Cotisations salariales · 2026

Prévoyance non-cadre

Prévoyance complémentaire des non-cadres

La prévoyance non-cadre couvre l'incapacité, l'invalidité et le décès. Aucune obligation légale générale : le régime est fixé par la convention collective de branche ou un accord d'entreprise, avec un cofinancement employeur/salarié variable, contrairement au 1,50 % T1 des cadres.

Catégorie Cotisations salariales
Taux salarial variable selon convention collective
Taux patronal variable selon convention collective
Assiette Tranche 1 (ou T1+T2) selon le contrat de branche
Millésime 2026

Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin

Prévoyance non-cadre Prévoyance Prévoyance complémentaire Prévoyance ETAM Prévoyance ouvriers

Qu'est-ce que c'est ?

La prévoyance non-cadre désigne les garanties de prévoyance complémentaire (incapacité, invalidité, décès) mises en place pour les salariés non-cadres. Contrairement à la prévoyance des cadres, obligatoire à hauteur de 1,50 % de la tranche 1, il n'existe pas d'obligation légale générale pour les non-cadres.

L'obligation de prévoyance non-cadre résulte donc des conventions collectives de branche ou des accords d'entreprise. De nombreuses branches (métallurgie, BTP, transport…) imposent un régime de prévoyance pour les non-cadres, avec des taux et des répartitions variables.

Sur le bulletin, elle figure sous « Prévoyance » dans les rubriques de cotisations, avec une part salariale et/ou patronale selon le contrat de branche.

La prévoyance non-cadre est-elle obligatoire ?

Réponse directe : non au niveau légal, souvent oui au niveau conventionnel. Aucun texte légal n'impose une prévoyance « incapacité-invalidité-décès » pour les non-cadres. Seule la complémentaire santé est généralisée à tous les salariés depuis le 1er janvier 2016 (article L911-7 du code de la sécurité sociale), et l'obligation de cotiser 1,50 % en tranche 1 ne vise que les cadres et assimilés. Mais si votre convention collective prévoit un régime de prévoyance non-cadre, l'employeur est tenu de l'appliquer : ne pas affilier ses salariés l'expose à devoir verser lui-même les prestations prévues (capital décès, rentes) en cas de sinistre.

Prévoyance cadres et non-cadres : ce qui change vraiment

C'est la comparaison la plus demandée, et celle qui prête le plus à confusion en paie. Les deux régimes n'ont ni la même source juridique, ni le même financement.

Cadres et assimilésNon-cadres
Source de l'obligation Article 7 de la CCN du 14 mars 1947, repris par l'ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres : obligation interprofessionnelle, applicable quelle que soit la branche. Aucune obligation interprofessionnelle. L'obligation naît de la convention collective de branche ou d'un accord d'entreprise, donc au cas par cas.
Taux minimum 1,50 % de la tranche 1, dont au moins 0,76 % affecté à la garantie décès (plus de la moitié de la cotisation). Pas de taux minimum légal. Taux conventionnels couramment observés : 0,80 % à 1,50 % de la T1.
Qui paie Cotisation à la charge exclusive de l'employeur. Le plus souvent cofinancée employeur / salarié, dans la répartition fixée par l'accord.
Qui est concerné Les bénéficiaires visés aux articles 2.1 et 2.2 de l'ANI 2017 (cadres, et assimilés désignés par accord de branche). Les salariés relevant du champ défini par l'accord de branche : ouvriers, employés, ETAM, selon les textes.
Risque en cas de défaut L'employeur qui n'a rien mis en place doit indemniser lui-même : la Cour de cassation a jugé qu'il est redevable envers les ayants droit d'un montant correspondant aux prestations que la couverture aurait servies. Même logique dès lors que la convention collective imposait le régime : l'employeur supporte les prestations non versées.

Le détail du régime des cadres est traité dans la rubrique dédiée Prévoyance cadre.

Obligation de prévoyance non-cadre selon les grandes branches

Branche (CCN)Régime de prévoyance non-cadre
Bâtiment et travaux publicsOui — régimes nationaux de branche distincts pour les ouvriers et pour les ETAM
Métallurgie (CCN unique du 7 février 2022)Oui — socle conventionnel « Cœur Industrie » de frais de santé et de prévoyance lourde (incapacité, invalidité, décès), obligatoire pour tous les salariés de la branche et pour toutes les entreprises, sans seuil d'effectif. Le volet protection sociale s'applique depuis le 1er janvier 2023, un an avant le reste de la convention.
Transports routiersOui — régime conventionnel de branche
Hôtels, cafés, restaurants (HCR)Oui — régime conventionnel de branche
Bureaux d'études techniques (Syntec)Oui — régime conventionnel couvrant les ETAM et les cadres
Branches sans accord de prévoyanceNon — l'employeur reste libre, hors obligation de complémentaire santé et hors maintien de salaire légal (article L1226-1 du code du travail)

Les taux et garanties exacts varient selon les accords en vigueur : vérifiez le texte de votre convention collective sur Légifrance (liste des IDCC).

Comment c'est calculé ?

Il n'existe pas de taux légal unique. Le taux dépend du contrat collectif de branche ou d'entreprise :

Cotisation prévoyance non-cadre = taux conventionnel × assiette (T1, ou T1 + T2 selon le contrat)

  • Taux courants observés : 0,80 % à 1,50 % de la T1 selon les branches
  • Répartition variable : souvent 50/50 ou 60/40 (patronal/salarial), selon la convention collective

Ce que recouvrent T1 et T2 en 2026

Les tranches de prévoyance sont calées sur le plafond de la Sécurité sociale, comme en retraite complémentaire. Avec un plafond mensuel de 4 005 € et un plafond annuel de 48 060 € en 2026 :

TrancheAssiette mensuelle 2026Ce qu'elle représente
T1de 0 à 4 005 €La part du salaire brut située sous le plafond. La très grande majorité des salaires non-cadres y tient intégralement.
T2de 4 005 € à 32 040 €La part comprise entre 1 et 8 plafonds. Elle n'est cotisée que si le contrat de branche prévoit une assiette T1 + T2.

Un salaire de 3 200 € brut est donc entièrement en T1 : l'assiette de prévoyance est de 3 200 €. Un salaire de 4 500 € se décompose en 4 005 € de T1 et 495 € de T2.

Exemple 1 — salaire entièrement en tranche 1

Non-cadre rémunéré 2 200 € brut/mois, régime de branche à 1 % T1 réparti 50/50 :

  • Assiette : 2 200 € (le salaire est sous le plafond, donc 100 % en T1)
  • Cotisation totale : 2 200 × 1 % = 22 €/mois
  • Part salariale : 11 € · Part patronale : 11 €

Exemple 2 — salaire à cheval sur T1 et T2

Non-cadre rémunéré 4 500 € brut/mois, contrat prévoyant 1 % sur T1 et 1,50 % sur T2, réparti 50/50 :

  • T1 : 4 005 € × 1 % = 40,05 €
  • T2 : (4 500 − 4 005) = 495 € × 1,50 % = 7,43 €
  • Cotisation totale : 47,48 €/mois, soit 23,74 € pour le salarié et 23,74 € pour l'employeur

Erreur fréquente en paie : appliquer le taux T1 à la totalité du salaire. Ici, cela donnerait 45 € au lieu de 47,48 € — l'écart vient du taux T2, plus élevé, appliqué à la seule fraction au-dessus du plafond.

Le taux, l'assiette et la répartition exacts figurent dans la convention collective applicable et dans le contrat souscrit par l'employeur. Consultez Légifrance (conventions collectives) ou votre service RH.
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Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?

La répartition de la cotisation dépend de la convention collective ou de l'accord d'entreprise :

  • Part salariale : variable (souvent 40 % à 50 % de la cotisation), prélevée sur le brut
  • Part patronale : variable (souvent 50 % à 60 %)

Contrairement à la prévoyance des cadres, dont le 1,50 % de tranche 1 est à la charge exclusive de l'employeur, la prévoyance non-cadre est généralement cofinancée.

L'employeur souscrit le contrat auprès d'un organisme assureur (institution de prévoyance, mutuelle, compagnie d'assurance) recommandé par la branche ou choisi librement. La déclaration se fait via la DSN.

Le traitement social de la part patronale

C'est le point le plus mal compris de cette rubrique : la contribution de l'employeur n'est pas purement et simplement exonérée. Elle subit trois traitements distincts.

1. Exonération de cotisations, mais dans une limite chiffrée. La part patronale échappe aux cotisations de sécurité sociale dans la limite, par salarié et par an, de 6 % du plafond annuel + 1,5 % de la rémunération brute soumise à cotisations, le total ne pouvant dépasser 12 % du plafond annuel (articles L242-1 et D242-1 du code de la sécurité sociale). Avec un plafond annuel de 48 060 € en 2026 :

  • socle fixe : 6 % × 48 060 € = 2 883,60 € par an
  • part variable : 1,5 % de la rémunération brute annuelle
  • plafond absolu : 12 % × 48 060 € = 5 767,20 € par an

Au-delà, la fraction excédentaire est réintégrée dans l'assiette des cotisations. Sur des taux conventionnels de 0,80 % à 1,50 %, ces limites sont très rarement atteintes pour un non-cadre : le dépassement concerne surtout les régimes de retraite supplémentaire et les couvertures haut de gamme.

2. CSG et CRDS dès le premier euro. La contribution patronale est assujettie à la CSG et à la CRDS sans abattement de 1,75 % pour frais professionnels, et elle est réintégrée dans le net imposable du salarié. C'est ce qui explique qu'un salarié voie son net imposable dépasser son net à payer.

3. Forfait social de 8 %. Les contributions patronales de prévoyance complémentaire sont soumises au forfait social au taux de 8 % dans les entreprises d'au moins 11 salariés (article L137-15 du code de la sécurité sociale). Depuis le 1er janvier 2020, le franchissement du seuil ne produit effet que s'il est atteint ou dépassé pendant cinq années civiles consécutives (article L130-1 du même code). Le forfait social n'est pas dû sur la fraction déjà réintégrée dans l'assiette des cotisations, pour éviter une double taxation.

À retenir : côté salarié, seule la part salariale est déduite du brut. La part patronale, elle, ne se voit pas dans le net à payer mais augmente le net imposable et l'impôt correspondant.

À quoi sert cette cotisation ?

La prévoyance non-cadre couvre les risques lourds du salarié non-cadre, en complément des prestations de la Sécurité sociale :

  • Incapacité de travail : indemnités journalières complémentaires aux IJSS, après une franchise (souvent 90 jours)
  • Invalidité : rente complémentaire à la pension d'invalidité de la CPAM
  • Décès : capital ou rente versés aux ayants droit
  • Parfois : rente éducation pour les enfants, rente conjoint

L'objectif est d'éviter une chute brutale de revenus pour le salarié et sa famille en cas d'arrêt long, d'invalidité ou de décès. Historiquement, la couverture prévoyance des non-cadres était moins développée que celle des cadres (qui bénéficient de l'obligation 1,50 % depuis 1947). Les branches ont progressivement comblé cet écart par des accords collectifs.

Voir les conventions collectives sur Légifrance — Conventions collectives (IDCC).

Évolutions récentes

La prévoyance non-cadre s'est construite progressivement, par voie conventionnelle, sans obligation légale générale :

  • 1947 : la convention collective nationale des cadres du 14 mars 1947 impose une cotisation de prévoyance pour les cadres (article 7), mais rien pour les non-cadres. C'est l'origine de l'écart de couverture entre les deux populations.
  • Années 1980-1990 : développement des régimes de prévoyance par branche pour les non-cadres (métallurgie, BTP, etc.).
  • 2013 (loi de sécurisation de l'emploi) : la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 généralise la complémentaire santé, mais pas la prévoyance lourde. Le Conseil constitutionnel, par sa décision n° 2013-672 DC du 13 juin 2013, censure les clauses de désignation qui permettaient à une branche d'imposer un organisme assureur unique.
  • Depuis 2013 : les branches peuvent « recommander » un organisme mais ne peuvent plus l'imposer. La prévoyance non-cadre reste organisée par les conventions collectives.
  • 1er janvier 2016 : généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés (article L911-7 du code de la sécurité sociale). La prévoyance incapacité-invalidité-décès reste, elle, hors du champ de cette obligation.
  • 17 novembre 2017 : l'accord national interprofessionnel relatif à la prévoyance des cadres reprend l'obligation de 1,50 % en la calant sur la tranche 1, après la fusion AGIRC-ARRCO. L'écart cadres / non-cadres est ainsi reconduit.
  • 1er janvier 2023 : le volet protection sociale de la nouvelle convention collective de la métallurgie entre en vigueur et instaure un socle obligatoire de prévoyance pour l'ensemble des salariés de la branche, cadres comme non-cadres — un des mouvements de convergence les plus significatifs de la période.

Aujourd'hui, la couverture dépend donc fortement de la branche : certaines imposent un régime complet à tous les salariés, d'autres laissent l'entreprise libre pour ses non-cadres.

Sources : loi du 14 juin 2013 de sécurisation de l'emploi · ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres.

Cas pratiques

Cas 1 — Non-cadre dans la métallurgie

Depuis le 1er janvier 2023, la convention collective de la métallurgie impose un socle de prévoyance à tous les salariés de la branche, sans seuil d'effectif. Illustration pour un salarié à 2 400 € brut/mois, avec un taux de 1 % de la T1 réparti 50/50 — le taux réel dépend du contrat souscrit par l'entreprise :

  • Part salariale : ≈ 12 €/mois · Part patronale : ≈ 12 €/mois

Cas 2 — Non-cadre sans accord de branche

Salarié d'une petite entreprise dont la convention collective ne prévoit pas de prévoyance non-cadre obligatoire. L'employeur n'est pas tenu de souscrire un contrat. Le salarié peut alors se couvrir individuellement.

Cas 3 — Arrêt maladie longue durée

Non-cadre couvert par un régime de branche, en arrêt depuis 4 mois. Après la franchise de 90 jours :

  • La Sécurité sociale verse les IJSS (≈ 50 % du salaire journalier de base)
  • La prévoyance complète le revenu jusqu'au niveau garanti par le contrat, fréquemment de l'ordre de 80 % du salaire brut
  • Sans cette prévoyance, le salarié en resterait aux seules IJSS, soit environ la moitié de son salaire

Un point que les contrats rappellent systématiquement : le cumul des IJSS, des prestations de prévoyance et d'un éventuel maintien de salaire de l'employeur ne peut pas conduire le salarié à percevoir plus que le net qu'il aurait touché en travaillant. Les prestations de prévoyance sont donc réduites à due concurrence si le total dépasse ce plancher de référence.

L'existence et le niveau de la prévoyance non-cadre dépendent entièrement de la convention collective applicable. Vérifiez votre IDCC et le contrat souscrit par votre employeur pour connaître vos garanties exactes.

Questions fréquentes

Pas au niveau légal. Il n'existe aucune obligation interprofessionnelle comparable au 1,50 % de tranche 1 des cadres. L'obligation résulte de la convention collective de branche ou d'un accord d'entreprise. De nombreuses branches (métallurgie, BTP, transports routiers, HCR, Syntec) imposent un régime de prévoyance à leurs non-cadres. Si votre convention le prévoit, l'employeur est tenu de l'appliquer.

Trois différences. La source : l'obligation des cadres vient de l'article 7 de la CCN du 14 mars 1947, repris par l'ANI du 17 novembre 2017, et s'applique dans toutes les branches ; celle des non-cadres dépend de chaque convention collective. Le taux : 1,50 % de la tranche 1 minimum pour les cadres, dont au moins 0,76 % affecté au décès, contre aucun minimum légal pour les non-cadres. Le financement : intégralement patronal pour les cadres, le plus souvent partagé pour les non-cadres.

Il n'existe pas de taux légal unique. Le taux dépend du contrat collectif, généralement entre 0,80 % et 1,50 % de la tranche 1, avec une répartition variable, souvent 50/50 ou 60/40 entre l'employeur et le salarié, selon la convention collective applicable.

Elle couvre l'incapacité de travail (indemnités journalières complémentaires aux IJSS après une franchise, souvent de 90 jours), l'invalidité (rente complémentaire à la pension de la CPAM), le décès (capital ou rente aux ayants droit), et parfois la rente éducation et la rente conjoint, selon le contrat de branche.

Sur la tranche 1, c'est-à-dire la part du salaire brut inférieure au plafond de la Sécurité sociale, soit 4 005 € par mois en 2026. Certains contrats prévoient aussi la tranche 2, entre 1 et 8 plafonds, avec un taux distinct et généralement plus élevé. Un salaire de 4 500 € se décompose ainsi en 4 005 € de T1 et 495 € de T2.

Oui. La contribution de l'employeur est réintégrée dans le net imposable du salarié et supporte la CSG et la CRDS dès le premier euro, sans abattement pour frais professionnels. C'est l'une des raisons pour lesquelles le net imposable d'un bulletin dépasse le net à payer.

Dans la limite annuelle, par salarié, de 6 % du plafond annuel de la Sécurité sociale majorés de 1,5 % de la rémunération brute soumise à cotisations, sans pouvoir dépasser 12 % du plafond annuel (articles L242-1 et D242-1 du code de la sécurité sociale). Avec un plafond annuel de 48 060 € en 2026, cela représente un socle de 2 883,60 € et un maximum absolu de 5 767,20 €. Sur des taux de 0,80 % à 1,50 %, ces limites sont rarement atteintes.

Oui, au taux de 8 % sur la contribution patronale, dans les entreprises d'au moins 11 salariés (article L137-15 du code de la sécurité sociale). Depuis le 1er janvier 2020, le franchissement du seuil ne produit effet que s'il est atteint pendant cinq années civiles consécutives. Le forfait social n'est pas dû sur la fraction déjà réintégrée dans l'assiette des cotisations.
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 03/10/2026.