Gerbeur à conducteur accompagnant : causes d'accident et position du conducteur

Le conducteur marche à côté de son gerbeur : sa position est à la fois sa protection et sa principale source de risque. Cette fiche reprend les causes d'accident que le test CACES R485 vérifie, et la place à tenir au timon selon la situation.

Ce que vérifie le test théorique R485

Cette fiche couvre 18 points sur 100, dans le thème « Exploitation des gerbeurs à conducteur accompagnant » (50 points) :

  • Chute de plain-pied (2 pts)
  • Ecrasement / coincement d'une partie du corps (2 pts)
  • Heurts de personnes ou d'objets (1 pt)
  • Principales causes d'accidents lors de l'utilisation des gerbeurs à conducteur accompagnant (8 pts)
  • Position du conducteur par rapport au gerbeur selon les situations de travail (5 pts)

Source : R.485A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.

Cette fiche couvre cinq points d'évaluation du thème « Exploitation » : les principales causes d'accidents (8 points), la position du conducteur selon les situations de travail (5), la chute de plain-pied (2), l'écrasement ou le coincement d'une partie du corps (2) et les heurts (1). Le chargement des véhicules et les quais ont leur propre fiche : quais, hayons et chargement des véhicules.

Ce qui rend le gerbeur accompagnant différent

Un gerbeur à conducteur accompagnant est un appareil dérivé du transpalette, équipé d'un ensemble élévateur ; l'opérateur le dirige à pied, par le timon (INRS ED 812, § 1.1.2). Trois conséquences pour la sécurité :

  • L'opérateur est dans la zone d'évolution du chariot, à quelques dizaines de centimètres du châssis, des roues et de la charge : l'ED 812 retient le coincement ou l'écrasement du corps ou d'un membre contre un obstacle par le châssis, le timon ou les roues.
  • Il n'a pas de protège-conducteur : l'ED 812 cite la chute d'objets manutentionnés en hauteur parmi les risques de ces chariots.
  • Il circule dans les mêmes allées que les chariots à conducteur porté : l'ED 812 signale le risque de heurt avec ces engins.

À cela s'ajoute la stabilité : la capacité de ces chariots diminue rapidement avec la hauteur de levée, et à partir d'environ 3 m ils sont sensibles au basculement latéral (ED 812, § 1.1.2). Le thème « Technologie et stabilité » du test les traite en détail ; ici, on retient les situations qui y mènent.

Les principales causes d'accident

Le point vaut 8 points au test, le plus lourd de la fiche. Le référentiel de connaissances de la R.485A liste les risques à connaître, chacun avec ses facteurs de risque (annexe 2, A2|1-F, p. 21). Le tableau les regroupe, avec le réflexe de prévention que l'INRS associe à chacun.

Colonne de gauche : R.485A, annexe 2, A2|1-F. Colonne de droite : INRS ED 766 (§ 3.3 et 3.9), sauf mention contraire.
RisqueFacteurs cités par la R.485ARéflexe de prévention
Renversement latéraldévers, sol en mauvais état, translation charge haute, vitesse excessive en courbene pas circuler avec une charge haute, ne pas prendre les virages à vitesse élevée, conduire lentement sur sol humide, glissant ou inégal
Basculement vers l'avantpente, surcharge, translation charge hautene pas lever plus que la capacité de l'appareil ; contrôler chaque manutention sur l'abaque ou le tableau de charges (R.485A, A2|2-B, p. 23)
Chute du chariot depuis un quai, un hayon, une rampepont de liaison défaillant ou mal positionné, mouvement du camion, surcharge du hayon, butées absentes ou défaillantesvoir la fiche dédiée aux quais
Chute ou renversement de la chargerenversement au sol ou sur un piéton ; chute à la dépose (mauvais positionnement sur les lisses)charge stable, support en bon état, conditionnement tenu (R.485A, A2|2-B)
Heurts de personnes ou d'enginsheurt d'un obstacle en hauteur, manque de visibilité (éclairage, charge masquant la vue)regarder dans le sens de la marche, ralentir et avertir aux points dangereux et à l'approche des piétons
Chute de plain-piedheurt d'un obstacle en reculant sur un sol encombréregarder en arrière lors du recul (R.485A, A2|2-B)
Écrasement, coincementmain ou pied entre un obstacle et le châssis, le timon, les roues ; site exigu, passages trop étroitsposition latérale adaptée, dispositif en bout de timon (voir plus bas)

Pour les causes au sens strict, c'est-à-dire pourquoi l'accident arrive, l'INRS reprend les résultats d'une enquête de l'Assurance Maladie auprès des caisses régionales, valable pour l'ensemble des chariots automoteurs de manutention (ED 766, annexe) : absence de formation et d'autorisation de conduite, non-respect des procédures (circulation fourche haute, manœuvre dangereuse, organisation défectueuse), manque de visibilité, absence de plan de circulation et de balisage, utilisation de la fourche pour lever des personnes, vitesse excessive, charge instable ou non arrimée, rupture mécanique ou manque d'entretien, pente trop importante.

Au test, deux familles de questions. « Quelle est la circonstance ? » (renversement, chute depuis un quai, chute de la charge) et « quelle est la cause ? » (vitesse, charge haute, visibilité, absence de formation). La bonne réponse relie presque toujours un comportement du conducteur ou une organisation défaillante à un risque, jamais une fatalité.

La position du conducteur selon la situation

La R.485A demande de connaître le positionnement du conducteur par rapport au gerbeur dans les différentes situations d'utilisation : translation, pente, gerbage et dégerbage, sur un hayon, dans un véhicule (annexe 2, A2|1-G, p. 21). À l'épreuve pratique, le conducteur doit « adopter une position latérale au timon adaptée à la manœuvre en cours » (A2|2-B, p. 23). Le point vaut 5 points au théorique.

La règle de base vient de l'INRS : ne pas se faire transporter sur le chariot, et le conduire en le dirigeant par la poignée de timon tout en marchant à côté, bras tendu (ED 766, § 3.4).

Schéma vu de dessus : le conducteur marche sur le côté du timon, bras tendu ; la zone entre le bout de timon et un obstacle est une zone d'écrasement obstacle gerbeur bras de fourche timon écrasement conducteur : sur le côté, bras tendu sens de marche
Schéma illustratif, vu de dessus. Le conducteur reste sur le côté, à distance du châssis et des roues, jamais coincé entre le bout du timon et un obstacle. Le sens de marche réel dépend de la manœuvre ; la règle de position reste la même.
R.485A, annexe 2, A2|1-G (p. 21) et A2|2-B (p. 23) ; INRS ED 766, § 3.3, 3.4 et 3.9.
SituationCe que le texte demande
En translationmarcher à côté, bras tendu, par la poignée de timon ; position latérale adaptée ; regarder dans le sens de la marche pour garder une bonne vision du parcours, y compris avec une charge qui limite la visibilité
En marche arrièreregarder en arrière lors du recul pour s'assurer de l'absence d'obstacle au sol
Aux croisements d'allées et aux portesveiller à la sécurité des piétons éventuels ; ralentir et avertir aux points dangereux (ED 766, § 3.3) ; aux portes battantes, marquer un temps d'arrêt, actionner l'avertisseur et regarder si le passage est libre
En penteorienter le gerbeur dans le sens approprié et adapter sa vitesse ; ne pas arrêter le chariot dans une pente, sauf cas exceptionnel et après avoir calé les roues (ED 766, § 3.3) ; l'angle et le sens à respecter sont ceux de la notice du constructeur
Au gerbage et au dégerbagepositionner le gerbeur face à la pile ou à l'emplacement de stockage ; ne jamais stationner ni passer sous une fourche en position haute, même non chargée (ED 766, § 3.9)
Sur un hayon, dans un véhiculeconditions d'accès, capacité du hayon, vitesse et trajectoire à l'intérieur : voir la fiche consacrée au chargement des véhicules

Le timon et son dispositif d'inversion

Le timon est à la fois la commande et la protection. Trois éléments à connaître :

  • Le dispositif en bout de timon. L'INRS demande un dispositif d'arrêt d'urgence ou, mieux, un inverseur de marche placé en bout de timon (ED 766, § 2.2.1). Dans ses critères de choix, il décrit un dispositif en bout de timon commandant l'inversion du sens de marche et l'arrêt (ED 812, § 2.4.1).
  • Le freinage en position haute et basse. Le chariot doit freiner lorsque le timon est en position haute comme en position basse (ED 766, § 2.2.1). La R.485A cite ces « sécurités de timon haute / basse » et l'inversion de sens de marche parmi les organes à vérifier en début de poste (A2|1-H, p. 22).
  • Le chasse-pied. L'ED 766 demande un dispositif chasse-pied ou chasse-objet (§ 2.2.1) ; l'ED 812 recommande aussi un timon suffisamment long pour éloigner le conducteur du chariot et éviter que son pied soit heurté par le châssis, ainsi qu'un dispositif qui évite tout coincement du pied sous le châssis (§ 2.4.1).

Conséquence pratique : avant de partir, tester le rappel du timon, le freinage dans les deux positions et le dispositif de bout de timon (ED 766, § 4.2). Un dispositif défaillant se signale à son responsable, et le chariot n'est pas utilisé tant que l'anomalie de sécurité n'est pas traitée (ED 766, § 4.1).

Écrasement et coincement

Le point vaut 2 points. La R.485A décrit l'écrasement ou le coincement d'une partie du corps (main, pied) entre un obstacle et le châssis, le timon ou les roues, lors de manœuvres sur un site exigu ou dans des passages trop étroits (A2|1-F, p. 21). Les réflexes :

  • garder les pieds à l'écart du châssis et des roues, et se placer sur le côté plutôt qu'entre le timon et un mur, un rack ou un poteau ;
  • choisir un parcours adapté : la R.485A demande d'identifier dans la zone d'évolution les sources de risques liées à la circulation et à la stabilité, puis de choisir un parcours adapté (A2|2-B, p. 24) ;
  • porter des chaussures de sécurité, indispensables pour la conduite de tout type de chariot selon l'ED 766 (§ 2.1), et des gants en cas de manutentions manuelles.

Chute de plain-pied

Deux points au test. Le texte cible une situation précise : la chute lors de la translation, notamment en cas de heurt d'un obstacle en reculant sur un sol encombré (A2|1-F, p. 21). Le conducteur, à pied, recule en marchant : il ne voit pas ses propres pieds, ni l'obstacle derrière lui s'il ne se retourne pas.

  • regarder en arrière lors du recul, et ne pas faire confiance à sa seule mémoire du parcours ;
  • dégager le sol : le choix du parcours et l'organisation du site (plan de circulation, balisage) font partie des causes recensées par l'INRS ;
  • sur terrain humide, glissant ou inégal, conduire lentement (ED 766, § 3.3).

Heurts de personnes ou d'objets

Un point au test. Le texte cite les heurts de personnes ou d'engins et le heurt d'un obstacle en hauteur (poutre, linteau, sprinkler, dispositif d'éclairage), avec le manque de visibilité comme facteur aggravant : défaut d'éclairage, charge qui masque la vue (A2|1-F, p. 21). À retenir :

  • regarder dans le sens de la marche pour toujours conserver une bonne visibilité du parcours (ED 766, § 3.3) ;
  • ralentir et avertir aux points dangereux et à l'approche des piétons (ED 766, § 3.3) ;
  • tenir compte de la hauteur de passage libre avant de lever la charge ou de passer une porte ;
  • connaître les signaux et règles de circulation en vigueur dans l'entreprise et les respecter, y compris le plan de circulation (ED 766, § 3.3 ; R.485A, A2|1-G, p. 22) ;
  • garder à l'esprit que les chariots à conducteur porté circulent dans les mêmes allées (ED 812, § 1.1.2).

Les pièges les plus fréquents

  • Penser que « conducteur à pied » veut dire « risque faible ». Le conducteur est au contact direct des roues, du châssis et de la charge.
  • Se placer entre le bout du timon et un obstacle : c'est la configuration de l'écrasement décrite par le texte.
  • Reculer sans se retourner sur un sol encombré.
  • Circuler avec la charge haute : facteur cité à la fois pour le renversement latéral et le basculement avant.
  • Confondre circonstance et cause. Le renversement est une circonstance ; la vitesse en courbe, le dévers ou le sol en mauvais état en sont des causes.
  • Passer sous la fourche levée, même vide (ED 766, § 3.9).

Questions fréquentes

Où se placer par rapport au gerbeur à conducteur accompagnant ?

Sur le côté du timon, en marchant à côté du gerbeur bras tendu (ED 766, § 3.4), dans une position latérale adaptée à la manœuvre en cours (R.485A, annexe 2). On ne se fait jamais transporter sur le chariot.

À quoi sert le dispositif placé en bout de timon ?

L'INRS demande un arrêt d'urgence ou, mieux, un inverseur de marche en bout de timon (ED 766, § 2.2.1), qui commande l'inversion du sens de marche et l'arrêt (ED 812, § 2.4.1). On vérifie son fonctionnement en début de poste.

Quels sont les principaux risques d'un gerbeur à conducteur accompagnant ?

Renversement latéral, basculement vers l'avant, chute depuis un quai ou un hayon, chute de la charge, heurts, chute de plain-pied en reculant, écrasement entre un obstacle et le châssis, le timon ou les roues, heurt d'un obstacle en hauteur (R.485A, annexe 2, A2|1-F).

Peut-on reculer sans regarder derrière soi ?

Non : la R.485A attend que le conducteur regarde en arrière lors du recul pour s'assurer de l'absence d'obstacle au sol (A2|2-B).

S'entraîner sur ce thème

Sources : recommandation R.485A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, A2|1-F, G et H, p. 21-22 ; A2|2-B, p. 23-24 ; barème du test théorique, p. 27) ; INRS ED 766, Chariots automoteurs de manutention, manuel de conduite, 4e édition, avril 2019 (§ 2.1, 2.2.1, 3.3, 3.4, 3.9, 4.1, 4.2 et annexe sur les circonstances et causes des accidents) ; INRS ED 812, Les chariots automoteurs de manutention, guide pour le choix et l'utilisation (2e édition, version d'octobre 2006, § 1.1.2 et 2.4.1). Aucune statistique d'accidents propre aux gerbeurs à conducteur accompagnant n'est citée : elles ne figurent pas dans ces sources. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R485.