Article L1243-8 · En vigueur

Article L1243-8 — Indemnité de fin de contrat CDD — prime de précarité (10 %)

L'article L1243-8 instaure la « prime de précarité » : indemnité de fin de contrat égale à 10 % de la rémunération brute totale du CDD, versée à l'issue du contrat si le salarié n'est pas embauché en CDI.

Ce que dit l'article L1243-8

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation.

Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié.

Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre IV — Contrat de travail à durée déterminée
Chapitre
Chapitre III — Rupture anticipée, échéance du terme et renouvellement
Section
Section 2 — Échéance du terme et poursuite après échéance

L'article L1243-8 instaure la « prime de précarité » : à l'issue d'un CDD non suivi d'une embauche en CDI, le salarié perçoit une indemnité de fin de contrat égale à 10 % de la rémunération brute totale. Compensation forfaitaire de la précarité du statut.

Ce que dit l'article L1243-8

Texte officiel en vigueur depuis le 1er mai 2008 :

Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation.

Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié.

Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

L'indemnité de fin de contrat (IFC), communément appelée « prime de précarité », vise à compenser financièrement le désavantage que constitue la conclusion d'un CDD plutôt que d'un CDI : absence de visibilité, difficulté d'accès au crédit, instabilité.

Elle est égale à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant le contrat (salaire de base + primes + heures supplémentaires + congés payés…). Versée avec le dernier salaire, elle est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu comme un salaire.

Qui est concerné ?

  • Tout salarié en CDD dont le contrat se termine sans poursuite en CDI dans la même entreprise.
  • Tout employeur du secteur privé, indépendamment de la taille.
  • Sont exclus de l'IFC (article L1243-10) : contrats saisonniers, CDDU, contrats de professionnalisation, apprentissage, contrats avec un jeune pendant ses vacances scolaires.

Ce que cela implique en pratique

1. L'assiette de calcul

L'IFC est calculée sur la rémunération brute totale versée pendant le CDD, comprenant :

  • Le salaire de base et l'indemnité de congés payés (ICCP) ;
  • Les heures supplémentaires et leurs majorations ;
  • Les primes et gratifications versées pendant le contrat ;
  • Les avantages en nature.

Sont exclus : les remboursements de frais professionnels, les sommes non liées à l'exécution du travail.

2. Taux : 10 % ou 6 %

Le taux légal est de 10 %, mais une convention ou accord collectif peut le réduire à 6 % en contrepartie de l'accès du salarié à des actions de formation professionnelle (article L1243-9). Ce taux réduit reste rare en pratique.

3. Les cas où l'IFC n'est pas due (L1243-10)

SituationIFC due ?
Embauche en CDI à l'issue du CDD chez le même employeurNon
Rupture anticipée à l'initiative du salarié (sauf rupture conventionnelle)Non
Rupture pour faute grave du salariéNon
Force majeureNon
CDD saisonnier, CDDU, contrat d'apprentissageNon
Refus du salarié d'une offre de CDI au même emploi, salaire et lieuNon (depuis loi Marché du travail 21 décembre 2022)
Contrat conclu avec un jeune pendant vacances scolairesNon
Échéance normale du CDD sans CDIOui
Rupture anticipée par l'employeur sans faute graveOui (+ dommages-intérêts L1243-4)

4. Refus d'un CDI proposé : nouveauté 2022

Depuis la loi du 21 décembre 2022 portant Marché du travail, si l'employeur propose au salarié un CDI à l'issue du CDD pour le même emploi (ou similaire), au même salaire et au même lieu, le salarié qui refuse perd son droit à l'IFC. L'employeur doit notifier la proposition par écrit avec délai de réflexion raisonnable. Le refus du salarié est signalé à France Travail, ce qui peut affecter ses droits à l'assurance chômage.

Risques en cas de non-versement

  • Rappel d'indemnité sur 3 ans (prescription L3245-1) + intérêts légaux.
  • Travail dissimulé (article L8221-5) si l'IFC est absente du bulletin de paie : 6 mois de salaire forfaitaire.
  • Sanction pénale : article L1248-8 — 3 750 € par contrat ; 7 500 € en récidive + 6 mois de prison.
  • Présomption en faveur du salarié : à défaut de preuve écrite par l'employeur (paiement, refus de CDI…), le juge accorde l'IFC.

Cas pratiques

Cas n°1 — CDD de 9 mois, fin normale

Salaire mensuel brut 2 400 €, plus 1 800 € de primes diverses. Rémunération brute totale sur 9 mois : 9 × 2 400 + 1 800 = 23 400 €. IFC : 10 % × 23 400 = 2 340 €, versés avec le dernier salaire.

Cas n°2 — Embauche en CDI à l'issue

À la fin du CDD, l'employeur signe immédiatement un CDI au même salarié sur le même poste. Pas d'IFC due (L1243-10-1°). En revanche, l'ICCP (indemnité de congés payés) doit être versée si tous les congés n'ont pas été pris.

Cas n°3 — Démission du salarié

Le salarié rompt son CDD par anticipation pour signer un CDI ailleurs (article L1243-2). Pas d'IFC due — la rupture est à son initiative. L'ICCP reste due.

Cas n°4 — Refus d'un CDI proposé (2022+)

L'employeur propose un CDI au même salaire, même poste, même lieu. Le salarié refuse. Conformément à la loi de 2022, l'IFC n'est plus due, et l'employeur signale le refus à France Travail (effet sur droits chômage si 2 refus en 12 mois).

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — CDD 9 mois, fin normale

Brut 9 mois : 23 400 €. IFC 10 % = 2 340 € versés avec le dernier salaire.

Cas n°2 — Embauche en CDI à l'issue

CDI immédiat même poste : pas d'IFC due (L1243-10-1°). ICCP éventuelle restant due.

Cas n°3 — Démission du salarié

Rupture anticipée à l'initiative du salarié : pas d'IFC due (L1243-10-2°).

Cas n°4 — Refus d'un CDI proposé

Depuis 2022 : refus du salarié → pas d'IFC + signalement France Travail (effet sur droits chômage si 2 refus en 12 mois).

Questions fréquentes

10 % de la rémunération totale brute versée au salarié pendant le CDD (article L1243-8). Une convention collective peut réduire ce taux à 6 % en contrepartie d'un accès à des actions de formation professionnelle (article L1243-9), mais cette réduction est rare en pratique.

Huit cas principaux (article L1243-10) : embauche en CDI à l'issue du CDD, rupture anticipée à l'initiative du salarié, rupture pour faute grave, force majeure, CDD saisonnier ou d'usage, contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, contrat avec un jeune en vacances scolaires, et refus du salarié d'un CDI proposé au même emploi/salaire/lieu (depuis 2022).

10 % appliqué à la rémunération brute totale du CDD, comprenant : salaire de base, ICCP, heures supplémentaires majorées, primes versées pendant le contrat, avantages en nature. Sont exclus les remboursements de frais professionnels. Versée avec le dernier salaire et soumise à cotisations comme un salaire.

Le refus d'un CDI proposé par l'employeur à l'issue du CDD pour le même emploi, au même salaire et au même lieu de travail, fait désormais perdre le droit à la prime de précarité. L'employeur doit notifier la proposition par écrit avec un délai de réflexion raisonnable, et signaler le refus à France Travail.

Rappel d'indemnité sur 3 ans + intérêts ; sanction pénale de 3 750 € par contrat (article L1248-8), 7 500 € en récidive + 6 mois de prison ; risque de travail dissimulé (L8221-5, 6 mois de salaire forfaitaire) si l'IFC est absente du bulletin de paie.

Oui, elle est traitée comme un complément de salaire : soumise aux cotisations sociales (salariales et patronales), à la CSG/CRDS et à l'impôt sur le revenu. Elle ne se cumule pas avec l'indemnité de congés payés, qui est versée en plus.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 26/05/2026.