Bases théoriques du sapeur-pompier
Secours d'urgence aux personnes

Module 2 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 2 : Secours d'urgence aux personnes 19 min de lecture

2.1 Cadre du secourisme : références techniques nationales, sécurité, hygiène

Le secours d'urgence aux personnes représente une grande part de l'activité des sapeurs-pompiers. Avant toute notion de bilan ou de détresse, l'équipier doit connaître le cadre qui organise les premiers secours en France depuis l'été 2026, le rôle du citoyen et du secouriste, la façon dont l'alerte parvient aux secours, et les règles de sécurité et d'hygiène qui protègent l'intervenant comme la victime. Ce chapitre s'appuie sur l'arrêté du 7 juillet 2026 et sur les références techniques nationales qui y sont annexées.

Ce que règle l'arrêté du 7 juillet 2026

Annexe 1

Sensibilisation aux gestes qui sauvent (GQS)

Annexe 2

Premiers secours citoyen (PSC), formation de base du citoyen

Annexe 3

Premiers secours en équipe, niveaux 1 et 2 (PSE1, PSE2)

Chaque annexe contient les références techniques nationales du niveau concerné.

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Un texte de référence depuis juillet 2026

Connaissances, pas gestes. La formation opérationnelle des sapeurs-pompiers relève du SDIS et les gestes de secours s'apprennent en formation PSC (premiers secours citoyen, ex-PSC1) et PSE. Ce chapitre explique les notions et le vocabulaire des références techniques nationales ; il ne décrit aucun geste à appliquer.

L'arrêté du 7 juillet 2026, publié au Journal officiel du 11 juillet 2026, fixe les références techniques nationales (RTN) de premiers secours. Son architecture est simple : l'annexe 1 porte sur la sensibilisation aux gestes qui sauvent (GQS), l'annexe 2 sur les premiers secours citoyen (PSC) et l'annexe 3 sur les premiers secours en équipe de niveaux 1 et 2 (PSE1 et PSE2). D'autres articles traitent des formateurs, et l'article 7 prévoit que les références sont consultables sur le site du ministre chargé de la sécurité civile.

Ces références remplacent les anciennes « recommandations » de premiers secours, longtemps citées sous ce nom dans les manuels. Leur préface en donne l'objet : assurer « la cohérence, au plan national, des bonnes pratiques en matière de premiers secours », en application de l'article L112-2 du code de la sécurité intérieure. Elle précise que le document est un « recueil des règles de l'art », qu'il « n'est pas un guide pédagogique » et que les références « sont susceptibles de produire des effets de droit, notamment dans l'examen des responsabilités des acteurs qui ne les auraient pas respectées ».

Le document est découpé en fiches de trois types, chacune identifiée par un code et une date d'actualisation :

  • les apports de connaissances (AC), destinés surtout aux formateurs, qui expliquent le contexte et le principe d'action ;
  • les procédures (PR), qui sont des conduites à tenir générales ou particulières ;
  • les fiches techniques (FT), qui décrivent la réalisation d'un geste et sa justification.

Un code comme « 04AC01 » se lit ainsi : chapitre 04 (les bilans), fiche d'apport de connaissances, première du chapitre. Les fiches sont classées « selon la logique de rechercher et traiter en priorité « ce qui tue en premier » ». Toutes ne datent pas de 2026 : beaucoup restent datées de 2014 à 2023 et ont été reprises telles quelles. Pour citer correctement une notion, il faut donc citer la fiche et sa date, et non « les recommandations de 2026 » en général. Ce module ne traite que des apports de connaissances.

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Le citoyen, premier maillon, et le rôle du secouriste

La fiche 01AC01 « Le citoyen de sécurité civile » rappelle le principe posé par la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004, repris à l'article L721-1 du code de la sécurité intérieure :

« Toute personne concourt par son comportement à la sécurité civile. En fonction des situations auxquelles elle est confrontée et dans la mesure de ses possibilités, elle veille à prévenir les services de secours et à prendre les premières dispositions nécessaires. »

— Code de la sécurité intérieure, art. L721-1, cité par la fiche 01AC01 [07-2026]

La même fiche invite toute personne qui a suivi une sensibilisation aux gestes qui sauvent, conçue à l'origine pour répondre à une situation d'attentat, à poursuivre par une formation « premiers secours citoyen (PSC) », présentée comme la « formation de base du citoyen ». C'est le nom retenu par les références de 2026, là où l'on parlait auparavant de PSC1.

La fiche 01AC02 « Enjeux et principes » définit ensuite le secouriste comme « le premier acteur opérationnel, formé et entraîné à la prise en charge de personnes victime d'un accident, d'un malaise, d'une aggravation brutale d'une maladie ou de toute autre situation venant interrompre leur quotidien ». Elle décrit son rôle, seul ou en équipe, par une suite d'étapes :

ÉtapeCe qu'en dit la fiche 01AC02
Se rendre sur les lieuxConnaître le lieu et la zone géographique permet d'arriver plus vite ; un message signale l'arrivée.
ProtégerRechercher un danger pour soi, la victime ou les tiers, et mettre tout le monde en sécurité.
Accéder à la victimeParfois seulement après une manœuvre de sauvetage spécialisée, dans la limite de ses qualifications.
ExaminerRéaliser un bilan pour déceler une détresse vitale ou psychique.
Alerter, faire alerterLe plus précocement possible ; en équipe, selon les procédures internes.
Secourir, surveillerMettre en œuvre les conduites à tenir adaptées, puis surveiller l'état physique et psychologique.
Aider les renfortsTransmettre les éléments de l'intervention et proposer son aide, dans la limite de ses compétences.

La fiche ajoute un devoir : maintenir ses connaissances par la formation continue, qui sert aussi de retour d'expérience. Ces étapes ne sont pas un acronyme à réciter ; les références n'emploient pas de formule du type « PAS » ou « PEAS ».

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L'alerte : informer un service d'urgence

La fiche 12AC02 définit l'alerte comme « l'action qui consiste à informer un service d'urgence de la présence d'une ou plusieurs victimes affectées par une ou plusieurs détresses ainsi que de la nature de l'assistance qui leur est apportée ». Elle souligne que l'absence d'information d'un service d'urgence « peut compromettre la vie ou la santé d'une victime malgré les gestes de premiers secours assurés par un sauveteur ».

L'alerte est donnée auprès d'un numéro d'urgence gratuit, après une évaluation rapide de la situation et des risques :

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Sapeurs-pompiers : secours d'urgence aux personnes, accidents divers, incendies

15

SAMU : réponse médicale, problèmes urgents de santé, conseil médical

112

Appels d'urgence, valable dans toute l'Union européenne

114

Personnes sourdes, sourdaveugles, malentendantes, aphasiques ; violences intrafamiliales

Les informations minimales à transmettre sont, selon la même fiche : le numéro de téléphone ou de la borne d'appel, la nature du problème, le nombre de victimes en cas de situation à victimes multiples et la localisation la plus précise possible. L'appelant répond aux questions, applique les consignes et ne raccroche que sur instruction de l'opérateur. Lorsqu'un témoin donne l'alerte, il faut s'assurer avant qu'il dispose de tous les éléments, et vérifier après qu'il l'a bien fait.

La fiche 12AC03 traite d'une autre alerte, celle des populations, « mesure exceptionnelle » diffusée par les services de l'État pour avertir d'un danger imminent : sirènes du signal national d'alerte, notifications « FR-Alert » sur les téléphones portables, médias et réseaux sociaux. FR-Alert, actif depuis juin 2022, ne nécessite ni inscription ni application : le téléphone doit simplement se trouver dans la zone concernée, être allumé et avoir du réseau.

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La sécurité de l'intervenant

Le premier des principes de base énumérés par la fiche 01AC02 est de « respecter les règles d'hygiène et de sécurité, individuelles et collectives ». Viennent ensuite ne pas nuire aux victimes, maîtriser les techniques et le matériel, s'adapter à la situation et aider les autres équipes. Le deuxième principe est illustré par un exemple : en l'absence de risque vital, il est souvent judicieux de laisser une victime dans la position où elle se trouve plutôt que de la déplacer sans le personnel et le matériel nécessaires.

La fiche 02AC01 détaille l'équipement de protection individuelle selon les missions : gants à usage unique contre la transmission de germes par les mains, bandes réfléchissantes ou chasuble pour être vu, gants de manutention contre les objets tranchants, blouson adapté au climat, casque sur un accident de la circulation ou de chantier, lampe pour travailler dans l'obscurité.

La sécurité commence dès le premier regard du bilan (fiche 02PR01) : approcher prudemment, repérer les dangers et les personnes exposées, regarder autour de la victime en restant à distance. Puis délimiter clairement la zone, mettre en place les moyens de protection collective et supprimer, si possible durablement, les dangers environnants, notamment le risque de suraccident.

La fiche 02PR02 décrit quelques situations particulières. Retenons-en les principes, qui sont des connaissances de sécurité et non des techniques :

  • Électricité : ne pas s'approcher ni toucher une victime avant d'être certain que l'alimentation est coupée ; devant un câble au sol, ne pas approcher et attendre les équipes spécialisées. La fiche précise que le bois humide ou les vêtements « ne procurent aucune protection contre le courant électrique ».
  • Accident de la route : signaler sa présence, se protéger par une tenue haute visibilité, baliser de part et d'autre et interdire l'approche si un danger persiste, par exemple une fuite de matières dangereuses.
  • Monoxyde de carbone : dans un endroit fermé, faire évacuer et alerter les sapeurs-pompiers, qui disposent de détecteurs de ce gaz.
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Le risque infectieux

La fiche 03AC02 rappelle qu'une infection est la conséquence de la pénétration dans l'organisme d'un nombre suffisant d'agents (bactérie, virus, champignon, parasite) pour y proliférer. Elle peut rester « muette » : on parle alors de porteur sain. Une victime comme un secouriste peut donc représenter un réservoir d'agents infectieux sans le savoir.

Les germes se transmettent de plusieurs façons :

VoieCe que dit la fiche 03AC02
Contact« La voie la plus importante de transmission des microorganismes » ; le réservoir principal est l'être humain et, dans la plupart des cas, les mains sont le vecteur.
GouttelettesFines gouttes émises en parlant, toussant ou expirant ; elles restent peu de temps en suspension et ne contaminent qu'à courte distance (grippe, par exemple).
AirTrès fines particules qui restent longtemps en suspension ; vecteur de maladies comme la tuberculose ou la varicelle.
Autres voiesEau ou nourriture contaminées, certains produits issus du sang, matériel de secours insuffisamment désinfecté.

Comme l'intervenant ignore souvent si la victime, ou lui-même, est porteur d'une infection, il applique systématiquement des précautions dites standards. Elles s'appliquent à tous les intervenants et poursuivent un double objectif, la protection du personnel et celle de la victime. Des précautions particulières s'y ajoutent selon le niveau de risque ou sur consigne de l'autorité d'emploi, par exemple face à des maladies transmissibles comme la tuberculose ou la méningite.

La même fiche définit l'accident d'exposition à un risque viral et en décrit la prévention, qui commence bien avant l'intervention : vaccination contre l'hépatite B, port des équipements, respect des précautions, matériel de sécurité et formation spécifique.

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Hygiène et asepsie : le vocabulaire à maîtriser

La fiche 03PR02 énumère les précautions standards. En dehors des interventions : hygiène corporelle quotidienne, ongles courts, lavage et désinfection réguliers des mains. Pendant l'intervention : tenue adaptée et lavable, changée dès qu'elle est souillée ; gants à usage unique changés régulièrement ; masque, voire lunettes ou visière, en cas de risque de projection ; procédures de gestion des déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI) ; pansement sur toute plaie ; draps à usage unique ou lavés après chaque transport ; entretien des surfaces et du matériel après chaque intervention.

Deux mots reviennent sans cesse dans ces fiches et sont souvent confondus. La fiche 12AC01 « Informations générales » les définit :

Détergent

Produit nettoyant qui rend le support propre visuellement : il dégraisse, détache les particules et les met en suspension pour qu'elles soient éliminées. Il ne contient pas de substance antimicrobienne et son action suppose aussi une action mécanique (brossage, frottement).

Désinfectant

Produit qui « ne peut être utilisé que sur les surfaces propres » pour éliminer, inactiver ou tuer les micro-organismes, après le temps de détersion. Les produits utilisés sont normés (normes AFNOR) pour les activités bactéricide et fongicide.

Autrement dit, on nettoie avant de désinfecter : un désinfectant appliqué sur une surface sale n'est pas efficace. C'est la logique des fiches techniques consacrées au nettoyage du matériel, du véhicule et des locaux.

La fiche 02AC01 rappelle enfin le rôle de la vaccination : un organisme immunisé peut être contaminé sans développer la maladie, et certaines vaccinations, recommandées en règle générale par le service médical de l'autorité d'emploi, imposent des rappels. Mais il n'existe pas de vaccin pour chaque germe : les mesures de protection restent indispensables. Pour vérifier ces notions, le QCM secours d'urgence aux personnes propose trente questions corrigées.

De la protection de l'intervenant à celle de la victime

Reconnaître

Dangers et personnes exposées

Délimiter

Zone d'intervention, protection collective

Se protéger

EPI et précautions standards

Alerter

Informer un service d'urgence

Sources

  • Arrêté du 7 juillet 2026 (NOR INTE2618304A, JORF n° 0161 du 11 juillet 2026, JORFTEXT000054414774), art. 2 à 4 et 7 — Légifrance
  • Références techniques nationales PSE, juillet 2026 : préface et sommaire ; fiches 01AC01 [07-2026], 01AC02 [07-2026], 02AC01 [06-2018], 02PR01 [06-2018], 02PR02 [07-2026], 03AC02 [09-2014], 03PR02 [09-2014], 12AC01 [09-2014], 12AC02 [07-2026], 12AC03 [07-2026] — securite-civile.interieur.gouv.fr
  • Code de la sécurité intérieure, art. L112-2 et L721-1 — Légifrance

À retenir

  • Depuis l'arrêté du 7 juillet 2026, les références techniques nationales encadrent le GQS (annexe 1), le PSC (annexe 2) et les PSE1 et PSE2 (annexe 3).
  • Les fiches sont codées et datées : apports de connaissances (AC), procédures (PR), fiches techniques (FT). On cite la fiche et sa date.
  • L'alerte informe un service d'urgence : 18, 15, 112, 114 ; FR-Alert sert à l'alerte des populations, sans inscription.
  • Premier principe du secouriste : respecter les règles d'hygiène et de sécurité ; deuxième : ne pas nuire à la victime.
  • La transmission par contact, souvent par les mains, est la voie la plus importante ; les précautions standards protègent le personnel et la victime.
  • On nettoie avant de désinfecter : le désinfectant ne s'emploie que sur une surface propre. Les gestes, eux, s'apprennent en PSC et PSE.

Sommaire de la formation