BPF pharmaceutiques
Comprendre les BPF et le système qualité

Module 1 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 1 : Comprendre les BPF 15 min de lecture

1.3 Le personnel en zone BPF : formation, santé et hygiène

« La qualité de la fabrication des médicaments repose sur l'ensemble du personnel. » C'est la première phrase du chapitre 2 du guide des BPF. Elle explique pourquoi un opérateur, un agent de nettoyage ou un technicien de maintenance est formé avant d'entrer en zone, pourquoi il doit signaler certains problèmes de santé, et pourquoi une bouteille d'eau posée sur un chariot pose problème.

Avant d'entrer en zone de production : les points que les BPF encadrent

Formé aux BPF et à mon poste, formation enregistrée 2.10 et 2.11
Visite médicale d'embauche passée 2.16
Aucune maladie infectieuse ni plaie non recouverte 2.17
Vêtements protecteurs adaptés aux opérations 2.18
Ni nourriture, ni boisson, ni tabac, ni médicament personnel 2.19
Mains propres, pas de contact direct avec le produit non protégé 2.20 et 2.21
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Des responsabilités claires et écrites

Le principe du chapitre 2 pose trois exigences : un personnel qualifié en nombre suffisant, des responsabilités individuelles « clairement comprises par les intéressés et formalisées », et une sensibilisation de tous aux principes des BPF qui les concernent.

Concrètement, le fabricant doit disposer d'un organigramme (point 2.2) et de fiches de fonction écrites pour les postes à responsabilités (point 2.3). Le guide ajoute qu'il ne doit pas y avoir « de lacune ou de chevauchement inexpliqué dans les responsabilités ». Et l'étendue des responsabilités confiées à une seule personne ne doit entraîner aucun risque pour la qualité (point 2.1).

Pour un nouvel arrivant, c'est une question à poser dès le premier jour : qui est mon référent, qui valide mon dossier de lot, à qui je signale une anomalie ? Sur un site conforme, la réponse existe par écrit.

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Former tout le personnel, et le prouver

L'obligation de formation est large. Le point 2.10 vise « tout le personnel appelé à pénétrer dans les zones de production et de stockage, ou dans les laboratoires de contrôle (personnel technique, d'entretien et de nettoyage inclus) », ainsi que toute personne dont l'activité pourrait influencer la qualité.

Niveau de formationCe que prévoit le guide
Formation de baseThéorie et pratique du système de gestion de la qualité et des BPF (2.11).
Formation au postePour les nouveaux recrutés, une formation appropriée aux tâches attribuées (2.11).
Formation continueAssurée dans la durée, avec une évaluation périodique de son efficacité pratique (2.11).
Formation spécialePour les zones où la contamination est un risque particulier : zones à atmosphère contrôlée, produits hautement actifs, toxiques, infectieux ou sensibilisants (2.12).

Deux mots comptent dans ce dispositif. « Approuvés » : les programmes de formation sont approuvés par le responsable de la production ou du contrôle de la qualité. « Conservés » : les enregistrements de formation doivent être gardés. En inspection, une formation non enregistrée est une formation qu'on ne peut pas démontrer.

La même logique vaut quand une procédure du poste change : la formation à la nouvelle version doit pouvoir être démontrée, par exemple par une lecture signée, ce qui suppose de la tracer avant d'appliquer le nouveau texte.

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Intérimaires, prestataires et visiteurs

Les BPF ne font pas de différence selon le contrat de travail. L'obligation de formation du point 2.10 pèse sur le fabricant et vise tout le personnel qui entre en zone. Un intérimaire, un salarié d'une entreprise de nettoyage ou un technicien de maintenance extérieur doit donc être formé par le site avant d'y intervenir, et cette formation doit être tracée.

Les visiteurs et le personnel non formé ne doivent pas, de préférence, pénétrer dans les zones de production et de contrôle (point 2.13). Si c'est indispensable, ils reçoivent au préalable une information sur l'hygiène et les vêtements protecteurs, et ils sont « étroitement encadrés ».

Deux obligations distinctes. La formation BPF protège le produit. La sécurité du salarié relève du Code du travail : les salariés temporaires affectés à des postes présentant des risques particuliers bénéficient d'une formation renforcée à la sécurité dans l'entreprise où ils sont employés (article L. 4154-2). Les deux se cumulent.

Les consultants font eux aussi l'objet d'une règle : ils doivent posséder la formation et l'expérience nécessaires, et le site conserve des enregistrements indiquant leur nom, leurs qualifications et le type de prestation (point 2.23). Les conditions d'emploi propres à la branche, elles, sont fixées par la convention collective de l'industrie pharmaceutique (IDCC 176).

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La santé du personnel, une donnée de qualité

Le corps humain est une source de contamination : particules de peau, cheveux, micro-organismes. Les BPF en tirent des règles de santé précises.

Tout membre du personnel passe une visite médicale à l'embauche, puis d'autres visites selon le type de travail et son état de santé (point 2.16). Le fabricant doit prévoir des instructions pour que tout état de santé pouvant avoir de l'importance pour la qualité des produits lui soit signalé.

« Il convient de prendre les dispositions nécessaires en vue d'éviter qu'une personne souffrant d'une maladie infectieuse ou présentant des plaies non recouvertes soit employée à la fabrication de médicaments. »

— Guide des BPF de l'ANSM, point 2.17

Pour les médicaments stériles, l'annexe 1 va plus loin : des dispositions doivent permettre au personnel de signaler toute affection susceptible de disséminer des contaminants anormaux, afin d'empêcher son accès aux salles propres (point 7.7). La décision revient à une personne compétente désignée par les procédures.

Le bon réflexe est donc de déclarer un rhume fort, une gastro-entérite, une plaie ou une irritation cutanée à son encadrement avant d'entrer en zone, selon la procédure du site. Ce n'est pas une faute : c'est ce que le système attend. L'affectation temporaire à un autre poste est une mesure de protection du produit.

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Les interdits en zone de production et de stockage

Le point 2.19 fixe les interdits de base, valables dans toute usine de médicaments :

« Dans les zones de production et de stockage, il doit être interdit de manger, de boire, de mâcher ou de fumer, ainsi que de garder de la nourriture, des boissons, du tabac ou des médicaments personnels. »

— Guide des BPF de l'ANSM, point 2.19

Manger

Boire

Mâcher, fumer

Médicaments personnels

Le texte vise la détention autant que la consommation : un chewing-gum dans une poche ou une boîte de comprimés personnels dans un casier de zone est en infraction. Pour les médicaments personnels, le risque de confusion avec un produit de l'atelier s'ajoute au risque de contamination.

Le guide termine par une règle générale : « toute pratique non hygiénique doit être prohibée » dans les zones de fabrication et partout où les produits pourraient être affectés. Les locaux suivent la même logique : zones de repos et de restauration séparées (point 3.30), toilettes qui ne communiquent pas directement avec la production ou le stockage (point 3.31).

En zone stérile, l'annexe 1 ajoute les montres, le maquillage, les bijoux et les téléphones personnels à la liste des objets interdits (point 7.9). Le module 2 détaille ces règles.

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Mains, vêtements et contact avec le produit

Trois points courts du chapitre 2 résument le comportement attendu à l'atelier :

  • toute personne pénétrant dans une zone de fabrication porte des vêtements protecteurs appropriés aux opérations qui s'y déroulent (point 2.18) ;
  • le contact direct entre les mains de l'opérateur et les produits non protégés doit être évité, de même qu'avec les éléments du matériel qui entrent en contact avec les produits (point 2.20) ;
  • le personnel doit être invité à utiliser les lavabos mis à sa disposition (point 2.21).

Ces règles reposent sur des programmes d'hygiène détaillés, qui comportent des procédures relatives à la santé, à l'hygiène et à l'habillage (point 2.15). Le guide demande qu'elles soient « comprises et observées de façon très stricte » par toute personne entrant en zone de fabrication et de contrôle, et que la direction les promeuve.

Le métier de préparateur en salle blanche pharmaceutique illustre au quotidien ces exigences, poussées au plus haut niveau en production stérile.

Idées reçues et réponses du guide

Ce qu'on entend

  • « Je suis intérimaire, la formation BPF, c'est l'agence. »
  • « Une petite plaie au doigt, avec les gants, ça ne compte pas. »
  • « Ma bouteille d'eau reste fermée dans ma poche. »
  • « J'ai été formé il y a trois ans, c'est bon. »

Ce que dit le guide

  • Le fabricant forme tout le personnel qui entre en zone (2.10).
  • Pas de plaie non recouverte en fabrication ; tout état de santé utile se signale (2.16, 2.17).
  • Garder une boisson en zone de production est interdit (2.19).
  • La formation est continue et son efficacité est évaluée périodiquement (2.11).

Sources

  • ANSM, Guide des bonnes pratiques de fabrication : chapitre 2 « Personnel » (principe, points 2.1 à 2.23), points 3.30 et 3.31, annexe 1 points 7.7 et 7.9 — ansm.sante.fr
  • Commission européenne, EudraLex volume 4, partie I, chapitre 2 « Personnel » — health.ec.europa.eu
  • Code du travail, article L. 4154-2 — Légifrance

À retenir

  • Les responsabilités de chacun sont écrites : organigramme, fiches de fonction, sans lacune ni chevauchement inexpliqué.
  • Le fabricant forme tout le personnel qui entre en zone, y compris nettoyage, maintenance et intérimaires, et conserve les enregistrements.
  • Formation de base, formation au poste, formation continue évaluée, formation spéciale pour les zones à atmosphère contrôlée.
  • Visite médicale à l'embauche ; pas de maladie infectieuse ni de plaie non recouverte en fabrication ; tout état de santé utile se signale.
  • En zone de production et de stockage : ni manger, ni boire, ni mâcher, ni fumer, ni garder nourriture, boissons, tabac ou médicaments personnels.
  • Vêtements protecteurs adaptés, pas de contact direct des mains avec le produit non protégé, usage des lavabos.

Sommaire de la formation