Prise de poste et fin de poste du chariot élévateur
Quelques minutes de vérifications au début et à la fin du poste pèsent lourd au CACES R489 : 4 points au test théorique et 25 points sur 100 dans chaque grille pratique. Cette fiche fait le tri entre ce que vérifie le conducteur et ce qui relève de la VGP.
Ce que vérifie le test théorique R489
Cette fiche couvre 4 points sur 100, dans le thème « Exploitation des chariots à conducteur porté » (50 points) :
- Fin de poste - maintenance : vérifications et opérations de maintenance journalières (2 pts)
- Fin de poste - maintenance : conduite à tenir en cas d'incident ou de défaillance (2 pts)
Source : R.489A, barème du test théorique, p. 32 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Ce qui est noté, au théorique et à la pratique
Au test théorique, le thème « exploitation » consacre 2 points aux vérifications et opérations de maintenance journalières et 2 points à la conduite à tenir en cas d'incident ou de défaillance (R.489A, barème du test théorique, p. 33). À l'épreuve pratique, les sept grilles commencent par la prise de poste et finissent par la fin de poste :
| Critère | 1A, 1B | 2A, 2B, 3, 4, 5, 6 |
|---|---|---|
| Notice d'instructions : justifier une interdiction d'emploi ou une règle d'utilisation | 1 | 1 |
| Rapport de vérification générale périodique, de mise ou de remise en service : vérifier l'absence d'observation ou de restriction d'usage | 1 | 1 |
| Vérification visuelle du chariot | 4 | 3 |
| Réglages du poste de conduite | — | 2 |
| Fonctionnement des mécanismes et des dispositifs de sécurité | 4 | 3 |
| Prise de poste | 10 | 10 |
| Opérations de fin de poste | 5 | 5 |
| Opérations de maintenance journalière | 5 | 5 |
| Rendre compte des anomalies relevées | 5 | 5 |
| Fin de poste – maintenance | 15 | 15 |
En catégorie 7, la grille suit le premier modèle pour le chariot n° 1 (type 1A ou 1B) et le second pour le chariot n° 2 (p. 41). Pour réussir, il faut 70/100, au moins la moyenne dans chaque thème (5 sur 10 à la prise de poste, 7,5 sur 15 à la fin de poste) et une note supérieure à zéro à chaque point d'évaluation (p. 34 à 41).
La prise de poste, dans l'ordre
L'INRS décrit les mesures à prendre avant la mise en route du chariot (ED 766, § 3.1, p. 18). La R.489A y ajoute la lecture des documents et l'adéquation du chariot à la tâche (annexe 2, savoir-faire « prise de poste et vérification », p. 28).
- S'équiper des protections individuelles nécessaires au travail à faire (gants, chaussures, protections auditives…) et récupérer la clé de contact ou le système de mise en marche.
- Prendre connaissance du site et des instructions, à chaque prise de poste ou avant chaque nouvelle tâche : état des sols, ponts de liaison, stabilité des stockages.
- Lire les documents : la notice d'instructions (règles d'utilisation, restrictions d'emploi) et le rapport de vérification périodique (validité, observations, restrictions d'usage). Consulter le carnet d'entretien pour voir si les anomalies signalées ont été réparées.
- Faire les vérifications journalières : tour visuel du chariot et de son équipement de préhension, puis essais des dispositifs de sécurité (check-list ci-dessous).
- Vérifier l'adéquation du chariot à la manutention prévue : masse de la charge, distance de son centre de gravité, capacité effective, hauteur de levage. C'est le rôle de la plaque de charge.
- S'installer : mains et chaussures ni humides ni grasses, siège réglé, portillon fermé ou ceinture bouclée si le chariot en est équipé. Puis démarrer.
À ne pas confondre. La vérification d'adéquation faite par le conducteur avant une manutention n'est pas l'« examen d'adéquation » de l'arrêté du 1er mars 2004, qui relève de la responsabilité du chef d'établissement (R.489A, annexe 2, nota p. 28).
La check-list du chariot à conducteur porté
En début de poste, avant chaque prise en charge, le cariste s'assure de l'état du chariot. Pour les chariots à conducteur porté, l'INRS liste les points suivants (ED 766, § 4.2, p. 31-32) ; la R.489A cite aussi les chaînes et mécanismes de levage, le circuit hydraulique, le freinage, la direction et les bandages (annexe 2, p. 28).
État, chariot à l'arrêt
- Bandages ou pneumatiques en bon état, pression de gonflage
- Pas de tache d'huile sous le chariot
- Niveau d'huile du circuit de freinage ; carburant (thermique)
- Charge de la batterie et niveau d'électrolyte (électrique)
- Pas de fuite visible sur les vérins d'élévation, d'inclinaison et de servo-direction
- Bras de fourche parallèles et verrouillés sur le tablier
Réglages et fonctionnement
- Siège réglé : avant-arrière, hauteur, dossier, poids pour un siège suspendu
- Suspension du siège sans jeu latéral, bruit de ferraille ni retour par à-coups
- Ensemble élévateur, inclinaison et équipements porte-charge
- Avertisseurs sonore et lumineux
- Frein d'immobilisation et frein de service efficaces
Les observations et anomalies se notent sur le carnet d'entretien, qui doit être à disposition au poste de conduite (ED 766, § 4.2). La version illustrée de cette check-list, avec les essais à vide, est détaillée dans le chapitre « vérifications avant la prise de poste » de la formation cariste.
Ce qui relève du conducteur, ce qui relève de la VGP
La vérification journalière ne remplace pas les vérifications réglementaires, et inversement. Le chef d'entreprise désigne qui fait quoi (ED 766, § 4.1, p. 30).
| Vérification | Qui | Quand | Trace |
|---|---|---|---|
| Journalière | Le cariste | En début de poste, avant chaque prise en charge | Carnet d'entretien |
| Inspection hebdomadaire | Un personnel spécialement désigné par le chef d'établissement | Au moins une fois par semaine (recommandation INRS) | — |
| Vérification générale périodique (VGP) | Une personne qualifiée, appartenant ou non à l'établissement | Tous les 6 mois pour un chariot élévateur | Rapport, résultats portés au registre de sécurité |
| Remise en service | Une personne qualifiée | Après démontage et remontage, réparation ou transformation importante des organes essentiels, accident dû à la défaillance d'un organe essentiel | Rapport |
- Pourquoi 6 mois et pas 12. L'arrêté du 1er mars 2004 fixe la VGP des appareils de levage à douze mois, mais à six mois pour les appareils listés au II de son article 20, où figurent les chariots élévateurs (article 23). La VGP comprend l'examen de l'état de conservation et les essais de fonctionnement des freins et des dispositifs de sécurité (article 22).
- Qui l'organise. Les vérifications sont à la charge du chef d'établissement (article 1er), qui reporte sans délai leurs résultats sur le registre de sécurité (article 3). Elles sont faites par des personnes qualifiées, internes ou externes (Code du travail, R4323-23 et R4323-24).
- Ce que fait le cariste. Il ne réalise pas la VGP : il vérifie que le rapport est présent, valide et sans observation ni restriction d'usage. C'est exactement ce que note la grille pratique (1 point), et ce que contrôle le testeur avant la session : un rapport « vierge ou complété par un document attestant de la levée des observations » (R.489A, § 3.3.1.2, p. 10).
- Changement de site. Un chariot élévateur déplacé sur un autre site est dispensé de vérification de remise en service s'il a eu, dans la même configuration, sa vérification de mise en service et une VGP de moins de six mois (arrêté, article 20, II).
- Tous les chariots ne sont pas concernés. L'arrêté ne vise que les appareils qui changent la charge de niveau de façon significative : une levée juste suffisante pour décoller la charge du sol ne compte pas (article 2). La R.489A prévoit d'ailleurs le cas des chariots non soumis à l'arrêté (p. 10).
Pour suivre les échéances d'un parc, le planificateur de VGP calcule les dates à partir des périodicités réglementaires.
La fin de poste
En plus de la recharge de la batterie ou du plein de carburant, la fin de poste, ou tout arrêt d'utilisation même momentané, impose ces précautions (ED 766, § 3.2, p. 19) :
- Garer le chariot dans un lieu prévu, où il ne gêne ni la circulation des véhicules, ni les piétons, ni les secours.
- Reposer les bras de fourche à plat sur le sol ou, si ce n'est pas possible, les lever à plus de 2 m du sol.
- Point mort, moteur arrêté, frein d'immobilisation serré.
- Retirer la clé ou le dispositif équivalent : personne de non autorisé ne doit pouvoir utiliser le chariot.
- Descendre face au chariot, sans sauter. La R.489A parle de la règle des trois appuis (annexe 2, p. 28).
- Noter les observations sur le fonctionnement du chariot dans le carnet d'entretien.
La grille pratique y ajoute la maintenance journalière : vérifier les niveaux et repérer les manques, nettoyer les parties vitrées, les rétroviseurs, le poste de conduite et les organes de roulement, puis rendre compte des anomalies et dysfonctionnements, sur tout support à disposition (R.489A, annexe 2, savoir-faire « fin de poste », p. 30).
En cas d'anomalie, de panne ou d'incendie
Le test théorique interroge sur la conduite à tenir face à un incident ou une défaillance du chariot (panne, incendie…) ou de la charge (renversement, épandage accidentel de marchandises) (R.489A, annexe 2, p. 27). Les règles de base :
- Signaler immédiatement à son responsable tout fonctionnement anormal, toute défectuosité ou détérioration constatée (ED 766, § 4.1, p. 30). La R.489A rappelle le devoir d'alerter et le droit de retrait du conducteur (annexe 2, p. 26).
- Ne pas réparer ni régler soi-même, sauf si l'on est chargé de l'entretien, et alors en suivant la notice d'entretien du constructeur (§ 4.1).
- Ne pas utiliser le chariot tant que les anomalies touchant la sécurité ne sont pas corrigées, y compris celles relevées par la VGP (§ 4.1 et 4.4, p. 31 et 33).
- Incendie à bord : le maîtriser avec un extincteur adapté à l'énergie du chariot, thermique ou électrique, et sortir si possible le chariot du local. Si le feu prend dans le local, suivre les consignes générales et dégager les chariots des allées, voies et issues de secours (ED 766, § 5, p. 34).
- Catégorie 6 : savoir exécuter, depuis le sol, une descente de secours de la cabine en panne, et la faire exécuter depuis la cabine à un opérateur au sol (annexe 2, p. 30) ; la manœuvre vaut 9 points à la grille de la catégorie 6 (p. 40).
Les pièges les plus fréquents
- Écrire « VGP annuelle » pour un chariot élévateur. C'est six mois (arrêté du 1er mars 2004, articles 20 II et 23).
- Se contenter de la présence du rapport de VGP. La grille note la vérification de l'absence d'observation ou de restriction d'usage.
- Laisser les fourches à mi-hauteur au stationnement : au sol, ou à plus de 2 m.
- Laisser la clé sur le chariot, même pour un arrêt court (ED 766, § 3.2 et § 3.9).
- Oublier de rendre compte. Signaler les anomalies vaut 5 points à la grille pratique, au même titre que la maintenance journalière.
- Confondre la vérification d'adéquation du cariste et l'examen d'adéquation réglementaire, qui appartient au chef d'établissement.
Questions fréquentes
Que vérifier à la prise de poste d'un chariot élévateur ?
Les documents (notice d'instructions, rapport de vérification périodique sans observation ni restriction), puis l'état du chariot (bandages ou pneumatiques, fuites, niveaux, batterie ou carburant, fourches et leur verrouillage, siège) et le fonctionnement des freins, de l'élévation, de l'inclinaison et des avertisseurs (R.489A annexe 2 ; INRS ED 766, § 4.2).
Quelle est la périodicité de la VGP d'un chariot élévateur ?
Six mois. Les chariots élévateurs figurent au II de l'article 20 de l'arrêté du 1er mars 2004, et l'article 23 fixe pour ces appareils une vérification générale périodique tous les six mois au lieu de douze.
Le cariste peut-il faire la VGP de son chariot ?
Non, sauf à être une personne qualifiée désignée pour cela. La VGP est à la charge du chef d'établissement et réalisée par des personnes qualifiées, appartenant ou non à l'établissement (Code du travail, R4323-24). Le cariste, lui, vérifie que le rapport est valide et sans restriction d'usage.
Où ranger les fourches en fin de poste ?
À plat sur le sol, ou à plus de 2 mètres du sol si ce n'est pas possible, chariot garé dans un lieu prévu, au point mort, moteur arrêté, frein d'immobilisation serré et clé retirée (INRS ED 766, § 3.2).
Que faire si le chariot présente une anomalie ?
La signaler immédiatement à son responsable et la consigner dans le carnet d'entretien. Le conducteur ne répare ni ne règle lui-même, sauf s'il est chargé de l'entretien, et le chariot n'est utilisé que lorsque les anomalies touchant la sécurité ont été corrigées (INRS ED 766, § 4.1).
Sources : recommandation R.489A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (§ 3.3.1.2 p. 10 ; annexe 2 p. 26 à 30 ; barème du test théorique p. 33 ; grilles pratiques p. 34 à 41) ; INRS ED 766, Chariots automoteurs de manutention, manuel de conduite, 4e édition, avril 2019 (§ 3.1 p. 18, § 3.2 p. 19, § 4.1 à 4.5 p. 30-33, § 5 p. 34) ; arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage (articles 1er, 2, 3, 19, 20, 22 et 23) ; Code du travail, articles R4323-23 et R4323-24 (Légifrance). Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R489.