Énergies du chariot élévateur : électrique, thermique, GPL
Un chariot roule à l'électricité, au carburant ou au gaz, et chaque énergie a ses règles : où recharger, où faire le plein, comment changer une bouteille. Le test théorique du CACES R489 y consacre 4 points, et 4 autres aux risques qui en découlent.
Ce que vérifie le test théorique R489
Cette fiche couvre 4 points sur 100, dans le thème « Technologie et stabilité des chariots à conducteur porté » (25 points) :
- Sources d'énergie : type et identification (1 pt)
- Sources d'énergie : particularités et conditions d'utilisation (2 pts)
- Sources d'énergie : moyens adaptés pour leur alimentation / leur rechargement (1 pt)
Source : R.489A, barème du test théorique, p. 32 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Le barème demande de connaître les sources d'énergie : leur type et leur identification (1 point), leurs particularités et conditions d'utilisation (2 points), les moyens adaptés pour leur alimentation ou leur rechargement (1 point). Le thème « Exploitation » interroge en plus sur les risques liés aux énergies mises en œuvre (2 points) et sur l'incendie, l'explosion et les gaz d'échappement (2 points) (R.489A, p. 32).
Trois énergies, trois façons de « faire le plein »
| Énergie | Alimentation | Danger principal | Règle clé |
|---|---|---|---|
| Électrique | Batterie de traction, rechargée | Hydrogène pendant la charge (explosion), acide sulfurique corrosif | Charger dans un local bien aéré, sans flamme |
| Thermique | Plein de carburant au réservoir | Gaz d'échappement toxiques, incendie | Moteur arrêté pour le plein ; en local fermé, dispositif d'absorption des gaz à l'échappement selon la ventilation |
| GPL | Bouteille amovible ou réservoir fixe | Fuite de gaz, incendie, explosion | Échange de bouteille par du personnel désigné et formé, en zone dédiée |
La notice d'instructions du constructeur, qui reste au poste de conduite, précise l'énergie du chariot et ses consignes (ED 766, avant-propos). C'est elle qui fait foi pour une technologie que cette fiche ne décrit pas, comme les batteries au lithium : les deux brochures de l'INRS utilisées ici ne traitent que du plomb et des moteurs thermiques.
Chariot électrique : la charge de la batterie
Une batterie de traction au plomb est faite d'éléments d'environ 2 V, plongés dans un électrolyte, une solution d'acide sulfurique. En fin de charge, l'électrolyse de l'eau dégage de l'hydrogène et de l'oxygène : ce dégagement est inévitable, quel que soit le type de batterie, et il est maximal dans les deux dernières heures du cycle de charge (INRS ED 6120, § 1 et 4.1).
- Batterie ouverte à électrolyte liquide (la plus courante) : il faut refaire le niveau d'électrolyte.
- Batterie étanche (gel ou AGM) : l'hydrogène et l'oxygène se recombinent en eau à 95-99 %, le dégagement est faible et il n'y a pas de remise à niveau (ED 6120, § 2).
Le protocole de mise en charge
Seul le personnel formé à la charge des batteries entre dans le local de charge (ED 6120, § 4.3). Le protocole recommandé par l'INRS :
- Vérifier que le chargeur est adapté à la batterie, puis vérifier les prises et les câbles.
- Retirer bagues, montre, bracelet, collier et tout vêtement à parties métalliques qui pourrait toucher les deux bornes ; ne rien poser sur la batterie, utiliser des outils isolés.
- Ouvrir le couvercle du coffre pour évacuer l'hydrogène, sans retirer les bouchons des éléments.
- S'assurer que la batterie n'a pas été déchargée au-delà de 80 % ; la recharger en une seule fois.
Sources : ED 6120, § 4.3 « Protocole de mise en charge » ; ED 766, § 2.8.
Après la charge, l'INRS demande de compléter le niveau avec de l'eau distillée ou déminéralisée, en fin de charge, sans faire déborder l'électrolyte et sans jamais ajouter d'acide ; de fermer les bouchons avant la mise en route ; de garder les cosses propres, serrées et graissées ; de nettoyer et sécher le dessus de la batterie, et de maintenir le couvercle du coffre fermé en marche normale. On se lave les mains après être intervenu sur la batterie, l'acide sulfurique étant corrosif (ED 766, § 2.8). Pour les manipulations et l'entretien, l'équipement recommandé comprend écran facial, chaussures de sécurité, gants, tablier et vêtements anti-acide (ED 6120, § 4.3).
Le local de charge
- Ventilation : c'est le principal moyen d'empêcher la formation d'un mélange explosif ; autant de surface d'entrée d'air en bas que de sortie en haut, ouvertures inobturables donnant sur l'extérieur. Un interverrouillage arrête la charge si la ventilation s'arrête (ED 6120, § 4.2.1).
- Branchement : prises à broche pilote ou de protection IP 23 au minimum ; pinces de type crocodile à proscrire (§ 4.2.3).
- Signalisation : le pictogramme « EX » des atmosphères explosives est apposé aux entrées du local (§ 4.3).
- Sol : étanche, incombustible, capable de recueillir l'électrolyte répandu accidentellement ; les batteries de rechange sont stockées dans un autre local ventilé (§ 5).
Chariot thermique : le plein et les gaz d'échappement
Le référentiel de formation demande les connaissances de base du moteur thermique : le rôle du carburant, du lubrifiant, du liquide de refroidissement (R.489A, annexe 2, p. 26). Pour le plein, l'INRS fixe quatre règles (ED 766, § 2.6) :
- toujours arrêter le moteur ;
- ne pas fumer ni approcher une flamme nue ;
- faire le plein aux emplacements prévus ;
- si du carburant a coulé hors du réservoir, l'essuyer avec des gants adaptés ou le laisser s'évaporer avant de redémarrer.
En local fermé, selon la ventilation, le chariot thermique doit être équipé d'un dispositif d'absorption des gaz toxiques sur l'échappement (ED 766, § 2.2.2). L'intoxication par les gaz d'échappement fait partie des risques que le cariste doit savoir repérer (R.489A, annexe 2, p. 27).
Chariot GPL : la bouteille et le réservoir
Ne jamais laisser le chariot stationner longtemps au soleil ou près d'une source de chaleur : la paroi d'un réservoir ou d'une bouteille ne doit jamais dépasser 50 °C (ED 766, § 2.7).
Changer une bouteille amovible
- Uniquement dans une zone affectée à cet usage, de préférence à l'air libre ou dans un local bien aéré, loin de tout feu nu.
- Par du personnel désigné et formé, moteur arrêté.
- Pour limiter la fuite : accouplement à fermeture rapide automatique, ou fermeture de la vanne de la bouteille puis moteur en marche jusqu'à consommation du gaz contenu dans la tuyauterie.
Pour un réservoir fixé à demeure, tout remplissage excessif est à proscrire ; un dispositif monté sur le réservoir évite ce risque (ED 766, § 2.7). Le référentiel de formation inclut les modalités de remplissage d'un réservoir GPL à partir d'une station de stockage (R.489A, annexe 2, p. 27).
Ce qu'il faut retenir pour le test
- Fumer près d'une batterie en charge ou pendant un plein de carburant est interdit, comme poser des pièces métalliques sur une batterie (ED 766, § 3.9).
- À la prise de poste, on vérifie le niveau de carburant ou la charge de la batterie (R.489A, annexe 2, p. 28), et pour un chariot électrique le niveau de l'électrolyte (ED 766, § 4.2).
- Incendie : un chariot qui circule dans une zone sans moyens d'extinction porte un extincteur adapté à son énergie, thermique ou électrique (ED 766, § 5).
- Atmosphère explosive : un chariot qui circule dans un local à risque d'explosion ou d'incendie doit être équipé pour la zone concernée (ED 766, § 2.2.3).
- L'hydrogène ne reste pas au sol : plus léger que l'air, il s'accumule en partie haute ; c'est pourquoi l'air est extrait en haut du local (ED 6120, § 3.1 et 4.2.1).
Les vérifications de prise et de fin de poste sont détaillées dans le chapitre vérifications du chariot de la formation cariste ; les responsabilités de chacun, dans la fiche rôles et responsabilités.
Questions fréquentes
Pourquoi recharger une batterie de chariot dans un local ventilé ?
Pendant la charge, une batterie au plomb dégage de l'hydrogène, surtout dans les deux dernières heures du cycle. Mélangé à l'air, il devient explosif dès 4 % en volume. La ventilation est le principal moyen d'empêcher ce mélange (INRS ED 6120).
Comment changer la bouteille de gaz d'un chariot GPL ?
Moteur arrêté, dans une zone affectée à cet usage, de préférence à l'air libre ou dans un local bien aéré, loin de tout feu nu, et seulement par du personnel désigné et formé. On ferme la vanne de la bouteille et on laisse le moteur consommer le gaz de la tuyauterie avant de déconnecter (INRS ED 766, § 2.7).
Jusqu'où peut-on décharger une batterie de chariot ?
L'INRS recommande de ne pas décharger une batterie au-delà de 80 % de sa capacité et de la recharger en une seule fois (ED 766, § 2.8 ; ED 6120, § 4.3).
Sources : recommandation R.489A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, p. 26 à 28 ; barème du test théorique, p. 32) ; INRS ED 766, Chariots automoteurs de manutention, manuel de conduite, 4e édition, avril 2019 (avant-propos, § 2.2.2, 2.2.3, 2.6, 2.7, 2.8, 3.9, 4.2 et chapitre 5) ; INRS ED 6120, Charge des batteries d'accumulateurs au plomb. Prévention du risque explosion, mise à jour avril 2018 (§ 1 à 5, figure 7). Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R489.