Gerbeur à conducteur accompagnant : quais, hayons et chargement des véhicules
Un opérateur à pied, un gerbeur et un plancher de camion : le test CACES R485 consacre 10 points aux chutes depuis un quai ou un hayon et aux règles de chargement. Cette fiche reprend ce que le texte demande, point par point.
Ce que vérifie le test théorique R485
Cette fiche couvre 10 points sur 100, dans le thème « Exploitation des gerbeurs à conducteur accompagnant » (50 points) :
- Chute depuis un quai, un hayon élévateur ou lors de l'utilisation d'un pont de liaison (6 pts)
- Règles de chargement / déchargement des véhicules (calage, immobilisation), notamment celles définies par le protocole de sécurité (4 pts)
Source : R.485A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Cette fiche couvre deux points d'évaluation du thème « Exploitation » : la chute depuis un quai, un hayon élévateur ou lors de l'utilisation d'un pont de liaison (6 points) et les règles de chargement et de déchargement des véhicules, calage, immobilisation et protocole de sécurité (4 points). Elle adopte le point de vue du conducteur d'un gerbeur mené à pied. Pour un chariot à conducteur porté, voir la fiche R489 charger et décharger un camion. La place à tenir au timon est traitée dans la fiche causes d'accident et position du conducteur.
Deux chutes possibles : le gerbeur et son conducteur
Le référentiel de la R.485A distingue deux événements (annexe 2, A2|1-F, p. 21) : la chute du chariot depuis un quai, un hayon ou une rampe, et la chute de hauteur du conducteur (quai, hayon). Chacune a ses facteurs :
| Où | Ce qui peut conduire à la chute |
|---|---|
| Quai et pont de liaison | pont de liaison défaillant ou mal positionné ; mouvement du camion |
| Hayon élévateur | surcharge ; absence ou défaillance des butées |
| Rampe | cité sans détail par le texte ; l'INRS demande un sol antidérapant et des glissières de protection du côté vide (ED 6459) |
L'employeur a lui aussi une obligation : les rampes et quais de chargement sont disposés et aménagés de manière à éviter aux travailleurs les risques de chute (Code du travail, R4214-21). Le conducteur ne s'y substitue pas, mais il doit savoir repérer un quai ou un équipement qui ne le permet pas, et ne pas s'y engager.
Une particularité du gerbeur accompagnant. Le conducteur est à pied, à côté de son chariot et du vide d'un quai ou d'un bord de hayon. Il se protège donc de deux façons : en évitant que le gerbeur tombe, et en gardant sa propre position à distance du bord. Le thème précédent (position du conducteur) rejoint ici celui des quais.
Charger ou décharger à quai par l'arrière
À l'épreuve pratique, le candidat charge et décharge un véhicule à quai par l'arrière (R.485A, A2|2-B, p. 23). Le chariot utilisé est « conçu pour charger et décharger un véhicule à quai » ; un gerbeur de hauteur de levée inférieure peut être employé pour cette seule opération si celui des épreuves n'y est pas adapté (A1|4, p. 19). Le texte énumère ce que le conducteur fait avant et pendant l'opération :
- Vérifier que le départ inopiné du camion est impossible. Immobilisation ou calage, dans le cadre du protocole de sécurité.
- Vérifier que le gerbeur convient au véhicule : gabarit du véhicule, résistance du plancher, présence de raidisseurs latéraux.
- S'assurer de l'accès à la plate-forme du véhicule : niveleur correctement positionné, pont de liaison adapté et immobilisé.
- Prévoir l'éclairage, à l'intérieur du véhicule ou sur le gerbeur, si nécessaire.
- Adapter la vitesse et la trajectoire à l'entrée, à la sortie et à l'intérieur du véhicule.
- Prendre et déposer les charges conformément au plan de chargement, en répartissant les charges dans le volume utile.
Avant de s'engager sur un pont de liaison, l'INRS veut trois garanties : il est prévu pour le poids total du chariot en charge, le moyen de transport avec lequel il est en liaison ne peut pas se déplacer, et il est convenablement mis en place et amarré. Pour un plancher de camion, une passerelle ou une rampe ajustable, la même règle vaut : prévu pour le poids et l'encombrement du chariot chargé, en bon état (ED 766, § 3.3).
Un gerbeur est léger, ce qui lui permet d'évoluer sur des planchers de faible résistance (ED 812, § 1.1.2). Ce n'est pas une dispense : le test attend la vérification du plancher, de la même façon.
Immobiliser et caler : le frein de parking ne suffit pas
Le test demande de connaître les règles de chargement et de déchargement, notamment « calage, immobilisation » et celles du protocole de sécurité (barème, p. 27). L'INRS donne le contenu dans sa brochure sur le déchargement et le chargement des camions (ED 6459, mars 2025) :
- Avant d'ouvrir la porte de quai, l'arrière du véhicule est parallèle au quai, le véhicule est calé, et le matériel de jonction quai-camion est immobilisé et correctement positionné.
- Le frein de parking ne remplace pas les cales : le serrage du frein de parking n'exclut pas la mise en place de cales. Sur un site sans système de calage ou de blocage, les cales sont indispensables à chaque immobilisation en stationnement, en complément du freinage.
- Deux cales appropriées, prévues sur le véhicule. Elles se placent de part et d'autre du véhicule sur un même essieu, du côté aval en cas de forte déclivité ; ou de part et d'autre d'une même roue, de préférence sur un essieu non directeur, quand le sens de la pente est difficile à apprécier ou faible.
- Une semi-remorque non attelée : l'INRS conseille fortement un système de calage complémentaire (béquilles, chevalet, tréteau) pour supprimer le risque de basculement de la remorque pendant qu'un engin de manutention y évolue.
Les mouvements du camion font partie des facteurs de chute cités par la R.485A pour le quai. L'ED 6459 y ajoute la défaillance du frein de parking, les sols inégaux, le mauvais état des béquilles, la surcharge, la charge mal répartie et les oscillations de la remorque pendant l'opération. Un quai peut être équipé d'un dispositif de calage ou de blocage asservi pour éviter le départ intempestif du véhicule ; sinon, on cale.
Autre repère de l'INRS pour les rampes d'accès : les pentes maximales compatibles sont « de l'ordre de » 8 % pour les chariots automoteurs à conducteur accompagnant (4 % pour les transpalettes manuels, 10 % pour les chariots à conducteur porté). La limite exacte d'un gerbeur donné est celle de sa notice.
Avec un hayon élévateur
Sans quai, le gerbeur peut monter dans le véhicule par un hayon. La R.485A détaille la démarche (A2|2-B, p. 23-24) :
- Mêmes conditions que pour le quai : immobilisation ou calage interdisant le départ inopiné du camion.
- La charge maximale d'utilisation du hayon est appropriée aux poids cumulés du gerbeur et des charges à manutentionner. C'est le total qui compte, pas seulement la palette.
- L'état et le fonctionnement du hayon sont vérifiés : dispositifs de sécurité, butées escamotables, et présence des documents requis, comme le rapport de vérification périodique du hayon.
- Le gerbeur convient au véhicule : gabarit, résistance du plancher, raidisseurs latéraux.
- Une signalisation est mise en place pour prévenir les risques liés à la circulation des véhicules et des piétons au voisinage du hayon.
- Éclairage, vitesse, plan de chargement : comme à quai.
L'INRS décrit les accidents les plus fréquents au hayon : écrasement de la main, du bras, du pied ou de la tête à la fermeture ou à l'abaissement ; cisaillement du pied entre le hayon et le véhicule ; chute de hauteur depuis le hayon par glissade, perte d'équilibre ou entraînement par la charge ; heurt par un véhicule en circulation pendant la commande (ED 6459). Sont recommandés des butoirs ou volets escamotables contre la chute de la charge, des barrières latérales, et une commande permettant à l'opérateur de se tenir du côté opposé à la circulation.
Le hayon n'est pas un pont de liaison. L'INRS rappelle qu'il ne doit jamais servir de pont entre le camion et le quai, à moins d'avoir été spécifiquement conçu pour cet usage (ED 6459).
Il ne s'utilise que véhicule à l'arrêt et immobilisé, et le véhicule ne circule pas hayon non replié.
Le protocole de sécurité, vu de l'opérateur
Quand une entreprise extérieure de transport vient charger ou décharger, l'opération fait l'objet d'un document écrit, le protocole de sécurité, qui remplace le plan de prévention (Code du travail, R4515-1 et R4515-4). La R.485A demande de savoir exploiter ces documents, avec le plan de circulation et les consignes de sécurité, et de comprendre leur intérêt pour le cariste (A2|1-G, p. 22).
Ce que l'opérateur en retire, en pratique : l'entreprise d'accueil y indique notamment les consignes de sécurité de l'opération, le lieu de livraison et les modalités d'accès et de stationnement accompagnées d'un plan et de consignes de circulation, les matériels et engins spécifiques utilisés, les moyens de secours et le responsable désigné (R4515-6). Le transporteur y décrit les caractéristiques, l'aménagement et les équipements du véhicule et la nature et le conditionnement de la marchandise (R4515-7). Les instructions de mise à quai sont transmises au conducteur du camion via ce protocole avant les manœuvres (INRS ED 6459).
Pour des opérations répétitives entre les mêmes entreprises, un seul protocole, établi avant la première opération, reste applicable tant que les conditions n'ont pas changé de façon significative (R4515-9). Une opération non répétitive donne lieu à un protocole spécifique (R4515-8). Un exemplaire daté et signé est tenu à la disposition du CSE et de l'inspection du travail (R4515-11). Pour établir ce document, le site propose un générateur de protocole de sécurité chargement et déchargement.
Les pièges les plus fréquents
- Croire que le frein de parking suffit. Il n'exclut pas les cales (ED 6459).
- Ne regarder que le poids de la palette. Pont de liaison et hayon se jugent sur le gerbeur plus la charge.
- Utiliser le hayon comme pont de liaison, alors qu'il élève et abaisse des charges.
- Oublier le conducteur dans la chute : au bord du quai ou du hayon, c'est aussi lui qui est exposé.
- Confondre protocole de sécurité et plan de prévention : pour un chargement par un transporteur extérieur, le protocole remplace le plan (R4515-4).
- Prendre une valeur de pente comme un seuil universel. L'INRS parle d'un ordre de grandeur ; la limite d'un gerbeur est dans sa notice.
Questions fréquentes
Le frein de parking du camion remplace-t-il les cales ?
Non : selon l'INRS, il n'exclut pas la mise en place de cales, indispensables en complément du freinage quand le site n'a pas de système de calage ou de blocage (ED 6459). La R.485A attend une immobilisation ou un calage interdisant le départ inopiné du camion.
Peut-on utiliser le hayon élévateur comme pont de liaison ?
Non, sauf s'il a été spécifiquement conçu pour cet usage (INRS ED 6459).
Que vérifier avant de monter un gerbeur sur un hayon ?
Que la charge maximale du hayon couvre les poids cumulés du gerbeur et des charges, que ses dispositifs de sécurité et ses butées fonctionnent, que le rapport de vérification périodique est disponible et qu'une signalisation protège les abords (R.485A, A2|2-B).
Faut-il un protocole de sécurité pour chaque livraison ?
Non pour des opérations répétitives entre les mêmes entreprises : un seul protocole reste applicable tant que les conditions ne changent pas de façon significative (R4515-9). Une opération non répétitive en demande un spécifique (R4515-8).
Sources : recommandation R.485A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 1, A1|4, p. 19 ; annexe 2, A2|1-F et G, p. 21-22 ; A2|2-B, p. 23-24 ; barème du test théorique, p. 27) ; INRS ED 6459, Vigilant à l'arrêt comme au volant, transport routier de marchandises, mars 2025 (calage, quais, rampes, hayons élévateurs) ; INRS ED 766, Chariots automoteurs de manutention, manuel de conduite, 4e édition, avril 2019 (§ 3.3) ; INRS ED 812 (§ 1.1.2) ; Code du travail, articles R4214-21 et R4515-1 à R4515-11 (version au 8 octobre 2026). Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R485.