Heurts, écrasement, chutes et visibilité : se placer avec la commande au sol
Écrasement par la charge ou par le pont, chute de plain-pied ou de hauteur, manque de visibilité : 9 des 30 points du thème « Exploitation ». En catégorie 1, où le pontier suit la charge à pied, « se positionner hors de la zone dangereuse » est noté sur 8 points à l'épreuve pratique.
Ce que vérifie le test théorique R484
Cette fiche couvre 9 points sur 100, dans le thème « Exploitation des ponts roulants et des portiques » (30 points) :
- Heurts/écrasement de personnes – dont l'opérateur – avec/par la charge (3 pts)
- Heurts/écrasement de personnes – dont l'opérateur – avec/par le pont roulant ou le portique (2 pts)
- Risque de chute, de plain-pied ou de hauteur (2 pts)
- Manque de visibilité (2 pts)
Source : R.484A, barème du test théorique, p. 26 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Ce que le test demande sur ce risque
L'INRS le dit sans détour : l'écrasement entre la charge et un obstacle, ou le heurt de la victime, est une cause très fréquente d'accident avec les ponts roulants. Il concerne le conducteur, l'élingueur, la personne qui guide la charge ou une personne non impliquée dans l'opération de levage (ED 6105, § 1.1.2, p. 6). La R.484A en tire plusieurs entrées dans le référentiel de connaissances : les heurts et écrasements de personnes, « dont l'opérateur », par la charge et par les parties mobiles du pont ou du portique ; le risque de chute de hauteur du pontier ; le manque de visibilité (défaut d'éclairage, zone de prise ou de dépose masquée) ; auxquelles s'ajoutent les risques propres aux commandes au sol, avec ou sans fil (annexe 2, A2|1 F, p. 23).
| Point d'évaluation | Barème |
|---|---|
| Heurts / écrasement de personnes, dont l'opérateur, avec ou par la charge | 3 points (théorie) |
| Heurts / écrasement de personnes, dont l'opérateur, avec ou par le pont roulant ou le portique | 2 points (théorie) |
| Risque de chute, de plain-pied ou de hauteur | 2 points (théorie) |
| Manque de visibilité | 2 points (théorie) |
| Positionnement hors de la zone dangereuse (conduite et manœuvres) | 8 points (pratique, catégorie 1) |
Heurt et écrasement par la charge
Le risque est double : la charge se balance ou dérive, et elle peut coincer quelqu'un contre un obstacle. Les règles qui le traitent :
- Pas de piéton dans la zone d'évolution : des mesures d'organisation évitent que des travailleurs à pied se trouvent dans la zone d'évolution ; quand leur présence est requise, des mesures évitent qu'ils soient blessés (R4323-52 ; ED 6105, p. 28).
- Ne pas passer au-dessus du personnel : transporter des charges au-dessus des personnes est interdit, sauf si cela est requis pour le bon déroulement des travaux, avec un mode opératoire défini et appliqué (R4323-36). Le pontier veille à ne jamais survoler du personnel, notamment au-dessus des allées (ED 6105, p. 36).
- Voie de circulation croisée : des mesures spéciales sont prises pour prévenir le danger résultant d'une chute éventuelle de la charge (R4323-37).
- Zones étroites : on ne manœuvre pas ni ne manutentionne une charge dans une zone limitée par des parois ou des obstacles si du personnel se tient entre la charge et ces parois, notamment dans les casiers, wagons, silos (ED 6105, p. 51).
- Avertir avant de bouger : chaque manœuvre est précédée d'un avertissement sonore ; si le personnel ne s'écarte pas suffisamment au signal, la manœuvre est arrêtée immédiatement (ED 6105, p. 51-52).
- Ne pas exercer d'effort sur la charge : le personnel au sol ne doit jamais exercer directement un effort sur les charges ou les élingues ; il peut utiliser un cordage, un crochet ou une gaffe pour la guider (ED 6105, p. 59).
- Heurts avec butoirs ou autres ponts : l'accostage des ponts voisins et des butoirs se fait à vitesse réduite pour éviter tout choc préjudiciable au personnel et au matériel (ED 6105, p. 52 et 55).
Heurt et écrasement par le pont ou le portique
Ici le danger vient de l'appareil lui-même : translation du pont, direction du chariot, pièces en mouvement, chemin de roulement. L'INRS précise que le risque de heurt de piétons est particulièrement présent sur les portiques et semi-portiques quand leurs zones d'évolution sont accessibles (ED 6105, p. 28).
| Protection | Ce que dit le texte |
|---|---|
| Butoirs | Chariot, pont et extrémités des voies sont équipés de butoirs atténuant efficacement les chocs (ED 6105, p. 27) ; les extrémités des voies de roulement ont des dispositifs atténuant les chocs en fin de course (R4323-40). |
| Arrêt en cas de heurt (portiques) | Les portiques et semi-portiques dont tout ou partie du chemin de roulement est au niveau du sol, donc accessible, sont munis de dispositifs provoquant l'arrêt immédiat de la translation en cas de heurt avec une personne ou un obstacle. À défaut, une mesure palliative consiste à rendre ces zones inaccessibles (ED 6105, p. 27). |
| Chasse-corps | Chasse-corps ou dispositif au moins équivalent aux extrémités des supports de galets (ED 6105, p. 28-29). |
| Protecteurs et carters | Pièces mobiles munies de protecteurs partout où leur mouvement pourrait constituer un danger ; galets de roulement munis de garde-roues ; mécanismes en porte-à-faux munis d'un carter capable de les retenir (ED 6105, p. 29). |
| Espace libre | Un espace libre suffisant est prévu entre éléments mobiles et environnement (R4323-8). L'INRS cite la recommandation R 423 : une distance d'au moins 50 centimètres est recommandée (ED 6105, p. 30). |
| Anticollision | Dispositif qui ralentit puis arrête la translation d'un pont circulant sur la même voie, ou sur des voies parallèles à des niveaux différents (ED 6105, p. 27). |
Côté pontier, la R.484A demande de vérifier à la prise de poste la mise en place des protections dans les zones de danger (exemple cité : zone de translation du portique), le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité dont l'anticollision, et, pour un portique, l'absence d'encombrement de la voie de roulement (A2|2 A, p. 24). Les portiques sont toutefois exclus de l'épreuve pratique (p. 21) : l'épreuve se passe sur un pont roulant.
Chute de plain-pied et chute de hauteur
De hauteur : accès et cabine
La R.484A cite le « risque de chute de hauteur du pontier » (p. 23). Pour un pont en cabine, ce risque se joue à l'accès, à l'évacuation et au nettoyage des vitres. Pour un pont commandé du sol, les textes lus insistent surtout sur l'accès aux chemins de roulement, réservé au personnel formé et autorisé.
- Accès à la cabine : il est interdit d'emprunter les chemins de roulement comme passage normal ; aucun espace libre au-dessus du vide ne doit exister sur le trajet du pontier ; passerelles à garde-corps et escaliers à rampes sont préférables aux échelles fixes à crinoline (ED 6105, § 6.4.1, p. 46).
- Portillons : ne pas les franchir avant l'arrêt complet du pont au droit de la plate-forme d'accès, ni tenter d'accéder au pont quand il n'est pas à son point normal d'accès (p. 46).
- Passerelles : à l'extérieur, enlever la boue, la neige et la glace des passerelles et marchepieds pour éviter les chutes (p. 47).
- Évacuation de secours : les évacuations par échelle de corde sont proscrites sans dispositif complémentaire contre la chute de hauteur, par exemple un antichute à câble (p. 46).
- Accès aux chemins de roulement : il présente des risques graves ; il est réservé au personnel formé et autorisé, et la meilleure mesure de prévention est de l'interdire en service normal par un obstacle fixe dont l'ouverture provoque l'arrêt immédiat des mouvements (ED 6105, p. 30 et 35).
- Accostage des butoirs : à vitesse réduite, pour éviter notamment un danger de chute dans la cabine ou en bas du pont (p. 52).
De plain-pied : le sol, le boîtier, la charge
La R.484A et l'ED 6105 ne détaillent pas un chapitre « chute de plain-pied » ; les éléments qui s'y rattachent sont ceux qui touchent le pontier à pied, derrière son boîtier :
- Vitesse compatible avec la marche : les commandes au sol sont admissibles pour des vitesses de direction et de translation compatibles avec le déplacement d'un homme au pas et avec l'encombrement au sol (ED 6105, § 3.5.2, p. 23). Pour les ponts dont le conducteur suit à pied le boîtier ou la charge, la recommandation R 423, citée par l'INRS, limite la vitesse à 1 m/s pour un appareil à une seule vitesse, et à 0,75 m/s pour la plus petite vitesse d'un appareil à plusieurs vitesses (p. 24).
- Chemin dégagé : en début de poste, vérifier dans la mesure du possible qu'il n'y a pas d'obstacle sur le chemin de roulement (ED 6105, p. 54) ; la R.484A demande de vérifier l'absence d'encombrement de la voie de roulement des portiques (p. 24).
- Ne pas précéder la charge : en règle générale, le pontier suit la charge et non la précède (ED 6105, p. 54).
Manque de visibilité
« La visibilité constitue un élément essentiel de la sécurité dans l'utilisation d'un appareil de levage » (ED 6105, § 6.4.4, p. 46). Le référentiel cite deux formes de manque de visibilité : le défaut d'éclairage et la zone de prise ou de dépose de charge masquée (R.484A, p. 23).
- Principe réglementaire : le poste de manœuvre est disposé de façon que le conducteur puisse suivre des yeux les manœuvres des éléments mobiles. Quand il ne peut observer le trajet entier de la charge ni directement ni par des dispositifs auxiliaires, un chef de manœuvre en communication avec lui le dirige, aidé si besoin de travailleurs placés pour suivre les éléments mobiles ; des mesures d'organisation évitent les collisions (R4323-41). L'INRS traduit : le pontier doit pouvoir suivre toutes les manœuvres des éléments mobiles et la trajectoire de la charge, sinon un chef de manœuvre l'assiste (ED 6105, p. 40).
- Obstacle qui cache la charge : faites-vous guider par un chef de manœuvre (ED 6105, § 6.6.2, p. 54).
- Prise de poste : vérifier le système d'éclairage et les dispositifs de signalisation (ED 6105, p. 37). Pour une cabine, nettoyer régulièrement le pare-brise, les glaces et les rétroviseurs, vérifier les essuie-glaces (ponts à l'extérieur) et enlever ce qui gêne la visibilité (p. 46-47).
- Examen d'adéquation par l'employeur : la grille annexe de l'ED 6105 demande que la visibilité soit satisfaisante durant toute l'opération de levage sur la charge et la zone de travail, avec des mesures compensatoires quand cette vision n'est pas toujours possible (annexe 1, p. 69). Ce document relève de l'employeur et ne se confond pas avec la vérification d'adéquation faite par le pontier avant la levée (R.484A, nota p. 24).
- Aides à la conduite : le référentiel pratique demande de les utiliser correctement (A2|2 B, p. 24). Elles complètent la vue du pontier ; elles ne dispensent pas du guidage prévu par le Code du travail.
Commande au sol : boîtier à câble ou télécommande sans fil
En catégorie 1, le mode de conduite imposé est la commande au sol, avec un boîtier qui peut être un pendant à câble ou une télécommande sans fil (R.484A, p. 21). La catégorie 2 impose la cabine, avec la commande au sol en option. Les deux boîtiers n'ont pas les mêmes risques.
| Point | Boîtier pendant à câble | Télécommande sans fil |
|---|---|---|
| Principe | Boîte à boutons suspendue au pont : fixée à la poutre, mobile le long de la poutre ou fixée au palan ou au chariot (p. 24). | Ordres transmis par voie hertzienne ou par infrarouge (p. 24). |
| Position du pontier | Suit à pied le boîtier ou la charge : vitesses limitées (p. 24). | Permet de se placer au mieux pour voir la charge, l'élingage et l'environnement ; si possible sans risque, d'assurer à la fois les fonctions de pontier et de chef de manœuvre (p. 57). |
| Repérage des mouvements | Sens des mouvements repérés sans ambiguïté sur l'organe de service et sur le pont, par la couleur et la forme (p. 24). | Idem ; un code de couleurs identifie le sens des mouvements (p. 56). |
| Identification du pont | Sans objet : le boîtier est suspendu au pont qu'il commande (p. 24). | Chaque poste désigne clairement le pont commandé et ne met en mouvement que ce pont ; un seul poste actif à la fois (p. 24). |
| Avertissement | Avertisseur sonore avant chaque manœuvre (consigne générale de conduite, p. 51). | Marquage à l'accès, et signal sonore ou visuel avant tout mouvement, ou avertissement visuel continu (p. 24). |
| Arrêt et usage réservé | Boîtier ramené à une extrémité du pont ou à son emplacement prévu en fin de poste, si possible (p. 56). | Dispositif d'arrêt ; usage réservé aux pontiers habilités (clé, badge, code) ; usage hors du périmètre d'évolution du pont à interdire, sauf consigne particulière (p. 56-57). |
Les risques propres à la commande au sol cités par la R.484A sont les « déplacements, manipulations » (p. 23) : le pontier marche, tient son boîtier, regarde la charge et son environnement. D'où la place du positionnement dans la grille pratique.
Au test pratique : positionnement hors de la zone dangereuse
Au test pratique, catégorie 1. Dans la rubrique « conduite et manœuvres » (40 points), « positionnement hors de la zone dangereuse » est noté sur 8 points, comme la précision des manœuvres et le rattrapage d'un ballant accidentel. La réussite exige une note supérieure à zéro à chaque point d'évaluation (R.484A, p. 27) : un positionnement mal tenu qui ferait tomber ce point à zéro ferait donc échouer l'épreuve, quelle que soit la moyenne.
Le référentiel de savoir-faire demande de « se positionner pour avoir la meilleure vision de la manœuvre et de son environnement, tout en étant hors de la zone de risque » (A2|2 B, p. 24). Deux exigences à tenir ensemble : voir, et être à l'abri.
En pratique, cela se traduit par une suite de contrôles que le référentiel ne chiffre pas :
- Avant de lever : se placer à un endroit d'où l'on voit la charge, l'élingage et le trajet ; laisser l'élingueur s'écarter avant le mouvement (ED 6105, p. 54).
- Pendant le déplacement : suivre la charge et non la précéder (p. 54) ; ne jamais passer sous elle (interdiction à connaître, p. 35) ni se tenir entre la charge et un obstacle (p. 51).
- Garder un dégagement : repérer à l'avance où l'on se retire si la charge ou le pont se déplace de façon imprévue. Ce « chemin de repli » est une notion pédagogique du site, qui découle de l'exigence « hors de la zone de risque ».
- Si la vue est coupée : s'arrêter et se faire guider par un chef de manœuvre (R4323-41 ; ED 6105, p. 54).
- À la dépose : préparer la zone de dépose, autre point de la grille noté sur 4 points (R.484A, p. 27).
Les gestes avec le chef de manœuvre ou l'élingueur sont détaillés dans la fiche gestes de commandement et communication.
Les interdictions liées à la charge elle-même sont dans la fiche chute de la charge et opérations interdites.
Les pièges du test
- « Je me place sous le pont pour mieux voir. » Se placer pour voir la charge ne veut pas dire entrer dans la zone dangereuse : le référentiel exige les deux (voir et être hors zone).
- « Je précède la charge pour dégager le passage. » L'INRS demande de suivre la charge et non de la précéder.
- « Le survol de personnes est interdit sans exception. » Le Code du travail prévoit une exception limitée (bon déroulement des travaux, mode opératoire défini et appliqué : R4323-36). Réponse de test attendue : c'est interdit, sauf cette exception encadrée.
- « La télécommande sans fil fonctionne partout. » L'INRS demande d'interdire son usage hors du périmètre d'évolution du pont, sauf consigne particulière.
- Confondre direction et translation : la direction déplace le chariot, la translation déplace le pont (ED 6105, § 3.4). Une confusion fausse l'analyse de la zone dangereuse.
- Confondre examen d'adéquation et vérification d'adéquation : le premier relève de l'employeur, la seconde est faite par le pontier avant la levée (R.484A, nota p. 24).
Questions fréquentes
Où le pontier doit-il se placer avec une commande au sol ?
Pour voir la manœuvre et son environnement, hors de la zone de risque (R.484A, p. 24). En catégorie 1, ce positionnement est noté sur 8 points à la pratique (p. 27). Le pontier suit la charge et ne la précède pas (ED 6105, p. 54).
Que faire quand la charge est cachée par un obstacle ?
Se faire guider par un chef de manœuvre en communication avec le conducteur (R4323-41 ; ED 6105, p. 54).
Peut-on passer une charge au-dessus de personnes ?
Interdit, sauf si le bon déroulement des travaux l'exige et avec un mode opératoire défini et appliqué (R4323-36). Le pontier veille à ne jamais survoler du personnel (ED 6105, p. 36).
Quels risques propres à la télécommande sans fil ?
L'INRS demande un poste désignant clairement le pont commandé, un seul poste actif, un signal avant mouvement ou un avertissement continu, et un repérage clair des sens (ED 6105, p. 24 et 57).
Comment se protéger d'un heurt par le pont ou le portique ?
Butoirs, chasse-corps, arrêt de translation en cas de heurt, anticollision, protecteurs et espace libre, plus des mesures d'organisation évitant la présence de piétons dans la zone d'évolution (R4323-52 ; ED 6105, p. 27 à 31).
Sources : recommandation R.484A de l'Assurance Maladie (annexe 2, A2|1 F, p. 23 ; A2|2 A et B, p. 24 ; catégories, p. 21 ; barème du test théorique, p. 26 ; grille pratique catégorie 1, p. 27) ; Code du travail, art. R4323-8, R4323-36, R4323-37, R4323-40, R4323-41 et R4323-52 ; INRS, Ponts roulants, ED 6105, 2e édition, 2018 (pagination imprimée : § 1.1, p. 6 ; § 3.5 à 3.7, p. 23 à 31 ; § 4.2, p. 35-36 ; § 5, p. 37 ; § 6.1, p. 40 ; § 6.4, p. 46-47 ; § 6.5 à 6.7, p. 51 à 57 ; § 6.8, p. 59 ; annexe 1, p. 69). La recommandation CNAM R 423 (vitesses, espace libre de 50 cm) est citée telle que la rapporte l'ED 6105. Racines officielles : inrs.fr, legifrance.gouv.fr, ameli.fr. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R484.