Prévoyance non-cadre
Prévoyance complémentaire des non-cadres
La prévoyance non-cadre couvre les risques incapacité, invalidité et décès des salariés non-cadres. Il n'existe pas d'obligation légale générale : le régime est fixé par la convention collective de branche ou un accord d'entreprise, avec un cofinancement variable.
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Prévoyance non-cadre Prévoyance Prévoyance complémentaire Prévoyance ETAM Prévoyance ouvriersQu'est-ce que c'est ?
La prévoyance non-cadre désigne les garanties de prévoyance complémentaire (incapacité, invalidité, décès) mises en place pour les salariés non-cadres. Contrairement à la prévoyance cadre (obligatoire à 1,50 % T1 via l'ANI de 2017), il n'existe pas d'obligation légale générale pour les non-cadres.
L'obligation de prévoyance non-cadre résulte donc des conventions collectives de branche ou des accords d'entreprise. De nombreuses branches (métallurgie, BTP, transport...) imposent un régime de prévoyance pour les non-cadres, avec des taux et répartitions variables.
Sur le bulletin, elle figure sous "Prévoyance" dans les rubriques de cotisations, avec une part salariale et/ou patronale selon le contrat de branche.
La prévoyance non-cadre est-elle obligatoire ?
Réponse directe : non au niveau légal, souvent oui au niveau conventionnel. Aucun texte légal n'impose une prévoyance « incapacité-invalidité-décès » pour les non-cadres (seule la complémentaire santé est généralisée depuis 2016, et la prévoyance à 1,50 % tranche 1 ne vise que les cadres et assimilés). Mais si votre convention collective prévoit un régime de prévoyance non-cadre, l'employeur est tenu de l'appliquer : ne pas affilier ses salariés l'expose à devoir verser lui-même les prestations prévues (capital décès, rentes) en cas de sinistre.
Obligation de prévoyance non-cadre selon les grandes branches
| Branche (CCN) | Régime de prévoyance non-cadre |
|---|---|
| Bâtiment et travaux publics | Oui — régime national de branche pour ouvriers et ETAM |
| Métallurgie (CCN unique 2024) | Oui — régime conventionnel de protection sociale complémentaire pour tous les salariés |
| Transports routiers | Oui — régime conventionnel de branche |
| Hôtels, cafés, restaurants (HCR) | Oui — régime conventionnel de branche |
| Bureaux d'études techniques (Syntec) | Oui — régime conventionnel couvrant ETAM et cadres |
| Branches sans accord de prévoyance | Non — l'employeur reste libre (hors obligation santé et maintien de salaire légal L1226-1) |
Les taux et garanties exacts varient selon les accords en vigueur : vérifiez le texte de votre convention collective sur Légifrance (liste des IDCC).
Comment c'est calculé ?
Il n'existe pas de taux légal unique. Le taux dépend du contrat collectif de branche ou d'entreprise :
Cotisation prévoyance non-cadre = taux conventionnel × assiette (T1 ou T1+T2 selon le contrat)
- Taux courants observés : 0,80 % à 1,50 % de la T1 selon les branches
- Répartition variable : souvent 50/50 ou 60/40 (patronal/salarial), selon la convention collective
Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)
Non-cadre rémunéré 2 200 € brut/mois, régime de branche à 1 % T1 réparti 50/50 :
- Cotisation totale : 2 200 × 1 % = 22 €/mois
- Part salariale : 11 € · Part patronale : 11 €
Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?
La répartition de la cotisation dépend de la convention collective ou de l'accord d'entreprise :
- Part salariale : variable (souvent 40 % à 50 % de la cotisation), prélevée sur le brut
- Part patronale : variable (souvent 50 % à 60 %)
Contrairement à la prévoyance cadre (intégralement patronale à hauteur du minimum 1,50 % T1), la prévoyance non-cadre est généralement cofinancée.
L'employeur souscrit le contrat auprès d'un organisme assureur (institution de prévoyance, mutuelle, compagnie d'assurance) désigné ou recommandé par la branche. La part patronale est exonérée de cotisations sociales sous conditions de plafond (article L242-1 CSS), mais réintégrée dans le net imposable du salarié.
La déclaration se fait via la DSN.
À quoi sert cette cotisation ?
La prévoyance non-cadre couvre les risques lourds du salarié non-cadre, en complément des prestations de la Sécurité sociale :
- Incapacité de travail : indemnités journalières complémentaires aux IJSS, après une franchise (souvent 90 jours)
- Invalidité : rente complémentaire à la pension d'invalidité de la CPAM
- Décès : capital ou rente versés aux ayants droit
- Parfois : rente éducation pour les enfants, rente conjoint
L'objectif est d'éviter une chute brutale de revenus pour le salarié et sa famille en cas d'arrêt long, d'invalidité ou de décès. Historiquement, la couverture prévoyance des non-cadres était moins développée que celle des cadres (qui bénéficient de l'obligation 1,50 % depuis 1947). Les branches ont progressivement comblé cet écart par des accords collectifs.
Voir les conventions collectives sur Légifrance — Conventions collectives (IDCC).
Évolutions récentes
La prévoyance non-cadre s'est construite progressivement, par voie conventionnelle, sans obligation légale générale :
- 1947 : la CCN des cadres impose une prévoyance pour les cadres (article 7), mais rien pour les non-cadres.
- Années 1980-1990 : développement des régimes de prévoyance par branche pour les non-cadres (métallurgie, BTP, etc.).
- 2013 (loi de sécurisation de l'emploi) : tentative de généralisation de la prévoyance via les clauses de désignation, censurée en partie par le Conseil constitutionnel (décision n° 2013-672 DC du 13 juin 2013) qui interdit les clauses de désignation obligatoire d'un organisme unique.
- Depuis 2013 : les branches peuvent "recommander" un organisme mais ne peuvent plus l'imposer. La prévoyance non-cadre reste organisée par les conventions collectives.
Aujourd'hui, la couverture dépend fortement de la branche : certaines imposent un régime complet, d'autres laissent l'entreprise libre.
Cas pratiques
Cas 1 — Non-cadre dans la métallurgie
La convention collective de la métallurgie impose un régime de prévoyance. Pour un salarié à 2 400 € brut/mois, taux de branche ≈ 1 % T1, réparti 50/50 :
- Part salariale : ≈ 12 €/mois · Part patronale : ≈ 12 €/mois
Cas 2 — Non-cadre sans accord de branche
Salarié d'une petite entreprise dont la convention collective ne prévoit pas de prévoyance non-cadre obligatoire. L'employeur n'est pas tenu de souscrire un contrat. Le salarié peut alors se couvrir individuellement.
Cas 3 — Arrêt maladie longue durée
Non-cadre couvert par un régime de branche, en arrêt depuis 4 mois. Après la franchise de 90 jours :
- La Sécurité sociale verse les IJSS (≈ 50 % du salaire journalier de base)
- La prévoyance complète jusqu'à ~ 80 % du salaire net, selon le contrat
- Sans cette prévoyance, le salarié subirait une perte de revenu de moitié
Questions fréquentes
Sources officielles
Page mise à jour le 12/06/2026.