Gerbeur accompagnant : circulation, signalisation, batterie et fin de poste

Dix points d'évaluation du thème « Exploitation » du test théorique R485, 13 points au total : énergies, vigilance, incendie, panneaux, circulation en bâtiment, produits dangereux et fin de poste. Le fil conducteur : le gerbeur se mène à pied, sur batterie.

Ce que vérifie le test théorique R485

Cette fiche couvre 13 points sur 100, dans le thème « Exploitation des gerbeurs à conducteur accompagnant » (50 points) :

  • Risques liés aux énergies mises en œuvre (1 pt)
  • Conduite sous emprise de substances psycho actives (1 pt)
  • Risques liés à une perte d'attention (téléphone mobile…) (1 pt)
  • Incendie, explosion (1 pt)
  • Pictogrammes et panneaux de signalisation (2 pts)
  • Circulation et conduite à l'intérieur des bâtiments (1 pt)
  • Produits dangereux : pictogrammes (1 pt)
  • Produits dangereux : risques liés à leur manutention (1 pt)
  • Fin de poste : vérifications et opérations de maintenance journalières (2 pts)
  • Fin de poste : conduite à tenir en cas d'incident ou de défaillance (2 pts)

Source : R.485A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.

Un thème fourre-tout, dix points à ne pas oublier

Dans le barème de la R.485A, le thème « Exploitation des gerbeurs à conducteur accompagnant » pèse 50 points sur 100. Cette fiche en traite 13, répartis en dix lignes (R.485A, p. 27) : énergies mises en œuvre (1), substances psychoactives (1), perte d'attention (1), incendie et explosion (1), pictogrammes et panneaux (2), circulation à l'intérieur des bâtiments (1), pictogrammes de produits dangereux (1), risques de leur manutention (1), vérifications et maintenance journalières (2), conduite à tenir en cas d'incident ou de défaillance (2).

Les gerbeurs à conducteur accompagnant sont à énergie électrique : la batterie est donc au centre de plusieurs de ces lignes. Les rubriques F, G et H de l'annexe 2 citent les énergies « mécanique, électrique, hydraulique », les risques liés à la mise en œuvre des batteries (brûlures au contact de l'acide, connexion et déconnexion, manipulation, mise en charge) et le risque d'incendie ou d'explosion, « en particulier de la batterie / du chargeur » (R.485A, p. 21).

Énergies et batterie : ce qui blesse, ce qui explose

Trois énergies sont à connaître : mécanique (pièces en mouvement, charge levée), hydraulique (circuit de levage) et électrique (batterie, chargeur) (R.485A, p. 21). Le cas de la batterie au plomb ouverte est le mieux documenté.

Pourquoi la charge est une opération à risque

L'INRS rappelle que des incidents ou accidents sont provoqués par des explosions dues aux batteries d'accumulateurs au plomb. Elles ont lieu principalement pendant la charge, car il se dégage alors de l'hydrogène qui, mélangé à l'air ambiant, peut créer une atmosphère explosive (ED 6120, introduction). La limite inférieure d'explosivité de l'hydrogène est de 4 % en volume dans l'air, et une énergie très faible suffit à l'enflammer : l'INRS cite l'exemple d'une étincelle de 17 microjoules (ED 6120, § 3.1). Le dégagement d'hydrogène ne pouvant être évité, la ventilation du local est le principal moyen d'empêcher la formation d'un mélange explosif (§ 4.2.1).

Réflexe du test : hydrogène, flamme, étincelle. Les batteries étanches à recombinaison de gaz dégagent beaucoup moins de gaz, mais la règle de prudence du conducteur reste la même (ED 6120, § 2.2).

Les consignes du conducteur

  • Ni fumer ni flamme nue à proximité d'une batterie en charge ; charger dans un local bien aéré (ED 766, § 2.8 et 3.9).
  • Rien de métallique sur la batterie : outils et pièces métalliques ne se posent jamais dessus (ED 766, § 2.8). Pour la mise en charge, l'INRS demande aussi de retirer les éléments métalliques (bagues, montres, bracelets) pouvant entrer en contact avec les bornes (ED 6120, § 4.3).
  • Brûlures chimiques : l'électrolyte est une solution d'acide sulfurique ; on se lave les mains après être intervenu sur la batterie, car l'acide est corrosif, et on n'ajoute jamais d'acide (ED 766, § 2.8 ; ED 6120, § 1). Le personnel appelé à manipuler les batteries porte un écran facial, des chaussures de sécurité, des gants, un tablier et des habits anti-acide (ED 6120, § 4.3).
  • Chargeur adapté à la batterie, et accès au local de charge réservé au personnel formé (ED 6120, § 4.2.3 et 4.3).

La fiche R489 énergies et recharge détaille la recharge des chariots à conducteur porté ; l'ED 6120 vaut pour les batteries de traction au plomb en général, donc aussi pour celles des gerbeurs.

Alcool, drogues, médicaments, téléphone : la vigilance du conducteur

Deux lignes du barème, un point chacune, pour une idée simple : un gerbeur de plusieurs centaines de kilos, chargé, ne se conduit pas avec une attention diminuée. Le référentiel demande de connaître les effets de la conduite sous l'emprise de substances psychoactives (drogues, alcool et médicaments) et les risques liés à l'utilisation d'appareils pouvant détourner l'attention, par exemple le téléphone mobile ou un diffuseur de musique (R.485A, annexe 2, G, p. 22).

  • Alcool. Le Code du travail n'autorise sur le lieu de travail aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré ; lorsque la consommation est susceptible de porter atteinte à la sécurité, l'employeur prévoit des mesures dans le règlement intérieur ou par note de service, pouvant aller jusqu'à l'interdiction (art. R4228-20). Pour un conducteur d'engin, la règle de l'entreprise peut donc être plus stricte que le minimum légal.
  • Médicaments. Le référentiel place les médicaments au même rang que l'alcool et les drogues parmi les substances dont les effets sur la conduite sont à connaître ; en cas de doute sur un traitement, il serait prudent de demander l'avis de son médecin avant de conduire.
  • Téléphone et écouteurs. L'INRS range l'usage du téléphone portable en conduisant et la conduite sous l'emprise de drogue, d'alcool ou de médicaments parmi les autres facteurs de renversement latéral des chariots à conducteur porté (ED 125, p. 2). Pour un conducteur à pied, c'est la même logique : les yeux et les mains restent sur la charge, le timon et le cheminement.
  • Responsabilité. Il incombe à chaque travailleur de prendre soin, selon sa formation et ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions (Code du travail, art. L4122-1).

Incendie et explosion

Le risque porte sur la batterie et le chargeur (R.485A, p. 21). L'INRS donne la marche à suivre pour les chariots en général (ED 766, § 5) :

  • Incendie à bord du chariot : maîtriser le feu avec un extincteur approprié à l'énergie du chariot, thermique ou électrique, et conduire si possible le chariot à l'extérieur s'il se trouve dans un local.
  • Incendie dans le local : suivre les consignes générales d'incendie et dégager rapidement les chariots des allées de circulation, des voies et des issues de secours.
  • Prévention : un chariot circulant dans une zone sans moyens d'extinction est équipé d'un extincteur individuel adapté (ED 766, § 5), et dans un local à risque d'explosion ou d'incendie, seul un chariot adapté à la zone, par exemple à la classification ATEX concernée, peut circuler (ED 766, § 2.2.3).

Pictogrammes et panneaux : ce que le gerbeur doit lire

Deux points au barème pour trois familles de signes (R.485A, annexe 2, G, p. 22) : les pictogrammes de manutention portés par les charges, les pictogrammes de risques chimiques, biologiques et bactériologiques, et les panneaux de circulation. Le conducteur observe les signaux et règles de circulation en vigueur dans l'entreprise (ED 766, § 3.3), et ne pas respecter les panneaux de signalisation figure parmi les interdictions (§ 3.9). Le plan de circulation, les consignes de sécurité et le protocole de chargement et déchargement doivent aussi être exploités : le référentiel parle de l'intérêt de ces informations pour le cariste.

Les formes et couleurs des panneaux de sécurité (interdiction, avertissement, obligation, bandes de danger) sont décrites dans la fiche R489 circulation et signalisation, qui s'applique telle quelle à un conducteur à pied. Pour s'entraîner à reconnaître les signes, l'exercice de reconnaissance des panneaux et pictogrammes du cariste propose 12 cas illustrés.

Circuler à l'intérieur des bâtiments en conduisant à pied

Une seule ligne au barème, mais des règles concrètes. À pied, le conducteur marche à côté du gerbeur, bras tendu, en dirigeant le chariot par la poignée de timon ; il ne se fait pas transporter (ED 766, § 3.4). Les règles générales de conduite de l'INRS qui comptent le plus en bâtiment (ED 766, § 3.3) :

  • regarder dans le sens de la marche pour garder une bonne visibilité du parcours, et surveiller la charge, surtout dans les virages si elle est encombrante et peu stable ;
  • ralentir et avertir aux points dangereux et à l'approche des piétons, éviter démarrages, virages et arrêts brusques ;
  • aux portes battantes « va-et-vient » : marquer un temps d'arrêt, actionner l'avertisseur, regarder si le passage est libre, puis pousser lentement les battants ;
  • conduire lentement sur terrain humide, glissant ou inégal.

La largeur des allées

Les voies empruntées par les équipements de travail mobiles ont un gabarit suffisant et restent libres de tout obstacle. Pour y parvenir, l'INRS reprend les valeurs recommandées par sa brochure ED 950 (ED 771, tableau 1) :

Largeur des allées de circulation, valeurs recommandées (ED 771, tableau 1, d'après l'ED 950).
UsagerSens uniqueDouble sens
Piéton seul0,80 m (valeur réglementaire, art. R4227-5)1,50 m
Opérateur utilisant un engin de manutentionlargeur de l'engin ou de la charge + 1,00 mlargeur des deux engins ou des deux charges + 1,40 m

Autour des rayonnages, l'accès des allées de service est interdit aux piétons autres que les opérateurs concernés ; la prévention impose en priorité de séparer physiquement les voies des chariots et des piétons (ED 771, § 3.2.3 et 4.2.8). La fiche R489 circulation et signalisation traite la circulation à l'extérieur et la distance de freinage.

Produits dangereux : deux points, une logique

Le test sépare la reconnaissance des pictogrammes (1 point) et les risques liés à la manutention de ces produits (1 point) (R.485A, p. 27). Le conducteur n'ouvre pas les contenants : le danger se libère quand l'emballage chute, se perce ou se renverse. Les règles de manutention de l'ED 766 y répondent directement : palettes et palettes-caisses en bon état, charge équilibrée et stable, voire amarrée, jamais de charge mal équilibrée (§ 2.5 et 3.9). La conduite à tenir en cas d'épandage accidentel de marchandises fait partie du référentiel (R.485A, p. 22). Les neuf pictogrammes de danger du règlement CLP et la distinction avec les étiquettes de transport sont détaillés dans la fiche R489 produits dangereux ; le contenu est le même pour un gerbeur.

Fin de poste et maintenance journalière

Le référentiel pratique de la R485 range ce bloc sous « fin de poste, opérations d'entretien quotidien, maintenance » : effectuer les opérations d'entretien journalier, vérifier les niveaux, identifier les manques éventuels, faire l'appoint si nécessaire, mettre le gerbeur en charge et rendre compte des anomalies et dysfonctionnements (R.485A, p. 24). La grille pratique y consacre 8 points : fin de poste 2, maintenance journalière 3, compte rendu des anomalies 3 (p. 29).

Les gestes de fin de poste

  1. Garer le gerbeur dans un lieu prévu, sans gêner la circulation des autres véhicules, des piétons ou des secours (ED 766, § 3.2, applicable à tout arrêt, même momentané).
  2. Reposer les bras de fourche à plat sur le sol ou, si c'est impossible, les lever à plus de 2 m du sol.
  3. Serrer le frein d'immobilisation et mettre au point mort.
  4. Retirer la clé ou le dispositif équivalent, pour qu'une personne non autorisée ne puisse pas s'en servir.
  5. Noter les observations sur le fonctionnement dans le carnet d'entretien.
  6. Mettre le gerbeur en charge en suivant les règles vues plus haut (R.485A, p. 24).

La vérification journalière d'un chariot à conducteur à pied

Avant chaque prise en charge, et donc en repérant les écarts à la fin du poste précédent, l'INRS liste pour les chariots à conducteur à pied (ED 766, § 4.2) :

Points de contrôle journalier d'un chariot à conducteur à pied (ED 766, § 4.2) et anomalies citées par la R.485A (annexe 2, H, p. 22).
ZoneÀ contrôler
RoulageBon état du bandage des roues, galets et roues stabilisatrices ; présence des capotages protégeant les roues
ÉnergieCharge de la batterie et niveau de l'électrolyte
Timon et freinageRappel automatique du timon en position verticale ; efficacité du frein en position haute et basse du timon ; arrêt d'urgence ou inverseur de marche en bout de timon
LevageAbsence de tache d'huile au sol et de fuite sur les vérins ; parallélisme des bras de fourche et verrouillage sur le tablier ; fonctionnement correct du système d'élévation
ConduiteFonctionnement de l'avertisseur ; progressivité du démarrage

La R.485A cite, parmi les principales anomalies à repérer, celles qui touchent les chaînes et mécanismes de levage, le circuit hydraulique, les organes de freinage et de direction et les bandages (annexe 2, H, p. 22). Le conducteur justifie l'utilité de ces vérifications de premier niveau et les réalise ; il ne répare pas. La vérification générale périodique (semestrielle, arrêté du 1er mars 2004, art. 22) est une obligation de l'employeur, confiée à du personnel qualifié (ED 766, § 4.4) : le calendrier VGP aide à suivre les échéances, et la fiche R489 prise et fin de poste distingue ce qui relève du conducteur et de la VGP.

Conduite à tenir en cas d'incident ou de défaillance

Le test interroge sur l'incident ou la défaillance du gerbeur (panne, incendie…) ou de la charge (renversement, épandage accidentel de marchandises) (R.485A, p. 22). Les règles de l'INRS :

  • Signaler immédiatement à son responsable tout fonctionnement anormal, toute défectuosité et toute détérioration constatée (ED 766, § 4.1).
  • Ne pas réparer ni régler soi-même, sauf si l'on est chargé de l'entretien et en suivant alors la notice d'entretien du constructeur (§ 4.1).
  • Ne pas utiliser le gerbeur tant que les anomalies concernant la sécurité ne sont pas corrigées, et consigner les anomalies au carnet d'entretien (§ 4.1).
  • Alerter, voire se retirer : le travailleur alerte immédiatement l'employeur de toute situation qu'il a un motif raisonnable de penser présenter un danger grave et imminent, ainsi que de toute défectuosité qu'il constate dans les systèmes de protection, et il peut se retirer d'une telle situation (Code du travail, art. L4131-1).
  • Incendie : voir plus haut, extincteur adapté, chariot sorti du local si possible, issues dégagées.

Les pièges du test

  • « Le gerbeur est électrique, donc sans risque d'explosion. » Faux : c'est la charge de la batterie qui dégage de l'hydrogène (ED 6120).
  • Poser un outil « juste un instant » sur la batterie. Les pièces métalliques sur la batterie sont interdites (ED 766, § 3.9).
  • Régler ou réparer soi-même. Le conducteur signale ; il ne répare que s'il est chargé de l'entretien (ED 766, § 4.1).
  • Confondre vérification journalière et VGP. La première est faite par le conducteur à chaque prise de poste ; la seconde est semestrielle et réalisée par du personnel qualifié.
  • Oublier la mise en charge. Elle fait partie de la fin de poste dans le référentiel pratique de la R485 (p. 24).

Questions fréquentes

Pourquoi la charge d'une batterie de gerbeur présente-t-elle un risque d'explosion ?

La charge d'une batterie au plomb dégage de l'hydrogène, qui peut former avec l'air une atmosphère explosive (limite inférieure d'explosivité : 4 % en volume). Ni flamme ni étincelle, et un local aéré (ED 6120 ; ED 766, § 2.8).

Que doit faire le conducteur d'un gerbeur en fin de poste ?

Entretien journalier, vérification des niveaux, mise en charge et compte rendu des anomalies (R.485A, p. 24) ; garer l'engin, fourche au sol, frein serré, clé retirée (ED 766, § 3.2).

Le conducteur peut-il réparer lui-même une anomalie ?

Non, sauf s'il est chargé de l'entretien : il signale immédiatement l'anomalie à son responsable (ED 766, § 4.1).

Quelle largeur d'allée pour un opérateur utilisant un engin de manutention ?

Largeur de l'engin ou de la charge + 1,00 m en sens unique, largeur des deux engins ou charges + 1,40 m en double sens (valeurs recommandées, ED 771, tableau 1).

S'entraîner sur ce thème

Sources : recommandation R.485A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, rubriques F, G et H, p. 21-22 ; référentiel pratique, p. 24 ; barème du test théorique, p. 27 ; grille pratique, p. 29) ; INRS ED 766, Chariots automoteurs de manutention, manuel de conduite, 4e édition, avril 2019 (§ 2.2.3, 2.5, 2.8, 3.2, 3.3, 3.4, 3.9, 4.1, 4.2, 4.4, 5) ; INRS ED 6120, Charge des batteries d'accumulateurs au plomb, prévention du risque explosion, mise à jour avril 2018 (§ 1, 2.2, 3.1, 4.2, 4.3) ; INRS ED 771, Les rayonnages métalliques, 3e édition, septembre 2017 (§ 3.2.3, 4.2.8, tableau 1) ; INRS ED 125, Prévenir le risque de renversement latéral et d'éjection du conducteur, 2e édition, 2014 (p. 2) ; Code du travail, articles L4122-1, L4131-1, R4227-5 et R4228-20 (Légifrance) ; arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage ; INRS. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R485.