Électricité de base
Le risque électrique

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 3 : Le risque électrique 18 min de lecture

3.2 Contacts directs, contacts indirects et arc électrique : d'où viennent les accidents

Un accident électrique n'arrive pas par hasard : il naît presque toujours d'un contact avec une pièce nue, d'une masse devenue dangereuse, d'un arc, d'une surchauffe ou d'une surtension. Ce chapitre classe ces origines pour que vous sachiez, face à une situation, de quel risque il s'agit.

Direct ou indirect : deux contacts, deux logiques de prévention

Contact direct

  • Contact avec une pièce nue habituellement sous tension
  • Exemple : âme d'un câble dénudé, borne de raccordement
  • Risque pour la personne : électrisation, électrocution, brûlure ; pour l'installation : aucun

Contact indirect

  • Contact avec une masse mise accidentellement sous tension
  • Exemple : enveloppe métallique d'armoire dont un élément est en défaut d'isolement et qui n'est pas reliée à la terre
  • Mêmes effets sur la personne, mais mesures de prévention différentes
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Le contact direct : toucher ce qui est sous tension

Un contact direct est le contact physique entre une personne et une pièce nue habituellement sous tension : partie conductrice d'un câble, borne de raccordement, âme d'un conducteur dénudé. Ce contact soumet le corps à une tension (une différence de potentiel) entre le point de contact et la partie du corps en liaison avec la terre, et provoque la circulation d'un courant.

Le contact peut s'établir avec la main, la tête, le coude, le pied. Il peut aussi s'établir par l'intermédiaire d'un objet conducteur : un outil, une barre d'acier, une échelle ou un échafaudage métalliques, un camion-nacelle. C'est le cas, par exemple, d'un engin ou d'une échelle métallique qui entre en contact avec une pièce nue : la personne ne touche pas directement le conducteur, c'est son équipement qui le touche.

Risques pour la personne : électrisation, électrocution, brûlure. Risque pour l'installation : aucun. La circulation ou non d'un courant de défaut dépend du schéma des liaisons à la terre (TT, TN ou IT), que traitent la norme NF C 15-100 et la formation d'électricien industriel.
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Le contact indirect : toucher ce qui est devenu dangereux

Un contact indirect est un contact avec une pièce conductrice mise accidentellement sous tension. L'exemple de l'INRS : l'enveloppe métallique d'une armoire électrique peut se trouver sous tension si un de ses éléments est en défaut d'isolement et qu'elle n'est pas reliée à la terre. La personne qui touche cette enveloppe subit une électrisation.

Les défauts d'isolement qui peuvent se produire sur un grand nombre de récepteurs constituent, pour l'INRS, sans doute le danger le plus sournois, à cause de l'apparence totalement inoffensive des appareils qui en sont affectés. Quand un contact électrique s'établit entre une phase et l'enveloppe externe métallique, celle-ci est portée au potentiel du réseau : la personne qui toucherait l'appareil est exposée à une électrisation ou à une électrocution.

Les effets sur le corps d'un contact indirect sont identiques à ceux d'un contact direct ; seules les mesures de prévention diffèrent (chapitre 3.3). D'où la nécessité de bien différencier les deux.

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L'arc électrique : le danger sans contact

Un arc électrique est susceptible d'apparaître lorsqu'on ouvre ou ferme un circuit, par exemple en manœuvrant un sectionneur en charge. Sous l'influence de la tension présente entre les extrémités des conducteurs que l'on sépare ou approche, les électrons libres sortent du métal et heurtent violemment les molécules d'air, ce qui arrache des électrons aux atomes de l'air et le rend subitement conducteur : c'est l'ionisation de l'air.

L'arc s'accompagne d'une projection de particules métalliques en fusion, à plus de 3 000 °C. Il peut aussi jaillir entre deux conducteurs ou deux récepteurs voisins portés à des potentiels différents lorsque la couche qui les sépare n'est pas assez épaisse ou que son isolation s'est dégradée. Un court-circuit dans une installation provoque un arc pouvant avoir des conséquences importantes. Les éclairs d'orage sont, eux, des arcs d'électricité statique entre deux nuages ou entre un nuage et la terre.

Risques pour la personne : brûlures, lésions oculaires. Pour l'installation : destruction de matériel par les surtensions, incendie ou explosion.

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Étincelle, surchauffe, incendie et explosion

Une étincelle ou une surchauffe d'origine électrique peut déclencher un incendie ou une explosion. Selon l'ONSE, citée par l'INRS, 25 % des incendies seraient de source électrique. Les causes principales :

  • l'échauffement des câbles par surcharge ;
  • le court-circuit, qui entraîne un arc électrique ;
  • un défaut d'isolement conduisant à une circulation anormale de courant ;
  • des contacts défectueux (connexion mal serrée ou oxydée) qui augmentent la résistance de contact et provoquent un échauffement.

Pour qu'une explosion se produise, six conditions doivent être réunies simultanément : un comburant (en général l'oxygène de l'air), un combustible, une source d'inflammation, un état particulier du combustible (gaz, vapeurs, brouillard ou poussières en suspension), un domaine d'explosivité et un confinement suffisant. L'énergie électrique peut constituer la source d'inflammation : étincelle d'une décharge d'électricité statique (même de très faible énergie), étincelle de fonctionnement normal d'un appareillage, arc électrique, ou surface chaude d'un matériel.

Dans un local à atmosphère explosive, on n'entre jamais avec un appareil électrique non adapté : le matériel doit être choisi selon la nature de l'atmosphère (gaz ou poussières), voir la formation ATEX niveau 0.

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Surtensions et foudre

Une surtension est une élévation de tension anormale dans une installation. L'INRS en cite trois origines :

  • un défaut d'isolement entre installations de tensions différentes ;
  • des courants induits à la suite de décharges atmosphériques (foudre) sur un ouvrage ou une installation électrique, par exemple des lignes aériennes ;
  • des manœuvres d'appareillage (disjoncteur ou sectionneur).

Ces surtensions durent de quelques dizaines de microsecondes à plusieurs secondes. Le risque pour la personne dépend de la valeur de la surtension et de sa durée ; pour l'installation, on redoute la destruction du matériel, l'incendie ou l'explosion.

La protection passe par des parafoudres, dont la mise en œuvre dépend notamment de la sévérité orageuse du lieu (niveau kéraunique et densité de foudroiement) et du type d'alimentation, aérienne ou souterraine. Les règles sont détaillées dans la norme NF C 15-100 (partie 4-44), que nous ne reproduisons pas.

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Outils portatifs, locaux à risque et mauvaise perception du risque

La gravité des dommages est accrue quand le sol ou les parois du local sont constitués de parties métalliques non isolées de la terre, ou quand le sol est humide ou mouillé. L'INRS cite les blanchisseries, teintureries, laiteries, chantiers du BTP, mais aussi les enceintes exiguës telles que des cuves métalliques ou des vides sanitaires. Les outils électroportatifs y sont particulièrement dangereux quand ils sont maltraités ou mal entretenus (chapitre 2.2).

Le comportement humain n'est en général pas déterminant dans l'origine d'un accident, mais il peut le devenir quand il s'associe à un événement déclencheur d'ordre matériel. L'INRS identifie plusieurs causes de mauvaise perception :

  • l'électricité est non visible, souvent silencieuse et difficile à détecter ;
  • la minimisation du risque : l'appellation « basse tension » est parfois considérée à tort comme une garantie de non-exposition aux dangers électriques ;
  • la méconnaissance du risque ou des instructions de travail ;
  • l'utilisation d'un outillage non adapté.
Deux idées reçues à bannir (INRS). « Un travail à proximité d'une pièce nue sous tension peut être effectué sans précaution s'il est de courte durée » ; « une intervention mineure peut être réalisée par une personne non formée ». Ces deux affirmations sont fausses.
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Exercice : classer cinq situations

Associez chaque situation à l'origine du risque, puis vérifiez.

Un travailleur touche la borne d'un coffret dont le capot a été retiré.
Contact direct : pièce nue habituellement sous tension.
Un opérateur touche la carcasse métallique d'une machine dont l'isolation est défaillante et qui n'est pas reliée à la terre.
Contact indirect : masse mise accidentellement sous tension.
Un sectionneur est manœuvré en charge et un éclair jaillit.
Arc électrique : ouverture d'un circuit en charge ; risque de brûlure sans contact.
Une échelle métallique appuyée contre une pièce nue sous tension est touchée par un travailleur.
Contact direct par l'intermédiaire d'un objet conducteur : l'échelle prolonge le contact.
Un orage frappe une ligne aérienne et des équipements sont détruits dans l'atelier.
Surtension d'origine atmosphérique : courants induits par la foudre ; des parafoudres peuvent s'imposer selon le site.

Les six conditions d'une explosion d'origine électrique

Comburant

En général l'oxygène de l'air.

Combustible

Essence, hydrogène, bois, papier…

Source d'inflammation

Étincelle, arc, surface chaude, flamme.

État du combustible

Gaz, vapeurs, brouillard ou poussières en suspension.

Domaine d'explosivité

Concentration dans l'air comprise dans un intervalle précis.

Confinement

Un volume suffisamment fermé pour que la pression monte.

Sources

  • INRS, ED 6345 « L'électricité » (novembre 2019) — inrs.fr, chapitre 3 « Les causes du risque électrique » (§ 3.1 à 3.8)
  • NF C 15-100 (AFNOR), partie 4-44 (protection contre les surtensions) — norme citée, non reproduite

À retenir

  • Contact direct = pièce nue sous tension ; contact indirect = masse devenue dangereuse par défaut d'isolement. Mêmes effets, mesures différentes.
  • Le contact peut passer par un outil, une échelle métallique, un engin : le danger dépasse le simple geste de la main.
  • L'arc électrique naît à l'ouverture ou à la fermeture d'un circuit (jusqu'à plus de 3 000 °C) et brûle sans contact.
  • 25 % des incendies seraient d'origine électrique (ONSE) ; une explosion exige six conditions simultanées.
  • Les surtensions viennent de la foudre, des manœuvres d'appareillage ou d'un défaut entre installations : parafoudres selon le site.
  • Sol mouillé ou métallique, outillage maltraité, « basse tension = sans danger » : les situations et idées reçues qui font les accidents.

Sommaire de la formation

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