Lire la plaque de charge d'un chariot élévateur
La plaque de charge dit combien le chariot peut lever, à quelle hauteur et pour quelle position de la charge. Savoir la lire vaut 10 points sur 100 au test théorique du CACES R489, et évite le basculement en conditions réelles.
Ce que vérifie le test théorique R489
Thème « Tableau / abaque de charges » : 10 points sur 100, dont :
- Capacité en fonction de la hauteur à atteindre et de la position du centre de gravité de la charge (5 pts)
- Hauteur accessible en fonction de la masse et de la position du centre de gravité de la charge (5 pts)
Source : R.489A, barème du test théorique, p. 32 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
À quoi sert la plaque de charge
Tout chariot élévateur porte obligatoirement une plaque de capacité. Elle indique, sous forme de tableau ou de courbe, les charges qu'il peut transporter. Ce que le chariot peut lever n'est pas un chiffre unique : la capacité dépend du poids de la charge et de ses dimensions, et elle diminue quand le centre de gravité de la charge s'éloigne de la face avant des fourches. La hauteur d'élévation et l'inclinaison du mât vers l'avant comptent aussi (INRS ED 766, § 2.3).
Le conducteur doit être formé à lire cette plaque pour ne jamais dépasser la capacité du chariot : c'est pour cela que le test théorique y consacre un thème entier.
Les trois données à connaître avant de lever
- La masse de la charge, en kilogrammes.
- La distance de son centre de gravité à la face avant des bras de fourche. Pour une charge homogène posée contre le tablier, le centre de gravité est au milieu de la charge : une palette de 1 200 mm prise par sa longueur a son centre de gravité à 600 mm. L'INRS insiste : ne jamais soulever une charge sans connaître cette distance (ED 766, § 2.3).
- La hauteur à laquelle la charge sera levée : plus elle est haute, plus la capacité baisse.
La méthode en 4 étapes
- Choisir la ligne de la hauteur à laquelle la charge sera levée. Si la hauteur exacte n'existe pas, prendre la ligne immédiatement supérieure.
- Choisir la colonne du centre de gravité. Si la distance exacte n'existe pas, prendre la colonne immédiatement supérieure, jamais une valeur « entre les deux ».
- Lire la capacité au croisement : c'est la charge maximale dans ces conditions.
- Comparer : si la masse de la charge dépasse la valeur lue, on ne lève pas. Il faut alors alléger la charge si c'est possible, ou prendre un chariot de plus grande capacité (ED 766, § 2.3).
| Hauteur de levée | CdG 500 mm | CdG 700 mm | CdG 900 mm |
|---|---|---|---|
| jusqu'à 3 m | 2 500 | 1 800 | 1 300 |
| 4 m | 2 200 | 1 500 | 1 000 |
| 5 m | 1 800 | 1 200 | 800 |
| 6 m | 1 400 | 900 | 600 |
Les deux questions du test, sur un exemple
Le barème du test théorique pose la question dans les deux sens : la capacité pour une hauteur et un centre de gravité donnés, puis la hauteur accessible pour une masse et un centre de gravité donnés (5 points chacune).
1. Quelle capacité ? Une palette de 1 900 kg, centre de gravité à 600 mm, à poser à 2 m.
Ligne « jusqu'à 3 m » (2 m y est compris). 600 mm n'existe pas : on prend la colonne immédiatement supérieure, 700 mm, soit 1 800 kg. 1 900 kg dépasse : on ne lève pas. Une moyenne entre les colonnes 500 et 700 mm aurait donné environ 2 150 kg et un feu vert à tort.
2. Quelle hauteur ? Une charge de 1 000 kg, centre de gravité à 700 mm.
Colonne 700 mm : 1 800 kg jusqu'à 3 m, 1 500 kg à 4 m, 1 200 kg à 5 m, 900 kg à 6 m. 1 000 kg passe jusqu'à 5 m mais plus à 6 m : hauteur accessible, 5 m.
Les pièges les plus fréquents
- Prendre la capacité nominale pour une capacité en toutes conditions. La valeur la plus haute de la plaque ne vaut que pour le centre de gravité de référence et la hauteur de référence : dans l'exemple, 2 500 kg jusqu'à 3 m, mais 1 400 kg à 6 m.
- Faire une moyenne entre deux colonnes ou deux lignes. On retient toujours la valeur la plus défavorable.
- Oublier une charge non homogène. Le centre de gravité est souvent au milieu de la charge, pas toujours (ED 766, § 2.3) : une charge plus lourde à l'avant éloigne le centre de gravité du tablier et réduit la capacité.
- Garder la plaque d'origine après le montage d'un accessoire. Remplacer ou ajouter un équipement porte-charge (pince, potence…) modifie la stabilité : en général, la capacité diminue. L'employeur doit vérifier la résistance et la stabilité avec cet équipement et informer le conducteur des nouvelles capacités ; l'autorisation de conduite peut alors préciser l'équipement concerné (ED 766, § 2.4).
- Incliner le mât vers l'avant en hauteur : l'inclinaison fait partie des conditions qui jouent sur la capacité (ED 766, § 2.3).
Sources : recommandation R.489A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (barème du test théorique, p. 32) ; INRS ED 766, Chariots automoteurs de manutention, manuel de conduite, 4e édition, avril 2019 (§ 2.3 « Capacité du chariot » et § 2.4, p. 12). Notre méthode · Tout sur le CACES R489.