IDCC 3034 · En vigueur

Convention collective nationale de la production audiovisuelle

L'IDCC 3034 régit les salariés permanents et intermittents des entreprises de production audiovisuelle (TV, documentaire, fiction, SVOD). Repères pratiques sur le CDD d'usage et le régime des intermittents.

IDCC
3034
Secteur
Services
Date de création
13/12/2006
Date d'extension
24/07/2007

Présentation

La convention collective nationale de la production audiovisuelle (IDCC 3034) a été signée le 13 décembre 2006 et étendue par arrêté du 24 juillet 2007. Elle régit les salariés permanents et intermittents des entreprises de production audiovisuelle : production de programmes de télévision, de films institutionnels et publicitaires, de documentaires et de fictions destinées aux chaînes de télévision et aux plateformes.

Champ d'application

La convention 3034 s'applique aux entreprises dont l'activité principale relève de la production audiovisuelle destinée à une diffusion télévisuelle, à la VOD, à la SVOD ou à Internet. Elle couvre notamment :

  • les sociétés de production de programmes télévisuels (fiction, documentaire, magazine, divertissement, jeu) ;
  • la production de films institutionnels, publicitaires et corporate ;
  • la production d'œuvres documentaires et de programmes de flux pour des diffuseurs ou des plateformes en ligne.

Elle se distingue des conventions de la production cinématographique (films de cinéma — IDCC distincts) et de l'animation (convention propre), ainsi que de l'édition phonographique.

Catégories couvertes

La convention 3034 organise les emplois en deux grandes catégories :

  • les salariés permanents, embauchés en CDI ou en CDD de droit commun (administratif, financier, encadrement, post-production stable) ;
  • les techniciens et artistes intermittents (en CDD d'usage), à qui s'applique l'annexe 3 de la convention et le régime spécifique des intermittents du spectacle (annexes 8 et 10 de l'assurance chômage).

Spécificités notables

Le secteur de la production audiovisuelle présente plusieurs dispositifs propres, encadrés par la convention 3034 :

  • le CDD d'usage pour les techniciens et artistes intermittents : son usage est strictement encadré par la liste des fonctions admises et par la jurisprudence ;
  • l'articulation avec le régime des intermittents du spectacle (annexes 8 pour les techniciens et 10 pour les artistes) géré par Pôle emploi/France Travail ;
  • la durée du travail sur tournage : horaires atypiques, tournages nocturnes, semaines de tournage encadrées par des règles spécifiques d'amplitude et de repos ;
  • les frais professionnels et de tournage (défraiements repas, déplacement, hébergement), indemnisés selon les barèmes de branche et URSSAF ;
  • des dispositions sur les droits d'auteur et droits voisins, articulées avec le Code de la propriété intellectuelle.

Pour les montants exacts (minima conventionnels par fonction, défraiements, primes), consultez la version en vigueur sur Légifrance et le dernier avenant salaires applicable.

Champ d'application

Cette convention concerne principalement les entreprises classées sous les codes NAF suivants :

59.11A 59.11B 59.11C 59.12Z 60.10Z 60.20A 60.20B

Liste indicative — votre convention réelle peut différer selon l'activité principale réellement exercée et les éventuels accords d'entreprise.

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Points clés

  • IDCC 3034 : convention collective nationale de la production audiovisuelle, signée le 13 décembre 2006 et étendue par arrêté du 24 juillet 2007.
  • Champ couvert : sociétés de production de programmes télévisuels (fiction, documentaire, magazine), films institutionnels et publicitaires, programmes destinés à la diffusion TV / SVOD / Internet.
  • Hors champ : production cinématographique (films de cinéma), animation, édition phonographique — conventions distinctes.
  • Salariés permanents : CDI et CDD de droit commun pour les fonctions administratives, financières et d'encadrement stable.
  • Intermittents : techniciens et artistes en CDD d'usage, sur les fonctions listées par la convention, avec régime assurance chômage spécifique (annexes 8 et 10).
  • Durée du travail sur tournage : règles spécifiques d'amplitude, de repos quotidien et hebdomadaire, et d'organisation des semaines de tournage.
  • Défraiements : repas, déplacement, hébergement, selon les barèmes de branche et conformément aux règles URSSAF sur les frais professionnels.
  • Droits d'auteur et droits voisins : articulation avec le Code de la propriété intellectuelle, distincts de la rémunération du contrat de travail.
  • Salaires minima conventionnels : grilles par fonction et par filière, renégociées par avenant. Vérifier le dernier avenant sur Légifrance.

Cas pratiques

Cas n° 1 — Technicien intermittent enchaînant les CDD d'usage

Un chef opérateur intermittent enchaîne, pour la même société de production, plusieurs CDD d'usage sur des projets successifs. La convention 3034 autorise le recours au CDD d'usage pour les fonctions listées par la branche. La Cour de cassation contrôle néanmoins strictement la justification du caractère par nature temporaire de l'emploi pour chaque contrat. Un enchaînement systématique sur un poste pérenne, sans interruption justifiée et sur des fonctions équivalentes, peut entraîner la requalification en CDI avec rappel de salaire, indemnité de requalification et, le cas échéant, indemnités de rupture.

Cas n° 2 — Régime de l'intermittence et seuil d'heures travaillées

Une monteuse intermittente souhaite ouvrir ou maintenir ses droits à l'assurance chômage des intermittents du spectacle (annexes 8 et 10). Elle doit justifier d'un nombre d'heures travaillées sur une période de référence définie par les règles de l'assurance chômage en vigueur. Le bulletin de paie de chaque mission doit indiquer précisément les heures correspondant à la fonction technique éligible. En cas d'erreur, la salariée peut demander à son employeur la rectification, et en cas de refus, saisir l'inspection du travail ou la juridiction prud'homale.

Cas n° 3 — Tournage de nuit et amplitude horaire

Une équipe technique tourne plusieurs nuits consécutives sur un programme de fiction. La convention 3034 et le Code du travail imposent des règles strictes : repos quotidien minimal entre deux journées de travail, amplitude maximale, repos hebdomadaire, plafond hebdomadaire d'heures travaillées. Les heures effectuées en dépassement constituent des heures supplémentaires (ou ouvrent droit à repos compensateur) et les tournages de nuit peuvent ouvrir droit à des majorations spécifiques selon l'accord applicable. En cas de manquement, des recours prud'homaux et URSSAF restent ouverts.

Questions fréquentes

L'IDCC 3034 est l'identifiant ministériel de la convention collective nationale de la production audiovisuelle, signée le 13 décembre 2006 et étendue par arrêté du 24 juillet 2007. Elle régit les salariés permanents et intermittents des sociétés produisant des programmes pour la télévision, la SVOD et Internet.

La production de films de cinéma relève d'une convention distincte. L'IDCC 3034 couvre uniquement la production audiovisuelle (programmes destinés à la télévision, SVOD, internet, films institutionnels et publicitaires). L'animation et l'édition phonographique disposent aussi de conventions propres.

La convention 3034 liste les fonctions ouvertes au CDD d'usage (techniciens et artistes intermittents). Le recours suppose que l'emploi soit par nature temporaire et fait l'objet d'un contrôle strict de la jurisprudence. Un enchaînement injustifié sur un poste pérenne peut être requalifié en CDI.

Le régime des intermittents du spectacle est géré par l'assurance chômage (annexe 8 pour les techniciens, annexe 10 pour les artistes). Il suppose un nombre d'heures travaillées minimum sur une période de référence définie par les règles en vigueur. Les bulletins de paie doivent refléter précisément les heures éligibles.

Oui. Le Code du travail impose un repos quotidien minimum, une amplitude maximale et un repos hebdomadaire. La convention 3034 et les accords applicables peuvent prévoir des majorations spécifiques pour le travail de nuit, en plus des heures supplémentaires éventuelles.

Les défraiements (repas, déplacement, hébergement) sont versés selon les barèmes de branche et conformément aux règles URSSAF. Ils doivent figurer distinctement sur le bulletin de paie. En cas de désaccord sur les montants, le salarié peut demander la régularisation à son employeur.
Cette fiche a une vocation informative. La convention collective réellement applicable à votre situation peut différer (accord d'entreprise, dérogation, multi-activité). Vérifiez la mention « Convention collective applicable » sur votre bulletin de paie (article R3243-1 du Code du travail) ou demandez-la à votre employeur. Pour le texte officiel en vigueur, référez-vous à Légifrance.
Page mise à jour le 26/05/2026.