IDCC 2785 · En vigueur

Convention collective nationale des agences de mannequins

L'IDCC 2785 régit les salariés des agences de mannequins (mannequins, bookers, administratifs). Repères pratiques sur l'agrément, la présomption de salariat, la protection des mannequins mineurs et les droits voisins.

IDCC
2785
Secteur
Services
Date de création
22/06/2004

Présentation

La convention collective nationale des agences de mannequins (IDCC 2785) régit les salariés des agences de mannequins en France : mannequins salariés, personnels administratifs (bookers, agents, comptables) et encadrement des agences. Le mannequinat est une activité particulière où la relation entre le mannequin et l'agence repose sur un statut salarié spécifique encadré par le Code du travail.

Champ d'application

  • les agences de mannequins agréées (agrément préfectoral obligatoire) ;
  • les mannequins salariés mis à disposition de clients utilisateurs (marques, magazines, défilés, photographes) ;
  • le personnel administratif et d'encadrement des agences (bookers, agents commerciaux, comptables, juristes).

La production audiovisuelle relève de l'IDCC 3034. La photographie professionnelle indépendante relève d'autres statuts. Les acteurs du spectacle vivant relèvent des IDCC 1285 (subventionné) ou 1083 (théâtre privé). Les artistes-interprètes en CDD d'usage suivent les annexes 8/10 de l'assurance chômage.

Catégories couvertes

Les mannequins (adultes et mineurs avec autorisations spécifiques), les bookers et agents (gestion commerciale des mannequins), les chargés de production, les comptables, les agents administratifs, l'encadrement. Classification par niveaux et coefficients pour le personnel administratif. Le mannequin est salarié de l'agence pour chaque prestation.

Spécificités notables

  • Agrément préfectoral obligatoire : l'exercice du métier d'agent de mannequins est strictement encadré par le Code du travail (articles L.7123-1 et suivants), avec licence d'agence ;
  • Statut spécifique du mannequin salarié : présomption de salariat (article L.7123-3 du Code du travail) ; chaque prestation donne lieu à un contrat de travail ;
  • Mannequins mineurs : protection renforcée — autorisation préalable de la commission départementale, encadrement de la durée du travail et des conditions, dépôt d'une partie des cachets sur un compte bloqué (loi Studer du 8 juillet 2020 sur les enfants influenceurs et précédemment loi du 5 octobre 1993) ;
  • Cumul des rémunérations : la rémunération comprend le salaire (présence) et des droits voisins (utilisation de l'image), distincts ;
  • Déplacements internationaux fréquents (shootings, défilés à l'étranger) ;
  • Risques professionnels : risques psychosociaux (pression sur l'apparence, charge émotionnelle), risques de harcèlement, fatigue liée aux horaires atypiques ;
  • Loi Évin de 2017 sur la santé : encadrement strict de la mise en scène d'une maigreur extrême, certificat médical d'aptitude obligatoire ;
  • Prévoyance et frais de santé de branche.

Pour les montants exacts, consultez la version en vigueur sur Légifrance.

Champ d'application

Cette convention concerne principalement les entreprises classées sous les codes NAF suivants :

78.10Z 74.90B

Liste indicative — votre convention réelle peut différer selon l'activité principale réellement exercée et les éventuels accords d'entreprise.

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Points clés

  • IDCC 2785 : convention collective nationale des agences de mannequins, signée le 22 juin 2004.
  • Champ couvert : agences de mannequins agréées, mannequins salariés (adultes et mineurs), personnel administratif des agences.
  • Hors champ : production audiovisuelle (IDCC 3034), théâtres (IDCC 1083, 1285), photographie indépendante, autres artistes-interprètes.
  • Agrément préfectoral obligatoire pour exercer comme agence de mannequins (articles L.7123-1 et suivants du Code du travail).
  • Présomption de salariat du mannequin (article L.7123-3 du Code du travail) : chaque prestation donne lieu à un contrat de travail avec l'agence.
  • Mannequins mineurs : protection renforcée — autorisation préalable de la commission départementale, encadrement de la durée du travail, dépôt d'une partie des cachets sur un compte bloqué (Caisse des dépôts).
  • Rémunération : salaire de présence + droits voisins (utilisation de l'image), distincts.
  • Loi de 2017 : certificat médical d'aptitude obligatoire, lutte contre la maigreur extrême.
  • Risques psychosociaux : pression apparence, harcèlement, fatigue — prévention obligatoire au DUERP.
  • Vérification du rattachement : bulletin de paie obligatoire mentionnant la convention (article R3243-1 du Code du travail).

Cas pratiques

Cas n° 1 — Mannequin mineur et autorisation préalable

Une agence souhaite engager une mannequin de 15 ans pour une campagne. L'emploi de mineurs dans le mannequinat suppose une autorisation préalable de la commission départementale instituée par le Code du travail. La durée du travail est plafonnée selon l'âge, le travail de nuit est en principe interdit, et une partie des cachets perçus (en proportion variable selon l'âge) doit être déposée sur un compte bloqué à la Caisse des dépôts jusqu'à la majorité. L'absence d'autorisation expose l'agence et le client utilisateur à des sanctions pénales.

Cas n° 2 — Présomption de salariat et plateforme d'agents

Une « plateforme de mise en relation » tente de qualifier ses mannequins de prestataires indépendants pour éviter le statut salarié. L'article L.7123-3 du Code du travail pose une présomption de salariat pour le mannequin, qui ne peut être renversée que par la preuve de l'absence de tout lien de subordination. La Cour de cassation contrôle strictement cette qualification. En cas de litige, le mannequin peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir l'application de la convention 2785, des bulletins de paie et un rappel de salaires.

Cas n° 3 — Droits voisins sur l'utilisation de l'image

Une mannequin pose pour une campagne publicitaire diffusée sur plusieurs supports (presse, web, affichage). Sa rémunération comprend deux éléments distincts : le salaire de présence (temps de la prestation) et la rémunération des droits voisins liés à l'exploitation de son image (Code de la propriété intellectuelle). La cession de l'image doit être encadrée contractuellement, avec précision sur les supports, la durée et la géographie d'utilisation. Une utilisation hors cadre cédé peut donner lieu à une rémunération complémentaire ou à un recours.

Questions fréquentes

L'IDCC 2785 est l'identifiant ministériel de la convention collective nationale des agences de mannequins, signée le 22 juin 2004. Elle régit les salariés des agences (mannequins, bookers, agents, administratifs) en France.

Oui, par principe. L'article L.7123-3 du Code du travail pose une présomption de salariat pour le mannequin. Chaque prestation donne lieu à un contrat de travail avec l'agence. La présomption ne peut être renversée que par la preuve de l'absence de tout lien de subordination, contrôlée strictement par la Cour de cassation.

Oui. Les agences de mannequins doivent disposer d'une licence préfectorale d'exercice (articles L.7123-1 et suivants du Code du travail). L'exercice sans agrément constitue une infraction pénale.

L'emploi de mineurs suppose une autorisation préalable de la commission départementale, la durée du travail est plafonnée selon l'âge, le travail de nuit est en principe interdit, et une partie des cachets doit être déposée sur un compte bloqué à la Caisse des dépôts jusqu'à la majorité. L'absence d'autorisation expose l'agence et le client à des sanctions pénales.

La rémunération du mannequin comprend deux éléments distincts : le salaire de présence (temps de la prestation) et la rémunération des droits voisins liés à l'exploitation de son image (Code de la propriété intellectuelle). La cession doit être encadrée contractuellement (supports, durée, géographie). Une utilisation hors cadre peut donner lieu à une rémunération complémentaire.

La loi du 26 janvier 2016 et le décret de mai 2017 imposent un certificat médical d'aptitude délivré par le médecin du travail, attestant que l'état de santé général (en particulier l'IMC) est compatible avec l'exercice de la profession. L'objectif est de lutter contre la maigreur extrême et l'incitation à des pratiques dangereuses.
Cette fiche a une vocation informative. La convention collective réellement applicable à votre situation peut différer (accord d'entreprise, dérogation, multi-activité). Vérifiez la mention « Convention collective applicable » sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail) ou demandez-la à votre employeur. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 02/06/2026.