Article L4622-1 — Obligation d'organiser un service de prévention et de santé au travail (SPST)
L article L4622-1 oblige tout employeur à organiser un service de prévention et de santé au travail (SPST) pour ses salariés, quel que soit l effectif de l entreprise.
Ce que dit l'article L4622-1
Texte officiel en vigueur depuis le 31/03/2022 :
Les employeurs relevant du présent titre organisent des services de prévention et de santé au travail.
En une seule phrase, l'article L4622-1 pose une obligation fondamentale : tout employeur doit faire suivre ses salariés par un service de prévention et de santé au travail (SPST). C'est la porte d'entrée de la médecine du travail à la française.
En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?
Aucun employeur ne peut se soustraire au suivi médical de ses salariés. L'article L4622-1 oblige chaque entreprise à organiser, pour son personnel, un service de prévention et de santé au travail — l'ancien « service de santé au travail », rebaptisé par la loi du 2 août 2021 pour renforcer la dimension prévention.
Concrètement, l'employeur a deux options :
- créer son propre service autonome (généralement les grandes entreprises) ;
- adhérer à un service interentreprises (SPSTI), mutualisé entre plusieurs employeurs — c'est le cas de l'immense majorité des PME.
Ce changement de nom, intervenu le 31 mars 2022, n'est pas qu'un habillage : il marque le glissement d'une logique de simple surveillance médicale vers une logique de prévention active des risques professionnels.
Qui est concerné ?
- Tous les employeurs de droit privé, quelle que soit la taille de l'entreprise — y compris pour un seul salarié ;
- par extension, l'ensemble des salariés, qui bénéficient d'un suivi individuel de leur état de santé ;
- les intérimaires et certains publics spécifiques, avec des modalités de suivi adaptées.
L'adhésion à un SPST n'est pas une faculté : c'est une obligation, et l'absence d'affiliation est en soi un manquement.
Ce que cela implique en pratique
Le SPST ne se limite pas aux visites médicales. Ses missions, précisées notamment à l'article L4622-2, recouvrent :
- la prévention de l'altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail (mission centrale) ;
- une assistance pluridisciplinaire (médecin du travail, infirmier, ergonome, psychologue, IPRP) pour évaluer et prévenir les risques ;
- le conseil de l'employeur, des salariés et de leurs représentants sur les mesures à prendre ;
- la surveillance de l'état de santé via les visites (information-prévention, périodiques, de reprise) ;
- des actions de promotion de la santé au travail.
Ce dispositif s'articule étroitement avec le reste de la prévention : l'obligation de sécurité de l'employeur (L4121-1), le suivi individuel de l'état de santé (L4624-1) et la désignation d'un salarié compétent en prévention (L4644-1). L'évaluation des risques se formalise dans le document unique (DUERP), sur lequel le SPST apporte son appui.
Risques en cas de non-respect
Ne pas adhérer à un service de prévention et de santé au travail, ou priver des salariés du suivi médical obligatoire, constitue un manquement à l'obligation de sécurité. L'employeur s'expose à des sanctions pénales (article L4741-1 du Code du travail) et, en cas de dommage, à la reconnaissance de sa responsabilité, voire de sa faute inexcusable.
À titre informatif uniquement : l'organisation du suivi de santé varie selon les métiers et les risques (suivi individuel renforcé pour les postes à risques). Pour la situation précise de votre entreprise, rapprochez-vous de votre SPST ou d'un conseiller en prévention.
Cas pratiques
Cas n°1 — La TPE qui embauche son premier salarié
Un artisan recrute son premier salarié. Dès cette embauche, il doit adhérer à un service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) de sa zone. L'obligation de l'article L4622-1 s'applique sans seuil : un seul salarié suffit à la déclencher.
Cas n°2 — Le grand groupe industriel et son service autonome
Une entreprise de plusieurs milliers de salariés met en place son propre service de santé au travail autonome, avec ses médecins et son équipe pluridisciplinaire. C'est l'une des deux modalités permises par l'article L4622-1, l'autre étant l'adhésion à un service interentreprises.
Cas n°3 — Au-delà de la visite médicale
Une PME sollicite son SPST non pas pour une visite, mais pour l'aider à évaluer un risque chimique sur une ligne de production. Le service mobilise un IPRP (intervenant en prévention des risques professionnels) qui réalise des mesures et conseille l'employeur : c'est la dimension « prévention » voulue par la loi de 2021.
Cas n°4 — L'absence d'adhésion
Une entreprise n'a jamais affilié ses salariés à un service de santé au travail. À l'occasion d'un contrôle de l'inspection du travail, ce manquement est relevé : il expose l'employeur à des poursuites, indépendamment de tout accident, car le suivi de santé est une obligation en soi.
Questions fréquentes
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Page mise à jour le 19/06/2026.