Chef de manœuvre, signaleur, élingueur : gestes de commandement et communication avec le pontier

Quand le pontier ne voit pas toute la manœuvre, un chef de manœuvre le guide par la voix ou par les gestes conventionnels de la norme FD E 52-401. Cette fiche couvre les rôles de chacun (3 points au théorique) et la communication avec l'élingueur, évaluée à l'épreuve pratique en catégorie 2 (10 points).

Ce que vérifie le test théorique R484

Cette fiche couvre 3 points sur 100, dans le thème « Connaissances générales » (16 points) :

  • Rôles et responsabilités du chef de chantier, du chef de manœuvre, du signaleur, de l'élingueur (3 pts)

Source : R.484A, barème du test théorique, p. 26 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.

Le test théorique du CACES R484 demande de citer les rôles et responsabilités du chef de chantier, du chef de manœuvre, du signaleur et de l'élingueur (3 points) (R.484A, p. 26). Le référentiel ajoute, côté pratique, « communiquer avec l'élingueur et, le cas échéant, le chef de manœuvre au moyen des gestes et signaux conventionnels (norme FD E 52-401) » (annexe 2, p. 24), évalué à 10 points en catégorie 2 (p. 28). Pour les autres rôles (employeur, conducteur, acteurs de la prévention), voir la fiche rôles et responsabilités.

À retenir : aucun texte réglementaire ne fixe les gestes. Ils viennent du fascicule de documentation FD E 52-401 de l'Afnor, reproduit dans le Mémento de l'élingueur de l'INRS (ED 6178, annexe 7). L'obligation, elle, est dans le Code du travail : R4323-41.

Qui fait quoi : pontier, élingueur, chef de manœuvre, signaleur, chef de chantier

Le référentiel range « le rôle et les responsabilités de l'élingueur et du chef de manœuvre » parmi les connaissances générales (R.484A, annexe 2, p. 22), et le barème ajoute le chef de chantier et le signaleur (p. 26). Ce que les sources officielles disent de chacun :

Rôles autour d'une levée au pont roulant, d'après les sources officielles citées.
RôleCe que disent les sourcesSource
Pontier (conducteur)Doit pouvoir suivre, depuis son poste, toutes les manœuvres des éléments mobiles et la trajectoire de la charge ; sinon, un chef de manœuvre l'assiste par la voix ou par des signaux conventionnels. Il veille à toujours voir son compagnon de travail durant les manœuvres à deuxR4323-41 ; ED 6105, § 6.1.1
ÉlingueurMet en œuvre le dispositif de liaison entre la charge et l'appareil ; opération « décisive pour la sécurité de la manutention ». Sa formation aborde ses devoirs et sa responsabilité, le choix et la mise en œuvre des accessoires, les vérifications journalières et les gestes de commandement (FD E 52-401). Il agit sous la responsabilité d'un responsable d'opération d'élingage dans le cadre d'un levage complexeED 6178, introduction et § 6.1
Chef de manœuvreEn communication avec le conducteur, dirige la manœuvre quand celui-ci ne voit pas tout le trajet de la charge ; peut être aidé par un ou plusieurs travailleurs ; avertit les personnes dans la zone d'évolution. Seule personne autorisée à donner des ordres au pontier par signaux ou gestes. Pour un levage à deux ponts, il doit être « particulièrement qualifié » pour coordonner les deux appareilsR4323-41 ; ED 6105, § 6.1.1 et levage à deux ponts
SignaleurTerme employé par l'ED 6178 pour la personne qui exécute les gestes de commandement face au conducteur (par exemple l'aimantation) ; au pont roulant, le rôle de donneur d'ordres est tenu par le chef de manœuvreED 6178, annexe 7 (p. 70)
Responsable d'opération d'élingageOpérateur pouvant prendre en charge une opération d'élingage complexe ; ces opérations ne sont pas dans le périmètre de l'élingage usuel du CACES R484ED 6178, § 6.2 ; R.484A, p. 23 (nota)
Chef de chantierCité au barème sans définition ni liste de tâches dans la R.484A ni dans l'ED 6105. La R.484A renvoie la répartition des responsabilités en cas de coordination de chantier, d'entreprise extérieure ou de travail temporaire à la circulaire DRT 99/7 du 15 juin 1999R.484A, p. 4 et 26

Le Mémento de l'élingueur précise aussi que le conducteur de l'appareil et l'élingueur doivent, tous deux, avoir une parfaite connaissance des signaux, et que l'ED 6105 attend la même connaissance des gestes ou signaux du pontier comme du chef de manœuvre (ED 6178, § 9.2 ; ED 6105, § 6.1.1).

L'article R4323-41 : quand un chef de manœuvre est nécessaire

Le Code du travail demande d'abord que le poste de manœuvre d'un appareil de levage soit disposé de façon que le conducteur puisse suivre des yeux les manœuvres des éléments mobiles. Lorsque le conducteur d'un équipement servant au levage de charges non guidées ne peut observer le trajet entier de la charge, ni directement ni par des dispositifs auxiliaires fournissant les informations utiles, un chef de manœuvre en communication avec lui, aidé éventuellement par un ou plusieurs travailleurs, dirige la manœuvre et avertit les personnes dans la zone d'évolution (art. R4323-41, cité dans l'ED 6105, § 6.1.1).

  • Dispositifs auxiliaires. Les ponts roulants à cabine peuvent être équipés de moyens de communication (téléphone, interphone, émetteur-récepteur…) permettant au pontier d'échanger avec le chef de manœuvre, avec les pontiers voisins ou le service d'entretien (ED 6105, chap. 3).
  • Charge masquée. Quand un obstacle cache la charge au pontier, il se fait guider par un chef de manœuvre (ED 6105, chap. 6, conduite en sécurité).
  • Un seul donneur d'ordres. Une seule personne, le chef de manœuvre, est autorisée à donner des ordres au pontier (ED 6105, § 6.1.1). En pratique, le pontier ne répond pas à des gestes venant de n'importe qui.
  • Deux ponts. Le levage d'une charge avec deux ponts roulants nécessite une préparation détaillée et ne peut être entrepris que sous la surveillance d'un chef de manœuvre particulièrement qualifié (ED 6105). Le référentiel range ce levage parmi les opérations délicates (R.484A, annexe 2, p. 23).

Les gestes de commandement (FD E 52-401)

L'annexe 7 de l'ED 6178 reproduit les « gestes de manœuvre » du FD E 52-401, qui porte sur les appareils de levage à charge suspendue. Les trois gestes de contrôle de la communication reviennent presque toujours au test.

Trois gestes de commandement : prise de commandement, arrêt du mouvement, fin de prise de commandement Schéma simplifié de trois silhouettes. À gauche, un bras levé, paume vers le conducteur. Au centre, les deux bras croisés au-dessus de la tête. À droite, les deux bras écartés à l'horizontale. Prise de commandement Arrêt du mouvement Fin de prise de commandement
Schéma simplifié d'après les pictogrammes de l'annexe 7 de l'ED 6178 (FD E 52-401). Le premier signifie aussi « attention ».
Gestes de manœuvre utiles au pont roulant, d'après les pictogrammes de l'ED 6178, annexe 7 (p. 69).
SignificationGeste du chef de manœuvre
Prise de commandement ou attentionUn bras levé, paume ouverte tournée vers le conducteur
Arrêt du mouvementLes deux bras croisés au-dessus de la tête
Fin de prise de commandementLes deux bras écartés à l'horizontale
MontéeBras levé, main qui décrit des cercles
DescenteBras vers le bas, main qui décrit des cercles
Montée lente, descente lenteVariantes dédiées dans l'annexe, distinctes des gestes de montée et de descente (voir les pictogrammes)
Déplacement horizontalAvant-bras levé, main ouverte qui s'incline du côté vers lequel la charge doit aller
Déplacement horizontal lentAvant-bras à l'horizontale devant le corps, mains qui se déplacent de petits mouvements dans le sens du déplacement
AimantationFace au conducteur, le signaleur pose le plat d'une main sur le dos de l'autre, depuis la position bras demi-tendu vertical paume face au conducteur, et effectue un mouvement rotatif jusqu'à ce que l'aimantation soit effective
DésaimantationDepuis cette position finale, il ramène la main du dessus à la position bras demi-tendu vertical paume face au conducteur et la maintient jusqu'à la désaimantation effective

L'annexe 7 comporte aussi les gestes propres aux grues à flèche (monter, baisser, sortir ou rentrer la flèche) : ils ne concernent pas le pont roulant.

Piège classique : confondre « arrêt du mouvement » (bras croisés au-dessus de la tête) avec la « fin de prise de commandement » (bras écartés à l'horizontale). L'un stoppe la manœuvre en cours, l'autre rend la main au pontier. Pour les mouvements du pont : la direction déplace le chariot, la translation déplace le pont sur ses chemins de roulement (ED 6105, § 3.4).

À l'épreuve pratique : la communication vaut 10 points sur 100

En catégorie 2 (pont roulant ou portique à commande en cabine), la grille du savoir-faire pratique inclut « communication avec l'élingueur ou le chef de manœuvre » : 10 points sur les 50 du thème « conduite et manœuvres », avec la précision des manœuvres, la maîtrise du ballant, le respect du temps de référence et le rattrapage d'un ballant accidentel (R.484A, p. 28). La réussite exige une moyenne d'au moins 70/100, une note au moins égale à la moyenne dans chaque thème, et une note supérieure à zéro à chaque point d'évaluation : une communication totalement absente ou erronée peut donc faire échouer toute l'épreuve (p. 28). La grille de catégorie 1 (commande au sol) ne comporte pas ce point (p. 27).

Ce que le référentiel attend du pontier

  • Se positionner pour avoir la meilleure vision de la manœuvre et de son environnement, hors de la zone de risque (R.484A, annexe 2, p. 24).
  • Communiquer avec l'élingueur et, le cas échéant, le chef de manœuvre par les gestes et signaux conventionnels (p. 24).
  • Utiliser correctement les aides à la conduite (p. 24).

Ce que l'INRS attend de l'élingueur

  • Se placer de manière à être en permanence dans le champ de vision du conducteur (ED 6178, § 9.2).
  • Informer le conducteur des mouvements à effectuer, par un système phonique adapté ou par les gestes de commandement (ED 6178, § 9.2).
  • Vérifier qu'il ne reste ni objet ni outil sur la charge et que les mains ne sont pas en zone d'écrasement avant le levage (§ 9.1).

Déroulé d'une levée avec élingueur

  1. Prise de commandement. Le donneur d'ordres se place dans le champ de vision du pontier (ED 6178, § 9.2) ; le geste « prise de commandement ou attention » ouvre l'échange.
  2. Mise en tension, puis levée. L'ED 6105 décrit la règle des trois temps : raidir les élingues sans soulever la charge en laissant l'élingueur s'écarter suffisamment, soulever légèrement pour vérifier l'amarrage, puis lever (ED 6105, chap. 6).
  3. Déplacement. Une seule personne, le chef de manœuvre, donne les ordres au pontier (ED 6105, § 6.1.1). La charge est déplacée à allure modérée, près du sol, sans passer au-dessus du personnel (ED 6178, § 9.2).
  4. Arrêt et dépose. La dépose ne se fait qu'après arrêt du déplacement horizontal et absence de balancement (ED 6178, § 9.2).
  5. Fin de prise de commandement. Une fois la charge posée et calée au besoin, les élingues se dégagent à la main, sans les tirer avec l'appareil (ED 6178, § 9.2) ; le geste « fin de prise de commandement » clôt l'échange.

Questions fréquentes

Quand faut-il un chef de manœuvre avec un pont roulant ?

Quand le conducteur ne peut pas observer le trajet entier de la charge, ni directement ni par des dispositifs auxiliaires fournissant les informations utiles : un chef de manœuvre en communication avec lui dirige alors la manœuvre (article R4323-41 du Code du travail, repris dans l'ED 6105 de l'INRS).

Qui peut donner des ordres au pontier ?

L'ED 6105 de l'INRS indique qu'une seule personne, le chef de manœuvre, est autorisée à donner des ordres au pontier par des signaux ou des gestes de commandement. Le pontier veille à toujours voir son compagnon de travail durant les manœuvres à deux.

Les gestes de commandement sont-ils fixés par la loi ?

Non. Ils sont décrits dans le fascicule de documentation FD E 52-401 de l'Afnor, qui n'est pas un texte réglementaire, et reproduits dans l'annexe 7 de l'ED 6178 de l'INRS. La R.484A demande de communiquer au moyen des gestes et signaux conventionnels de cette norme.

Quel geste pour arrêter un mouvement de pont roulant ?

Selon le pictogramme « arrêt du mouvement » de l'annexe 7 de l'ED 6178 (FD E 52-401), les deux bras sont croisés au-dessus de la tête. Un bras levé, paume ouverte vers le conducteur, signifie prise de commandement ou attention ; les bras écartés à l'horizontale signifient fin de prise de commandement.

La communication avec l'élingueur est-elle notée à l'épreuve pratique ?

Oui, en catégorie 2 (pont roulant ou portique à commande en cabine) : « communication avec l'élingueur ou le chef de manœuvre » est un point d'évaluation de 10 points sur 100 de la grille pratique (R.484A, p. 28). La réussite exige en outre une note supérieure à zéro à chaque point d'évaluation.

S'entraîner sur ce thème

Approfondir dans la formation en ligne : module 4, chapitre 3.

Sources : recommandation R.484A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (§ 2 et 3 p. 4, annexe 2 p. 22 à 24, barème du test théorique p. 26, grilles pratiques p. 27 et 28 ; son renvoi à l'arrêté du 2 décembre 1998, abrogé, n'est pas repris) ; Code du travail, article R4323-41 (texte cité dans l'ED 6105, § 6.1.1) ; INRS ED 6105, Ponts roulants, 2e édition, 2018 (§ 3.4, 6.1.1 et chapitres 3 et 6) ; INRS ED 6178, Mémento de l'élingueur, 3e édition, 2023 (introduction, § 6.1, 6.2, 9.1, 9.2 et annexe 7, gestes de manœuvre FD E 52-401) ; Afnor, fascicule de documentation FD E 52-401, Gestes de commandement et vocabulaire de service recommandés, appareils de levage à charge suspendue (cité par l'ED 6178, non reproduit ici). Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R484.