Cotisations salariales · 2026

Prévoyance cadre

Prévoyance cadre — cotisation minimum 1,50 % T1 employeur (article 7 ANI 17 nov. 2017)

Cotisation patronale obligatoire de 1,50 % de la Tranche 1, exclusivement à la charge de l'employeur, dont 0,76 % minimum pour la garantie décès. Origine : article 7 CCN cadres 1947, repris par l'ANI du 17 novembre 2017.

Catégorie Cotisations salariales
Taux salarial néant
Taux patronal 1,50 % minimum (dont 0,76 % minimum pour la garantie décès)
Assiette Tranche 1 (≤ 1 PMSS)
Plafond 1 PMSS
Millésime 2026

Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin

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Qu'est-ce que c'est ?

La prévoyance cadre est une cotisation patronale obligatoire instaurée pour garantir aux salariés "cadres" une couverture minimum en cas de décès, d'invalidité ou d'incapacité de travail. Elle a longtemps été désignée comme la "cotisation 1,50 % T1 article 7" (référence à la Convention Collective Nationale des cadres du 14 mars 1947).

Depuis la fusion des régimes AGIRC et ARRCO au 1er janvier 2019, l'obligation a été reprise dans l'Accord National Interprofessionnel du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres. La règle est restée inchangée : l'employeur doit verser une cotisation patronale minimum de 1,50 % de la tranche 1 (≤ 1 PMSS), dont au moins 0,76 % doit être affecté à la couverture du risque décès.

Cette cotisation est exclusivement à la charge de l'employeur : aucune part salariale. Elle apparaît dans la colonne "Cotisations patronales" du bulletin sous une rubrique "Prévoyance" ou "Prévoyance cadre".

Comment c'est calculé ?

La cotisation se calcule simplement :

Cotisation prévoyance cadre = 1,50 % × Tranche 1 du salaire brut (limité à 1 PMSS)

  • Taux minimum total : 1,50 %, exclusivement patronal
  • Affectation imposée : au moins 0,76 % T1 au financement de la garantie décès
  • Solde (0,74 %) à affecter à l'incapacité, l'invalidité, la rente conjoint ou la rente éducation, selon le contrat collectif
  • Assiette : tranche 1 = fraction du brut ≤ 1 PMSS

De nombreuses conventions collectives ou accords d'entreprise prévoient un taux supérieur (2 %, 2,5 % voire plus), avec des garanties étendues à la tranche 2.

Exemples chiffrés (à titre indicatif — 2026)

PMSS 2026 ≈ 3 925 €/mois (valeur à vérifier sur boss.gouv.fr).

  • Cadre rémunéré 3 500 € brut/mois (entièrement dans T1) :
    Cotisation patronale = 3 500 × 1,50 % = 52,50 €/mois
  • Cadre rémunéré 5 000 € brut/mois (T1 plafonnée à PMSS) :
    Cotisation patronale = 3 925 × 1,50 % = 58,88 €/mois
  • Affectation décès minimum : 3 925 × 0,76 % = 29,83 € (cas du cadre 5 000 €)
Le contrat collectif peut prévoir un taux et une assiette plus larges (T2, T1+T2). Vérifiez votre contrat de branche ou d'entreprise et la convention collective applicable.
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Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?

La prévoyance cadre est exclusivement à la charge de l'employeur. Aucune part salariale ne peut être prélevée au titre du minimum conventionnel de 1,50 %.

  • Part salariale : néant (ne figure jamais dans les cotisations salariales du bulletin)
  • Part patronale : 1,50 % T1 minimum (souvent plus selon les accords de branche)

L'employeur souscrit le contrat collectif auprès d'une institution de prévoyance (IP), d'une mutuelle ou d'une compagnie d'assurance, et verse la cotisation directement à cet organisme assureur. Le contrat doit couvrir tous les salariés relevant du statut "cadre" (catégories anciennement "articles 4 et 4 bis" de la CCN cadres 1947), sans exception (sauf cas légaux de dispense très limités).

Si l'employeur ne souscrit pas à cette obligation, il est tenu de verser personnellement aux ayants droit du cadre décédé un capital égal à 3 fois le plafond annuel (PASS) — soit, en 2026, environ 47 100 × 3 = 141 300 € (à vérifier). C'est une forte incitation à la souscription d'un contrat collectif.

À quoi sert cette cotisation ?

La cotisation finance des garanties de prévoyance "lourdes" pour le cadre et ses ayants droit, en complément des prestations de la Sécurité sociale :

  • Garantie décès (au minimum 0,76 % de la cotisation) : capital versé aux bénéficiaires désignés en cas de décès du salarié. Le montant est généralement exprimé en multiple du salaire annuel (1 à 4 ans selon le contrat).
  • Garantie incapacité de travail : indemnités journalières complémentaires aux IJSS Sécurité sociale, à partir d'une franchise (souvent 90 jours), pour maintenir un revenu pendant un arrêt maladie long.
  • Garantie invalidité : rente mensuelle versée en cas d'invalidité reconnue par la Sécurité sociale (catégorie 1, 2 ou 3), qui s'ajoute à la pension d'invalidité de la CPAM.
  • Rente conjoint : rente viagère versée au conjoint survivant.
  • Rente éducation : rente temporaire versée aux enfants à charge jusqu'à un âge limite (souvent 18, 21 ou 26 ans selon les études).

L'objectif est de protéger le niveau de vie du cadre et de sa famille en cas d'événements graves, alors que le statut cadre s'accompagne historiquement d'une fragilité face au décès prématuré ou à l'invalidité (responsabilités managériales, charge mentale).

Évolutions récentes

L'obligation de prévoyance cadre est l'une des plus anciennes obligations sociales du droit français de la prévoyance d'entreprise.

  • 14 mars 1947 : signature de la Convention Collective Nationale des cadres. Son article 7 impose à tout employeur de souscrire un contrat de prévoyance pour ses cadres, à hauteur minimum de 1,50 % de la tranche A du salaire (TA = T1 jusqu'à 1 PSS).
  • 1989 : précision réglementaire imposant que la cotisation patronale soit affectée à hauteur d'au moins la moitié au risque décès — règle ramenée par la suite à 0,76 % T1.
  • 30 octobre 2015 : ANI de transition relatif à la prévoyance des cadres, qui anticipe la fusion AGIRC-ARRCO.
  • 17 novembre 2017 : signature de l'ANI Prévoyance des cadres qui remplace l'article 7 de la CCN 1947 à compter du 1er janvier 2019.
  • 1er janvier 2019 : fusion AGIRC-ARRCO. L'obligation de prévoyance demeure, mais le statut "cadre" est désormais défini par l'ANI 2017 et non plus par la classification "articles 4 et 4 bis".

La cotisation de 1,50 % T1 est restée stable depuis 1947. Le principe : un employeur qui ne souscrit pas à un contrat est personnellement tenu d'indemniser les ayants droit en cas de décès, à hauteur de 3 PASS.

Cas pratiques

Cas 1 — Cadre rémunéré 3 500 € brut/mois

Rémunération inférieure à 1 PMSS (≈ 3 925 € en 2026). L'intégralité du brut est en T1 :

  • Cotisation patronale prévoyance : 3 500 × 1,50 % = 52,50 €/mois
  • Affectation minimale décès : 3 500 × 0,76 % = 26,60 €
  • Solde libre (incapacité, invalidité, conjoint, éducation) : 25,90 €

Cas 2 — Cadre rémunéré 6 000 € brut/mois

T1 plafonnée à 1 PMSS = 3 925 €. La fraction au-dessus (2 075 €) est en T2 et n'est pas soumise à l'obligation de 1,50 % (sauf accord plus favorable).

  • Cotisation patronale prévoyance (sur T1 uniquement) : 3 925 × 1,50 % = 58,88 €/mois

Cas 3 — Cadre couvert par un contrat plus favorable

Société qui a négocié un contrat collectif à 2,5 % T1 + 1 % T2 :

  • Cadre à 5 000 € brut/mois : (3 925 × 2,5 %) + (1 075 × 1 %) = 98,13 + 10,75 = 108,88 €/mois à la charge employeur
  • Garanties élargies : capital décès = 3 × salaire annuel, rente invalidité 80 %, rente éducation jusqu'à 26 ans
Conséquence du défaut de souscription : si l'employeur n'a pas souscrit de contrat couvrant le minimum article 7 et qu'un cadre décède, l'employeur doit verser personnellement aux ayants droit un capital équivalent à 3 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Cette obligation est lourde : il faut donc impérativement contractualiser auprès d'un organisme assureur.

Questions fréquentes

C'est le minimum patronal obligatoire de l'article 7 de l'ANI du 17 novembre 2017 (qui remplace l'article 7 de la CCN cadres de 1947 depuis le 1er janvier 2019). L'employeur doit verser au moins 1,50 % de la Tranche 1 du salaire (≤ 1 PMSS) à un contrat de prévoyance couvrant ses cadres.

Au moins 0,76 % de la T1 doit être obligatoirement affecté au financement du risque décès (capital ou rente versés aux ayants droit). Le solde (0,74 % minimum) peut financer l'incapacité, l'invalidité, la rente conjoint ou la rente éducation.

Non, le minimum conventionnel de 1,50 % T1 est exclusivement à la charge de l'employeur. Toutefois, un accord d'entreprise peut prévoir une couverture étendue avec une part salariale additionnelle pour des garanties au-delà du minimum.

Non. L'obligation a été reprise par l'ANI Prévoyance des cadres du 17 novembre 2017 et reste pleinement en vigueur. Seule la définition du statut cadre a évolué : on ne parle plus d'« articles 4 et 4 bis » mais des cadres au sens de l'ANI 2017.

En cas de décès d'un cadre non couvert, l'employeur est personnellement tenu de verser aux ayants droit un capital égal à 3 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit environ 141 300 € en 2026. C'est une forte incitation à contractualiser auprès d'un organisme assureur.

Oui, de nombreux accords de branche ou contrats d'entreprise étendent les garanties à la Tranche 2 (1 à 8 PMSS), avec un taux additionnel. Mais l'obligation légale minimum porte uniquement sur la T1.
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 26/05/2026.