Entretien : câbles de levage, flexibles, châssis, stabilisateurs et structure

Le grutier ne répare pas, mais il détecte : le thème « Entretien » pèse 10 points sur 100 et porte sur les principales anomalies des câbles, des flexibles hydrauliques, du châssis, des stabilisateurs et de la structure de la flèche.

Ce que vérifie le test théorique R483

Cette fiche couvre 10 points sur 100, dans le thème « Entretien » (10 points) :

  • Câbles de levage et flexibles hydrauliques (4 pts)
  • Châssis et stabilisateurs (3 pts)
  • Structure (3 pts)

Source : R.483A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.

Ce que le test vérifie

Trois points d'évaluation : câbles de levage et flexibles hydrauliques (4 points), châssis et stabilisateurs (3 points) et structure (3 points) (barème, R.483A, p. 27). Le référentiel de connaissances le formule ainsi : « principales anomalies » concernant les câbles de levage, les flexibles hydrauliques, le châssis et la structure de la flèche (annexe 2, A2|1 J, p. 24).

Le rôle du grutier est celui de la vérification d'usage : à la prise de poste, procéder à une vérification visuelle de la grue, de ses équipements (charpente, câbles, lests…) et de ses contacts avec le sol (stabilisateurs…) afin de déceler les anomalies et d'en informer son responsable hiérarchique (A2|2 A, p. 25). En fin de poste : opérations d'entretien journalier (niveaux…) et compte rendu des anomalies et dysfonctionnements (A2|2 C, p. 25). L'épreuve pratique note chacun de ces points : vérification visuelle 5 points, vérification des dispositifs de sécurité 5 points, maintenance journalière 5 points, compte rendu des anomalies 5 points (grille, p. 28).

Schéma d'une grue mobile avec les cinq zones à inspecter à la prise de poste Une grue sur pneumatiques est représentée de profil avec sa flèche levée. Cinq repères désignent le câble de levage, le flexible et le vérin hydrauliques, le châssis, le stabilisateur et son contact avec le sol, et la structure de la flèche. 1 2 3 4 5
Schéma de principe, sans échelle. 1 : câble de levage. 2 : vérin et flexibles hydrauliques. 3 : châssis. 4 : stabilisateur et contact avec le sol. 5 : structure de la flèche. Les emplacements varient d'une grue à l'autre ; la notice indique les points de contrôle de la grue.

Qui contrôle quoi : grutier, employeur, vérificateur

  • Le grutier contrôle à vue avant de démarrer : faire le tour de la grue, signaler immédiatement à l'encadrement les anomalies même légères, les fuites, les pièces défectueuses, en particulier les câbles et flexibles en mauvais état, l'état des pneumatiques et des jantes, la présence de tous les dispositifs de sécurité (capots de protection, trappes, bouchons). Ces anomalies sont consignées dans le registre d'observations. Il ne met pas en marche une grue en mauvais état (INRS ED 6107, p. 47-48).
  • Le vérificateur effectue la vérification générale périodique : examen de l'état de conservation des éléments essentiels, dont les dispositifs de calage, amarrage et freinage des appareils mobiles, les poulies de mouflage, les limiteurs de charge et de moment, les crochets et les câbles et chaînes de charge, par un examen visuel détaillé complété si besoin d'essais de fonctionnement (arrêté du 1er mars 2004, art. 9 et 22). Elle a lieu tous les douze mois, six mois pour les appareils listés aux II et III de l'article 20, qui comprennent les grues mobiles automotrices ou sur véhicule porteur ne nécessitant pas de montage ou de démontage de parties importantes (art. 20 et 23).
  • Le grutier lit le rapport : à la prise de poste, il vérifie la présence et la validité du rapport de vérification générale périodique, l'absence d'observation non levée et de restriction d'usage (R.483A, A2|2 A, p. 25 ; grille, p. 28 ; ED 6107, p. 47).
  • Le personnel d'entretien doit avoir reçu une formation adaptée ; un salarié qui conduit la grue pour des essais pendant l'entretien est titulaire d'une autorisation de conduite (ED 6107, p. 75).

Câbles de levage : un contrôle quotidien sur toute la longueur

L'INRS fait de l'état des câbles de levage et de relevage de flèche un point primordial de la prise de poste (ED 6107, p. 48). Les câbles se vérifient visuellement tous les jours, selon le mode opératoire de la notice, sur toute leur longueur, de l'attache d'extrémité jusqu'aux trois tours morts d'enroulement sur le tambour. Les usés sont remplacés.

Critères de mise au rebut

Défauts qui imposent la mise au rebut d'un câble de levage (INRS ED 6107, p. 48-49). Critères détaillés : norme NF ISO 4309.
DéfautCe qu'on observe
Toron casséUn seul suffit.
Fils cassésNombre de fils cassés visibles, décomptés sur deux pas de câblage, égal ou supérieur à 20 % du nombre total de fils du câble.
MéplatsMéplats importants sur les fils extérieurs (environ 40 % du diamètre des fils extérieurs).
DéformationsTire-bouchon, panier, extrusion de fils, coque, aplatissement, pliage, étranglement avec rupture de toron, toron desserré, corrosion ou usure externe : figures de l'INRS (ED 6107, p. 48-49 ; ED 6178, figure 41, p. 45).

La liste n'est pas exhaustive : un câble qui présente hernies, étranglements, pliages ou toute autre déformation est à remplacer (ED 6107, p. 79).

Entretenir et remplacer

  • Nettoyer périodiquement les câbles par brossage pour éliminer les dépôts de graisse durcis qui empêchent la pénétration des lubrifiants, avec des gants ; pas de solvants, qui pourraient détruire les composants textiles ou synthétiques de l'âme du câble (ED 6107, p. 79).
  • Remplacer un câble défectueux seulement par un câble qui correspond aux spécifications du constructeur (notice) : diamètre, composition, mode de câblage, sens de toronnage, qualité de l'acier, charge de rupture, allongement ; ces informations figurent sur l'attestation du câblier ou de l'importateur (ED 6107, p. 79).
  • Le remplacement par un câble neuf de mêmes caractéristiques n'est pas considéré comme un démontage justifiant une vérification de remise en service, à condition d'être mentionné sur le carnet de maintenance avec le lieu où l'attestation est conservée (arrêté du 1er mars 2004, art. 21).
  • Fixation du câble : conserver un brin mort d'environ 45 cm, ne pas fixer le serre-câble sur le brin actif ; vérifier souvent les boîtes à coins et les serre-câbles (ED 6107, p. 79).

Flexibles hydrauliques

Sur les grues mobiles, les flexibles alimentent les vérins de la flèche et des stabilisateurs. L'annexe 7 de l'ED 6107 (p. 93) donne les critères d'inspection : un flexible est à remplacer si l'on observe l'un des défauts suivants.

  • Dommages sur la surface extérieure : fissures, coupures, abrasion…
  • Déformation qui ne correspond pas à la forme du flexible d'origine.
  • Fuite.
  • Dommages ou déformations sur les raccords, affectant l'étanchéité.
  • Mouvement entre le tuyau souple et l'assemblage, qui fait glisser le tuyau par rapport au raccord.
  • Corrosion sur les raccords pouvant affecter leur résistance.
  • Autres exigences de la notice d'utilisation du fabricant.

Le marquage d'un flexible comporte notamment le fabricant, le type de tuyau, le diamètre nominal, la norme applicable et la date de fabrication (trimestre et année) (ED 6107, p. 93). Prudence en intervention : fluide sous haute pression, risque d'injection dans les tissus ; on n'intervient qu'après arrêt du moteur et baisse de la pression du circuit (p. 76). Voir aussi la fiche sur les énergies.

Fiche liée : énergies mises en œuvre, perte d'attention et substances psychoactives.

Châssis et stabilisateurs

Le référentiel demande une vérification visuelle de la grue et de ses contacts avec le sol (stabilisateurs…) (R.483A, A2|2 A, p. 25) et de la mise en place des protections dans les zones de danger (p. 25). Ce que l'INRS cite comme points d'attention :

  • Fuites et pièces défectueuses repérées lors du tour de la grue (ED 6107, p. 47).
  • Pneumatiques et jantes : pression, entailles, usure excessive à chaque prise de poste ; pour les jantes, bonne position du cercle, absence de chocs, de déformation ou de rouille excessive, présence et serrage des écrous (ED 6107, p. 47 et 76).
  • Verrouillages mécaniques de la tourelle et des stabilisateurs : le conducteur doit savoir les manœuvrer (ED 6107, p. 46).
  • Capots, trappes, bouchons : leur présence fait partie des dispositifs de sécurité à vérifier (ED 6107, p. 47).
  • Niveaux avant démarrage : huile moteur, liquide de refroidissement, huile hydraulique, carburant, lave-glace (ED 6107, p. 50).
  • Dispositifs de calage et d'amarrage : ils figurent parmi les éléments essentiels de l'examen de l'état de conservation (arrêté du 1er mars 2004, art. 9).

Le référentiel et l'INRS ne donnent aucun critère chiffré pour juger une fissure, une déformation ou un jeu sur un châssis ou un stabilisateur : on signale toute anomalie et on s'en remet à la notice et à l'encadrement. Pour le calage lui-même (sol, cales, configuration), voir la fiche sur la stabilisation.

Fiche liée : règles de stabilisation : sol, stabilisateurs et calage.

Structure : charpente et flèche

Le référentiel parle de la « structure de la flèche » et, à la prise de poste, de la charpente (A2|1 J, p. 24 ; A2|2 A, p. 25). Les éléments que l'INRS précise pour les flèches treillis (ED 6107, p. 78) :

  • Les éléments de flèche peuvent subir des déformations liées à la manutention et au transport : leur porter une attention particulière.
  • Ne pas attacher les élingues aux sections du treillis, mais respecter la notice du constructeur.
  • Mettre en place tous les axes et goupilles prévus par le constructeur.
  • Caler les éléments de flèche avant le démontage ; ne jamais redresser des éléments au chalumeau.
  • Les réparations d'éléments de flèche ne sont réalisées que par le constructeur ou un de ses représentants, jamais par l'utilisateur.

Pour tous les types de flèches, la grue ne dépasse jamais les limites de charge du constructeur, qui ne dépendent pas seulement de la stabilité mais aussi de la résistance mécanique de certaines pièces (ED 6107, p. 70), et on ne tire pas les charges latéralement avec la flèche, qui n'est pas conçue pour de fortes charges latérales (p. 70). Après une réparation, un remplacement ou une transformation importante d'un organe essentiel, la vérification de remise en service est nécessaire (arrêté du 1er mars 2004, art. 20 I).

Les pièges du test

  • « Le câble ne se contrôle qu'à la vérification annuelle. » L'INRS demande un contrôle visuel quotidien sur toute sa longueur.
  • « Un seul toron cassé, ce n'est pas grave. » Un toron cassé suffit à la mise au rebut.
  • « Un flexible qui suinte peut attendre. » Une fuite est un critère de remplacement.
  • « Le grutier répare la flèche. » Non : réparation par le constructeur ou son représentant.
  • « Un câble neuf, c'est un câble neuf. » Il doit correspondre aux spécifications du constructeur et être tracé sur le carnet de maintenance.
  • Confondre rôle du grutier et du vérificateur. Le premier détecte et signale ; le second réalise la vérification périodique.

Questions fréquentes

Sur quelle longueur contrôle-t-on un câble de levage ?

Sur toute sa longueur, de l'attache d'extrémité aux trois tours morts sur le tambour, chaque jour (INRS ED 6107, p. 48).

Quand mettre un câble de levage au rebut ?

Notamment avec un toron cassé, 20 % de fils cassés ou plus sur deux pas de câblage, ou des méplats importants (ED 6107, p. 48).

Quand remplacer un flexible hydraulique ?

Fissures, coupures, déformation, fuite, raccords endommagés ou corrodés, glissement du tuyau (ED 6107, p. 93).

À quelle fréquence la grue mobile est-elle vérifiée ?

Douze mois en général, six mois pour les appareils listés aux II et III de l'article 20, dont les grues mobiles automotrices ou sur porteur sans montage important (arrêté du 1er mars 2004, art. 20 et 23).

Un grutier peut-il réparer une flèche treillis ?

Non : constructeur ou représentant uniquement (ED 6107, p. 78).

S'entraîner sur ce thème

Approfondir dans la formation en ligne : module 3, chapitre 1, module 5, chapitre 3.

Sources : recommandation R.483A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, A2|1 J, p. 24 ; A2|2 A et C, p. 25 ; barème du test théorique, p. 27 ; grille pratique A3|2, p. 28) ; arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage (art. 9, 20, 21, 22 et 23) ; INRS, Grues mobiles. Manuel de sécurité, ED 6107, novembre 2018 (p. 46 à 50, 70, 75 à 79, 93) ; INRS, Accessoires de levage. Mémento de l'élingueur, ED 6178, mai 2023 (p. 45). Racines officielles : inrs.fr, legifrance.gouv.fr, ameli.fr. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R483.