Cotisations salariales · 2026

Prévoyance non-cadre

Prévoyance complémentaire des non-cadres

La prévoyance non-cadre couvre les risques incapacité, invalidité et décès des salariés non-cadres. Il n'existe pas d'obligation légale générale : le régime est fixé par la convention collective de branche ou un accord d'entreprise, avec un cofinancement variable.

Catégorie Cotisations salariales
Taux salarial variable selon convention collective
Taux patronal variable selon convention collective
Assiette Tranche 1 (ou T1+T2) selon le contrat de branche
Millésime 2026

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Prévoyance non-cadre Prévoyance Prévoyance complémentaire Prévoyance ETAM Prévoyance ouvriers

Qu'est-ce que c'est ?

La prévoyance non-cadre désigne les garanties de prévoyance complémentaire (incapacité, invalidité, décès) mises en place pour les salariés non-cadres. Contrairement à la prévoyance cadre (obligatoire à 1,50 % T1 via l'ANI de 2017), il n'existe pas d'obligation légale générale pour les non-cadres.

L'obligation de prévoyance non-cadre résulte donc des conventions collectives de branche ou des accords d'entreprise. De nombreuses branches (métallurgie, BTP, transport...) imposent un régime de prévoyance pour les non-cadres, avec des taux et répartitions variables.

Sur le bulletin, elle figure sous "Prévoyance" dans les rubriques de cotisations, avec une part salariale et/ou patronale selon le contrat de branche.

La prévoyance non-cadre est-elle obligatoire ?

Réponse directe : non au niveau légal, souvent oui au niveau conventionnel. Aucun texte légal n'impose une prévoyance « incapacité-invalidité-décès » pour les non-cadres (seule la complémentaire santé est généralisée depuis 2016, et la prévoyance à 1,50 % tranche 1 ne vise que les cadres et assimilés). Mais si votre convention collective prévoit un régime de prévoyance non-cadre, l'employeur est tenu de l'appliquer : ne pas affilier ses salariés l'expose à devoir verser lui-même les prestations prévues (capital décès, rentes) en cas de sinistre.

Obligation de prévoyance non-cadre selon les grandes branches

Branche (CCN)Régime de prévoyance non-cadre
Bâtiment et travaux publicsOui — régime national de branche pour ouvriers et ETAM
Métallurgie (CCN unique 2024)Oui — régime conventionnel de protection sociale complémentaire pour tous les salariés
Transports routiersOui — régime conventionnel de branche
Hôtels, cafés, restaurants (HCR)Oui — régime conventionnel de branche
Bureaux d'études techniques (Syntec)Oui — régime conventionnel couvrant ETAM et cadres
Branches sans accord de prévoyanceNon — l'employeur reste libre (hors obligation santé et maintien de salaire légal L1226-1)

Les taux et garanties exacts varient selon les accords en vigueur : vérifiez le texte de votre convention collective sur Légifrance (liste des IDCC).

Comment c'est calculé ?

Il n'existe pas de taux légal unique. Le taux dépend du contrat collectif de branche ou d'entreprise :

Cotisation prévoyance non-cadre = taux conventionnel × assiette (T1 ou T1+T2 selon le contrat)

  • Taux courants observés : 0,80 % à 1,50 % de la T1 selon les branches
  • Répartition variable : souvent 50/50 ou 60/40 (patronal/salarial), selon la convention collective

Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)

Non-cadre rémunéré 2 200 € brut/mois, régime de branche à 1 % T1 réparti 50/50 :

  • Cotisation totale : 2 200 × 1 % = 22 €/mois
  • Part salariale : 11 € · Part patronale : 11 €
Le taux et la répartition exacts figurent dans la convention collective applicable. Consultez Légifrance (conventions collectives) ou votre service RH.
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Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?

La répartition de la cotisation dépend de la convention collective ou de l'accord d'entreprise :

  • Part salariale : variable (souvent 40 % à 50 % de la cotisation), prélevée sur le brut
  • Part patronale : variable (souvent 50 % à 60 %)

Contrairement à la prévoyance cadre (intégralement patronale à hauteur du minimum 1,50 % T1), la prévoyance non-cadre est généralement cofinancée.

L'employeur souscrit le contrat auprès d'un organisme assureur (institution de prévoyance, mutuelle, compagnie d'assurance) désigné ou recommandé par la branche. La part patronale est exonérée de cotisations sociales sous conditions de plafond (article L242-1 CSS), mais réintégrée dans le net imposable du salarié.

La déclaration se fait via la DSN.

À quoi sert cette cotisation ?

La prévoyance non-cadre couvre les risques lourds du salarié non-cadre, en complément des prestations de la Sécurité sociale :

  • Incapacité de travail : indemnités journalières complémentaires aux IJSS, après une franchise (souvent 90 jours)
  • Invalidité : rente complémentaire à la pension d'invalidité de la CPAM
  • Décès : capital ou rente versés aux ayants droit
  • Parfois : rente éducation pour les enfants, rente conjoint

L'objectif est d'éviter une chute brutale de revenus pour le salarié et sa famille en cas d'arrêt long, d'invalidité ou de décès. Historiquement, la couverture prévoyance des non-cadres était moins développée que celle des cadres (qui bénéficient de l'obligation 1,50 % depuis 1947). Les branches ont progressivement comblé cet écart par des accords collectifs.

Voir les conventions collectives sur Légifrance — Conventions collectives (IDCC).

Évolutions récentes

La prévoyance non-cadre s'est construite progressivement, par voie conventionnelle, sans obligation légale générale :

  • 1947 : la CCN des cadres impose une prévoyance pour les cadres (article 7), mais rien pour les non-cadres.
  • Années 1980-1990 : développement des régimes de prévoyance par branche pour les non-cadres (métallurgie, BTP, etc.).
  • 2013 (loi de sécurisation de l'emploi) : tentative de généralisation de la prévoyance via les clauses de désignation, censurée en partie par le Conseil constitutionnel (décision n° 2013-672 DC du 13 juin 2013) qui interdit les clauses de désignation obligatoire d'un organisme unique.
  • Depuis 2013 : les branches peuvent "recommander" un organisme mais ne peuvent plus l'imposer. La prévoyance non-cadre reste organisée par les conventions collectives.

Aujourd'hui, la couverture dépend fortement de la branche : certaines imposent un régime complet, d'autres laissent l'entreprise libre.

Source : Loi du 14 juin 2013 de sécurisation de l'emploi.

Cas pratiques

Cas 1 — Non-cadre dans la métallurgie

La convention collective de la métallurgie impose un régime de prévoyance. Pour un salarié à 2 400 € brut/mois, taux de branche ≈ 1 % T1, réparti 50/50 :

  • Part salariale : ≈ 12 €/mois · Part patronale : ≈ 12 €/mois

Cas 2 — Non-cadre sans accord de branche

Salarié d'une petite entreprise dont la convention collective ne prévoit pas de prévoyance non-cadre obligatoire. L'employeur n'est pas tenu de souscrire un contrat. Le salarié peut alors se couvrir individuellement.

Cas 3 — Arrêt maladie longue durée

Non-cadre couvert par un régime de branche, en arrêt depuis 4 mois. Après la franchise de 90 jours :

  • La Sécurité sociale verse les IJSS (≈ 50 % du salaire journalier de base)
  • La prévoyance complète jusqu'à ~ 80 % du salaire net, selon le contrat
  • Sans cette prévoyance, le salarié subirait une perte de revenu de moitié
L'existence et le niveau de la prévoyance non-cadre dépendent entièrement de la convention collective applicable. Vérifiez votre IDCC et le contrat souscrit par votre employeur pour connaître vos garanties exactes.

Questions fréquentes

Il n'existe pas d'obligation légale générale comparable à la prévoyance cadre (1,50 % T1). L'obligation résulte des conventions collectives de branche ou des accords d'entreprise. De nombreuses branches (métallurgie, BTP, transport) imposent un régime de prévoyance pour leurs non-cadres.

Il n'existe pas de taux légal unique. Le taux dépend du contrat collectif, généralement entre 0,80 % et 1,50 % de la tranche 1, avec une répartition variable (souvent 50/50 ou 60/40 patronal/salarial) selon la convention collective applicable.

La prévoyance cadre est obligatoire depuis 1947 (article 7, repris par l'ANI 2017) : minimum 1,50 % T1 intégralement patronal. La prévoyance non-cadre n'a pas d'obligation légale générale et son existence dépend de la convention collective de branche, avec un cofinancement habituellement partagé.

Elle couvre l'incapacité de travail (indemnités journalières complémentaires aux IJSS), l'invalidité (rente complémentaire), le décès (capital ou rente aux ayants droit), et parfois la rente éducation et la rente conjoint, selon le contrat de branche.

Oui. Comme pour la complémentaire santé, la part patronale de prévoyance est exonérée de cotisations sociales sous conditions de plafond (article L242-1 CSS), mais réintégrée dans le net imposable du salarié.
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 12/06/2026.