Indemnités · 2026

Prime de précarité CDD

Indemnité de fin de contrat CDD (10 % du brut total)

La prime de précarité (indemnité de fin de contrat) est versée au salarié en CDD à hauteur de 10 % de la rémunération brute totale, pour compenser la précarité de l'emploi. Soumise aux cotisations comme un salaire, elle n'est pas due dans certains cas (refus de CDI, saisonnier, faute grave).

Catégorie Indemnités
Taux salarial soumise comme un salaire
Taux patronal soumise comme un salaire
Assiette 10 % de la rémunération brute totale du CDD (6 % si accord de branche)
Millésime 2026

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Qu'est-ce que c'est ?

La prime de précarité (ou "indemnité de fin de contrat") est versée au salarié en CDD à l'issue de son contrat, pour compenser la situation précaire liée à la nature temporaire de l'emploi. Elle est l'équivalent de l'IFM des intérimaires.

Son taux légal est de 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le contrat (article L1243-8 du Code du travail). Une convention de branche peut le réduire à 6 % en contrepartie d'un accès facilité à la formation.

Elle est soumise à cotisations sociales et imposable comme un salaire. Elle figure sur le dernier bulletin de paie du CDD, dans le solde de tout compte. Elle s'ajoute à l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP).

Comment c'est calculé ?

La prime de précarité se calcule sur la rémunération brute totale du CDD :

Prime de précarité = 10 % × rémunération brute totale du contrat (6 % si accord de branche prévoyant une contrepartie formation)

L'assiette inclut le salaire de base, les primes, les majorations d'heures supplémentaires, mais exclut l'ICCP (indemnité de congés payés).

Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)

CDD de 6 mois à 2 200 € brut/mois, sans prime particulière :

  • Rémunération brute totale : 2 200 × 6 = 13 200 €
  • Prime de précarité (10 %) : 13 200 × 10 % = 1 320 €
  • + ICCP (10 %) : 1 320 € (séparée)
  • Total fin de contrat : 2 640 € brut hors dernier salaire
La prime de précarité (10 %) et l'ICCP (10 %) représentent ensemble ≈ 20 % de la rémunération brute du CDD, ce qui renchérit le coût du CDD pour l'employeur par rapport à un CDI.
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Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?

La prime de précarité est versée par l'employeur au salarié en CDD à la fin du contrat. Elle est traitée comme un salaire :

  • Soumise à toutes les cotisations sociales (salariales et patronales)
  • Imposable et intégrée au net imposable
  • Soumise au prélèvement à la source

Cas où la prime n'est PAS due (article L1243-10)

  • CDD saisonnier ou contrat d'usage
  • CDD conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires/universitaires
  • Contrat aidé, contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation
  • Le salarié refuse un CDI sur le même poste à l'issue du CDD (ou un emploi similaire avec rémunération équivalente)
  • Le salarié rompt le CDD de son initiative
  • Rupture pour faute grave du salarié ou force majeure

La prime de précarité est déclarée via la DSN avec le dernier salaire du CDD.

À quoi sert cette cotisation ?

La prime de précarité compense la situation de précarité dans laquelle se trouve le salarié en CDD, par rapport à un salarié en CDI :

Fonction de la prime

  • Compenser l'instabilité de l'emploi à durée déterminée et l'absence de garantie de poursuite
  • Couvrir la période de recherche d'un nouvel emploi entre deux contrats
  • Dissuader le recours abusif au CDD en renchérissant son coût pour l'employeur (10 % de surcoût)

Logique de renchérissement du CDD

En ajoutant 10 % de prime de précarité + 10 % d'ICCP, le législateur rend le CDD plus coûteux que le CDI, ce qui incite les employeurs à privilégier l'embauche durable. C'est un outil de politique de l'emploi.

Équivalence avec l'IFM (intérim)

La prime de précarité CDD (10 %) est l'équivalent de l'Indemnité de Fin de Mission (IFM) des intérimaires : même taux, même logique de compensation de la précarité.

Source : service-public.fr — Indemnité de fin de CDD · Article L1243-8 du Code du travail.

Évolutions récentes

La prime de précarité a accompagné l'encadrement progressif du CDD :

  • 1979-1982 : premier encadrement du recours au CDD et création d'une indemnité de fin de contrat.
  • 12 juillet 1990 (loi sur les contrats précaires) : renforcement de l'encadrement du CDD et de l'intérim, harmonisation des indemnités de précarité.
  • 2002 (loi de modernisation sociale) : fixation de la prime de précarité à 10 % de la rémunération brute totale.
  • Possibilité de réduction à 6 % par accord de branche, en contrepartie d'un accès privilégié à la formation professionnelle pour les salariés en CDD.

La prime de précarité fait partie des mécanismes destinés à limiter le recours abusif aux contrats courts, complétés depuis 2021 par le bonus-malus sur les cotisations chômage dans certains secteurs à fort taux de rupture de contrats courts.

Source : Article L1243-8 du Code du travail.

Cas pratiques

Cas 1 — CDD de 3 mois

CDD de remplacement, 2 000 €/mois :

  • Rémunération brute totale : 6 000 €
  • Prime de précarité (10 %) : 600 €
  • + ICCP (10 %) : 600 €

Cas 2 — CDD suivi d'un CDI

Salarié en CDD à qui l'employeur propose un CDI sur le même poste à l'issue du contrat. Le salarié accepte :

  • Prime de précarité non due (poursuite en CDI)
  • L'ICCP reste due si des congés n'ont pas été pris

Cas 3 — Refus de CDI par le salarié

L'employeur propose un CDI équivalent, le salarié refuse : prime de précarité non due (article L1243-10).

Cas 4 — CDD saisonnier

Saisonnier agricole en CDD : pas de prime de précarité (exclusion pour les contrats saisonniers), sauf disposition conventionnelle plus favorable.

Cas 5 — Étudiant en job d'été

Étudiant en CDD pendant ses vacances universitaires : pas de prime de précarité (exclusion légale).

La prime de précarité (10 %) s'ajoute à l'ICCP (10 %) : un CDD coûte donc ≈ 20 % de plus que le salaire de base en fin de contrat. Vérifiez les cas d'exclusion (saisonnier, refus de CDI, faute grave...) avant de réclamer ou de verser la prime.

Questions fréquentes

Le taux légal est de 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le CDD (article L1243-8 du Code du travail). Il peut être réduit à 6 % par accord de branche, en contrepartie d'un accès facilité à la formation professionnelle.

Elle n'est pas due pour : les CDD saisonniers et contrats d'usage, les jobs étudiants pendant les vacances, les contrats d'apprentissage et de professionnalisation, le refus d'un CDI sur le même poste, la rupture du CDD à l'initiative du salarié, et la faute grave ou la force majeure.

Oui, c'est un élément de rémunération soumis à toutes les cotisations sociales, imposable, intégré au net imposable et soumis au prélèvement à la source. Elle figure sur le dernier bulletin du CDD.

Oui, ce sont deux indemnités distinctes. La prime de précarité (10 % de la rémunération brute) compense la précarité du CDD, et l'ICCP (10 %) couvre les congés payés non pris. Ensemble, elles représentent environ 20 % de la rémunération brute.

La prime de précarité concerne les CDD, l'IFM (Indemnité de Fin de Mission) concerne les intérimaires. Les deux ont le même taux (10 %) et la même logique de compensation de la précarité, mais relèvent de régimes juridiques distincts (CDD vs contrat de mission).
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 27/05/2026.