Article L1234-20 · En vigueur

Article L1234-20 — Reçu pour solde de tout compte

Le solde de tout compte fait l'inventaire des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat. Le reçu peut être dénoncé dans les six mois suivant sa signature ; passé ce délai, il devient libératoire pour l'employeur, mais uniquement pour les sommes qui y figurent. Les sommes omises restent réclamables.

Ce que dit l'article L1234-20

Texte officiel en vigueur depuis le 27/06/2008 :

Le solde de tout compte, établi par l'employeur et dont le salarié lui donne reçu, fait l'inventaire des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat de travail.

Le reçu pour solde de tout compte peut être dénoncé dans les six mois qui suivent sa signature, délai au-delà duquel il devient libératoire pour l'employeur pour les sommes qui y sont mentionnées.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie I
Les relations individuelles de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre III — Rupture du contrat de travail à durée indéterminée
Chapitre
Chapitre IV — Conséquences du licenciement
Section
Section 2 — Documents remis par l'employeur

L'article L1234-20 encadre le reçu pour solde de tout compte : le document remis à la fin du contrat qui inventorie les sommes versées au salarié. Signé, il devient libératoire pour l'employeur au bout de six mois — sauf dénonciation dans ce délai.

Ce que dit l'article L1234-20

Texte officiel en vigueur depuis le 27 juin 2008 :

Le solde de tout compte, établi par l'employeur et dont le salarié lui donne reçu, fait l'inventaire des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat de travail.

Le reçu pour solde de tout compte peut être dénoncé dans les six mois qui suivent sa signature, délai au-delà duquel il devient libératoire pour l'employeur pour les sommes qui y sont mentionnées.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

À la fin du contrat (licenciement, démission, rupture conventionnelle…), l'employeur établit un solde de tout compte qui liste toutes les sommes versées : dernier salaire, indemnités de congés payés, indemnité de licenciement, etc. Le salarié en donne reçu (il signe pour attester l'avoir reçu).

Le point clé est l'effet libératoire : si le salarié ne dénonce pas le reçu dans les six mois suivant sa signature, l'employeur est définitivement libéré pour les sommes qui y figurent — le salarié ne peut plus les réclamer.

À retenir : l'effet libératoire ne joue que pour les sommes effectivement mentionnées dans le reçu. Une somme oubliée ou non chiffrée peut être réclamée selon les règles de prescription de droit commun, même après six mois.

Qui est concerné ?

  • Tout salarié dont le contrat prend fin, quel que soit le mode de rupture.
  • Les employeurs, qui établissent le solde de tout compte et en conservent la preuve.
  • Les services RH, attentifs à l'exactitude des sommes inventoriées.

Ce que cela implique en pratique

  • Le reçu doit inventorier précisément les sommes versées (les chiffrer, poste par poste) ;
  • le salarié dispose de six mois pour le dénoncer par écrit s'il conteste ou estime qu'il manque des sommes ;
  • passé ce délai, le reçu est libératoire pour les sommes mentionnées.

Le solde de tout compte fait partie des documents de fin de contrat, avec le certificat de travail (article L1234-19) et l'attestation destinée à l'organisme d'assurance chômage.

Bon à savoir

Il est conseillé au salarié de ne signer qu'après vérification, et de mentionner « sous réserve » en cas de doute. La dénonciation doit être faite par écrit dans les six mois. Pour estimer les sommes dues (préavis, indemnité de licenciement…), des simulateurs peuvent aider à vérifier le décompte.

Ce que l'effet libératoire couvre — et ce qu'il ne couvre pas

C'est la question qui décide de tout, et elle se lit dans le texte lui-même : passé six mois, le reçu devient libératoire « pour les sommes qui y sont mentionnées ». Ces sept mots limitent considérablement sa portée.

  • Une somme absente du reçu n'est pas couverte. Si le solde de tout compte ne fait aucune mention d'une prime, d'heures supplémentaires ou d'une indemnité de congés payés, le salarié peut les réclamer après les six mois, dans les délais de prescription de droit commun.
  • Une somme mentionnée globalement l'est mal. Un reçu qui se contente d'un montant total, sans inventaire poste par poste, ne remplit pas la fonction d'inventaire que lui assigne le texte. Sa portée libératoire s'en trouve fragilisée.
  • Le reçu non signé ne libère de rien. Le délai de six mois court « à compter de sa signature ». Sans signature du salarié, aucun effet libératoire ne se déclenche, même des années plus tard.

Comment dénoncer, et dans quelle forme

La dénonciation obéit à une exigence de forme précise : l'article D1234-8 impose la lettre recommandée. Un courriel, un SMS ou une contestation verbale ne valent pas dénonciation, quelle que soit leur clarté.

Le salarié dispose de six mois à compter de la signature. Il n'a pas à motiver longuement sa démarche ni à chiffrer sa réclamation à ce stade : il lui suffit de dénoncer le reçu pour neutraliser l'effet libératoire et préserver ses droits.

Signer avec la mention « sous réserve de mes droits ». C'est la pratique la plus simple pour le salarié qui n'a pas le temps de vérifier le décompte au moment du départ : elle prive le reçu de son effet libératoire sans qu'il soit besoin d'une dénonciation ultérieure. Rien n'oblige d'ailleurs le salarié à signer le reçu, et un refus de signature ne peut lui être reproché ni retarder le versement des sommes dues.

Ne pas confondre avec les délais de prescription

Les six mois du reçu ne sont pas un délai de prescription : ils ne raccourcissent pas les délais d'action mais ferment une porte, celle de la contestation des sommes inventoriées. Trois délais coexistent au départ d'un salarié.

ObjetDélaiPoint de départ
Dénonciation du reçu pour solde de tout compte6 moisSignature du reçu
Action sur l'exécution du contrat (salaires)3 ansJour de la connaissance des faits permettant d'agir
Contestation de la rupture du contrat12 moisNotification de la rupture

Avant de signer, il est utile de recalculer les sommes attendues : l'indemnité de licenciement et le solde de tout compte se vérifient en quelques minutes, et c'est le moment où l'erreur se corrige le plus facilement.

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Cas pratiques

Cas n°1 — Effet libératoire après six mois

Un salarié signe son reçu pour solde de tout compte sans le contester. Huit mois plus tard, il souhaite réclamer une prime mentionnée dans le reçu. Le délai de six mois étant écoulé, le reçu est devenu libératoire pour l'employeur pour les sommes qui y figurent (article L1234-20).

Cas n°2 — Dénonciation dans le délai

Une salariée constate, deux mois après la signature, une erreur sur son indemnité de congés payés. Elle dénonce le reçu par écrit dans le délai de six mois : l'effet libératoire ne joue pas pour la somme contestée, qu'elle peut alors réclamer.

Cas n°3 — Somme non mentionnée

Une indemnité due n'apparaît pas dans le reçu pour solde de tout compte. L'effet libératoire ne couvrant que les sommes mentionnées, le salarié peut en réclamer le paiement selon les règles de prescription applicables, même au-delà de six mois.

Questions fréquentes

Six mois à compter de la signature du reçu. Au-delà, il devient libératoire pour l'employeur, mais uniquement pour les sommes qui y sont mentionnées. La dénonciation doit se faire par lettre recommandée, conformément à l'article D1234-8.

Non. Le texte précise que le reçu devient libératoire pour les sommes qui y sont mentionnées. Une prime, des heures supplémentaires ou une indemnité absentes de l'inventaire restent réclamables après les six mois, dans les délais de prescription de droit commun.

Non, rien n'y oblige le salarié, et un refus de signature ne peut lui être reproché ni retarder le versement des sommes dues. Une alternative pratique consiste à signer en portant la mention « sous réserve de mes droits », qui prive le reçu de son effet libératoire sans dénonciation ultérieure.

Il ne déclenche aucun effet libératoire. Le délai de six mois court à compter de la signature : sans signature du salarié, l'employeur ne peut se prévaloir d'aucune libération, quel que soit le temps écoulé.

Non. L'article D1234-8 impose la lettre recommandée. Un courriel, un SMS ou une contestation verbale ne valent pas dénonciation, même s'ils sont explicites et datés.

Non, ce sont deux mécanismes distincts. Le salarié dispose de trois ans pour les actions portant sur l'exécution du contrat, notamment les salaires, et de douze mois pour contester la rupture. Les six mois du reçu ne ferment que la contestation des sommes effectivement inventoriées.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 16/09/2026.