Convention collective nationale du personnel des entreprises d'exploitation cinématographique
L'IDCC 1307 régit les salariés des salles de cinéma (exploitation). Repères pratiques sur les horaires décalés, le travail dominical autorisé, la numérisation et la sécurité ERP.
Présentation
La convention collective nationale du personnel des entreprises d'exploitation cinématographique (IDCC 1307) a été signée le 19 juillet 1984. Elle régit les salariés des salles de cinéma : projectionnistes, agents de caisse et de salle, directeurs de cinéma, personnels techniques et administratifs des exploitants de salles.
Champ d'application
- les salles de cinéma commerciales (multiplexes, cinémas indépendants, cinémas d'art et essai) ;
- les réseaux nationaux et régionaux d'exploitation cinématographique ;
- certaines salles polyvalentes à exploitation principalement cinématographique.
La production cinématographique relève de l'IDCC 3214. La production audiovisuelle de l'IDCC 3034. Les prestataires techniques (post-production, distribution technique) relèvent de l'IDCC 2642. Les théâtres relèvent des IDCC 1083 (privé) ou 1285 (public). Les distributeurs de films relèvent en principe du commerce de gros.
Catégories couvertes
Personnels techniques (projectionnistes, opérateurs cabines, techniciens son et lumière), personnels d'accueil et de salle (caissiers, contrôleurs, placeurs, vendeurs de confiserie), personnels administratifs (assistants, comptables), encadrement (directeurs de cinéma, responsables d'exploitation). Classification par filières et coefficients.
Spécificités notables
- Travail en horaires décalés : séances en soirée, week-end, jours fériés — majorations spécifiques, travail de nuit partiel (séances tardives) ;
- Saisonnalité : pics liés aux blockbusters, vacances scolaires (Noël, été), festivals ;
- Numérisation des cinémas : passage à la projection numérique, formation continue indispensable, fin progressive du métier de projectionniste 35 mm ;
- Travail des mineurs : recrutement fréquent de jeunes salariés pour l'accueil/la confiserie, encadrement strict des heures de travail des mineurs (Code du travail) ;
- Sécurité du public : ERP (établissement recevant du public) — règles strictes d'évacuation, formation à la sécurité incendie, agent de sécurité incendie qualifié SSIAP dans certains cas ;
- CNC : régulation du secteur par le Centre national du cinéma et de l'image animée (financement, programmation, contrôle) ;
- Prévoyance et frais de santé de branche.
Pour les montants exacts, consultez la version en vigueur sur Légifrance.
Champ d'application
Cette convention concerne principalement les entreprises classées sous les codes NAF suivants :
59.14Z
Liste indicative — votre convention réelle peut différer selon l'activité principale réellement exercée et les éventuels accords d'entreprise.
Points clés
- IDCC 1307 : convention collective nationale du personnel des entreprises d'exploitation cinématographique, signée le 19 juillet 1984.
- Champ couvert : salles de cinéma (multiplexes, indépendants, art et essai), réseaux d'exploitation, salles polyvalentes à exploitation principalement cinéma.
- Hors champ : production cinéma (IDCC 3214), production audiovisuelle (IDCC 3034), prestataires techniques (IDCC 2642), théâtres (IDCC 1083/1285), distributeurs de films.
- Catégories : techniques (projectionnistes, opérateurs cabines), accueil/salle (caissiers, contrôleurs, vendeurs confiserie), administratifs, encadrement (directeurs).
- Horaires décalés : soirée, week-end, jours fériés, séances tardives — majorations spécifiques.
- Saisonnalité : blockbusters, vacances scolaires, festivals.
- Numérisation : projection numérique, formation continue, fin du 35 mm.
- Sécurité ERP : règles d'évacuation, SSIAP dans certains cas.
- CNC : régulation du secteur (financement, programmation).
- Vérification du rattachement : bulletin de paie obligatoire mentionnant la convention (article R3243-1 du Code du travail).
Cas pratiques
Cas n° 1 — Travail le dimanche en multiplexe
Une caissière de cinéma travaille systématiquement le dimanche, jour de forte affluence. Les cinémas bénéficient de dérogations au repos dominical (loi sur le travail dominical, autorisation spécifique pour les activités culturelles). Le travail dominical ouvre droit à des majorations conventionnelles ou contractuelles, et à un repos compensateur. Le volontariat n'est pas systématiquement exigé pour les ERP culturels, mais le repos hebdomadaire de 35 heures consécutives doit être respecté.
Cas n° 2 — Apprentissage d'un mineur à la confiserie
Un cinéma embauche des étudiants mineurs à temps partiel pour l'accueil et la confiserie. Les salariés mineurs bénéficient de protections renforcées : 8 heures par jour maximum, 35 heures par semaine, pause de 30 minutes après 4h30, repos quotidien de 12 heures, deux jours de repos hebdomadaire consécutifs. Le travail de nuit est en principe interdit (sauf dérogation préfectorale pour les ERP culturels), de même que certaines tâches dangereuses. L'employeur doit vérifier ces limites.
Cas n° 3 — Numérisation et reconversion
Un projectionniste 35 mm voit son métier disparaître avec le passage à la projection numérique. L'employeur a une obligation d'adaptation au poste (article L.6321-1 du Code du travail) : formation aux nouveaux équipements, accompagnement vers une polyvalence (régie technique, encadrement). Le salarié peut invoquer le défaut d'adaptation en cas de licenciement pour insuffisance professionnelle. Un plan de formation et un entretien professionnel régulier sont des éléments-clés.
Questions fréquentes
Page mise à jour le 05/06/2026.