Chariot élévateur : principales causes d'accident et risques du cariste
Renversement, piéton heurté, personne levée sur la fourche, batterie, alcool, téléphone : le test théorique du CACES R489 consacre 25 points aux risques de la conduite. Cette fiche les reprend un par un, avec la règle à retenir et l'article ou le paragraphe qui la fonde.
Ce que vérifie le test théorique R489
Cette fiche couvre 25 points sur 100, dans le thème « Exploitation des chariots à conducteur porté » (50 points) :
- Principales causes d'accident lors de l'utilisation des chariots à conducteur porté (5 pts)
- Renversement et basculement du chariot ou de la charge (4 pts)
- Heurts de personnes ou d'objets (3 pts)
- Transport et élévation de personnes (3 pts)
- Risques liés aux énergies mises en œuvre (2 pts)
- Conduite sous emprise de substances psycho actives (2 pts)
- Risques liés à une perte d'attention (téléphone mobile…) (2 pts)
- Incendie, explosion, gaz d'échappement (2 pts)
- Bruit, vibrations (2 pts)
Source : R.489A, barème du test théorique, p. 32 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Cette fiche couvre neuf points d'évaluation du thème « Exploitation » : causes d'accident (5 points), renversement et basculement (4), heurts (3), transport et élévation de personnes (3), énergies (2), substances psychoactives (2), perte d'attention (2), incendie, explosion et gaz d'échappement (2), bruit et vibrations (2). La circulation, le freinage et le chargement des véhicules font l'objet d'autres fiches.
Ce que disent les chiffres et les enquêtes
L'INRS dénombre en moyenne, chaque année, pour les chariots automoteurs de manutention : 8 300 accidents avec arrêt de travail, 580 avec séquelles et 10 salariés tués. Dans un cas mortel sur deux, le décès est lié au renversement latéral du chariot (INRS ED 979).
Une enquête de l'Assurance Maladie auprès des caisses régionales, résumée en annexe de l'ED 766, distingue les circonstances (ce qui s'est passé) des causes (pourquoi). Le test pose volontiers la question dans les deux sens.
Circonstances les plus fréquentes
- renversement du chariot ;
- piéton écrasé par un chariot ;
- cariste écrasé par un élément du chariot lors d'un renversement ;
- cariste ou tiers écrasé par la chute de la charge ;
- chute du chariot depuis un quai ;
- chute d'une personne montée sur la fourche.
Causes relevées
- absence de formation ou d'autorisation de conduite ;
- procédures non respectées (fourche haute, manœuvre dangereuse, organisation défectueuse) ;
- manque de visibilité ;
- absence de plan de circulation, de balisage ;
- fourche utilisée pour lever des personnes ;
- vitesse excessive, pente trop importante ;
- charge instable ou non arrimée ;
- rupture mécanique ou manque d'entretien.
Source : INRS ED 766, annexe « Circonstances et causes des accidents », p. 35 ; INRS ED 979, encadré « La réalité du risque ».
Renversement et basculement
Le chariot se renverse sur le côté (renversement latéral) ou bascule vers l'avant (basculement frontal). Le mécanisme physique, le centre de gravité et le triangle de stabilité relèvent du thème « Technologie et stabilité » ; ici, le test vérifie que vous connaissez les situations qui y mènent. L'INRS en cite quatre (ED 979) :
- Circuler fourche haute ou mât déployé, surtout chargé : le centre de gravité de l'ensemble monte et la stabilité baisse ; la fourche haute peut aussi heurter une structure et déséquilibrer l'engin. On circule fourche à environ 15 cm du sol, mât incliné en arrière (ED 766, § 3.5).
- Prendre un virage trop vite : le chariot tend à basculer vers l'extérieur du virage, y compris à vide.
- Passer une bosse ou un creux à vitesse élevée : un chariot peut se renverser même en ligne droite et à vide.
- Lever plus que la plaque de charge ne l'autorise : c'est le basculement frontal. Voir la fiche « lire la plaque de charge ».
Si le chariot se renverse, rester à son poste. Le cariste tué est généralement éjecté de son siège puis écrasé par la structure de protection du chariot. Le maintien à l'intérieur de la cabine évite l'éjection et limite le risque d'écrasement (ED 979).
D'où la règle : boucler la ceinture dès que l'on circule. L'INRS rappelle qu'elle est obligatoire depuis le 1er janvier 1996, sauf pour les chariots à cabine fermée, et qu'un portillon ou un autre moyen de retenue peut la remplacer (ED 979). Le Code du travail impose un système de retenue s'il existe un risque d'écrasement entre le chariot et le sol lors d'un renversement (R4324-35, cité par l'ED 766, § 2.2.2).
La charge peut elle aussi tomber ou basculer : la R.489A range la chute de charge parmi les principaux risques (annexe 2, A2|1-F, p. 27). L'ED 766 interdit de lever une charge mal équilibrée ou avec un seul bras de fourche (§ 3.9) et demande, pour une charge large, de vérifier qu'elle ne peut pas basculer de la fourche (§ 2.5).
Heurts de personnes ou d'objets
Le piéton heurté est une circonstance d'accident majeure. Côté employeur, le Code du travail demande des mesures d'organisation pour éviter que des travailleurs à pied se trouvent dans la zone d'évolution des équipements mobiles, et, si leur présence est nécessaire, des mesures pour qu'ils ne soient pas blessés (R4323-52). Côté cariste, l'ED 766 fixe les réflexes :
- ralentir et avertir aux points dangereux et à l'approche des piétons (§ 3.3) ;
- regarder dans le sens de la marche ; si la charge masque la vue, circuler en marche arrière ou se faire guider (§ 3.5) ;
- garder les pieds et toute partie du corps dans le gabarit du chariot, à l'écart des organes élévateurs (§ 3.5) ;
- tenir compte de la hauteur de passage libre sous les portes (§ 3.5) : le heurt d'un obstacle en hauteur figure dans la liste des risques de la R.489A (p. 27) ;
- ne laisser personne stationner ou passer sous une fourche en position haute, même non chargée (§ 3.9).
Pour les chariots à poste de conduite élevable, s'assurer avant d'entrer dans une allée que personne n'y circule, et en sortir prudemment (§ 3.7).
Transport et élévation de personnes
La R.489A demande de connaître les interdictions et de savoir justifier les applications autorisées (annexe 2, A2|1-F, p. 27). Trois articles du Code du travail suffisent :
| Article | Ce qu'il dit |
|---|---|
| R4323-31 | Le levage des personnes n'est permis qu'avec un équipement de travail et des accessoires prévus à cette fin. |
| R4323-32 | Dérogations : équipement non prévu pour le levage de personnes utilisable si un équipement spécialement conçu est techniquement impossible ou expose à un risque plus important (conditions fixées par arrêté), ou en cas d'urgence, pour évacuer des personnes. |
| R4323-54 | Sur un équipement mobile, la présence de travailleurs n'est autorisée que sur des emplacements sûrs et aménagés à cet effet. |
Conséquences pour le cariste (ED 766, § 3.8 et 3.9) : interdit de transporter quelqu'un sur un chariot non spécialement aménagé, interdit d'élever une personne avec un chariot non spécialement conçu pour cela. Interdit aussi de faire monter du personnel à l'arrière pour « augmenter le contrepoids » (§ 2.5).
Application autorisée typique : le chariot conçu pour élever son conducteur, comme le chariot à poste de conduite élevable (catégorie 6). Pour un préparateur de commandes à poste élevable jusqu'à 1,20 m de plancher, la R.489A exige, en plus du CACES 1A, une formation complémentaire aux risques de l'élévation de personnes (chute de hauteur, instabilité), prise en compte dans l'autorisation de conduite (annexe 1, A1|2, p. 23). Sur ces chariots, on ne sort pas du poste de conduite pour saisir un colis dans le rayonnage (ED 766, § 3.7).
Les risques liés aux énergies
La R.489A cite les carburants, les batteries d'accumulateurs et l'énergie mise en œuvre (mécanique, électrique, hydraulique) parmi les principaux risques (annexe 2, A2|1-F, p. 27). Les règles de l'ED 766 :
Plein de carburant
Moteur arrêté, à l'emplacement prévu, sans fumer ni flamme nue. Carburant répandu : l'essuyer avec des gants adaptés ou le laisser s'évaporer avant de redémarrer (§ 2.6).
GPL
Pas de stationnement prolongé au soleil ni près d'une source de chaleur : la paroi des bouteilles ne doit jamais dépasser 50 °C. Échange des bouteilles moteur arrêté, dans une zone dédiée bien aérée, par du personnel désigné et formé (§ 2.7).
Batterie de traction
La charge dégage de l'hydrogène : local bien aéré, ni cigarette ni flamme, couvercles ouverts pendant la charge. Aucun outil ni pièce métallique sur la batterie. Électrolyte complété à l'eau distillée ou déminéralisée en fin de charge, jamais d'acide ajouté (§ 2.8).
Incendie, explosion, gaz d'échappement
- Gaz d'échappement : un équipement mobile à moteur à combustion n'est employé dans une zone de travail que si l'air y reste sans risque pour la santé, en quantité suffisante (Code du travail, R4323-53). En local fermé, selon la ventilation, le chariot thermique doit avoir un dispositif d'absorption des gaz toxiques (ED 766, § 2.2.2).
- Atmosphère explosive : dans un local à risque d'explosion ou d'incendie, seul un chariot adapté à la zone Atex concernée peut circuler (ED 766, § 2.2.3).
- Incendie : un extincteur adapté à l'énergie du chariot équipe celui qui circule dans une zone sans moyen d'extinction. Feu à bord : l'éteindre avec un extincteur approprié et, si possible, sortir le chariot du local. Feu dans le local : suivre les consignes générales et dégager les chariots des allées, voies et issues de secours (ED 766, § 5).
Alcool, drogues, médicaments, téléphone
Le référentiel de la R.489A demande de connaître les effets de la conduite sous l'emprise de substances psychoactives (drogues, alcool, médicaments) et les risques des appareils qui détournent l'attention, comme le téléphone mobile ou un diffuseur de musique (annexe 2, A2|1-G, p. 28). Ces deux points valent 2 points chacun.
Ce qu'en dit le Code du travail : seuls le vin, la bière, le cidre et le poiré peuvent être autorisés sur le lieu de travail, et l'employeur peut limiter ou interdire leur consommation par le règlement intérieur ou une note de service quand la sécurité l'exige (R4228-20) ; il est interdit de laisser entrer ou séjourner une personne en état d'ivresse (R4228-21). Chaque travailleur doit prendre soin de sa sécurité et de celle des autres personnes concernées par ses actes (L4122-1).
Au test, la bonne réponse va toujours dans le même sens : ne pas conduire si l'on n'est pas en état, en parler à son responsable, et ne pas manipuler un appareil en conduisant. « Garder en toute circonstance la maîtrise du chariot » est la première règle générale de l'ED 766 (§ 3.3).
Bruit et vibrations
| Seuil | Bruit | Vibrations transmises à l'ensemble du corps |
|---|---|---|
| Déclenche l'action de prévention | 80 dB(A) puis 85 dB(A) | 0,5 m/s² |
| Valeur limite | 87 dB(A) | 1,15 m/s² |
Le cariste agit surtout sur les vibrations : il règle son siège (avant-arrière, hauteur, dossier, et poids pour un siège suspendu) et vérifie que la suspension fonctionne, sans jeu ni retour par à-coups (ED 766, § 4.2). Il porte les protections auditives fournies quand le travail l'exige (§ 2.1 et 3.1).
Deux gestes qui évitent des chutes
- Monter et descendre par trois appuis : la R.489A en fait un savoir-faire pratique (annexe 2, A2|2-B, p. 28). On descend face au chariot, sans sauter (ED 766, § 3.2).
- Mains et chaussures propres : avant de démarrer, s'assurer qu'elles ne sont ni humides ni grasses (ED 766, § 3.1).
Questions fréquentes
Peut-on transporter ou lever une personne avec un chariot élévateur ?
Non, sauf avec un chariot conçu ou aménagé pour cela (R4323-31 et R4323-54). Les dérogations de R4323-32 (impossibilité technique encadrée par arrêté, évacuation d'urgence) restent des exceptions.
Quelle est la principale cause de décès des caristes ?
Le renversement latéral, dans un cas mortel sur deux selon l'INRS (ED 979). Le cariste est généralement éjecté puis écrasé par la structure de protection : la ceinture ou le portillon évitent l'éjection.
Combien d'accidents de chariots automoteurs chaque année ?
En moyenne 8 300 accidents avec arrêt de travail, 580 avec séquelles et 10 salariés tués par an (INRS ED 979, 2e édition révisée en novembre 2020).
Sources : recommandation R.489A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 1, A1|2, p. 23 ; annexe 2, A2|1-F et G et A2|2-B, p. 27-28 ; barème du test théorique, p. 32) ; INRS ED 766, Chariots automoteurs de manutention, manuel de conduite, 4e édition, avril 2019 (§ 2.1 à 2.8, 3.1 à 3.9, 4.2, 5 et annexe p. 35) ; INRS ED 979, Chariots automoteurs de manutention, 2e édition révisée en novembre 2020 ; Code du travail, articles L4122-1, R4228-20, R4228-21, R4323-31, R4323-32, R4323-52 à R4323-54, R4324-35, R4431-2, R4443-1 et R4443-2 (version au 8 octobre 2026). Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R489.