Article L3133-5 · En vigueur

Article L3133-5 — 1er mai chômé : pas de réduction de salaire

L'article L3133-5 garantit que le chômage du 1er mai n'entraîne aucune perte de salaire, et accorde aux salariés payés à l'heure, à la journée ou au rendement une indemnité égale au salaire perdu.

Ce que dit l'article L3133-5

Texte officiel en vigueur depuis le 10/08/2016 :

Le chômage du 1er mai ne peut être une cause de réduction de salaire.

Les salariés rémunérés à l'heure, à la journée ou au rendement ont droit à une indemnité égale au salaire perdu du fait de ce chômage. Cette indemnité est à la charge de l'employeur.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie I
Les relations individuelles de travail
Livre
Livre Ier — Durée du travail, repos et congés
Titre
Titre III — Repos et jours fériés
Chapitre
Chapitre III — Jours fériés
Section
Section 2 — Journée du 1er mai

L'article L3133-5 garantit que le 1er mai, jour férié chômé, ne coûte rien au salarié : la fermeture de l'entreprise ce jour-là ne peut entraîner aucune perte de salaire. C'est le pendant de l'indemnité due à ceux qui, eux, travaillent le 1er mai.

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous (article L3133-4). L'article L3133-5 en tire la conséquence salariale : « le chômage du 1er mai ne peut être une cause de réduction de salaire ».

Pour les salariés mensualisés, c'est automatique : leur salaire du mois ne bouge pas. Mais pour ceux dont la rémunération dépend du temps réellement travaillé, la loi prévoit une protection spécifique :

  • les salariés payés à l'heure, à la journée ou au rendement ont droit à une indemnité égale au salaire perdu du fait du chômage du 1er mai ;
  • cette indemnité est à la charge de l'employeur.

Deux articles complémentaires

L'article L3133-5 protège le salaire des salariés qui ne travaillent pas le 1er mai (jour chômé). L'article L3133-6, lui, accorde une indemnité supplémentaire (le « doublement ») à ceux qui travaillent le 1er mai. Les deux ne se cumulent jamais pour un même salarié : soit on chôme, soit on travaille.

Qui est concerné ?

  • Tous les salariés dont l'entreprise ferme le 1er mai ;
  • en particulier les salariés payés à l'heure, à la journée ou au rendement, pour qui l'indemnité compense le salaire perdu ;
  • les employeurs, qui supportent le coût de cette indemnité.

Ce que cela implique en pratique

Pour un salarié mensualisé, la règle est invisible : le bulletin de paie ne change pas, le 1er mai chômé étant payé comme un jour normal. C'est pour les rémunérations variables (intérimaires payés à l'heure, salariés au rendement, travail saisonnier) que l'article prend tout son sens : l'employeur doit calculer et verser une indemnité correspondant au salaire qui aurait été gagné.

Cette règle se lit avec le caractère chômé du 1er mai (article L3133-4), le régime des jours fériés chômés ordinaires (article L3133-3) et la liste des jours fériés légaux (article L3133-1). Pour vérifier l'impact sur une paie, notre calculatrice brut / net peut aider.

Risques en cas de non-respect

Réduire le salaire d'un salarié au motif que l'entreprise a fermé le 1er mai, ou omettre l'indemnité due aux salariés payés à l'heure ou au rendement, constitue un manquement ouvrant droit à un rappel de salaire devant le conseil de prud'hommes, dans la limite de la prescription de trois ans (article L3245-1).

À titre informatif uniquement : les modalités de calcul de l'indemnité pour les rémunérations variables peuvent dépendre de la convention collective. En cas de doute, rapprochez-vous d'un représentant du personnel ou d'un conseiller juridique.

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Cas pratiques

Cas n°1 — Le salarié mensualisé

Une employée de bureau mensualisée ne travaille pas le 1er mai car l'entreprise est fermée. Son salaire mensuel est versé intégralement : le chômage du 1er mai ne peut entraîner aucune réduction de rémunération.

Cas n°2 — Le salarié payé à l'heure

Un salarié rémunéré à l'heure aurait dû travailler 7 heures le 1er mai, mais l'atelier est fermé. Il a droit à une indemnité égale au salaire perdu de ces 7 heures, à la charge de l'employeur.

Cas n°3 — Le travailleur au rendement

Un salarié payé au rendement subit la fermeture du 1er mai. Pour qu'il ne perde rien, l'employeur lui verse une indemnité correspondant à ce qu'il aurait normalement gagné ce jour-là.

Cas n°4 — Chômé ou travaillé, jamais les deux

Dans une même entreprise, une équipe chôme le 1er mai (protégée par l'article L3133-5, sans perte de salaire) tandis qu'une autre travaille (et bénéficie du doublement de l'article L3133-6). Aucun salarié ne cumule les deux avantages.

Questions fréquentes

Non. L'article L3133-5 énonce que le chômage du 1er mai ne peut être une cause de réduction de salaire. Pour les salariés mensualisés, le salaire est maintenu intégralement.

Les salariés rémunérés à l'heure, à la journée ou au rendement ont droit à une indemnité égale au salaire perdu du fait du chômage du 1er mai. Cette indemnité est à la charge de l'employeur.

L'article L3133-5 protège le salaire des salariés qui ne travaillent pas le 1er mai (jour chômé). L'article L3133-6 accorde un doublement de salaire à ceux qui travaillent ce jour-là. Les deux ne se cumulent jamais pour un même salarié.

C'est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous (article L3133-4). Seuls les établissements qui ne peuvent interrompre leur activité font travailler leurs salariés ce jour-là, avec alors le doublement de l'article L3133-6.

Réduire le salaire au motif du chômage du 1er mai, ou omettre l'indemnité due aux salariés payés à l'heure ou au rendement, ouvre droit à un rappel de salaire devant le conseil de prud'hommes, dans la limite de la prescription de trois ans.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 19/06/2026.