Nacelle PEMP : secours, énergies, carburant et vigilance du conducteur
Descente de secours, ventilation, batteries, carburant, substances psychoactives et perte d'attention : six points d'évaluation, 10 points au total, dans le thème « Exploitation des PEMP » du test théorique CACES R486. Cette fiche les reprend à partir du texte de l'Assurance Maladie, de l'INRS et du Code du travail.
Ce que vérifie le test théorique R486
Cette fiche couvre 10 points sur 100, dans le thème « Exploitation des PEMP » (54 points) :
- Risques lors de l'utilisation des postes de dépannage et de secours (2 pts)
- Aération insuffisante du lieu d'évolution (2 pts)
- Risques liés aux énergies mises en œuvre (batterie, mécanique, hydraulique…) (2 pts)
- Risques liés à l'utilisation de carburant (2 pts)
- Conduite sous emprise de substances psycho actives (1 pt)
- Risques liés à une perte d'attention (1 pt)
Source : R.486B, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Six points qui ressemblent à du bon sens, mais qui se lisent dans le texte
Ces six points d'évaluation sont courts (1 ou 2 points chacun, R.486B, p. 27), mais ils forment 10 points sur les 54 du thème : de quoi décider d'un résultat, puisque le conducteur doit obtenir au moins la moyenne dans chaque thème. Ils ont aussi un point commun : le référentiel les traite parmi les « principaux risques », avec leur origine et leurs moyens de prévention (annexe 2, § F, p. 22), et dans l'exploitation des PEMP (§ G, p. 23).
À retenir
- Le poste de secours se teste à la prise de poste, et la descente de secours fait partie des savoir-faire pratiques.
- Un moteur thermique dans un local fermé expose au monoxyde de carbone ; une batterie au plomb en charge dégage de l'hydrogène.
- Alcool, drogues, médicaments, téléphone, musique : la R.486B les cite tous, au titre de la vigilance du conducteur.
Postes de dépannage et de secours : la descente de secours
Une PEMP comporte plusieurs postes de commande : le référentiel distingue le poste normal, le poste de dépannage et le poste de secours, avec les organes de service correspondants (R.486B, annexe 2, § B, p. 21). Le conducteur doit donc savoir où se trouvent ces commandes, ce qu'elles permettent, et savoir utiliser les dispositifs de dépannage et de secours (§ G, p. 23).
- Avant de partir. À la prise de poste, le conducteur vérifie le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité qui peuvent être actionnés manuellement ou testés sans charge, dont les postes de secours et de dépannage (R.486B, annexe 2, § A, p. 24).
- Savoir descendre. Au sol, le conducteur doit savoir exécuter une manœuvre de descente de secours ou de dépannage de la plate-forme ; depuis la plate-forme, savoir faire exécuter une manœuvre de descente de dépannage à un opérateur au sol (p. 25).
- Qui manœuvre. Si l'organisation prévoit que l'accompagnateur manœuvre les organes de service depuis le sol, les dispositions de la recommandation lui sont entièrement applicables (p. 6) : il est donc lui aussi formé, évalué et autorisé.
- Qui alerte. L'accompagnateur, dont la présence au sol est indispensable, surveille l'environnement, guide l'opérateur et alerte les secours en cas de nécessité (p. 6 ; INRS, page « Nacelles et plateformes élévatrices »). L'INRS parle d'une équipe de deux personnes au minimum (ED 6118, p. 45 et 46).
- Comment se parler. Le conducteur doit savoir communiquer avec l'accompagnant, le cas échéant le chef de manœuvre, par les gestes et signaux conventionnels (norme FDE 52-401), et réagir à un signal d'alerte (p. 25).
- Conduite à tenir. En cas d'incident ou de défaillance de la PEMP, la conduite à tenir et la consultation de la notice d'instructions du constructeur sont au programme (p. 23).
Le test évalue « les risques lors de l'utilisation des postes de dépannage et de secours » (2 points, p. 27), mais le référentiel ne détaille pas ces risques et la procédure de secours dépend de chaque machine. Elle est donc à lire dans la notice, jamais à improviser ; cette fiche n'en invente aucune étape.
Aération insuffisante : le moteur thermique dans un local fermé
Parmi les risques à connaître figure le « risque lié à une mauvaise ventilation du local (intoxication par les gaz d'échappement…) » (R.486B, p. 22). Le référentiel oppose les PEMP thermiques et électriques, et les PEMP pour utilisation intérieure ou extérieure (p. 21) : le choix du type de machine fait partie de la prévention.
L'INRS précise la nature du danger. Les gaz d'échappement contiennent du monoxyde de carbone, et les moteurs à essence sont particulièrement riches en CO. L'intoxication aiguë provoque fatigue, nausées, maux de tête, perte de connaissance, voire coma pouvant être mortel. Le risque est particulièrement élevé avec des moteurs thermiques utilisés dans des espaces mal ventilés (souterrains, tranchées, locaux fermés), et aucun masque filtrant à cartouche ne protège du monoxyde de carbone (INRS, rubrique « Gaz d'échappement »).
| Mesure | Ce que cela change |
|---|---|
| Privilégier un moteur électrique | Supprime le risque à la source quand c'est possible, surtout en espace confiné |
| Placer ou garder les moteurs thermiques à l'extérieur | Évite l'accumulation des gaz dans le local |
| Ventiler | Dilue les gaz ; la ventilation doit respecter les règles des locaux à pollution spécifique |
| Entretenir le moteur, ne pas le laisser tourner inutilement | Limite les émissions |
Ces mesures sont celles de l'INRS pour les moteurs thermiques en général ; elles s'appliquent à une PEMP thermique utilisée à l'intérieur. Le piège type : croire qu'une porte ouverte ou un masque suffit.
Les énergies mises en œuvre : batterie, mécanique, hydraulique
Le référentiel demande de connaître deux familles de risques : ceux de la mise en œuvre des batteries d'accumulateurs, avec les modalités des opérations courantes (connexion, déconnexion, manipulation, mise en charge), et ceux de l'utilisation de l'énergie mise en œuvre : mécanique, électrique, hydraulique… (R.486B, p. 22). Il demande aussi de savoir utiliser, charger et entretenir les batteries de traction des PEMP électriques (p. 21).
| Risque | Ce que disent les sources | Source |
|---|---|---|
| Explosion | Principalement pendant la charge : l'hydrogène dégagé, mélangé à l'air, peut créer une atmosphère explosive ; il est explosif entre 4 % et 75 % en volume dans l'air | INRS ED 6120, § 3.1 |
| Ventilation du local de charge | Principal moyen d'empêcher le mélange explosif ; l'hydrogène, plus léger que l'air, se retrouve en partie haute | ED 6120, § 4.2.1 |
| Autres dangers | Brûlures chimiques (électrolyte, acide sulfurique), décharges électriques, port de charges lourdes | ED 6120, introduction |
| Énergie hydraulique, mécanique | Listées au référentiel comme énergies à risque ; les précautions propres à la machine figurent dans la notice | R.486B, p. 22 |
À la prise de poste, le conducteur vérifie la charge de la batterie ou le niveau de carburant (R.486B, p. 24) : l'énergie disponible fait partie du contrôle avant la première manœuvre.
Le carburant : plein, vapeurs et incendie
Le référentiel cite les « risques liés à l'utilisation de carburant, de fluide hydraulique…, modalités de leur manipulation » et, plus loin, le risque d'incendie ou d'explosion (R.486B, p. 22). Sur le terrain, l'INRS rappelle que les vapeurs de carburant s'accumulent dans les zones peu aérées et qu'il faut manipuler les carburants à l'abri des sources d'inflammation et de chaleur, moteurs compris, avec interdiction de fumer dans les zones concernées (INRS, ED 989).
- Vérifier le niveau à la prise de poste, avant de partir (R.486B, p. 24), avec le contrôle de la charge de batterie pour une machine électrique.
- Manipuler loin des sources d'inflammation et de chaleur, moteur compris, et sans fumer dans les zones concernées (INRS, ED 989).
- Éviter les zones peu aérées, où les vapeurs s'accumulent (INRS, ED 989). Les modalités précises du plein (lieu, moteur arrêté, bidon ou pompe) sont celles de la notice et des consignes de l'établissement.
Substances psychoactives et perte d'attention
Le référentiel demande de connaître « les effets de la conduite sous l'emprise de substances psycho-actives (drogues, alcool et médicaments) » (R.486B, p. 23). Le barème en fait un point à 1 point (p. 27) : une seule question en général, mais elle ne se rattrape pas.
| Texte | Contenu |
|---|---|
| Article L4122-1 | Chaque travailleur prend soin, selon sa formation et ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité et de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions |
| Article R4228-20 | Seuls le vin, la bière, le cidre et le poiré sont autorisés sur le lieu de travail ; si leur consommation menace la sécurité, l'employeur prévoit des mesures (limitation, voire interdiction) dans le règlement intérieur ou par note de service, proportionnées au but recherché |
| Article R4228-21 | Il est interdit de laisser entrer ou séjourner dans les lieux de travail des personnes en état d'ivresse |
L'INRS indique que le règlement intérieur peut lister les postes de sûreté et de sécurité pour lesquels un contrôle est possible, et que la jurisprudence cite notamment les caristes ; ces mesures doivent être justifiées par la nature des tâches et proportionnées. Le règlement intérieur de l'entreprise est le document à consulter pour savoir si la conduite d'une PEMP y figure (INRS, rubrique « Addictions, réglementation »). Le référentiel cite aussi les médicaments, que ni R4228-20 ni R4228-21 ne mentionnent : il faut les ranger avec l'alcool et les drogues dans la réponse.
La perte d'attention est le point voisin : le référentiel cite les « appareils pouvant générer un détournement de l'attention (téléphone mobile, diffuseur de musique…) » (R.486B, p. 23). Le conducteur doit par ailleurs savoir réagir à un signal d'alerte et communiquer avec l'accompagnant par gestes et signaux (p. 25) : encore faut-il rester attentif pour les percevoir.
Les pièges du test
- « Un masque protège des gaz d'échappement. » Aucun masque filtrant à cartouche ne protège du monoxyde de carbone (INRS). La bonne réponse parle de ventilation ou de machine électrique.
- « Le Code du travail autorise la bière, donc le conducteur peut en boire. » Le texte l'autorise sur le lieu de travail par principe, mais l'employeur peut la limiter ou l'interdire pour raison de sécurité (R4228-20).
- Oublier les médicaments dans la liste des substances psychoactives : le référentiel parle de drogues, d'alcool et de médicaments.
- Penser que le secours est l'affaire du seul conducteur. L'accompagnateur au sol est indispensable, et s'il manœuvre, le référentiel lui est entièrement applicable.
- Confondre risque et énergie. L'hydrogène concerne la charge des batteries au plomb ; le carburant concerne les moteurs thermiques ; ne pas mélanger les mesures.
Questions fréquentes
Que faire si l'opérateur en nacelle ne peut plus redescendre ?
La R.486B prévoit un poste de dépannage et de secours, et le conducteur doit savoir exécuter la descente de secours ou la faire exécuter par un opérateur au sol (p. 25). La procédure exacte dépend de la machine : elle est dans la notice du constructeur.
Peut-on utiliser une nacelle thermique dans un local fermé ?
Le référentiel classe la mauvaise ventilation, avec intoxication par les gaz d'échappement, parmi les risques à connaître (p. 22). L'INRS recommande de privilégier les moteurs électriques et de ventiler quand des moteurs thermiques sont utilisés.
Pourquoi charger une batterie de nacelle dans un local ventilé ?
Une batterie au plomb dégage de l'hydrogène pendant la charge ; mélangé à l'air, il peut former une atmosphère explosive. La ventilation est le principal moyen de l'empêcher (INRS ED 6120).
L'alcool est-il autorisé au travail pour un conducteur de nacelle ?
Le Code du travail n'autorise que le vin, la bière, le cidre et le poiré, et permet à l'employeur de limiter ou d'interdire la consommation (R4228-20). La R.486B évalue les effets de l'emprise des substances psychoactives sur la conduite ; le règlement intérieur de l'entreprise fixe les règles applicables.
Pour poursuivre : la fiche renversement, limites d'emploi et opérations interdites, la page CACES R486 et la fiche rôles et responsabilités. Dans la formation en ligne, le chapitre vérifications d'une PEMP détaille les contrôles de prise de poste. Pour l'autorisation de conduite, voir le générateur de modèle.
Sources : recommandation R.486B de l'Assurance Maladie, 3e édition, mai 2026 (conduite des PEMP, p. 6 ; référentiel de formation, annexe 2, § A, B, F et G, p. 21 à 25 ; barème du test théorique, p. 27) ; INRS, Prévention des risques de chutes de hauteur, ED 6118, juin 2012 (p. 45-46) ; INRS, rubrique gaz d'échappement (inrs.fr) ; INRS ED 6120, Charge des batteries d'accumulateurs au plomb. Prévention du risque explosion, mise à jour avril 2018 (introduction, § 3.1 et 4.2.1) ; INRS ED 989, Combustibles et carburants pétroliers ; INRS, rubrique addictions, réglementation ; Code du travail, articles L4122-1, R4228-20 et R4228-21 (legifrance.gouv.fr). Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R486.