Grue mobile : terminologie, composants, organes de service et dispositifs de sécurité
Savoir nommer les parties d'une grue mobile, distinguer la portée de la hauteur sous crochet, connaître les mouvements, les commandes et les sécurités (fins de course, limiteur de capacité, clapets, freins) : 14 des 33 points du thème « Technologie et stabilité » du CACES R483.
Ce que vérifie le test théorique R483
Cette fiche couvre 14 points sur 100, dans le thème « Technologie et stabilité des grues mobiles » (33 points) :
- Terminologie relative aux grues mobiles (3 pts)
- Caractéristiques générales (2 pts)
- Rôle et principe de fonctionnement des composants et mécanismes (3 pts)
- Organes de service (2 pts)
- Dispositifs de sécurité (4 pts)
Source : R.483A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Le test théorique interroge sur la terminologie (3 points), les caractéristiques générales (2), le rôle et le principe de fonctionnement des composants et mécanismes (3), les organes de service (2) et les dispositifs de sécurité (4) (R.483A, p. 27). Le référentiel de formation précise : terminologie et caractéristiques générales (hauteurs, flèche, portée, capacité), identification des composants, des dispositifs de sécurité (limiteurs de charge et de moment, fins de course…) et des risques liés à leur neutralisation, aides à la conduite (indicateur de portée et de hauteur sous crochet, indicateur de vitesse de vent), localisation de l'issue de secours et conditions de sa mise en œuvre (R.483A, annexe 2 B, p. 23).
Terminologie : ce que l'on mesure sur une grue mobile
Une grue mobile est une « grue automotrice à flèche capable de se déplacer, avec ou sans charge, sans avoir besoin de voie de roulement fixe et qui demeure stable sous l'influence de la gravité » (norme NF EN 13000, citée par l'INRS ED 6107, § 2.1, p. 9 ; R.483A, p. 20).
| Terme | Définition |
|---|---|
| Hauteur sous crochet | Différence de niveau entre le crochet de levage et les appuis de la grue. |
| Portée | Distance, sur le plan horizontal, entre l'axe d'orientation et la verticale passant par le centre de gravité de la charge. Elle dépend de la longueur et de l'inclinaison de la flèche. |
| Charge maximale d'utilisation | Elle dépend des conditions d'utilisation de la grue (configuration, portée…) ; elle se lit dans le tableau des charges du constructeur. |
| Support horizontal | La grue est conçue pour une utilisation de niveau ; des niveaux à bulles, en cabine et à chaque poste de conduite des stabilisateurs, permettent de le vérifier. |
| Mouflage | Moufles à plusieurs poulies : l'effort supporté par chaque brin est divisé par le nombre de brins (par exemple 4, 8 ou 16), ce qui permet des câbles de plus faible diamètre et des mécanismes plus légers. |
Piège du test : la portée n'est ni la longueur de la flèche ni la hauteur sous crochet. Elle se mesure à l'horizontale, depuis l'axe d'orientation, et change dès que l'on modifie la longueur ou l'inclinaison de la flèche (ED 6107, p. 40). Pour la lire dans un tableau de charge : fiche courbes de charge.
Caractéristiques générales : les familles de grues mobiles
- Roues ou chenilles. Les châssis peuvent être montés sur roues ou sur chenilles (ED 6107, § 2.2.1, p. 12).
- Avec ou sans stabilisateurs. Les stabilisateurs télescopiques augmentent, à poste fixe, le polygone d'appui sur le sol et donc la capacité de levage, et mettent la grue au niveau en décollant les roues. Certaines machines offrent trois configurations de calage : poutres rentrées, à moitié sorties ou entièrement sorties (§ 2.2.2, p. 12).
- Automotrice ou sur porteur. La grue automotrice a une cabine unique contenant les organes de manœuvre de la grue et de conduite du véhicule ; la grue sur porteur a deux cabines distinctes (§ 2.2.3, p. 12).
- Flèche treillis ou télescopique. La flèche treillis est une structure de charpente métallique qui comprend un pied de flèche articulé sur la plate-forme, des éléments intermédiaires et une tête de flèche portant les poulies de la moufle supérieure ; elle est soutenue par des haubans ancrés au portique de relevage. La flèche télescopique permet d'ajuster rapidement la longueur de la flèche et de garder un encombrement compatible avec le gabarit routier (§ 2.2.4, p. 12-13). Une fléchette peut augmenter la hauteur de levage (p. 13).
- Équipement de préhension. Normalement le crochet de levage, souvent associé au moufle ; les élingueurs déplacent le moufle par ses poignées, sans mettre les mains sur les câbles (§ 2.2.5 et 2.2.6, p. 14).
Les deux catégories du CACES suivent le type de flèche : A pour la flèche treillis, B pour la flèche télescopique (R.483A, p. 20). Détails sur la page CACES R483.
Composants et mouvements
Une grue mobile lève puis déplace une charge en combinant successivement plusieurs mouvements (ED 6107, § 2.3, p. 14-15) :
| Mouvement | Ce qui se passe | Composant concerné |
|---|---|---|
| Levage / descente | Soulever une charge verticalement ; le mouvement opposé est la descente | Mécanisme de levage (treuil), câble, moufle |
| Relevage | La flèche tourne autour de l'axe horizontal du pied de flèche : la charge décrit un arc de cercle, ce qui modifie son niveau et la distance horizontale à l'appareil (donc la portée) | Vérin de relevage (flèche télescopique), mouflage de volée ou suspension de flèche (flèche treillis) |
| Télescopage | Modifier mécaniquement la longueur de la flèche, donc le niveau et la distance de la charge | Éléments télescopiques de la flèche |
| Orientation | Orienter l'ensemble charge, équipement, plate-forme autour de l'axe d'orientation | Couronne d'orientation, plate-forme |
| Translation | Déplacement de l'ensemble de l'appareil | Châssis, roues ou chenilles |
Autres éléments à reconnaître sur les schémas de l'INRS : tête de flèche, hauban de suspension de flèche, chevalet de suspension, pied de flèche, plate-forme, couronne d'orientation, patin d'appui du stabilisateur (ED 6107, § 2.2, p. 10-11). Le linguet de sécurité du crochet est un dispositif à vérifier à la prise de poste (R.483A, annexe 2 A2|2 A, p. 25).
Organes de service : où l'on commande quoi
- Commandes des mouvements. Depuis le poste de commande, les quatre principaux mouvements s'obtiennent avec deux manipulateurs situés de part et d'autre du siège, dans le prolongement des accoudoirs. La mise en œuvre peut aussi se faire par commande à distance depuis le sol (ED 6107, § 6.5, p. 45).
- Boutons et voyants. Leur disposition varie selon les modèles, mais sur les grues récentes ils sont repérés par des symboles normalisés : avertisseur sonore, arrêt d'urgence, baisse de pression, augmentation de la température (p. 45).
- Stabilisateurs. Leur commande ne se fait que depuis un poste offrant une bonne visibilité sur la zone d'extension : le poste de gauche pour les stabilisateurs de gauche, celui de droite pour ceux de droite (p. 45).
- Limiteur de capacité. Il demande un apprentissage particulier : quelles que soient les innovations, il reste tributaire d'un paramétrage manuel de la configuration (p. 45).
- Verrouillages et siège. Le conducteur sait manœuvrer les verrouillages mécaniques de la tourelle (blocage de l'orientation pour le transport) et des stabilisateurs, règle la suspension du siège selon son poids et connaît le gabarit de sa grue (p. 46).
- Télécommande. Boîtier de commande déporté, avec ou sans fil, évalué en option (R.483A, p. 21 et annexe 2 D, p. 25).
Le constructeur fournit une notice d'instructions à étudier avant la première prise en main (ED 6107, p. 45) : la disposition exacte des commandes se lit dans la notice de la grue utilisée.
Dispositifs de sécurité : trois familles
L'INRS distingue trois principaux types de sécurité sur une grue mobile : les sécurités de mouvement, le limiteur de capacité (contrôleur d'état de charge, CEC) et les sécurités hydrauliques (ED 6107, § 6.3, p. 42). Le conducteur doit savoir les identifier et les localiser, s'assurer périodiquement de leur bon état, de leur fixation et de leur branchement électrique, sans jamais en modifier les réglages, et signaler toute anomalie sur le registre d'observations (p. 41).
| Dispositif | Rôle |
|---|---|
| Fin de course haut | Évite le contact du moufle avec les poulies de tête de flèche, le « bloc à bloc », qui pourrait rompre le câble de levage et faire tomber la charge. |
| Fin de course bas | Conserve un minimum de trois tours morts de câble sur le tambour. |
| Butoirs et fin de course de relevage de flèche | Sur toutes les grues à flèche treillis : empêchent la flèche de se renverser ou de tomber sur le toit de la cabine. Sur flèche télescopique, cette fonction est assurée par le limiteur de pression du vérin de relevage. |
| Limiteur de capacité (CEC) | Empêche la grue de porter une charge hors des limites de portée et de charge admissibles : présignalisation à l'approche de la coupure, puis coupure des mouvements dangereux dès le dépassement de la capacité maximale. Il compare les valeurs mesurées (angle, effort de relevage, longueur de flèche) aux données du constructeur. |
| Clapets antiretour pilotés | Situés sur les orifices des chambres des vérins, ils maintiennent les vérins en position même en cas de rupture de flexible hydraulique. |
| Frein de service | Ralentit et freine la grue dans les conditions de charge, de vitesse et de pente spécifiées par le fabricant. |
| Frein de stationnement | Retient la grue dans les conditions de charge, de vent et de pente spécifiées par le constructeur. |
| Frein de secours | Peut être installé pour obtenir une décélération suffisante en cas de panne du frein de service. |
Le limiteur de capacité est obligatoire sur les grues dont le moment de renversement dépasse 4 000 daN.m ou dont la capacité nominale atteint ou dépasse 1 000 kg (ED 6107, p. 42). Un indicateur de charge placé au poste de conduite prévient le grutier par un signal sonore et visuel à l'approche de la capacité nominale ; un signal sonore différent retentit en cabine et à l'extérieur quand le limiteur s'active (p. 65). Le grutier réagit dès la première alarme.
Piège du test : le limiteur ne doit pas servir de moyen d'arrêt normal de la grue (ED 6107, p. 42), et il ne fonctionne correctement que si la configuration affichée correspond à la configuration réelle : aucun asservissement de la configuration n'est requis par la norme, une erreur de paramétrage peut donc créer des situations très dangereuses (p. 65). La neutralisation (clé de « shunt ») ne doit pas être à la disposition du grutier : elle est réservée aux personnes désignées par une consigne écrite de l'employeur, en cas de défaillance du limiteur (p. 65). Voir la fiche courbes de charge.
Les aides à la conduite
Le référentiel cite l'indicateur de portée et de hauteur sous crochet et l'indicateur de vitesse de vent, ou anémomètre (R.483A, annexe 2 B et E, p. 23). Une grue mobile dont la flèche dépasse 65 m, ou dont le temps de repliage dépasse 5 minutes, doit être équipée d'un système de mesure du vent (norme NF EN 13000, citée par l'ED 6107, annexe 5, p. 90). Un détecteur de lignes électriques n'est qu'une aide à la conduite, pas un dispositif de sécurité (p. 58). Le référentiel demande enfin de localiser l'issue de secours et de savoir comment la mettre en œuvre (R.483A, p. 23).
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la portée et la hauteur sous crochet ?
La portée est la distance horizontale entre l'axe d'orientation et la verticale du centre de gravité de la charge ; la hauteur sous crochet est la différence de niveau entre le crochet et les appuis de la grue (INRS ED 6107, § 6.1, p. 40).
À quoi sert le limiteur de capacité ?
Il empêche la grue de porter une charge hors de ses limites de portée et de charge : présignalisation puis coupure des mouvements dangereux. Il ne doit pas servir d'arrêt normal et dépend du bon paramétrage de la configuration (ED 6107, p. 42-43 et 65).
Un grutier peut-il régler les sécurités de sa grue ?
Non : il vérifie leur état, leur fixation et leur branchement, mais n'en modifie jamais les réglages, et signale toute anomalie (ED 6107, p. 41).
Qu'est-ce que le « bloc à bloc » ?
Le contact du moufle avec les poulies de tête de flèche ; il pourrait rompre le câble de levage et faire tomber la charge. Le fin de course haut sert à l'éviter (ED 6107, p. 42).
Sources : recommandation R.483A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (p. 20-21, annexe 2 p. 23 et 25, barème du test théorique p. 27) ; INRS ED 6107, Grues mobiles : manuel de sécurité, novembre 2018 (§ 2.1 à 2.3 p. 9-15, § 6.1 p. 40, § 6.3 p. 41-44, § 6.4 p. 44-45, § 6.5 p. 45-46, § 8.3 p. 58, § 8.6.1 p. 65, annexe 5 p. 90). Les seuils du limiteur de capacité (4 000 daN.m, 1 000 kg) viennent de l'ED 6107 ; la disposition des commandes et les seuils propres à chaque grue se lisent dans la notice du constructeur. Vérifié le 23 octobre 2026. INRS · ameli.fr. Notre méthode · Tout sur le CACES R483.