Indemnités · 2026

IFM

Indemnité de Fin de Mission (intérim — 10 %)

L'Indemnité de Fin de Mission (IFM) ou « prime de précarité intérim » est versée à l'intérimaire par l'ETT à la fin de chaque mission, à hauteur de 10 % de la rémunération brute totale de la mission (article L1251-32 CT).

Catégorie Indemnités
Taux salarial 10 % de la rémunération brute de la mission
Taux patronal 10 % refacturé à l'entreprise utilisatrice via l'ETT
Assiette Rémunération brute totale de la mission (hors ICCP)
Millésime 2026

Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin

IFM Indemnité de fin de mission Indemnité fin mission intérim Prime de précarité I.F.M. IFM intérim

Qu'est-ce que c'est ?

L'Indemnité de Fin de Mission (IFM), communément appelée "prime de précarité de l'intérim", est versée au salarié intérimaire par l'Entreprise de Travail Temporaire (ETT) à la fin de chaque mission, pour compenser la précarité du contrat de mission.

Son taux légal est de 10 % de la rémunération brute totale de la mission (article L1251-32 du Code du travail). Elle est due dès la fin de la mission, sauf cas d'exclusion strictement listés par la loi (refus du salarié de poursuivre dans l'entreprise utilisatrice, embauche en CDI à l'issue de la mission, etc.).

L'IFM apparaît sur le bulletin de paie de l'ETT comme une ligne distincte (souvent libellée "IFM" ou "Prime de précarité"), généralement sur la dernière paie de la mission. Elle est soumise à toutes les cotisations sociales et imposable dans les mêmes conditions que le salaire ordinaire.

Comment c'est calculé ?

L'IFM se calcule selon la formule :

IFM = 10 % × rémunération brute totale de la mission

L'assiette comprend :

  • Salaire de base + heures supplémentaires majorées
  • Primes variables (rendement, productivité, qualité)
  • Indemnités de panier, d'éloignement, primes de risque
  • Majorations pour travail de nuit, dimanche, jours fériés

Sont en revanche exclues :

  • L'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP)
  • Les remboursements de frais professionnels au réel
  • L'indemnité de fin de mission elle-même (pas de calcul en cascade)

Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)

Mission de 4 mois à 2 200 € brut/mois, avec 300 € de primes variables sur la durée :

  • Rémunération brute totale de la mission : (2 200 × 4) + 300 = 9 100 €
  • IFM = 9 100 × 10 % = 910 € brut
  • + ICCP = 9 100 / 10 = 910 € brut (séparée de l'IFM)
  • Soit un total de fin de mission de 1 820 € brut hors dernier salaire
L'IFM et l'ICCP représentent souvent 20 % de la rémunération brute en cumul (10 + 10 %), ce qui explique le surcoût de l'intérim pour l'entreprise utilisatrice (qui paie la rémunération + ces primes via la facturation de l'ETT).
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Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?

L'IFM est versée par l'Entreprise de Travail Temporaire (ETT) à l'intérimaire, et refacturée à l'Entreprise Utilisatrice (EU) dans le coût de mission.

Côté salarié intérimaire

  • Soumise à toutes les cotisations sociales salariales (CSG, CRDS, vieillesse, AGIRC-ARRCO, chômage…)
  • Incluse dans le net imposable et soumise au PAS
  • Génère des droits à la retraite et à l'assurance chômage
  • Ne bénéficie d'aucune exonération particulière (contrairement à certaines indemnités de rupture)

Côté ETT (employeur)

  • Verse les cotisations patronales sur l'IFM (maladie, famille, AT/MP, retraite, chômage…)
  • L'IFM est intégrée à l'assiette de la réduction générale (ex-Fillon)
  • Elle est répercutée dans la facturation à l'entreprise utilisatrice (coefficient de facturation)

Cas d'exclusion (article L1251-33)

L'IFM n'est pas due si :

  • Le salarié refuse une embauche en CDI sur le même poste à l'issue de la mission
  • La mission s'inscrit dans le cadre d'un contrat saisonnier ou d'usage
  • Le salarié rompt le contrat de mission de son initiative (sauf rupture pour faute de l'ETT)
  • La mission concerne certaines catégories de jeunes (contrats étudiants) ou de seniors (mission senior)

À quoi sert cette cotisation ?

L'IFM remplit une double fonction dans le droit français du travail temporaire :

1. Compenser la précarité du contrat de mission

Contrairement au CDI, le contrat de mission est par nature limité dans le temps. L'IFM compense financièrement cette précarité, en s'ajoutant à la rémunération de base versée pendant la mission. C'est l'équivalent de la prime de précarité du CDD (article L1243-8 CT) qui, elle aussi, est de 10 % de la rémunération brute totale.

2. Couvrir le risque de période inter-mission

L'intérimaire alterne souvent missions et périodes d'inactivité. L'IFM permet de constituer une réserve financière entre deux contrats, en attendant la prise en charge éventuelle par l'assurance chômage (France Travail).

3. Renforcer l'attractivité de l'intérim

L'IFM compense partiellement le différentiel d'avantages sociaux entre un salarié en CDI et un intérimaire (qui n'a pas accès à certains dispositifs d'entreprise comme le PEE, l'intéressement, parfois la mutuelle, etc.).

Pas d'IFM en cas de CDI intérimaire

Depuis la loi du 17 août 2015 sur le dialogue social et l'emploi, les CDI intérimaires (CDI-I) sont exclus du dispositif IFM : les salariés en CDI avec une ETT ne perçoivent pas d'IFM, mais bénéficient en contrepartie d'une garantie minimale de rémunération entre les missions (rémunération minimale égale à 25 % du SMIC sur les périodes intercalaires).

Source : Article L1251-32 du Code du travail.

Évolutions récentes

L'IFM est née avec la légalisation du travail temporaire en France :

  • 3 janvier 1972 (loi n° 72-1 sur le travail temporaire) : première reconnaissance légale de l'intérim, qui prévoit déjà une indemnité de précarité pour compenser le caractère temporaire de la mission.
  • 12 juillet 1990 (loi n° 90-613 — loi Capdeville) : encadrement plus strict du recours à l'intérim, motifs limitatifs, durée maximale. Mise en cohérence du régime IFM avec la prime de précarité CDD.
  • 2002 : alignement du taux à 10 % de la rémunération brute totale, identique à la prime de précarité CDD.
  • 17 août 2015 (loi Rebsamen) : création du CDI intérimaire (CDI-I), qui n'ouvre pas droit à l'IFM mais offre en contrepartie une garantie de rémunération entre missions.
  • 5 septembre 2018 (loi Avenir professionnel) : élargissement du recours à l'intérim sur certains contrats et clarification des règles de cumul IFM + ICCP.

Sources : Section du Code du travail sur l'intérim · URSSAF — Indemnité de fin de contrat.

Cas pratiques

Cas 1 — Mission courte de 2 semaines

Intérimaire payé 13 €/h, mission de 2 semaines (70 h) :

  • Rémunération brute mission : 70 × 13 = 910 €
  • IFM : 910 × 10 % = 91 €
  • + ICCP : 91 € (1/10e)
  • Total fin de mission : 1 092 € brut

Cas 2 — Mission longue avec heures supplémentaires

Mission de 6 mois à 2 500 €/mois + 1 000 € total d'HS sur la période :

  • Rémunération brute mission : (2 500 × 6) + 1 000 = 16 000 €
  • IFM : 16 000 × 10 % = 1 600 € brut
  • + ICCP : 1 600 € brut
  • Total fin de mission : 3 200 € brut

Cas 3 — Refus d'un CDI à l'issue de la mission

L'intérimaire refuse une proposition de CDI sur le même poste dans l'entreprise utilisatrice :

  • IFM non due (article L1251-33 CT)
  • L'ICCP reste due en revanche
  • L'intérimaire reste éligible aux droits chômage (refus de CDI ne constitue pas un motif de privation)

Cas 4 — CDI intérimaire (CDI-I)

Salarié en CDI avec une ETT : il n'a pas droit à l'IFM, mais bénéficie :

  • D'une garantie de salaire minimum entre les missions (≥ 25 % du SMIC pour les intercontrats)
  • De la stabilité d'un CDI : préavis, indemnité de licenciement, accès à la formation
  • D'une mensualisation lissée du salaire
L'IFM et l'ICCP sont versées sur la dernière paie de la mission et non sur chaque bulletin mensuel. Le bulletin de fin de mission est donc systématiquement plus élevé : prévoyez-le pour votre budget mensuel.

Questions fréquentes

Le taux de l'IFM est de 10 % de la rémunération brute totale de la mission (article L1251-32 du Code du travail). Il est identique à la prime de précarité des CDD.

Les cas d'exclusion sont listés à l'article L1251-33 CT : refus du salarié d'une embauche en CDI sur le même poste à l'issue de la mission, contrats saisonniers ou d'usage, rupture du contrat par le salarié, certains contrats jeunes/seniors. Le CDI intérimaire n'ouvre pas droit à l'IFM.

Oui, ce sont deux indemnités distinctes. L'IFM (10 % de la rémunération brute) compense la précarité du contrat de mission, et l'ICCP (1/10e) couvre les congés payés non pris. En cumul, elles peuvent représenter 20 % de la rémunération brute.

Oui, l'IFM est soumise à toutes les cotisations sociales (parts salariale et patronale) comme un salaire ordinaire. Elle est intégrée au net imposable et soumise au prélèvement à la source. Elle génère également des droits à la retraite et à l'assurance chômage.

C'est l'ETT (Entreprise de Travail Temporaire) qui verse l'IFM au salarié. Mais elle est intégrée à la facturation faite à l'entreprise utilisatrice (EU), via le coefficient de facturation de l'ETT. Économiquement, c'est donc l'entreprise qui recrute en intérim qui en supporte le coût final.

Le CDI intérimaire (CDI-I) est un CDI conclu entre un salarié et une ETT, qui regroupe une succession de missions. Créé par la loi du 17 août 2015, il n'ouvre pas droit à l'IFM mais offre une garantie de rémunération minimale entre les missions (≥ 25 % du SMIC) et la stabilité du CDI (préavis, indemnité de licenciement).
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 26/05/2026.