Article L3123-27 · En vigueur

Article L3123-27 — Durée minimale de travail à temps partiel (24 heures)

L'article L3123-27 fixe à 24 heures par semaine la durée minimale de travail à temps partiel à défaut d'accord. Dérogations possibles à la demande écrite et motivée du salarié (contraintes personnelles, cumul d'emplois) ou par convention de branche.

Ce que dit l'article L3123-27

Texte officiel en vigueur depuis le 10/08/2016 :

A défaut de convention ou d'accord, la durée minimale de travail du salarié à temps partiel est fixée à vingt-quatre heures par semaine ou, le cas échéant, à l'équivalent mensuel de cette durée ou à l'équivalent calculé sur la période prévue par un accord collectif conclu en application de l'article L. 3121-44.

Une durée de travail inférieure à celle prévue au premier alinéa du présent article peut être fixée à la demande du salarié soit pour lui permettre de faire face à des contraintes personnelles, soit pour lui permettre de cumuler plusieurs activités afin d'atteindre une durée globale d'activité correspondant à un temps plein ou au moins égale à la durée mentionnée au même premier alinéa. Cette demande est écrite et motivée.

L'employeur informe chaque année le comité social et économique du nombre de demandes de dérogation individuelle définies au présent article.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie III
Durée du travail, salaire, intéressement, participation et épargne salariale
Livre
Livre Ier
Titre
Titre II : Durée du travail, répartition et aménagement des horaires
Chapitre
Chapitre III : Travail à temps partiel et travail intermittent

L'article L3123-27 du Code du travail fixe la durée minimale du temps partiel à 24 heures par semaine (ou équivalent mensuel). Cette règle vise à éviter les contrats trop courts qui maintiennent les salariés dans la précarité. Des dérogations existent à la demande écrite du salarié.

Texte officiel (extrait)

« A défaut de convention ou d'accord, la durée minimale de travail du salarié à temps partiel est fixée à vingt-quatre heures par semaine (...). Une durée de travail inférieure à celle prévue au premier alinéa du présent article peut être fixée à la demande du salarié soit pour lui permettre de faire face à des contraintes personnelles, soit pour lui permettre de cumuler plusieurs activités afin d'atteindre une durée globale d'activité correspondant à un temps plein (...). Cette demande est écrite et motivée. »

En clair

Issu de la loi de sécurisation de l'emploi de 2013, cet article impose un plancher de 24 heures hebdomadaires pour les contrats à temps partiel. Objectif : protéger les salariés des contrats sous-minima qui rendaient leur rémunération insuffisante. Mais l'article prévoit trois exceptions importantes : convention de branche, demande écrite et motivée du salarié, et cumul d'emplois.

Les dérogations possibles

Accord de branche

Une convention ou un accord de branche étendu peut fixer une durée minimale différente (inférieure à 24h) à condition de prévoir : (1) des garanties pour le salarié, (2) une organisation des horaires sur des journées ou demi-journées régulières, (3) des contreparties.

Demande écrite du salarié

Le salarié peut demander un contrat inférieur à 24h pour faire face à des contraintes personnelles (études, enfants, double activité, santé). Demande obligatoirement écrite et motivée. L'employeur peut accepter ou refuser.

Cumul d'activités

Un salarié peut demander un contrat à temps partiel inférieur à 24h pour cumuler plusieurs activités (chez plusieurs employeurs) afin d'atteindre globalement un temps plein ou au moins 24h cumulées. Demande écrite et motivée.

Salariés exclus du plancher des 24h

CatégorieRègle applicable
Salariés de moins de 26 ans poursuivant des étudesDurée minimale non applicable (L3123-7) — adaptation aux contraintes scolaires/universitaires
Particuliers employeursNon concernés par le plancher des 24 heures
CDD de remplacementDurée minimale calculée sur le contrat du salarié remplacé
IntérimairesRégime spécifique du travail temporaire
Salariés en contrat aidéCertains contrats aidés peuvent prévoir des durées inférieures

Garanties applicables aux contrats < 24h

Quand une dérogation est accordée, le contrat doit prévoir des garanties supplémentaires :

  • Regroupement des horaires sur des journées ou demi-journées régulières et complètes
  • Majoration de toutes les heures complémentaires au-delà du contrat (et non plus seulement au-delà du 10e)
  • Priorité d'accès à un emploi à temps plein ou à un emploi de durée au moins égale à 24h
  • Information annuelle du CSE sur le nombre de demandes de dérogation individuelle

Sanction du non-respect des 24h

Un employeur qui impose un temps partiel inférieur à 24h sans dérogation autorisée s'expose à : (1) requalification du contrat à temps plein sur saisine prud'homale, avec rappel de salaire (différentiel temps partiel/temps plein sur 3 ans), (2) dommages-intérêts pour préjudice. Le contrat n'est pas nul, mais peut être requalifié rétroactivement.

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Pour vérifier les garanties applicables à votre contrat à temps partiel, consultez votre convention collective (clauses spécifiques sur la durée minimale) et votre service RH. En cas de litige : inspection du travail ou conseil de prud'hommes.

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Cas pratiques

Cas 1 — Caissière à 18h/semaine sans dérogation

Une caissière de supermarché signe un CDI à 18h/semaine, sans demande écrite préalable. Pas d'accord de branche dérogatoire. Violation de L3123-27 : le plancher de 24h n'est pas respecté. Action prud'homale possible : requalification du contrat à 24h minimum, ou en temps plein selon les heures réellement effectuées. Rappel de salaire sur 3 ans (différentiel) + dommages-intérêts (~ 3 000 à 8 000 €).

Cas 2 — Étudiant de 22 ans : dérogation légale

Un étudiant en master poursuit ses études tout en travaillant 15h/semaine dans une chaîne de restauration. Application de l'exception L3123-7 : les salariés de moins de 26 ans poursuivant des études ne sont pas soumis au plancher de 24h. Le contrat est valable à 15h/semaine. L'employeur n'a aucune obligation de demande écrite à fournir (l'exclusion est légale).

Cas 3 — Cumul d'emplois pour atteindre un temps plein

Une mère de famille demande par écrit à son employeur principal (mairie, 16h/semaine) un contrat inférieur à 24h pour pouvoir cumuler avec une seconde activité (mi-temps en association à 16h). Total cumulé : 32h. Application de L3123-27 : dérogation autorisée pour cumul d'activités. L'employeur principal accepte. Le contrat à 16h est valable. À noter : la durée maximale du travail (48h/semaine, L3121-18) reste applicable.

Cas 4 — Accord de branche dérogatoire (HCR)

Dans le secteur des Hôtels-Cafés-Restaurants, l'accord de branche prévoit une durée minimale de 16h hebdomadaires (justifié par les contraintes opérationnelles : services courts du midi, banquets). Une employée signe un contrat de 18h. Application légale : la dérogation conventionnelle est valable. Contreparties : majoration de toutes les heures complémentaires à 10% (au lieu du seuil normal du 10e), priorité d'accès à un temps plein, regroupement des horaires sur des journées complètes.

Cas 5 — Requalification en temps plein

Une salariée signée à 24h effectue régulièrement 35h-40h pendant 18 mois (modifications planning de dernière minute, heures complémentaires systématiques). Application de L3123-27 + jurisprudence : le dépassement systématique caractérise un véritable temps plein déguisé. Action en requalification : transformation rétroactive en CDI temps plein, rappel de salaire (différentiel + majoration des heures complémentaires non payées), dommages-intérêts.

Cas 6 — Demande écrite pour contraintes familiales

Une assistante administrative écrit à son employeur pour demander un contrat à 20h/semaine afin de s'occuper d'un enfant handicapé. Lettre motivée datée et signée. Application de L3123-27 : demande recevable. L'employeur peut accepter (signature d'un avenant à 20h) ou refuser (maintien du contrat actuel). La salariée peut compléter par d'autres dispositifs : congé de présence parentale, allocation journalière de présence parentale (AJPP) versée par la CAF.

4 réflexes essentiels

(1) Vérifier la convention collective : éventuelle dérogation au plancher 24h. (2) Si demande personnelle : écrire et motiver (contraintes familiales, études, double emploi). (3) Vérifier les garanties : regroupement horaires, majoration heures complémentaires, priorité temps plein. (4) En cas d'abus (heures complémentaires systématiques au-delà du contrat) : action prud'homale en requalification, prescription 3 ans pour les rappels de salaire.

Questions fréquentes

24 heures par semaine ou équivalent mensuel (article L3123-27). C'est le plancher légal applicable à défaut de convention ou d'accord de branche dérogatoire. Cette règle vise à éviter les contrats trop courts qui maintiennent les salariés dans la précarité financière.

Oui, trois cas : (1) accord de branche étendu prévoyant des garanties (regroupement des horaires, majoration des heures complémentaires, priorité temps plein) ; (2) demande écrite et motivée du salarié pour contraintes personnelles (études, enfants, santé) ; (3) demande écrite et motivée pour cumuler plusieurs activités atteignant globalement 24h ou un temps plein.

Les salariés de moins de 26 ans poursuivant des études (L3123-7), les particuliers employeurs (assistantes maternelles, employés de maison), les CDD de remplacement (durée alignée sur le contrat du remplacé), les intérimaires (régime spécifique du travail temporaire), certains contrats aidés (insertion, alternance).

Si la dérogation est accordée, le contrat doit prévoir : regroupement des horaires sur des journées ou demi-journées régulières et complètes, majoration de toutes les heures complémentaires (et non plus seulement au-delà du 10e), priorité d'accès à un emploi à temps plein ou de durée au moins égale à 24h, information annuelle du CSE sur le nombre de demandes de dérogation.

Violation de L3123-27. Action prud'homale possible : requalification du contrat à 24h minimum, ou en temps plein selon les heures réellement effectuées si dépassement systématique. Rappel de salaire sur 3 ans (différentiel temps partiel/temps plein) + dommages-intérêts. Prescription 3 ans pour les rappels de salaire, 5 ans pour la requalification.

Par lettre écrite, datée et signée, adressée au service RH ou à la direction. Motifs obligatoires : contraintes personnelles précises (charge familiale, état de santé, études, formations) ou volonté de cumuler plusieurs activités professionnelles. Conserver une copie et l'accusé de réception. L'employeur peut accepter (signature d'un avenant) ou refuser (sans obligation de motivation).
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 29/05/2026.