Article L3133-6 · En vigueur

Article L3133-6 — Travail le 1er mai : droit à l'indemnité (doublement du salaire)

L article L3133-6 garantit au salarié qui travaille le 1er mai une indemnité égale à son salaire : sa journée est payée double, à la charge de l employeur.

Ce que dit l'article L3133-6

Texte officiel en vigueur depuis le 10/08/2016 :

Dans les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail, les salariés occupés le 1er mai ont droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire. Cette indemnité est à la charge de l'employeur.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie I
Les relations individuelles de travail
Livre
Livre Ier
Titre
Titre III — Repos et jours fériés
Chapitre
Chapitre III — Jours fériés
Section
Section 2 — Journée du 1er mai

L'article L3133-6 règle une question très concrète : combien gagne un salarié qui travaille le 1er mai ? La réponse est claire — son salaire de la journée est doublé, et ce supplément est intégralement à la charge de l'employeur.

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Le 1er mai est le seul jour férié légalement chômé et payé pour tous les salariés (article L3133-4 du Code du travail). En principe, ce jour-là, l'entreprise ferme et le salarié est payé comme s'il avait travaillé, sans rien faire.

Mais certaines activités ne peuvent pas s'arrêter : hôpitaux, transports, sécurité, hôtellerie-restauration, industries à feu continu… L'article L3133-6 vise précisément ces situations.

Quand un salarié est effectivement occupé le 1er mai, il perçoit :

  • le salaire correspondant au travail accompli (sa rémunération habituelle pour la journée) ;
  • plus une indemnité égale au montant de ce salaire.

Concrètement, sa journée de travail du 1er mai est donc payée double. Cette indemnité spécifique est une obligation légale d'ordre public : ni l'employeur ni un accord d'entreprise ne peuvent la supprimer.

Attention à ne pas confondre

Le « doublement » ne concerne que les salariés qui travaillent réellement le 1er mai. Si l'établissement ferme, le salarié est simplement payé normalement (jour chômé), sans majoration. Le 1er mai ne se confond pas non plus avec la journée de solidarité (article L3133-7), qui répond à une logique totalement différente.

Qui est concerné ?

  • Tous les salariés du secteur privé amenés à travailler le 1er mai, quel que soit leur contrat (CDI, CDD, intérim, temps partiel) ;
  • en priorité les secteurs « qui ne peuvent interrompre le travail » : santé, transports, énergie, sécurité privée, propreté, hôtellerie-restauration, sites industriels en continu ;
  • les jeunes travailleurs et apprentis, dans le respect des règles protectrices qui leur sont propres.

À l'inverse, l'article ne crée aucun « droit à travailler » le 1er mai : seule la nature de l'activité justifie de déroger au principe du chômage de ce jour.

Ce que cela implique en pratique

Pour calculer la paie d'un salarié ayant travaillé le 1er mai, l'employeur ajoute, en plus de la rémunération normale de la journée, une indemnité d'un montant identique. Sur le bulletin de paie, cela se traduit par une ligne distincte.

Cette indemnité du 1er mai est propre à ce jour férié et se cumule, en principe, avec les majorations conventionnelles éventuellement prévues par la convention collective pour le travail un jour férié ou un dimanche : il s'agit de deux avantages d'origine différente (la loi pour l'un, l'accord collectif pour l'autre). En cas de doute, c'est la convention collective applicable qui précise les modalités les plus favorables.

Pour les salariés payés au rendement ou à la commission, l'indemnité est calculée sur la base de la rémunération qui aurait été perçue pour la journée.

Cette règle se lit en lien avec les autres dispositions sur les jours fériés : le régime général des jours fériés ordinaires (article L3133-1), le principe du chômage du 1er mai (article L3133-4) et le décompte du temps de travail effectif (article L3121-1). Pour chiffrer une paie incluant ce doublement, notre calculateur d'heures majorées peut aider à visualiser l'impact.

Risques en cas de non-respect

L'indemnité du 1er mai est une créance salariale. Si l'employeur ne la verse pas, le salarié peut en réclamer le paiement devant le conseil de prud'hommes, dans la limite de la prescription de trois ans applicable aux salaires (article L3245-1 du Code du travail).

Au-delà du rappel de salaire, le non-paiement répété ou la dissimulation des heures travaillées peut exposer l'employeur à d'autres griefs (travail dissimulé, manquement à l'obligation de loyauté). À titre informatif uniquement : chaque situation étant particulière, un salarié qui s'estime lésé a intérêt à se rapprocher d'un représentant du personnel, de l'inspection du travail ou d'un conseiller juridique avant toute démarche.

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Cas pratiques

Cas n°1 — L'agent de sécurité en poste le 1er mai

Un agent de sécurité travaille 8 heures le 1er mai sur un site qui ne ferme jamais. Sa journée lui est d'abord payée normalement, puis l'employeur ajoute une indemnité égale à ce même salaire : sa rémunération de la journée est doublée. Si la convention collective de la sécurité privée prévoit en plus une majoration pour travail un jour férié, celle-ci s'ajoute en principe à l'indemnité légale.

Cas n°2 — L'usine à feu continu

Sur un site industriel fonctionnant en 3×8 sans interruption, l'équipe de nuit du 1er mai effectue sa rotation habituelle. Chaque salarié présent perçoit le doublement prévu par l'article L3133-6. L'équipe qui n'était pas planifiée ce jour-là, elle, bénéficie simplement du jour férié chômé et payé, sans majoration.

Cas n°3 — Le restaurant ouvert le 1er mai

Un serveur en CDD travaille le service du midi le 1er mai. Bien que son contrat soit à durée déterminée, il bénéficie exactement des mêmes droits qu'un salarié en CDI : le doublement de la rémunération de la journée travaillée. L'indemnité figure sur une ligne distincte de son bulletin de paie.

Cas n°4 — L'établissement fermé

Dans une entreprise de bureau qui ferme le 1er mai, aucun salarié ne travaille. Tous sont payés comme un jour normal au titre du chômage du 1er mai (article L3133-5), mais l'article L3133-6 ne s'applique pas : il n'y a pas de doublement puisqu'il n'y a pas de travail accompli ce jour-là.

Questions fréquentes

Oui. Le salarié occupé le 1er mai perçoit le salaire correspondant au travail accompli, plus une indemnité égale à ce salaire. Sa rémunération de la journée est donc doublée, et cette indemnité est à la charge de l employeur.

Non. Le 1er mai est en principe chômé. Seuls les établissements qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail (santé, transports, sécurité, hôtellerie-restauration, industries en continu) peuvent faire travailler leurs salariés ce jour-là.

En principe oui. L indemnité légale du 1er mai et une éventuelle majoration conventionnelle pour travail un jour férié ont des origines différentes et se cumulent. Il faut vérifier les modalités exactes dans la convention collective applicable.

Oui. Le droit à l indemnité du 1er mai s applique quel que soit le type de contrat : CDI, CDD, intérim ou temps partiel, dès lors que le salarié travaille effectivement ce jour-là.

L indemnité est une créance salariale. Le salarié peut en réclamer le paiement devant le conseil de prud hommes dans la limite de la prescription de trois ans applicable aux salaires (article L3245-1 du Code du travail).

Si l établissement est fermé, le salarié est payé normalement au titre du chômage du 1er mai (article L3133-5), mais il n y a pas de doublement : l article L3133-6 ne s applique qu en cas de travail effectif ce jour-là.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 19/06/2026.