliser une main-d'œuvre qualifiée.
- Étendus aux conventions tertiaires (banque, assurance, Syntec) dans les années 1980-1990.
- Pas de fondement légal général : le Code du travail ne prévoit pas de congés d'ancienneté, qui relèvent strictement de la négociation collective.
Les barèmes ont évolué dans la plupart des conventions au fil des révisions, généralement dans le sens d'une réduction ou d'un alignement (paliers plus longs, jours moins nombreux). Ils restent toutefois un avantage significatif dans de nombreuses branches.
Source : Légifrance — Conventions collectives.
Cas pratiques
Cas 1 — Salarié Syntec, 7 ans d'ancienneté
Convention Syntec : 1 jour à 5 ans, 2 jours à 10 ans... :
- À 7 ans : 1 jour de congé d'ancienneté
- Total congés payés : 5 semaines + 1 jour = 26 jours ouvrés
Cas 2 — Salarié de la métallurgie, 58 ans, 22 ans d'ancienneté
CCN unique de la métallurgie (IDCC 3248, art. 89) — jours cumulables :
- 1 jour (2 ans d'ancienneté) + 1 jour (45 ans et plus) + 1 jour (plus de 55 ans et 20 ans d'ancienneté) = 3 jours
- Total congés payés : 5 semaines + 3 jours = 28 jours ouvrés (+ 1 jour de plus s'il est en forfait annuel)
- S'il avait davantage de jours sous son ancienne convention territoriale avant 2024, il les conserve (garantie art. 89.4)
Cas 3 — Pas de congés d'ancienneté
Salarié de la restauration (HCR) ou du commerce de détail sans clause spécifique : il n'a droit qu'aux 5 semaines légales, sauf usage d'entreprise prévoyant des jours supplémentaires.
Cas 4 — Départ avant épuisement des jours acquis
Salarié quittant l'entreprise avec des congés d'ancienneté non pris :
- L'ICCP (indemnité compensatrice de congés payés) couvre les jours non pris
- Y compris les congés d'ancienneté (même statut que les CP classiques)
Questions fréquentes
Sources officielles
Page mise à jour le 01/09/2026.