Technologie d'un gerbeur à conducteur accompagnant : batteries, levage, dispositifs de sécurité

Une batterie, une translation et un levage motorisés, un timon qui porte les commandes et les sécurités, des paramètres réglables : le thème « Technologie » du CACES R485 pèse 15 points sur ces sept sujets, avant les 10 points de physique et de stabilité.

Ce que vérifie le test théorique R485

Cette fiche couvre 15 points sur 100, dans le thème « Technologie et stabilité des gerbeurs à conducteur accompagnant » (25 points) :

  • Types de batteries, leurs particularités et procédures adaptées pour leur mise en charge (2 pts)
  • Composants et mécanismes de translation, technologie et principe de fonctionnement (1 pt)
  • Composants et mécanismes de levage, technologie et principe de fonctionnement (2 pts)
  • Dispositifs de sécurité et leur fonction (4 pts)
  • Organes de service et leur rôle (1 pt)
  • Possibilités d'ajustement des paramètres de fonctionnement (vitesse, accélération, freinage) en fonction des conditions d'utilisation (3 pts)
  • Fonctionnement et utilité de l'option de mise à hauteur automatique des bras de fourche (2 pts)

Source : R.485A, barème du test théorique, p. 26 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.

Le barème du test théorique (R.485A, p. 26) répartit les 15 points de cette fiche ainsi : types de batteries et procédures de mise en charge (2), composants de translation (1), composants de levage (2), dispositifs de sécurité (4), organes de service (1), paramètres de fonctionnement ajustables (3), mise à hauteur automatique des bras de fourche (2). Masse, centre de gravité, équilibre et instabilité (10 points) relèvent de la stabilité, traitée dans la fiche stabilité, renversement et basculement.

Le gerbeur accompagnant en un coup d'œil

Selon l'INRS, les gerbeurs sont des appareils dérivés des transpalettes, équipés d'un ensemble élévateur pour lever la charge ; l'énergie est fournie par une batterie électrique (ED 812, § 1.1.2). Le gerbeur représentatif des épreuves pratiques de la R485 a la translation et le levage motorisés, manipule sur bras de fourche et peut charger et décharger un véhicule à quai (R.485A, annexe 1, p. 19). Le référentiel demande de connaître la terminologie : hauteur, levée libre, portée, capacité (annexe 2, p. 20).

Schéma de principe, vue de côté d'un gerbeur à conducteur accompagnant : timon, capot de batterie sur le châssis, mât avec tablier, bras de fourche, roues capot de batterie timon (sécurités en bout de timon) mât tablier bras de fourche palette roue de translation roues porteuses
Schéma de principe, simplifié et non à l'échelle : les éléments nommés sont ceux que la R.485A fait vérifier à la prise de poste (châssis, roues, mât, capot de batterie) ; leur agencement exact varie selon le modèle et se lit dans la notice du constructeur.

À titre d'ordres de grandeur, l'INRS donne pour les gerbeurs de ce type (ED 812, 2e édition de 2001, § 1.1.2) : translation à 6 km/h au maximum, élévation de 0,25 m/s à vide à 0,10 m/s en charge, capacité de 1 000 à 1 600 kg pour un centre de gravité à 600 mm, hauteur de levée pouvant atteindre 5 m. La capacité diminue rapidement avec la hauteur de levée. Ces valeurs ne remplacent jamais la plaque et l'abaque du gerbeur utilisé.

Les batteries et leur mise en charge (2 points)

Le référentiel demande de connaître l'alimentation électrique des gerbeurs, les différents types de batteries, et l'intérêt des batteries gel ou lithium pour la sécurité (R.485A, annexe 2, p. 20). Les brochures INRS disponibles décrivent les batteries de traction au plomb :

Types de batteries au plomb d'après INRS ED 6120, § 2 ; la R.485A cite en outre les batteries lithium (annexe 2, p. 20).
TypeParticularitéConséquence pour l'utilisateur
Plomb ouvert, électrolyte liquide (classique)La charge se termine par une surcharge qui brasse l'électrolyte : fort dégagement gazeux, charge plus longue, chaleur accrueNiveau d'électrolyte à refaire à l'eau distillée ou déminéralisée
Plomb ouvert à injection d'airUn système de brassage par air homogénéise l'électrolyte en fin de chargeIntensité de surcharge faible, remise en eau seulement deux fois par an (ED 6120)
Plomb étanche, électrolyte gelÉlectrolyte figé par du gel de silice ; hydrogène et oxygène se recombinentDégagement gazeux faible, moins d'entretien
Plomb étanche, AGMÉlectrolyte retenu dans des tissus de fibre de verre ; batterie complètement étancheProduction de gaz largement réduite

Pour les batteries étanches, le taux de recombinaison des gaz varie de 95 à 99 % (ED 6120, § 2.2). C'est ce qui explique l'intérêt « pour la sécurité » des batteries gel que cite le référentiel. Pour le lithium, la brochure ED 6120 ne traite que du plomb : les consignes de charge se lisent dans la notice du constructeur.

Le risque et le protocole de charge

Pendant la charge d'une batterie au plomb, de l'hydrogène est généré ; mélangé à l'air, il peut former un mélange explosif dès que sa concentration atteint 4 % en volume. Le dégagement est maximal dans les deux heures qui précèdent la fin du cycle de charge (ED 6120, conclusion et § 4.1). Le protocole recommandé pour la mise en charge (ED 6120, § 4.3 ; ED 766, § 2.8) :

  1. Vérifier que le chargeur est adapté à la batterie, puis les prises et les câbles.
  2. Retirer bagues, montre, bracelets et tout vêtement à parties métalliques ; ne rien poser sur la batterie ; utiliser des outils isolés.
  3. Ouvrir le couvercle du coffre pour évacuer l'hydrogène pendant la charge, sans retirer les bouchons.
  4. Ne pas décharger la batterie au-delà de 80 % de sa capacité ; la recharger en une seule fois.
  5. Après la charge : compléter le niveau à l'eau distillée ou déminéralisée sans faire déborder, jamais d'acide ; refermer les bouchons ; se laver les mains (l'acide sulfurique est corrosif).

Ne pas fumer, ne pas approcher de flamme à proximité d'une batterie en charge, et charger dans un local bien aéré (ED 766, § 2.8). Seul le personnel formé entre dans le local de charge, avec écran facial, chaussures de sécurité, gants, tablier et vêtements anti-acide (ED 6120, § 4.3). Le référentiel range ces opérations parmi les risques à connaître : brûlures par l'acide, connexion et déconnexion, manipulation, mise en charge, incendie ou explosion de la batterie ou du chargeur (R.485A, annexe 2, p. 21).

Translation et levage : composants et anomalies (3 points)

Le référentiel demande d'identifier le rôle et le principe de fonctionnement des composants et mécanismes, « notamment de translation et d'élévation » (R.485A, annexe 2, p. 20), sans en détailler la liste. Ce que les textes permettent d'affirmer, à retenir sous la forme de ce que le conducteur contrôle et signale :

Translation et direction

  • Roues, bandages et, le cas échéant, roues stabilisatrices : bon état, capotages de protection présents (ED 766, § 4.2).
  • Rappel automatique du timon en position verticale (ED 766, § 4.2).
  • Organes de freinage et de direction : anomalies à repérer (R.485A, annexe 2, p. 22).
  • Démarrage progressif (ED 766, § 4.2).

Levage

  • Chaînes et mécanismes de levage : anomalies à repérer (R.485A, annexe 2, p. 22).
  • Circuit hydraulique, absence de fuite sur les vérins d'élévation et de tache d'huile sous le gerbeur (R.485A p. 22 ; ED 766, § 4.2).
  • Mât, charpente et jupe : vérification visuelle (R.485A, annexe 2, p. 22).
  • Fonctionnement correct de l'élévation, vérifié à la prise de poste (R.485A, p. 22 ; ED 766, § 4.2).

Toute anomalie se signale à son responsable ; un conducteur ne répare pas et ne règle pas lui-même, sauf s'il est chargé de l'entretien, auquel cas il suit la notice du constructeur (ED 766, § 4.1). Les équipements de préhension disponibles (fourches, double fourche, mât rétractable ou articulé) sont aussi au référentiel : un équipement particulier impose en plus une formation adaptée (R.485A, annexe 1, p. 18).

Dispositifs de sécurité et organes de service (5 points)

Le référentiel demande d'identifier le rôle et le principe de fonctionnement des organes et dispositifs de sécurité, et les risques liés à leur neutralisation (R.485A, annexe 2, p. 20). À la prise de poste, le conducteur en contrôle le bon fonctionnement (p. 22) :

Dispositifs cités par la R.485A (annexe 2, p. 22) et rappel de l'INRS pour les chariots à conducteur à pied (ED 766, § 2.2.1).
DispositifCe que disent les textes
Sécurités de timon haute et basse, inversion de sens de marcheLe freinage doit agir quand le timon est en position haute comme en position basse ; l'efficacité du frein dans les deux positions se contrôle chaque jour (ED 766, § 2.2.1 et 4.2)
Arrêt d'urgence ou inverseur de marche en bout de timonL'INRS recommande un arrêt d'urgence ou, « mieux », un inverseur de marche placé en bout de timon ; son bon fonctionnement se vérifie à la prise de poste (ED 766, § 2.2.1 et 4.2)
Dispositif de condamnationUne clé de contact ou tout autre dispositif interdit l'utilisation du gerbeur par une personne non autorisée (ED 766, § 2.2.1) ; ne jamais laisser la clé sur un chariot sans surveillance est une règle de l'INRS (§ 3.9)
FreinageVérifié à la prise de poste (R.485A, p. 22)
Éclairage, avertisseur sonore, signalisation sonore ou lumineuseVérifiés à la prise de poste (R.485A, p. 22) ; le bon fonctionnement de l'avertisseur figure aussi aux vérifications journalières de l'INRS (§ 4.2)
Protecteurs, chasse-piedLes protecteurs sont à vérifier (R.485A, p. 22) ; l'INRS demande un dispositif chasse-pied ou chasse-objet
Dosseret de chargeSi la hauteur d'élévation d'un chariot à conducteur accompagnant dépasse 1,80 m, le dispositif d'élévation doit pouvoir être équipé d'un dosseret de charge (ED 766, § 2.2.1)

Les organes de service sont les commandes du gerbeur ; savoir identifier leur rôle vaut 1 point au barème (R.485A, p. 26). Leur bon fonctionnement fait partie de la prise de poste : translation, direction et élévation se vérifient avant de conduire (R.485A, annexe 2, p. 22).

Piège du test : neutraliser un dispositif de sécurité (le bloquer, le contourner) pour « aller plus vite » est toujours une mauvaise réponse. Le référentiel fait expressément porter la connaissance sur les risques liés à la neutralisation de ces dispositifs (R.485A, annexe 2, p. 20), et un chariot ne doit être utilisé que si l'on a remédié à toutes les anomalies concernant la sécurité (ED 766, § 4.1).

Paramètres de fonctionnement ajustables (3 points)

Le référentiel distingue deux rôles (R.485A, annexe 2) :

  • Le technicien spécialisé ajuste les paramètres de fonctionnement en fonction des conditions d'utilisation : vitesse maximale, rampes d'accélération et de freinage (p. 20).
  • Le conducteur vérifie à la prise de poste l'adéquation de ces paramètres aux conditions d'utilisation (p. 21 et 22). Cette vérification fait partie des épreuves pratiques et compte dans le barème de l'épreuve pratique (p. 22 ; annexe A3/2, p. 28).

Le conducteur n'ajuste donc pas lui-même ces paramètres : s'ils ne conviennent pas à la situation (sol, pente, charge, allées étroites), il le signale à son responsable. Les valeurs réglées et leur plage dépendent du modèle : se reporter à la notice d'instructions du constructeur, que le conducteur doit savoir consulter (R.485A, annexe 2, p. 22). Le référentiel demande aussi d'adapter sa vitesse à la charge, à la nature du sol et au trajet (p. 24) et d'identifier les risques liés à une vitesse excessive en courbe (p. 21).

Mise à hauteur automatique des bras de fourche (2 points)

Le référentiel présente cette option comme disponible « sur certains modèles de gerbeurs » et demande d'en connaître l'intérêt, le fonctionnement et l'utilité (R.485A, annexe 2, p. 20 et 21). Le seul lien explicite du texte concerne la prévention des troubles musculosquelettiques : il range, parmi les risques d'utilisation, les TMS (lombalgie…) liés notamment à l'absence de mise à hauteur des palettes lors des manutentions manuelles (p. 21). Le fonctionnement précis de l'option, qui varie selon les constructeurs, se lit dans la notice du gerbeur.

Ce qu'il faut retenir pour le test

  • Batterie : hydrogène pendant la charge, charge en local aéré, sans flamme, couvercle du coffre ouvert, pas de pièce métallique dessus, jamais d'acide ajouté, pas plus de 80 % de décharge.
  • Sécurités du timon : frein actif en position haute et basse, arrêt d'urgence ou inverseur en bout de timon, rappel automatique du timon en position verticale.
  • Neutralisation d'un dispositif : interdite, et risque identifié au référentiel.
  • Paramètres : réglés par un technicien ; le conducteur vérifie leur adéquation aux conditions d'utilisation.
  • Anomalies : chaînes et mécanismes de levage, circuit hydraulique, freinage, direction, bandages : on signale, on ne répare pas (sauf mission d'entretien).

Questions fréquentes

Quels dispositifs de sécurité vérifier sur un gerbeur à conducteur accompagnant ?

La R.485A cite les sécurités de timon haute et basse et l'inversion de sens de marche, l'arrêt d'urgence, le dispositif de condamnation, le freinage, l'éclairage, l'avertisseur sonore, les dispositifs de signalisation sonores ou lumineux et les protecteurs. Ils se vérifient à la prise de poste (annexe 2, p. 22).

Qui peut modifier la vitesse ou les rampes d'accélération et de freinage d'un gerbeur ?

Ces paramètres sont ajustables par un technicien spécialisé, en fonction des conditions d'utilisation. Le conducteur, lui, vérifie à la prise de poste que les paramètres du gerbeur correspondent aux conditions d'utilisation (R.485A, annexe 2, p. 20 et 22).

Jusqu'où peut-on décharger la batterie d'un gerbeur ?

L'INRS recommande de ne pas décharger une batterie au plomb au-delà de 80 % de sa capacité et de la recharger en une seule fois (ED 766, § 2.8 ; ED 6120, § 4.3).

Pourquoi les batteries gel ou lithium sont-elles citées dans le référentiel ?

Le référentiel de formation demande de connaître l'intérêt des batteries gel ou lithium pour la sécurité (R.485A, annexe 2, p. 20). Pour une batterie au plomb ouverte, la charge dégage de l'hydrogène ; les batteries étanches à électrolyte gel ou AGM recombinent 95 à 99 % des gaz (INRS ED 6120, § 2.2).

S'entraîner sur ce thème

Sources : recommandation R.485A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 1 p. 18-19, annexe 2 p. 20 à 24, barème du test théorique p. 26) ; INRS ED 766, Chariots automoteurs de manutention, manuel de conduite, 4e édition, avril 2019 (§ 2.2.1, 2.8, 3.9, 4.1 et 4.2) ; INRS ED 6120, Charge des batteries d'accumulateurs au plomb. Prévention du risque explosion, mise à jour avril 2018 (§ 1, 2, 4.1, 4.3 et conclusion) ; INRS ED 812, Les chariots automoteurs de manutention, 2e édition 2001, réimpression 2013 (§ 1.1.2, valeurs indicatives). Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R485.