Article L4624-2 · En vigueur

Article L4624-2 — Examen médical d'aptitude pour postes à risque

L'article L4624-2 impose un suivi individuel renforcé pour les travailleurs affectés à un poste à risques particuliers (amiante, plomb, CMR, rayonnements, hauteur, conduite d'engins…). Examen d'aptitude par le médecin du travail avant la prise de poste, renouvelé périodiquement.

Ce que dit l'article L4624-2

Texte officiel en vigueur depuis le 01/01/2017 :

Tout travailleur affecté à un poste présentant des risques particuliers pour sa santé ou sa sécurité ou pour celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail, défini à l'article L. 4624-2-1, bénéficie d'un suivi individuel renforcé de son état de santé selon des modalités définies par décret en Conseil d'État.

Ce suivi comprend notamment un examen médical d'aptitude, qui se substitue à la visite d'information et de prévention prévue à l'article L. 4624-1. Il est effectué par le médecin du travail préalablement à l'affectation sur le poste.

L'examen médical d'aptitude permet de s'assurer de la compatibilité de l'état de santé du travailleur avec le poste auquel il est affecté, afin de prévenir tout risque grave d'atteinte à sa santé ou sa sécurité ou à celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail. Il est renouvelé périodiquement.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie VI
La formation professionnelle tout au long de la vie
Livre
Livre VI
Titre
Titre II : Surveillance médicale et services de prévention et de santé au travail
Chapitre
Chapitre IV : Actions et moyens des membres des équipes pluridisciplinaires
Section
Section 1 : Actions et moyens des médecins du travail

L'article L4624-2 du Code du travail organise le suivi individuel renforcé (SIR) de l'état de santé pour les travailleurs exposés à des risques particuliers. Au lieu de la simple visite d'information et de prévention (VIP) tous les 5 ans, ces salariés bénéficient d'un examen médical d'aptitude avant affectation, renouvelé périodiquement par le médecin du travail.

Texte officiel

« Tout travailleur affecté à un poste présentant des risques particuliers pour sa santé ou sa sécurité ou pour celles de ses collègues ou des tiers évoluant dans l'environnement immédiat de travail [...] bénéficie d'un suivi individuel renforcé de son état de santé selon des modalités définies par décret en Conseil d'État.
Ce suivi comprend notamment un examen médical d'aptitude, qui se substitue à la visite d'information et de prévention prévue à l'article L. 4624-1. Il est effectué par le médecin du travail préalablement à l'affectation sur le poste. »

En clair

Depuis la réforme du 1ᵉʳ janvier 2017 (loi Travail), il n'y a plus de visite médicale d'embauche systématique. Le régime varie selon le niveau de risque :

  • Suivi de droit commun (L4624-1) : visite d'information et de prévention par un infirmier ou un médecin, dans les 3 mois suivant l'embauche, renouvelée tous les 5 ans.
  • Suivi individuel renforcé (L4624-2) : examen d'aptitude par le médecin du travail AVANT l'embauche, renouvelé tous les 2 ans (visite intermédiaire infirmier) puis tous les 4 ans (médecin).

Postes soumis au suivi individuel renforcé

La liste des « postes à risques particuliers » est définie aux articles L4624-2-1 et R4624-23 du Code du travail :

Risques liés à la santé
  • Exposition à l'amiante
  • Exposition au plomb dans les conditions de R4412-160
  • Agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR)
  • Agents biologiques des groupes 3 et 4
  • Rayonnements ionisants (catégorie A et B)
Risques liés à l'activité
  • Risque hyperbare
  • Risque de chute de hauteur sur échafaudages
  • Conduite d'engins nécessitant une autorisation
  • Manutention manuelle de charges > 55 kg
  • Postes ajoutés par l'employeur sur avis du médecin du travail (art. R4624-23, II)

Calendrier du suivi renforcé

ÉtapeQuandPar qui
Examen d'aptitude préalable à l'affectationAvant la prise de posteMédecin du travail
Visite intermédiaireTous les 2 ans maximumInfirmier ou médecin
Examen d'aptitude périodiqueTous les 4 ans maximumMédecin du travail
Visite de reprise (après arrêt > 60 jours AT/MP, > 60 jours non pro, > 30 jours maladie de + de 30 jours)Dans les 8 jours du retourMédecin du travail
Visite à la demandeÀ tout momentMédecin du travail

Périodicité fixée par décret en Conseil d'État (R4624-28). Le médecin du travail peut prescrire un suivi plus rapproché.

Conséquences de l'avis d'aptitude

L'examen médical d'aptitude se conclut par un avis du médecin du travail, qui peut :

  • Déclarer le salarié apte au poste, sans restriction
  • Délivrer un avis d'aptitude avec aménagements de poste, qui s'imposent à l'employeur (art. L4624-3)
  • Déclarer une inaptitude, déclenchant la procédure d'inaptitude (L1226-10 et suivants)

Affectation sans examen d'aptitude : nullité

L'affectation d'un travailleur à un poste à risques sans examen d'aptitude préalable expose l'employeur à des sanctions pénales (R4745-1 : amende de 5ᵉ classe par travailleur concerné) et constitue un manquement à l'obligation de sécurité de résultat (art. L4121-1). En cas d'AT/MP lié à l'absence de SIR, la faute inexcusable est quasi systématique (art. L4131-4).

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. La liste précise des postes à risques particuliers doit être validée chaque année avec le médecin du travail et le CSE, et formalisée dans le DUERP. Pour bâtir ce dispositif, consultez votre service de prévention et santé au travail (SPST).

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Cas pratiques

Cas 1 — Technicien de maintenance nucléaire

Un technicien recruté en CDI sur une centrale nucléaire est exposé aux rayonnements ionisants en catégorie A. Avant sa prise de poste, il doit obligatoirement passer un examen médical d'aptitude par le médecin du travail (art. L4624-2). Visites intermédiaires tous les 2 ans, examen complet tous les 4 ans. Sans examen préalable, l'affectation est illégale.

Cas 2 — Cariste à conduire un chariot R489

Un magasinier recruté pour conduire un chariot élévateur catégorie 3 (CACES R489) doit passer un examen médical d'aptitude avant la première conduite (art. R4624-23, I, 4°). L'employeur ne peut le laisser conduire en attendant la visite : c'est une faute caractérisée en cas d'accident, ouvrant droit à la faute inexcusable (art. L4131-4).

Cas 3 — Chef de chantier exposé à l'amiante (sous-section 3)

Un chef de chantier travaille sur un programme de désamiantage. Il bénéficie d'un suivi individuel renforcé spécifique à l'amiante : examen d'aptitude préalable, suivi médical post-professionnel à vie, recherches d'expositions consignées dans le dossier médical. Le défaut de SIR amiante est l'une des causes les plus fréquentes de reconnaissance de faute inexcusable (Cass. 2e civ. 21 oct. 2021, n° 19-25.949).

Cas 4 — Demande de visite par le salarié

Un opérateur sur ligne d'embouteillage ressent des douleurs lombaires aiguës. Il demande à son employeur une visite médicale (droit à la demande, art. R4624-34). L'employeur ne peut refuser. Si l'opérateur est sur un poste à SIR (manutention > 55 kg), c'est le médecin du travail qui mène l'examen.

Cas 5 — Affectation sans examen préalable

Une entreprise affecte un nouveau soudeur sur un poste exposé aux fumées de soudage (CMR via émissions de chrome VI) sans visite d'aptitude. Sanctions pénales : amende de 5ᵉ classe (1 500 €) par salarié concerné, doublée en récidive. En cas d'AT, l'enquête de l'inspection du travail relève ce manquement et la faute inexcusable est systématiquement reconnue.

Cas 6 — Liste des postes à risques par l'employeur

Un employeur souhaite ajouter à la liste des postes à SIR un poste de monteur en hauteur, non listé dans les catégories légales. Il peut le faire (art. R4624-23, II) après avis du médecin du travail et consultation du CSE. La liste est annexée au DUERP et transmise au SPST.

Bonne pratique de l'employeur

Réviser annuellement la liste des postes à SIR avec le médecin du travail et le CSE, en cohérence avec le DUERP. Mettre en place une procédure RH bloquant l'affectation tant que l'attestation de suivi n'est pas reçue. C'est l'un des sujets prioritaires de contrôle de l'inspection du travail depuis 2022.

Questions fréquentes

Un dispositif de surveillance médicale spécifique aux travailleurs affectés à un poste présentant des risques particuliers pour leur santé, leur sécurité ou celles de leurs collègues. Il comprend un examen d'aptitude par le médecin du travail avant l'embauche et un suivi périodique (visites intermédiaires tous les 2 ans, examens complets tous les 4 ans).

Liste fixée par les articles L4624-2-1 et R4624-23 : amiante, plomb, agents CMR, agents biologiques groupes 3 et 4, rayonnements ionisants (catégories A et B), risque hyperbare, chute de hauteur sur échafaudages, conduite d'engins nécessitant une autorisation, manutention manuelle > 55 kg, plus tout poste ajouté par l'employeur sur avis du médecin du travail.

Avant la prise de poste (art. L4624-2, al. 2). C'est un examen obligatoirement effectué par le médecin du travail, qui se substitue à la visite d'information et de prévention (VIP) du régime de droit commun. Sans cet examen, l'affectation est illégale.

Le suivi de droit commun (visite d'information et de prévention) peut être effectué par un infirmier dans les 3 mois suivant l'embauche, renouvelé tous les 5 ans. Le SIR exige un examen médical par le médecin du travail AVANT l'embauche, renouvelé tous les 2 à 4 ans selon les modalités.

Sanctions pénales : amende de 5ᵉ classe (1 500 €) par travailleur concerné, doublée en récidive (R4745-1). En cas d'AT/MP lié à l'absence de SIR, la faute inexcusable est quasi systématiquement reconnue (art. L4131-4 et jurisprudence constante), entraînant une indemnisation complète du préjudice de la victime.

Oui. L'article R4624-23, II permet à l'employeur de compléter la liste des postes à risques particuliers, après avis du médecin du travail et consultation du CSE. La liste doit être annexée au DUERP, transmise au service de prévention et de santé au travail, et révisée annuellement.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 28/05/2026.