Plaque de charge d'un gerbeur accompagnant : lire la capacité selon la hauteur
Sur un gerbeur à conducteur accompagnant, la hauteur de levée est ce qui fait fondre la capacité. Lire la plaque dans les deux sens, capacité pour une hauteur donnée et hauteur atteignable pour une masse donnée, vaut 10 points sur 100 au test théorique du CACES R485.
Ce que vérifie le test théorique R485
Thème « Tableau / abaque de charges » : 10 points sur 100, dont :
- Capacité en fonction de la hauteur à atteindre et de la position du centre de gravité de la charge (5 pts)
- Hauteur accessible en fonction de la masse et de la position du centre de gravité de la charge (5 pts)
Source : R.485A, barème du test théorique, p. 26 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Ce que dit la plaque, et pourquoi la hauteur y pèse autant
La plaque dont le chariot est obligatoirement muni précise, sous forme d'une courbe ou d'un tableau, les charges qu'il peut transporter. La capacité dépend du poids et des dimensions de la charge ; elle diminue quand le centre de gravité s'éloigne de la face avant des bras de fourche, et la hauteur d'élévation intervient aussi (INRS ED 766, § 2.3). Le conducteur doit être formé à lire cette plaque pour que la capacité ne soit pas dépassée, et le Code du travail interdit de soulever, hors essais ou épreuves, une charge supérieure à celle marquée sur la plaque (article R4323-33).
Pour un gerbeur mené à pied, ce dernier paramètre est le plus visible. L'INRS décrit des gerbeurs dont la capacité diminue rapidement avec la hauteur de levée, et qui deviennent sensibles au basculement latéral à partir d'environ 3 m (ED 812, p. 9). Une palette que le chariot lève sans effort à 1,50 m peut donc être hors capacité à 3,50 m, sans que la charge ait changé.
Capacité nominale, capacité effective : ne pas les confondre
Deux notions du vocabulaire du test, que l'INRS définit (ED 812, p. 55) :
- La capacité nominale est la charge que le chariot peut lever à une hauteur normalisée, mât vertical, pour une distance normalisée du centre de gravité de la charge. C'est le chiffre « de catalogue ».
- La capacité effective est la charge que l'engin peut réellement soulever, en fonction du type de mât, de la hauteur de levée, de la distance du centre de gravité et de la présence d'un équipement, sans perdre sa stabilité. C'est elle qui commande la décision de lever.
La R.485A demande d'ailleurs de contrôler, pour chaque manutention, au moyen de l'abaque ou du tableau des charges, que l'opération est possible compte tenu de la capacité effective, de la hauteur de levage et de l'équipement porte-charge du gerbeur (annexe 2, p. 23 ; voir aussi la vérification de l'adéquation du gerbeur, p. 22).
Les deux questions du barème, dans les deux sens
Le test théorique pose le même tableau dans deux sens, 5 points chacun (R.485A, A3|1, p. 26) :
| Point d'évaluation | Ce qu'on connaît | Ce qu'on cherche |
|---|---|---|
| Capacité (5 pts) | Hauteur à atteindre, position du centre de gravité | La charge maximale autorisée |
| Hauteur accessible (5 pts) | Masse de la charge, position du centre de gravité | La hauteur maximale de levée |
| Hauteur de levée | CdG 500 mm | CdG 600 mm | CdG 700 mm |
|---|---|---|---|
| jusqu'à 2,5 m | 1 400 | 1 200 | 1 000 |
| 3,0 m | 1 200 | 1 000 | 800 |
| 3,5 m | 1 000 | 800 | 600 |
| 4,0 m | 800 | 600 | 400 |
1. Quelle capacité ? Une palette de 900 kg, centre de gravité à 600 mm, à poser à 3,5 m.
Ligne 3,5 m, colonne 600 mm : 800 kg. 900 kg dépasse : on ne lève pas à cette hauteur. Le même chariot aurait pu la lever à 3,0 m (1 000 kg).
2. Quelle hauteur accessible ? Une charge de 700 kg, centre de gravité à 600 mm.
Colonne 600 mm : 1 200 kg jusqu'à 2,5 m, 1 000 kg à 3,0 m, 800 kg à 3,5 m, 600 kg à 4,0 m. 700 kg passe jusqu'à 3,5 m mais plus à 4,0 m : hauteur accessible, 3,5 m.
3. Valeur intermédiaire. Une palette de 1 000 kg, centre de gravité à 550 mm, à poser à 3,2 m.
Ni 3,2 m ni 550 mm ne figurent sur l'abaque. Règle de prudence : on retient la ligne de hauteur immédiatement supérieure (3,5 m) et la colonne de distance immédiatement supérieure (600 mm), soit 800 kg : on ne lève pas. Une interpolation donnerait une valeur plus généreuse et un feu vert à tort. Si la notice du constructeur prévoit une autre méthode pour votre chariot, c'est elle qui prévaut.
Placer la charge pour que la lecture soit juste
La distance à lire est celle du centre de gravité à la face avant des bras de fourche. Elle ne dépend pas que de la palette : elle dépend de la façon de la prendre. Exemple d'illustration : une palette de 800 x 1 200 mm au chargement homogène, prise par son côté de 1 200 mm avec les bras engagés à fond, a son centre de gravité à 600 mm de la face avant des bras ; si les bras sont à peine engagés, la distance augmente et la capacité réelle baisse. Le référentiel le formule ainsi : prendre la charge de manière à en assurer l'équilibre, après avoir évalué la position de son centre de gravité (R.485A, p. 23). L'INRS demande d'engager les bras de fourche à fond sous les charges (ED 766, § 2.5).
Une charge qui n'est pas homogène déplace le centre de gravité : il est souvent au milieu de la charge, pas toujours (ED 766, § 2.3). Une charge plus lourde d'un côté ne se lit pas comme une charge centrée.
À l'épreuve pratique aussi
La fiche d'évaluation pratique reprend ce savoir dans la rubrique « Prise de poste et mise en service » (20 points) : exploiter la plaque de charge et déterminer la charge autorisée aux différentes hauteurs accessibles vaut 6 points, déterminer la masse à vide du gerbeur 2 points (R.485A, A3|2, p. 28). Cela se fait sur le chariot d'examen : la plaque lue est celle de l'engin, pas un exemple de cours. La R.485A ne précise pas où lire la masse à vide ; la notice et le marquage du chariot sont les documents à consulter.
Équipement porte-charge et plaque
Remplacer ou ajouter un équipement porte-charge modifie la stabilité du chariot. En règle générale la capacité diminue : l'employeur doit vérifier les conditions de résistance et de stabilité avec ce nouvel équipement, et le conducteur doit être informé des nouvelles capacités (INRS ED 766, § 2.4). Le programme de la R.485A y revient : l'adéquation du gerbeur à l'opération se vérifie compte tenu de la capacité effective du chariot et de son équipement de préhension (p. 22).
Les pièges les plus fréquents
- Lire la capacité nominale comme la capacité à toute hauteur. Dans l'exemple, 1 200 kg à 2,5 m, mais 600 kg à 4,0 m pour le même centre de gravité.
- Oublier que la hauteur change la réponse. Une charge acceptée au premier niveau d'un palettier peut être refusée au troisième.
- Confondre les deux questions. « Quelle charge à 3,5 m ? » se lit sur une ligne ; « jusqu'à quelle hauteur pour 700 kg ? » se lit sur une colonne.
- Mesurer le centre de gravité depuis le mauvais point. La référence est la face avant des bras de fourche, pas le bord de la palette ni le tablier.
- Garder la plaque d'origine après un changement d'équipement. La capacité diminue en règle générale et le conducteur doit être informé des nouvelles capacités (ED 766, § 2.4).
Questions fréquentes
Que doit-on lire sur la plaque de charge d'un gerbeur accompagnant ?
Selon l'INRS, la plaque précise, sous forme de courbe ou de tableau, les charges que le chariot peut transporter. La capacité dépend du poids et des dimensions de la charge, de la distance de son centre de gravité à la face avant des bras de fourche, de la hauteur d'élévation et, s'il y a lieu, de l'inclinaison du mât (ED 766, § 2.3).
Quelle différence entre capacité nominale et capacité effective ?
La capacité nominale est la charge levée à une hauteur normalisée, mât vertical, pour une distance normalisée du centre de gravité. La capacité effective est la charge que l'engin peut réellement soulever selon le type de mât, la hauteur de levée, la distance du centre de gravité et la présence d'un équipement, sans perdre sa stabilité (ED 812, p. 55).
Comment la lecture de la plaque est-elle évaluée au CACES R485 ?
Au test théorique, le thème « tableau / abaque de charges » vaut 10 points sur 100 : 5 pour la capacité selon la hauteur et le centre de gravité, 5 pour la hauteur accessible selon la masse et le centre de gravité. À l'épreuve pratique, exploiter la plaque de charge et déterminer la charge autorisée aux différentes hauteurs accessibles est noté 6 points (R.485A, p. 26 et 28).
Peut-on lever une charge supérieure à celle de la plaque ?
Non. L'article R4323-33 du Code du travail interdit, hors essais ou épreuves, de soulever une charge supérieure à celle marquée sur l'appareil et, le cas échéant, sur la plaque de charge.
Pour comprendre pourquoi la capacité s'effondre en hauteur, voir la fiche stabilité, renversement et basculement du gerbeur accompagnant. Pour les chariots à conducteur porté, la méthode est détaillée dans la fiche plaque de charge du chariot élévateur (R489).
Sources : recommandation R.485A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (référentiel de formation, annexe 2, p. 21-22 ; contrôle de l'abaque, p. 23 ; barème du test théorique, A3|1, p. 26 ; fiche d'évaluation pratique, A3|2, p. 28) ; INRS ED 766, Chariots automoteurs de manutention, manuel de conduite, 4e édition, avril 2019 (§ 2.3 à 2.5) ; INRS ED 812, Chariots automoteurs de manutention, choix et utilisation, 2e édition, 2001 (p. 9 et 55) ; Code du travail, article R4323-33 (Légifrance). Les valeurs de l'abaque sont fictives, construites pour l'entraînement. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R485.