Primes · 2026

Prime de partage de la valeur

PPV / prime Macron — prime de partage de la valeur

La prime de partage de la valeur (PPV), ex-prime Macron, est une prime facultative exonérée de cotisations sociales jusqu'à 3 000 € par an (6 000 € avec accord d'intéressement ou de participation). Imposable depuis 2024, sauf pour les salariés sous 3 SMIC des entreprises de moins de 50 salariés jusqu'au 31 décembre 2026.

Catégorie Primes
Taux salarial exonérée ; CSG-CRDS 9,7 % + IR sauf < 50 sal. et < 3 SMIC (jusqu'au 31/12/2026)
Taux patronal exonérée ; forfait social 20 % dès 250 sal. ; comptée dans l'assiette de la RGDU
Assiette Montant libre, exonéré jusqu'à 3 000 €/an/salarié (6 000 € avec intéressement ou participation)
Millésime 2026

Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin

Prime de partage de la valeur PPV Prime Macron PEPA Prime partage valeur

Qu'est-ce que c'est ?

La prime de partage de la valeur (PPV), anciennement « prime Macron » ou PEPA, est une prime facultative que l'employeur peut verser pour partager la valeur créée par l'entreprise. Elle apparaît sur le bulletin comme une ligne distincte, hors du salaire brut soumis à cotisations, avec un traitement social et fiscal propre.

Créée par la loi du 16 août 2022 puis pérennisée par la loi du 29 novembre 2023, elle peut atteindre 3 000 € par année civile et par salarié, ou 6 000 € si l'entreprise applique un accord d'intéressement (ou, pour une entreprise de moins de 50 salariés, de participation volontaire). Ces montants sont des plafonds d'exonération, pas des montants dus : le montant lui-même est libre.

Votre PPV est-elle imposable ? La réponse en trois questions

  1. Votre entreprise compte-t-elle moins de 50 salariés ?
  2. Avez-vous perçu, sur les 12 mois précédant le versement, moins de 3 fois le SMIC annuel (soit 67 212,72 € pour un temps plein en 2026) ?
  3. La prime est-elle versée au plus tard le 31 décembre 2026 ?

Trois « oui » : la prime est exonérée d'impôt sur le revenu et de CSG-CRDS — vous touchez le montant brut en net. Un seul « non » : elle est soumise à la CSG-CRDS de 9,7 % et imposable à l'impôt sur le revenu, sauf si vous la placez sur un plan d'épargne salariale ou d'épargne retraite. Dans tous les cas, elle reste exonérée de cotisations sociales sous les plafonds.

Pour estimer le montant net de votre prime selon votre situation, utilisez notre simulateur de prime de partage de la valeur (PPV). Côté employeur, le guide de la PPV en industrie détaille les critères de modulation et le coût réel du versement.

Comment c'est calculé ?

Le montant de la PPV est librement fixé par l'employeur, dans la limite des plafonds d'exonération :

SituationPlafond d'exonération
Cas général3 000 € par année civile et par salarié
Entreprise appliquant un accord d'intéressement (ou, si moins de 50 salariés, de participation volontaire)6 000 € par année civile et par salarié

La fraction versée au-delà du plafond redevient du salaire ordinaire : cotisations, CSG-CRDS et impôt sur le revenu de droit commun.

Rythme de versement

Depuis la loi du 29 novembre 2023, l'employeur peut attribuer deux primes par année civile. Chaque prime peut elle-même être fractionnée en quatre versements au maximum, à raison d'un par trimestre. Le cumul des deux primes reste plafonné à 3 000 € ou 6 000 € pour l'année.

Régime social et fiscal en 2026

PrélèvementEntreprise de moins de 50 salariés, salarié sous 3 SMICAutres situations
Cotisations de Sécurité sociale (salariales et patronales)ExonéréesExonérées
CSG-CRDS (9,7 %)Exonérées jusqu'au 31 décembre 2026Dues
Impôt sur le revenuExonérée jusqu'au 31 décembre 2026Imposable, sauf placement sur un plan d'épargne
Forfait social 20 % (employeur)Non dûDû uniquement à partir de 250 salariés

Le seuil des 3 SMIC s'apprécie sur la rémunération des 12 mois précédant le versement, rapportée à la durée de travail prévue au contrat.

Le coût caché côté employeur : la réduction générale

Depuis le 1er janvier 2025, la PPV est intégrée à l'assiette de la réduction générale dégressive unique (RGDU), qu'elle soit versée ou placée sur un plan d'épargne. Sur des salaires proches du SMIC, elle relève la rémunération de référence, fait baisser le coefficient de réduction et augmente donc les cotisations patronales dues sur le salaire de base : le coût réel de la prime dépasse le montant versé. Pour 2026, la RGDU a un coefficient maximal de 0,3973 (moins de 50 salariés) ou 0,4013 (50 salariés et plus) et un point de sortie fixé à 3 SMIC (décret n° 2025-887 du 4 septembre 2025).

Déclaration en DSN

ÉlémentCode
Montant de la prime (déclaration agrégée)CTP 510, à taux 0 %, assiette qualifiée « autre »
CSG-CRDS due sur la primeCTP 260
Forfait social 20 % (250 salariés et plus)CTP 012
Bloc nominatif « Prime, gratification et indemnité »S21.G00.52, type 904 – Prime de partage de la valeur
Fraction dépassant 3 000 / 6 000 €CTP courants du salaire (CTP 100…)

Exemple chiffré (2026)

PPV de 1 500 € versée dans une entreprise de 30 salariés à un salarié payé 2 000 € brut par mois :

  • Sous le plafond de 3 000 € : exonérée de cotisations sociales.
  • Rémunération annuelle très inférieure à 67 212,72 € et entreprise de moins de 50 salariés : exonérée de CSG-CRDS et d'impôt sur le revenu jusqu'au 31 décembre 2026.
  • Le salarié perçoit 1 500 € net, non imposables.
  • Côté employeur : pas de cotisations ni de forfait social, mais 1 500 € s'ajoutent à l'assiette de la RGDU, ce qui réduit l'allègement de l'année.
Le régime de la PPV a changé plusieurs fois depuis 2022 et change encore au 1er janvier 2027. Vérifiez les conditions en vigueur sur urssaf.fr avant de verser ou de déclarer une prime.
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Qui fait quoi ?

La PPV est versée par l'employeur au salarié, sur une base facultative. Personne ne « cotise » dessus au sens habituel : c'est un versement exonéré, dont il faut lire les exceptions.

Pour le salarié

  • Aucune cotisation salariale dans la limite de 3 000 € ou 6 000 € par année civile.
  • CSG-CRDS de 9,7 % dues, sauf si l'entreprise compte moins de 50 salariés et que la rémunération des 12 mois précédents est inférieure à 3 SMIC annuels — exonération valable jusqu'au 31 décembre 2026.
  • Impôt sur le revenu : imposable depuis le 1er janvier 2024, avec la même exception transitoire. Le prélèvement à la source s'applique quand la prime est imposable.
  • La prime peut être placée sur un plan d'épargne salariale ou d'épargne retraite (PEE, PERCOL) : elle reste alors exonérée d'impôt sur le revenu, y compris au-delà de 3 SMIC ou dans une grande entreprise. Les sommes sont bloquées cinq ans (PEE) hors cas de déblocage anticipé.

Pour l'employeur

  • Aucune cotisation patronale dans la limite des plafonds.
  • Forfait social de 20 % dû à partir de 250 salariés seulement. En dessous de ce seuil, pas de forfait social sur la PPV.
  • La prime entre dans l'assiette de la réduction générale dégressive unique depuis le 1er janvier 2025, versée ou placée : elle réduit mécaniquement l'allègement de cotisations sur les bas salaires.
  • Mise en place par accord d'entreprise (déposé sur TéléAccords) ou par décision unilatérale après consultation du CSE.

Qui doit en bénéficier ?

Tous les salariés liés à l'entreprise à la date fixée par l'accord ou la décision unilatérale, y compris les apprentis et alternants. Les intérimaires mis à disposition doivent en bénéficier dès lors que l'entreprise utilisatrice en verse une à ses propres salariés : c'est l'entreprise de travail temporaire qui procède au versement.

La modulation entre salariés n'est possible que sur cinq critères limitativement énumérés (voir « À quoi ça sert ? ») ; elle ne peut être ni discriminatoire, ni fondée sur la performance individuelle.

À quoi ça sert ?

La PPV est un outil de partage de la valeur et de soutien au pouvoir d'achat :

Objectifs

  • Soutenir le pouvoir d'achat des salariés sans alourdir les charges (exonération de cotisations)
  • Associer les salariés à la performance de l'entreprise
  • Offrir aux employeurs un outil de rémunération flexible et défiscalisé, alternatif à une augmentation de salaire (plus coûteuse en charges)

Critères de modulation

L'employeur peut moduler le montant de la PPV selon des critères objectifs :

  • Rémunération
  • Niveau de classification
  • Ancienneté
  • Durée de présence effective sur l'année
  • Durée de travail prévue au contrat (temps partiel)

La modulation ne peut pas être discriminatoire ni réduire la prime à zéro pour certains salariés sans justification objective.

Avantage par rapport à une prime classique

Une prime classique soumise à cotisations coûte ≈ 1,42 € à l'employeur pour 0,78 € net au salarié. La PPV, exonérée, permet de verser ≈ 1 € net pour 1 € de coût employeur (hors forfait social) : un rendement bien supérieur.

Source : Loi du 16 août 2022 (pouvoir d'achat) · URSSAF — PPV.

Évolutions récentes

La PPV est l'aboutissement d'une série de primes exceptionnelles devenues pérennes :

  • Décembre 2018 : création de la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat (PEPA), dite « prime Macron », exonérée de cotisations et d'impôt sous conditions.
  • 2019, 2020, 2021 : reconductions successives de la PEPA, avec des plafonds variables (1 000 €, porté à 2 000 € en présence d'un accord d'intéressement).
  • 16 août 2022 (loi pouvoir d'achat) : la PEPA devient la prime de partage de la valeur, pérenne, plafonnée à 3 000 € ou 6 000 €.
  • 29 novembre 2023 (loi sur le partage de la valeur) : deux primes possibles par année civile ; possibilité de placer la prime sur un plan d'épargne ; obligation de partage de la valeur étendue aux entreprises de 11 à 49 salariés bénéficiaires à partir de 2025 ; et surtout fin de l'exonération générale d'impôt sur le revenu au 1er janvier 2024, avec maintien transitoire pour les salariés sous 3 SMIC des entreprises de moins de 50 salariés jusqu'au 31 décembre 2026.
  • 1er juillet 2024 (décret n° 2024-644 du 29 juin 2024) : le salarié peut effectivement affecter tout ou partie de sa PPV à un plan d'épargne salariale ou d'épargne retraite, l'employeur devant l'informer de ce droit et du délai pour choisir.
  • 1er janvier 2025 : la PPV est intégrée à l'assiette de la réduction générale des cotisations patronales, qu'elle soit versée ou placée.
  • 1er janvier 2027 : fin du régime transitoire. La PPV restera exonérée de cotisations sociales mais sera assujettie à la CSG-CRDS et à l'impôt sur le revenu pour tous les salariés, quelle que soit la taille de l'entreprise.

Ordres de grandeur (Dares, « La prime de partage de la valeur en 2023 », publication du 26 mars 2026) : 5,6 millions de bénéficiaires en 2023, soit 28,7 % des salariés du privé non agricole, pour un montant moyen de 901 € brut et environ 5,3 milliards d'euros versés — contre 20 % des salariés et 4,4 milliards en 2022.

Sources : Légifrance (loi n° 2022-1158 du 16 août 2022, loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023, décret n° 2024-644 du 29 juin 2024) · URSSAF · Dares.

Cas pratiques

Cas 1 — PPV de 1 000 € dans une TPE

Salarié payé 1 900 € brut par mois (très en dessous de 3 SMIC) dans une entreprise de 15 salariés, prime versée en 2026 :

  • Exonérée de cotisations sociales (sous le plafond de 3 000 €).
  • Exonérée de CSG-CRDS et d'impôt sur le revenu (moins de 50 salariés, moins de 3 SMIC, versement avant le 31 décembre 2026).
  • Le salarié perçoit 1 000 € net et non imposables.

Cas 2 — PPV de 2 000 € dans une grande entreprise

Cadre payé 4 000 € brut par mois dans une entreprise de 500 salariés :

  • Exonérée de cotisations sociales (sous le plafond de 3 000 €).
  • CSG-CRDS de 9,7 % : 194 € — le salarié perçoit 1 806 €.
  • Imposable à l'impôt sur le revenu, avec prélèvement à la source.
  • Forfait social de 20 % côté employeur (entreprise de 250 salariés et plus) : 400 €.

Cas 3 — la même prime placée sur un PEE

Le cadre du cas 2 choisit d'affecter ses 2 000 € à son plan d'épargne entreprise dans le délai indiqué par l'employeur :

  • La CSG-CRDS de 9,7 % reste due.
  • La prime devient exonérée d'impôt sur le revenu, y compris au-delà de 3 SMIC.
  • Les sommes sont bloquées cinq ans, sauf cas de déblocage anticipé, et peuvent être abondées par l'employeur.

Cas 4 — deux primes dans la même année

Une entreprise verse 1 200 € en juin puis 1 500 € en décembre 2026. Les deux primes sont autorisées depuis la loi du 29 novembre 2023, et leur cumul (2 700 €) reste sous le plafond annuel de 3 000 € : l'exonération de cotisations s'applique intégralement. Une troisième prime, ou un cumul de 3 500 €, ferait basculer l'excédent en salaire ordinaire.

Cas 5 — plafond majoré à 6 000 €

Entreprise disposant d'un accord d'intéressement : le plafond d'exonération passe à 6 000 € par salarié et par année civile. Le plafond majoré suppose que le dispositif d'intéressement ou de participation soit effectivement en vigueur, pas seulement en projet.

Le régime de la PPV évolue régulièrement : imposition à l'impôt sur le revenu depuis 2024, intégration dans l'assiette de la réduction générale depuis 2025, fin du régime transitoire au 1er janvier 2027. Vérifiez toujours les conditions en vigueur sur le site de l'URSSAF avant de verser ou de recevoir une PPV.

Questions fréquentes

Depuis le 1er janvier 2024, la PPV est imposable à l'impôt sur le revenu. Une exonération transitoire subsiste jusqu'au 31 décembre 2026 pour les salariés d'une entreprise de moins de 50 salariés dont la rémunération des 12 mois précédant le versement est inférieure à 3 SMIC annuels, soit 67 212,72 € pour un temps plein en 2026. Elle reste également exonérée d'impôt si le salarié la place sur un plan d'épargne salariale ou d'épargne retraite.

Oui, à 9,7 %, dans les mêmes conditions que l'impôt sur le revenu : la CSG-CRDS n'est pas due tant que le salarié est employé par une entreprise de moins de 50 salariés et perçoit moins de 3 SMIC, jusqu'au 31 décembre 2026. Placer la prime sur un plan d'épargne n'exonère pas de la CSG-CRDS, seulement de l'impôt sur le revenu.

3 000 € par année civile et par salarié dans le cas général, porté à 6 000 € si l'entreprise applique effectivement un accord d'intéressement (ou, pour une entreprise de moins de 50 salariés, de participation volontaire). Ce sont des plafonds d'exonération : le montant de la prime reste libre, mais la fraction qui dépasse redevient du salaire ordinaire, soumis aux cotisations, à la CSG-CRDS et à l'impôt.

Depuis la loi du 29 novembre 2023, l'employeur peut attribuer deux primes par année civile. Chaque prime peut être fractionnée en quatre versements au maximum, à raison d'un par trimestre. Le cumul de l'année reste plafonné à 3 000 € ou 6 000 € pour bénéficier de l'exonération.

Le forfait social de 20 % n'est dû que dans les entreprises de 250 salariés et plus, et se déclare au CTP 012. En dessous de 250 salariés, l'employeur ne paie aucun forfait social sur la PPV. En revanche, depuis le 1er janvier 2025, la prime entre dans l'assiette de la réduction générale dégressive unique, ce qui diminue l'allègement de cotisations sur les bas salaires.

Oui, mais seulement sur cinq critères : la rémunération, le niveau de classification, l'ancienneté, la durée de présence effective sur l'année et la durée de travail prévue au contrat. Toute modulation fondée sur la performance individuelle ou la qualité du travail requalifie la prime en salaire et fait tomber les exonérations. Les congés de maternité, paternité et adoption sont assimilés à du temps de présence.

Les apprentis et alternants sont des salariés à part entière et entrent dans le champ des bénéficiaires. Les intérimaires en bénéficient dès lors que l'entreprise utilisatrice verse une PPV à ses propres salariés : c'est l'entreprise de travail temporaire qui procède au versement, dans les mêmes conditions.

Le montant se déclare en agrégé au CTP 510, à taux 0 %, avec une assiette qualifiée « autre ». La CSG-CRDS due sur la prime passe au CTP 260 et le forfait social des entreprises de 250 salariés et plus au CTP 012. En nominatif, la prime figure au bloc S21.G00.52 avec le type 904. La fraction dépassant le plafond se déclare comme du salaire, avec les CTP courants.

Le régime transitoire s'arrête. À compter du 1er janvier 2027, la PPV reste exonérée de cotisations sociales dans la limite de 3 000 ou 6 000 €, mais elle est assujettie à la CSG-CRDS et à l'impôt sur le revenu pour tous les salariés, quelle que soit la taille de l'entreprise et le niveau de rémunération. 2026 est donc la dernière année du régime de faveur.
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 15/10/2026.