Article L3123-8 · En vigueur

Article L3123-8 — Majoration des heures complémentaires (temps partiel)

L article L3123-8 garantit que chacune des heures complémentaires accomplies par un salarié à temps partiel donne lieu à une majoration de salaire, dès la première heure.

Ce que dit l'article L3123-8

Texte officiel en vigueur depuis le 10/08/2016 :

Chacune des heures complémentaires accomplies donne lieu à une majoration de salaire.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie I
Les relations individuelles de travail
Livre
Livre Ier — Durée du travail, repos et congés
Titre
Titre II — Durée du travail, répartition et aménagement des horaires
Chapitre
Chapitre III — Travail à temps partiel et travail intermittent
Section
Section 1 — Travail à temps partiel

Quand un salarié à temps partiel travaille au-delà de son horaire contractuel, ces heures complémentaires ne sont pas payées au tarif normal : l'article L3123-8 garantit que chaque heure complémentaire donne lieu à une majoration de salaire.

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Un salarié à temps partiel (article L3123-1) a un horaire inférieur à la durée légale. S'il effectue des heures au-delà de cet horaire contractuel, on parle d'heures complémentaires (à ne pas confondre avec les heures supplémentaires du temps plein).

L'article L3123-8 pose une règle simple et protectrice : chacune des heures complémentaires accomplies donne lieu à une majoration de salaire. Contrairement au temps plein, où les premières heures peuvent parfois être récupérées, ici chaque heure complémentaire est majorée dès la première.

Heures complémentaires ≠ heures supplémentaires

Les heures complémentaires concernent les salariés à temps partiel (au-delà de l'horaire du contrat). Les heures supplémentaires concernent les temps pleins (au-delà de 35 heures). Le taux de majoration des heures complémentaires est fixé par accord, dans les limites légales (au moins 10 %).

Qui est concerné ?

  • Les salariés à temps partiel amenés à dépasser leur horaire contractuel ;
  • les employeurs recourant aux heures complémentaires ;
  • les secteurs à fort taux de temps partiel : commerce, propreté, services, restauration.

Ce que cela implique en pratique

Deux garde-fous encadrent les heures complémentaires :

  • elles ne peuvent pas porter la durée du travail au niveau de la durée légale (sinon le contrat devrait être requalifié en temps plein) ;
  • le salarié peut refuser les heures complémentaires au-delà des limites prévues au contrat, ou s'il en est informé moins de 3 jours à l'avance — sans que ce refus soit une faute.

La majoration de chaque heure complémentaire est due automatiquement. Pour vérifier l'impact sur une paie, notre calculatrice brut / net peut servir de repère.

Cet article s'inscrit dans le régime du travail à temps partiel (article L3123-1), avec les durées minimales (article L3123-7) et les limites des heures complémentaires (article L3123-9). Il fait écho au régime des heures supplémentaires (article L3121-33) du temps plein.

Risques en cas de non-respect

Ne pas majorer les heures complémentaires, ou faire dépasser durablement l'horaire au point d'atteindre un temps plein, expose l'employeur à un rappel de salaire et à une possible requalification du contrat en temps plein, avec les conséquences financières associées.

À titre informatif uniquement : le taux de majoration et les limites dépendent de la convention collective applicable. En cas de doute, rapprochez-vous d'un représentant du personnel ou d'un conseiller juridique.

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Cas pratiques

Cas n°1 — La majoration dès la première heure

Une salariée à temps partiel (24 heures par semaine) effectue 2 heures au-delà de son horaire. Ces heures complémentaires sont majorées dès la première, conformément à l'article L3123-8, au taux fixé par la convention collective.

Cas n°2 — Le refus sans faute

Un employeur demande des heures complémentaires à un salarié 24 heures à l'avance seulement. Le salarié étant informé moins de 3 jours avant, il peut refuser sans que ce refus constitue une faute ou un motif de licenciement.

Cas n°3 — Le risque de requalification

Un salarié à temps partiel accomplit régulièrement des heures complémentaires portant sa durée de travail au niveau d'un temps plein. Le contrat peut être requalifié en temps plein, l'article L3123-8 interdisant que les heures complémentaires atteignent la durée légale.

Cas n°4 — La majoration oubliée

Un employeur paie les heures complémentaires au tarif normal, sans majoration. Le salarié peut réclamer un rappel correspondant à la majoration due sur chaque heure complémentaire accomplie.

Questions fréquentes

Oui. L article L3123-8 prévoit que chacune des heures complémentaires accomplies par un salarié à temps partiel donne lieu à une majoration de salaire, dès la première heure, au taux fixé par accord (au moins 10 %).

Les heures complémentaires concernent les salariés à temps partiel (au-delà de l horaire du contrat). Les heures supplémentaires concernent les temps pleins (au-delà de 35 heures). Les régimes et les taux diffèrent.

Non. Elles ne peuvent pas porter la durée du travail au niveau de la durée légale (ou conventionnelle si inférieure), sous peine de requalification du contrat en temps plein.

Oui, au-delà des limites prévues au contrat, ou lorsqu il en est informé moins de 3 jours avant. Ce refus ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement.

Un rappel de salaire correspondant à la majoration due, et, en cas de dépassement atteignant un temps plein, une requalification du contrat à temps partiel en contrat à temps plein.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 19/06/2026.