Article R4228-19 · En vigueur

Article R4228-19 — Interdiction de prise de repas dans les locaux affectés au travail

L'article R4228-19 interdit à l'employeur de laisser ses salariés prendre leur repas dans les locaux affectés au travail. Un espace de restauration dédié doit être prévu, selon l'effectif et la dérogation possible.

Ce que dit l'article R4228-19

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Il est interdit de laisser les travailleurs prendre leur repas dans les locaux affectés au travail.

Source : Légifrance

Nature
Partie réglementaire
Partie IV
Santé et sécurité au travail
Livre
Livre II
Titre
Titre II — Obligations de l'employeur pour l'utilisation des lieux de travail
Chapitre
Chapitre VIII — Installations sanitaires, restauration et hébergement
Section
Section 2 — Restauration et repos

L'article R4228-19 du Code du travail pose une règle simple et souvent méconnue : l'employeur n'a pas le droit de laisser ses salariés déjeuner sur leur poste de travail. Manger entre deux machines, à son bureau au milieu des dossiers ou dans un atelier n'est, en principe, pas autorisé — l'entreprise doit prévoir un endroit dédié pour les repas.

Ce que dit l'article R4228-19

Texte officiel en vigueur au 1er mai 2008 :

Il est interdit de laisser les travailleurs prendre leur repas dans les locaux affectés au travail.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Le principe est posé du point de vue de l'employeur : il lui est interdit de « laisser » ses salariés manger dans les zones où l'on travaille. Autrement dit, ce n'est pas seulement au salarié de faire attention — c'est à l'entreprise d'organiser les choses pour que les repas ne se prennent pas au milieu de l'activité.

L'objectif est d'abord sanitaire et sécuritaire. Un poste de travail peut être exposé à des poussières, des produits chimiques, des projections ou de la saleté. Y manger expose le salarié à ingérer des substances dangereuses ou à des risques d'hygiène. Séparer le lieu de travail du lieu de repas, c'est une mesure de prévention élémentaire qui s'inscrit dans l'obligation générale de sécurité de l'employeur (article L4121-1).

Concrètement, l'entreprise doit donc mettre à disposition un espace distinct pour la pause déjeuner. Selon l'effectif et les conditions, cela peut aller d'un simple emplacement de restauration aménagé jusqu'à un véritable local de restauration équipé.

Qui est concerné ?

  • Tous les employeurs du secteur privé, quelle que soit la taille de l'entreprise : l'interdiction est un principe général.
  • Tous les salariés amenés à prendre un repas pendant leur temps de présence dans l'entreprise (postés, ouvriers d'atelier, employés de bureau, etc.).
  • Les secteurs industriels et du BTP sont particulièrement visés : ateliers, chantiers et lignes de production cumulent souvent poussières, bruit et produits dangereux, ce qui rend la séparation repas/travail d'autant plus nécessaire.

Ce que cela implique en pratique

L'interdiction de R4228-19 ne s'applique pas dans le vide : elle est complétée par les articles suivants de la même section « Restauration et repos », qui précisent quel type d'espace l'employeur doit prévoir selon le nombre de salariés souhaitant déjeuner sur place.

La réglementation distingue deux situations selon un seuil de 25 travailleurs souhaitant habituellement prendre leur repas sur le lieu de travail (source : INRS, dossier « Restauration du personnel » ; Légifrance, articles R4228-22 et R4228-23) :

Effectif voulant déjeuner sur placeObligation de l'employeur
Moins de 25 salariés Mise à disposition d'un emplacement permettant de se restaurer dans de bonnes conditions de santé et de sécurité. Par dérogation, cet emplacement peut être situé dans les locaux de travail si l'activité n'y comporte pas l'emploi de substances ou de mélanges dangereux.
25 salariés et plus Mise à disposition d'un véritable local de restauration dédié, après avis du CSE. Ce local doit être pourvu de sièges, de tables, d'un moyen de conservation ou de réfrigération des aliments et d'une installation pour réchauffer les plats.

C'est précisément cette dérogation, pour les petites structures sans produits dangereux, qui constitue l'assouplissement de la règle de R4228-19 : la prise de repas peut alors, exceptionnellement, être autorisée sur le lieu de travail. Hors ce cas, le principe d'interdiction reste entier. Pour vérifier les obligations qui se déclenchent à différents seuils d'effectif, vous pouvez utiliser notre simulateur des obligations selon l'effectif.

Risques en cas de non-respect

Le manquement aux dispositions relatives aux installations sanitaires et à la restauration relève des règles d'hygiène et de sécurité dont l'inspection du travail contrôle l'application. L'agent de contrôle peut mettre en demeure l'employeur de se mettre en conformité, puis dresser procès-verbal en cas de persistance.

Au-delà de la contravention, laisser des salariés manger dans un environnement de travail pollué peut, en cas d'atteinte à la santé, être analysé comme un manquement à l'obligation de sécurité de l'employeur (L4121-1). À titre informatif, votre situation peut différer : rapprochez-vous d'un conseiller juridique ou de l'inspection du travail pour un cas concret.

Articles connexes du Code du travail

L'article R4228-19 se lit en lien avec :

  • Article L4121-1 — l'obligation générale de sécurité de l'employeur, dont découle la logique de séparation repas/travail.
  • Article L4121-2 — les neuf principes généraux de prévention (éviter et combattre les risques à la source).
  • Article R4222-1 — l'aération et l'assainissement des locaux, autre brique de l'hygiène des lieux de travail.
  • Article R4412-1 — la prévention du risque chimique, déterminante pour savoir si la dérogation « moins de 25 salariés » est utilisable.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si besoin, consultez un professionnel du droit social.
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Cas pratiques

Cas n°1 — L'opérateur qui déjeune sur sa ligne de production

Dans un atelier de plasturgie, un opérateur prend l'habitude de manger son sandwich devant sa presse à injecter pour gagner du temps. L'employeur ne peut pas se contenter de tolérer cette pratique : l'article R4228-19 lui interdit de laisser ses salariés manger dans les locaux de travail, d'autant que des poussières et des matières sont présentes. Il doit aménager un emplacement ou un local de restauration distinct et y orienter les salariés.

Cas n°2 — Le petit atelier de 10 personnes sans produits dangereux

Un atelier de menuiserie emploie 10 salariés qui souhaitent déjeuner sur place. L'activité ne met en œuvre ni substances ni mélanges dangereux. Comme l'effectif voulant manger sur place est inférieur à 25, l'employeur peut, par dérogation prévue par la réglementation (articles R4228-22 et R4228-23), aménager un emplacement de restauration dans les locaux de travail, dès lors qu'il permet de se restaurer dans de bonnes conditions d'hygiène et de sécurité. C'est l'assouplissement du principe de R4228-19.

Cas n°3 — L'entreprise de 40 salariés qui veulent manger sur site

Dans une PME industrielle, 40 salariés déjeunent habituellement sur place. Le seuil de 25 étant dépassé, l'employeur doit mettre à disposition un local de restauration dédié, équipé de tables, de sièges, d'un moyen de conserver ou réfrigérer les aliments et d'un dispositif pour les réchauffer, après avoir recueilli l'avis du CSE. Un simple coin dans l'atelier ne suffit pas.

Cas n°4 — Le contrôle de l'inspection du travail

Lors d'une visite, un agent de contrôle constate que les salariés mangent au milieu d'un atelier où sont stockés des produits chimiques. Il peut mettre l'employeur en demeure de prévoir un espace de restauration conforme. À titre informatif : la situation réelle peut varier selon l'organisation de l'entreprise et la nature de l'activité — un conseil juridique permet d'objectiver le besoin.

Questions fréquentes

En principe non. L'article R4228-19 du Code du travail interdit à l'employeur de laisser ses salariés prendre leur repas dans les locaux affectés au travail. L'entreprise doit prévoir un espace de restauration distinct.

Oui. Lorsque moins de 25 salariés souhaitent habituellement déjeuner sur place et que l'activité n'emploie pas de substances ou mélanges dangereux, un emplacement de restauration peut être aménagé dans les locaux de travail, par dérogation à R4228-19.

Lorsqu'au moins 25 salariés souhaitent habituellement prendre leur repas sur place, l'employeur doit mettre à disposition un local de restauration dédié, après avis du CSE (articles R4228-22 et R4228-23).

Le local doit comporter des sièges et des tables, un moyen de conserver ou réfrigérer les aliments et boissons, ainsi qu'une installation permettant de réchauffer les plats (source : Légifrance, INRS).

L'inspection du travail peut mettre l'employeur en demeure de se mettre en conformité puis dresser procès-verbal. Le manquement peut aussi nourrir une mise en cause de l'obligation de sécurité (L4121-1) si la santé des salariés est atteinte.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 25/06/2026.