Module 2 / 4 · Sommaire complet de la formation
2.1 L'épreuve de français : compréhension, vocabulaire, orthographe, grammaire
Première épreuve d'admissibilité, commune aux trois concours d'adjoint administratif principal de 2e classe : une heure trente, coefficient 3, à partir d'un texte d'ordre général. Ce chapitre reprend le libellé du décret, les remarques des jurys publiées par les centres de gestion, puis une méthode illustrée sur un texte d'entraînement.
Une épreuve, deux parties, un seul texte
Partie 1 : le texte
Questions qui vérifient la compréhension et l'aptitude à « retranscrire et ordonner les idées principales du texte ».
1 h 30
coefficient 3
Partie 2 : la langue
Exercices de vocabulaire, d'orthographe et de grammaire, le plus souvent appuyés sur des mots ou des phrases du texte.
Note inférieure à 5 sur 20 : élimination de la liste d'admissibilité (décret n° 2007-109, art. 9)
Ce que dit le décret
L'article 3 du décret n° 2007-109 du 29 janvier 2007, dans sa version du 14 avril 2022, fixe les mêmes épreuves pour le concours externe, le concours interne et le troisième concours. La première épreuve d'admissibilité est ainsi libellée :
« Une épreuve écrite de français comportant : à partir d'un texte d'ordre général, la réponse à des questions destinées à vérifier les capacités de compréhension du candidat et son aptitude à retranscrire et ordonner les idées principales du texte ; des exercices destinés à évaluer les capacités du candidat en vocabulaire, orthographe et grammaire (durée : une heure trente ; coefficient 3). »
— Décret n° 2007-109 du 29 janvier 2007, art. 3
Trois mots du libellé guident toute la préparation. « Texte d'ordre général » : le sujet ne porte pas sur un point de droit ou de technique administrative, mais sur une question de société accessible à tous. « Retranscrire » : il faut redire avec ses propres mots ce que dit l'auteur, sans le recopier. « Ordonner » : il faut remettre les idées dans un ordre logique, celui de l'argumentation, qui n'est pas toujours celui du texte.
L'article 5 prévoit que le programme est fixé « en tant que de besoin » par arrêté ; aucun arrêté de programme n'a été trouvé pour ce concours. Le niveau attendu se déduit donc du libellé et des remarques des jurys : celui d'un candidat titulaire d'un diplôme de niveau 3, qui maîtrise la langue écrite courante.
L'article 4 précise que les épreuves d'admissibilité « sont anonymes et font l'objet d'une double correction ». Le rapport du jury du CDG de la Seine-Maritime (session 2022) rappelle ce que l'anonymat implique : deux copies de tableau numérique y ont été annulées pour rupture d'anonymat, en raison de l'« utilisation d'une couleur autre que bleue et noire ».
Ce qu'en disent les jurys
Les centres de gestion publient des rapports de jury qui décrivent les défauts les plus fréquents. Les remarques ci-dessous sont recopiées de rapports lus, avec leur session : elles valent pour ces sessions et ces sujets, et ne fixent pas de règle générale.
| Rapport | Partie | Remarque du jury |
|---|---|---|
| CDG de la Seine-Maritime, session 2020 | Questions sur le texte | Réponses « souvent incomplètes et peu argumentées » |
| CDG de la Seine-Maritime, session 2020 | Langue | « La grammaire reste approximative (confusion entre la nature, la fonction d'un mot…), et la conjugaison est défaillante » |
| CDG de la Seine-Maritime, session 2022 | Questions sur le texte | Difficultés « à regrouper les éléments du texte et à les structurer pour rédiger en quelques lignes une synthèse » ; « Les termes du texte ont été repris mot à mot sans répondre véritablement aux questions posées » |
| CDG de la Seine-Maritime, session 2022 | Langue | Partie « pas suffisamment préparée », notamment la grammaire : « un même mot est considéré à la fois comme un nom et un adjectif et la notion de fonction est très souvent ignorée » |
| CDG des Côtes-d'Armor, session 2022 | Ensemble | « Le très faible niveau de beaucoup de candidats et les graves lacunes de certains, tant en français qu'en mathématiques, interrogent les correcteurs » |
Deux constats se dégagent. D'abord, la partie sur le texte est mieux réussie que la partie sur la langue : en 2020, le jury de la Seine-Maritime écrit que la seconde partie « est celle qui a posé le plus de problèmes aux candidats ». Ensuite, la difficulté de la première partie ne tient pas à la compréhension du texte, souvent jugée bonne, mais à la manière de répondre : recopier le texte au lieu de le reformuler, ou répondre sans organiser.
Les résultats varient d'une session à l'autre. Dans ce même centre de gestion, la moyenne générale de l'épreuve de français était de 13,5 sur 20 en 2020 et de 13,12 sur 20 en 2022 : l'épreuve n'est pas la plus sélective du concours, à condition d'avoir préparé la partie grammaticale.
Méthode pour les questions sur le texte
Les conseils qui suivent sont des conseils de méthode, tirés du libellé de l'épreuve et des défauts relevés par les jurys.
- Lire le texte deux fois. Une première lecture pour saisir le sujet et la position de l'auteur ; une seconde, crayon en main, pour repérer les idées de chaque paragraphe et les mots de liaison (« mais », « en effet », « ainsi », « pourtant ») qui révèlent l'argumentation.
- Lire toutes les questions avant de répondre. Elles suivent souvent l'ordre du texte et se complètent : la dernière demande parfois une synthèse qui reprend les précédentes.
- Répondre par une phrase complète. Une réponse commence par reprendre la question (« L'auteur explique que… ») puis donne l'idée attendue, éventuellement justifiée par une référence au texte entre guillemets, courte.
- Reformuler. Le défaut relevé en 2022, des « termes du texte […] repris mot à mot », se corrige en cherchant pour chaque idée un verbe et des noms différents de ceux de l'auteur.
- Ordonner. Pour une question de synthèse, lister d'abord les idées sur le brouillon, les regrouper par thème, puis les rédiger dans un ordre logique (constat, causes, conséquences, solutions), en quelques lignes.
- Respecter la longueur demandée. Si la consigne fixe un nombre de lignes ou de mots, s'y tenir : c'est une compétence évaluée, pas une indication facultative.
Vocabulaire, orthographe, grammaire : ce qu'il faut réviser
Le décret ne liste pas les notions. Les rapports de jury citent la conjugaison, la nature et la fonction des mots, le vocabulaire. Une révision structurée peut s'organiser ainsi (conseil de méthode) :
Vocabulaire
- sens d'un mot en contexte ;
- synonymes et antonymes ;
- familles de mots, préfixes et suffixes ;
- expressions courantes et leur sens.
Orthographe
- accords dans le groupe nominal ;
- accord du verbe avec le sujet ;
- accord du participe passé ;
- homophones grammaticaux (a/à, et/est, ces/ses, leur/leurs).
Grammaire
- nature d'un mot : nom, adjectif, verbe, adverbe, pronom… ;
- fonction : sujet, complément d'objet, complément circonstanciel, épithète, attribut ;
- types de propositions (principale, subordonnée relative, conjonctive).
Conjugaison
- temps de l'indicatif (présent, imparfait, passé simple, futur, passé composé) ;
- conditionnel et subjonctif présents ;
- transformation d'une phrase d'un temps à un autre.
La distinction entre nature et fonction, signalée deux fois par le jury de la Seine-Maritime, mérite une attention particulière. La nature d'un mot ne change pas : « rapide » est un adjectif. Sa fonction dépend de la phrase : dans « une réponse rapide », il est épithète du nom ; dans « la réponse est rapide », il est attribut du sujet.
Pour s'entraîner sur ces points, le QCM de français des concours propose des exercices d'orthographe, de grammaire et de vocabulaire corrigés. La formation sur les épreuves rédigées consacre un chapitre au style administratif, à l'orthographe et à la présentation de la copie.
Entraînement sur un texte fictif
Le texte ci-dessous a été écrit pour cet entraînement ; il n'est tiré d'aucun sujet de concours. Les questions imitent le type d'exercices décrit par le décret.
Texte d'entraînement : « Le guichet et l'écran »
Dans beaucoup de mairies, les démarches se font désormais en ligne : inscription à la cantine, demande d'acte d'état civil, réservation d'une salle. Ce progrès fait gagner du temps à ceux qui maîtrisent les outils numériques. Il en fait perdre à tous les autres.
Car une partie des habitants n'a ni ordinateur ni connexion fiable, et certains n'osent pas avouer qu'ils ne savent pas remplir un formulaire. Ceux-là ne protestent pas : ils renoncent. Le service existe, mais ils n'y accèdent plus.
Faut-il pour autant fermer les sites internet ? Évidemment non. Il faut plutôt garder un accueil physique, former les agents à accompagner les usagers et considérer que l'écran complète le guichet sans le remplacer.
Questions et pistes de réponse
- Question 1. Quel est le problème soulevé par l'auteur ?
Piste : l'auteur constate que la généralisation des démarches en ligne dans les mairies profite aux habitants à l'aise avec le numérique, mais exclut ceux qui ne le sont pas, lesquels finissent par renoncer au service. - Question 2. Quelle solution propose-t-il ? Répondez en deux ou trois lignes.
Piste : il ne demande pas la suppression des services en ligne ; il souhaite maintenir un accueil en personne et former les agents à aider les usagers, pour que le numérique s'ajoute à l'accueil traditionnel au lieu de s'y substituer. - Question 3. Donnez un synonyme de « renoncent » dans le texte.
Piste : abandonnent, se découragent (le sens est : cessent d'entreprendre la démarche). - Question 4. Quelle est la nature et la fonction de « fiable » dans « une connexion fiable » ?
Piste : adjectif qualificatif (nature), épithète du nom « connexion » (fonction). - Question 5. Réécrivez au passé composé : « Ceux-là ne protestent pas : ils renoncent. »
Piste : « Ceux-là n'ont pas protesté : ils ont renoncé. »
Préparer l'épreuve sur plusieurs semaines
L'épreuve récompense une pratique régulière plus qu'un apprentissage de dernière minute. Une progression possible (conseil de méthode) :
- Lire chaque semaine deux ou trois articles de presse généraliste sur des sujets de société (services publics, environnement, santé, numérique), et résumer chacun en cinq lignes, sans reprendre ses phrases.
- Revoir une notion de grammaire par séance : nature et fonction, puis accords, puis conjugaison, en faisant des exercices courts et corrigés.
- Tenir un carnet d'erreurs : chaque faute repérée dans un exercice y est notée avec sa règle. Relu avant l'épreuve, il cible les points faibles.
- Faire au moins deux épreuves complètes en temps réel sur des sujets publiés par les centres de gestion, en respectant la durée d'une heure trente.
- S'astreindre à la relecture : garder dix minutes pour relire la copie phrase par phrase, en vérifiant les accords sujet-verbe et les participes passés.
Le coefficient 3 de l'épreuve est le même que celui du tableau numérique et de l'entretien. Une bonne note en français compense une épreuve de tableau moins réussie, à condition de ne pas tomber sous 5 sur 20 dans l'une ou l'autre : le chapitre suivant est consacré au tableau numérique.
Avant de rendre la copie : la liste de relecture
Sources
- Décret n° 2007-109 du 29 janvier 2007 fixant les modalités d'organisation des concours pour le recrutement des adjoints administratifs territoriaux principaux de 2e classe, art. 3, 4, 5 et 9 (version en vigueur au 1er octobre 2026) — Légifrance
- Centre de gestion de la Seine-Maritime, rapports du jury du concours d'adjoint administratif principal de 2e classe, sessions 2020 et 2022 — cdg76.fr
- Centre de gestion des Côtes-d'Armor, rapport du président du jury, session 2022 — cdg22.fr
À retenir
- Épreuve écrite de français : 1 h 30, coefficient 3, identique pour les trois concours.
- À partir d'un texte d'ordre général : questions de compréhension, puis exercices de vocabulaire, d'orthographe et de grammaire.
- Les jurys reprochent surtout les réponses recopiées du texte et la confusion entre nature et fonction.
- Méthode : lire deux fois, répondre en phrases complètes, reformuler et ordonner les idées.
- Note inférieure à 5 sur 20 : élimination de la liste d'admissibilité (art. 9).
- Épreuve anonyme, double correction : aucun signe distinctif sur la copie.