Convention collective nationale du travail temporaire
L'IDCC 2378 régit les salariés des entreprises de travail temporaire (agences d'intérim) et les intérimaires mis à disposition. Repères pratiques sur l'IFM, l'égalité de traitement et le CDI intérimaire.
Convention complète disponible
Texte intégral, grilles de salaires, dispositions détaillées
Présentation
La convention collective nationale du travail temporaire (IDCC 2378) régit les salariés des entreprises de travail temporaire (ETT, communément appelées agences d'intérim). Elle s'applique à la fois aux salariés permanents des agences (responsables de recrutement, chargés de relation, fonctions support) et aux salariés intérimaires mis à disposition d'entreprises utilisatrices.
Champ d'application
- les entreprises de travail temporaire classiques (généralistes ou spécialisées BTP, industrie, tertiaire, médical) ;
- les plateformes de mise en relation assimilables juridiquement à des ETT (« jobboards intérim ») ;
- les entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI), avec dispositions spécifiques.
Le travail temporaire est encadré par les articles L.1251-1 et suivants du Code du travail (cas de recours, durée maximale, motifs interdits, contrat de mise à disposition entre ETT et entreprise utilisatrice).
Catégories couvertes
- les salariés intérimaires (ouvriers, employés, agents de maîtrise, cadres) mis à disposition, dont la rémunération et le statut sont alignés sur la convention applicable à l'entreprise utilisatrice pour la durée de la mission (principe d'égalité de traitement, article L.1251-43 du Code du travail) ;
- les salariés permanents de l'agence (CDI ou CDD de droit commun) couverts directement par les dispositions de la convention 2378.
Spécificités notables
- Indemnité de fin de mission (IFM, dite « prime de précarité ») : 10 % de la rémunération brute totale versée au terme de chaque mission, sauf cas légaux d'exclusion (article L.1251-32) ;
- Indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) : 10 % de la rémunération brute totale (mission + IFM), versée à la fin de la mission ;
- Égalité de traitement avec les salariés permanents de l'entreprise utilisatrice (salaire, conditions de travail, accès aux équipements, RTT) ;
- CDI intérimaire (CDI-I) : forme spécifique de CDI conclu entre l'intérimaire et l'ETT, avec garantie de rémunération entre les missions ;
- Compte épargne-temps et fonds de solidarité propres à la branche ;
- Responsabilité partagée en matière de santé et sécurité : l'entreprise utilisatrice est responsable des conditions d'exécution du travail, l'ETT du suivi médical et du contrat de travail ;
- Prévoyance et frais de santé de branche.
Pour les montants exacts, consultez la version en vigueur sur Légifrance.
Champ d'application
Cette convention concerne principalement les entreprises classées sous les codes NAF suivants :
78.20Z 78.30Z
Liste indicative — votre convention réelle peut différer selon l'activité principale réellement exercée et les éventuels accords d'entreprise.
Points clés
- IDCC 2378 : convention collective nationale du travail temporaire. Couvre les salariés permanents des ETT et les intérimaires mis à disposition.
- Cadre légal : articles L.1251-1 et suivants du Code du travail (cas de recours, durée maximale, motifs interdits, contrats de mission et de mise à disposition).
- Égalité de traitement : la rémunération et les conditions de travail de l'intérimaire sont alignées sur celles d'un salarié permanent de l'entreprise utilisatrice (article L.1251-43).
- Indemnité de fin de mission (IFM / prime de précarité) : 10 % de la rémunération brute totale, sauf cas d'exclusion légaux (CDI-I, saisonniers, refus de CDI à la suite, etc.).
- Indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) : 10 % de la rémunération brute totale (mission + IFM), versée à la fin de chaque mission.
- CDI intérimaire (CDI-I) : CDI conclu avec l'ETT, avec garantie de rémunération minimale entre les missions et durée maximale d'inter-mission encadrée.
- Santé et sécurité : responsabilité partagée entre ETT (suivi médical, contrat) et entreprise utilisatrice (conditions d'exécution, accueil, formation au poste).
- Cas de recours limitatifs : remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier, emploi d'usage. Recours interdit pour remplacer un gréviste.
- Vérification du rattachement : bulletin de paie obligatoire mentionnant la convention (article R3243-1 du Code du travail).
Cas pratiques
Cas n° 1 — IFM (prime de précarité) non versée à tort
Un intérimaire termine une mission de trois mois en industrie. Son agence ne lui verse pas l'indemnité de fin de mission. L'IFM est due au titre de l'article L.1251-32 du Code du travail (10 % de la rémunération brute totale), sauf cas d'exclusion strictement énumérés : refus du salarié de signer un CDI dans l'entreprise utilisatrice pour le même emploi avec rémunération au moins équivalente, rupture anticipée de la mission à l'initiative du salarié, faute grave, etc. Hors ces cas, le salarié peut adresser une mise en demeure à l'ETT et, à défaut, saisir le conseil de prud'hommes.
Cas n° 2 — Égalité de traitement et prime d'équipe non versée
Une intérimaire en logistique constate que les salariés permanents de l'entreprise utilisatrice reçoivent une prime d'équipe ou une prime de panier qu'elle ne perçoit pas. L'article L.1251-43 du Code du travail pose le principe d'égalité de traitement entre intérimaires et salariés permanents pour les éléments de rémunération liés à l'emploi tenu. La salariée peut demander à l'ETT le versement de la prime correspondante. L'ETT est tenue de l'obtenir auprès de l'entreprise utilisatrice et de la verser à la salariée, et peut elle-même en réclamer la facturation à l'entreprise utilisatrice.
Cas n° 3 — Accident du travail et responsabilité partagée
Un intérimaire est victime d'un accident du travail sur le site d'une entreprise utilisatrice. L'entreprise utilisatrice est responsable des conditions d'exécution du travail (sécurité au poste, formation à l'accueil, EPI) et doit prévenir l'ETT dans les 24 heures. L'ETT, employeur juridique du salarié, déclare l'accident à la CPAM dans les 48 heures. La responsabilité civile (et le cas échéant pénale) peut être partagée selon les manquements respectifs constatés. En cas de faute inexcusable, l'indemnisation complémentaire peut être obtenue.
Questions fréquentes
Page mise à jour le 26/05/2026.