Bases théoriques du sapeur-pompier
Techniques opérationnelles

Module 4 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 4 : Techniques opérationnelles 18 min de lecture

4.3 Transmissions et topographie : les notions de base

Se faire entendre et savoir où l'on est : deux compétences discrètes, mais présentes dans toutes les interventions. Le programme de l'équipier sapeur-pompier les range parmi les techniques opérationnelles, aux côtés des éléments de construction. Ce chapitre rassemble ce que disent les guides nationaux sur les transmissions et ce que l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) explique sur la lecture des cartes et la mesure du relief.

Connaissances, pas gestes. La formation opérationnelle des sapeurs-pompiers relève du service d'incendie et de secours, qui décline la doctrine nationale dans ses propres documents ; les gestes de secours s'apprennent en formation PSC (ex-PSC1) et PSE. Ce chapitre présente des notions théoriques tirées des guides nationaux, sans valeur d'usage ni règle d'engagement applicable en l'état.

Deux domaines, six notions

ANTARES

Les transmissions des secours

Ordre de base national

Les règles de l'architecture des transmissions

Contact et détresse

Rester joignable, savoir alerter

La carte

Échelle, symboles, relief

Le nord et la position

Orienter la carte, se situer

Altitudes et géodésie

Mesurer le relief et la Terre

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Ce que le programme range dans les techniques opérationnelles

Le programme de l'équipier sapeur-pompier volontaire, fixé par l'article 2 de l'arrêté du 30 novembre 2020 pour le second concours de caporal, regroupe sous le titre « Techniques opérationnelles » huit thèmes : l'équipement de protection individuelle et l'appareil respiratoire isolant, le lot de sauvetage et de protection contre les chutes, les échelles, les éléments de construction, la topographie, les transmissions, les techniques et matériels communs à divers types d'opérations, et les règles de sécurité.

Les quatre premiers ont été abordés aux chapitres 4.1 et 4.2. Ce chapitre traite les trois thèmes restants qui se prêtent à des connaissances théoriques : les transmissions, la topographie et les éléments de construction.

Une précision s'impose : ce programme est celui d'une épreuve de concours. La formation initiale des sapeurs-pompiers volontaires, organisée par l'arrêté du 22 août 2019 modifié, fonctionne par blocs de compétences évalués par le SIS, sans questionnaire national. Le programme sert donc ici de plan de révision, pas de référentiel de formation.

Pour les transmissions en particulier, il faut garder à l'esprit que les procédures radio (indicatifs, conférences, priorités) relèvent de documents opérationnels propres aux services, qui ne sont pas présentés ici. Ce chapitre s'en tient à ce que disent les textes et guides accessibles.

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Les transmissions des services de secours

Le sigle ANTARES apparaît dans tous les guides récents. L'annexe A du guide feux de forêts de 2021 le développe : « adaptation nationale des transmissions aux risques et aux secours ». Le sigle désigne donc les transmissions des services de secours ; le même guide cite le « bouton d'urgence ANTARES » parmi les moyens de déclencher une communication de détresse.

Au-dessus des matériels, une organisation nationale encadre les transmissions de la sécurité civile. L'arrêté du 23 décembre 2009 relatif à l'ordre de base national des systèmes d'information et de communication de la sécurité civile (OBNSIC) en pose le principe dans son article 1er : cet ordre fixe les règles de mise en œuvre de l'architecture unique des transmissions (AUT). Le contenu détaillé de l'OBNSIC, qui relève de documents opérationnels, n'est pas présenté ici.

Sur le terrain, les transmissions ne se limitent pas à la radio. Le guide « Engagement en milieu vicié » décrit des systèmes de communication qui doivent permettre, à tout moment, la communication propre au binôme, la communication entre les binômes et la communication avec le contrôleur qui gère le point de pénétration. Ces moyens peuvent être sonores, visuels ou radio, et un code de communication est établi avant l'engagement.

« Le contact radio doit être constant entre tous les échelons hiérarchiques. »

— GTO « Lutte contre les feux de forêts et d'espaces naturels » (DGSCGC, 1re édition, février 2021), chapitre consacré à la sécurité des personnels, p. 42

Cette phrase, écrite pour les feux de forêts (dont l'organisation des moyens de lutte est présentée dans l'article feux de forêt : organisation et moyens des SDIS), résume l'esprit de tous les guides : une équipe dont on n'a plus de nouvelles devient une équipe en danger. Le guide « Sauvegarde opérationnelle » consacre d'ailleurs une partie entière au message de détresse, dont la structure est abordée par le QCM techniques opérationnelles.

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Alerter quand on est en difficulté

Le guide feux de forêts donne un exemple précis de ce qu'une alerte doit contenir. L'alerte du niveau hiérarchique supérieur (chef d'agrès, chef de GIFF, chef de secteur…) « doit pouvoir se faire immédiatement », afin que le personnel en difficulté puisse indiquer :

  • la situation ;
  • la position la plus précise possible ;
  • le moyen de protection provisoire envisagé (repli, mise à l'abri, refuge « dans le brûlé »…).

Le même guide énumère ce que fait un chef d'agrès dont l'équipe est directement menacée par le feu. Parmi ces actions figurent alerter l'échelon hiérarchique supérieur de sa situation, demander des renforts, prévenir tout mouvement de panique et déclencher la communication de détresse, avec le bouton d'urgence et la géolocalisation, tout en activant les avertisseurs sonores et lumineux.

Ces éléments montrent le lien étroit entre transmissions et topographie : une alerte n'est utile que si elle permet de localiser l'équipe. Savoir dire où l'on est (un lieu-dit, une façade, un niveau, une piste) fait partie de la compétence attendue, dans un bâtiment comme en espace naturel.

À l'intérieur d'un bâtiment, les guides utilisent un langage commun pour cette localisation : la désignation des façades, des niveaux et des itinéraires de repli et de secours, présentée par le guide « Sauvegarde opérationnelle ». La logique est la même qu'en forêt : un vocabulaire partagé évite les erreurs au moment où chaque seconde compte.

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Lire une carte et se situer

Pour la topographie, la référence accessible à tous est l'IGN. Son article « Bien s'orienter en randonnée sans GPS » rappelle les bases de la carte topographique au 1 : 25 000 : elle indique la nature et les détails du terrain, des voies de communication aux sentiers, la localisation des bâtiments, des bosquets et des cours d'eau, et représente le relief par des courbes de niveau complétées de cotes d'altitude. À cette échelle, « un centimètre sur la carte représente 250 mètres sur le terrain ».

L'IGN distingue deux nords. Le nord géographique, ou « vrai nord », est le point d'intersection de tous les méridiens, représentés sur la carte par des lignes noires ; il correspond à l'axe de rotation de la Terre. Le nord magnétique est celui qu'indique la boussole ; l'écart entre les deux est la déclinaison magnétique, indiquée dans la légende des cartes et valable pour une année donnée.

Une fois la carte orientée vers le nord, il devient possible de déterminer sa position. La méthode décrite par l'IGN est simple :

  1. identifier dans le paysage au moins deux points représentés sur la carte (clocher, château d'eau, sommet…) ;
  2. tracer sur la carte, à partir de ces points, les directions correspondantes ;
  3. l'intersection de ces droites donne sa position ;
  4. un troisième point permet de vérifier le résultat.

L'IGN mentionne aussi des repères sans boussole, comme l'étoile Polaire, qui ne s'écarte pas de plus d'un degré de la direction du pôle nord. Il prévient que d'autres astuces (orientation des tournesols ou des paraboles, inclinaison des arbres) ne sont pas toujours fiables et servent à vérifier une orientation, pas à la déterminer.

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Altitudes, nivellement et géodésie

Les cotes d'altitude d'une carte ne tombent pas du ciel : elles résultent du nivellement, que l'IGN définit comme l'ensemble des opérations consistant à mesurer des différences de niveaux pour déterminer des altitudes. Un réseau de nivellement est un ensemble de points formant un canevas de points altimétriques ; sur le terrain, ces points sont généralement matérialisés par des repères métalliques scellés dans des parois verticales.

L'IGN retrace l'histoire de ce réseau en France : un premier nivellement général établi par Paul Adrien Bourdalouë de 1857 à 1864, puis le réseau de Charles Lallemand à partir des années 1880. Les méthodes ont évolué depuis, avec l'utilisation de véhicules, de mires à codes-barres et du GPS.

Plus largement, la géodésie est, selon l'IGN, « la science qui étudie la forme de la terre et qui essaie de déterminer sa forme géométrique, son champ de pesanteur et sa rotation ». Elle permet de dessiner des cartes aux dimensions correctes et, aujourd'hui, de calibrer le GPS et les systèmes de navigation sur un référentiel commun à l'échelle de la Terre.

Un chiffre donne l'échelle du problème : vue de l'espace, la Terre est ronde et légèrement aplatie aux pôles, d'environ 20 km pour un rayon de 6 400 km, selon l'IGN. C'est grâce à ces référentiels que des coordonnées transmises par radio ou par un terminal correspondent au même point pour tous les intervenants.

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Les éléments de construction

Le dernier thème du programme, les éléments de construction, est traité par le guide de doctrine « Interventions sur les incendies de structures » de 2018. Comprendre comment un bâtiment est construit aide à anticiper la propagation du feu et les risques pour les intervenants. Deux exemples du guide illustrent cette approche.

Le joint de dilatation, composé de matériaux divers et situé entre deux structures porteuses, permet les mouvements relatifs de ces deux parties. Son feu se caractérise par un foyer invisible et inaccessible et par une combustion qui génère des fumées et du monoxyde de carbone, lesquels s'immiscent dans toutes les parties du bâtiment par les interstices.

Escalier protégéEscalier non protégé
FuméesÀ l'abri des fuméesNon isolé des appartements et circulations
Dispositifs de sécuritéPrésents (exutoire notamment)Absents
Autres caractéristiquesIsolé des appartements et circulationsStabilité non assurée ; sert au passage des canalisations (gaz, eau, électricité)

Pour les feux de cages d'escalier, le guide fixe deux enjeux : limiter la propagation à l'ensemble du bâtiment et conserver l'accessibilité aux niveaux supérieurs. On voit le lien avec les chapitres précédents : la cage d'escalier est souvent l'itinéraire de repli des binômes et le cheminement des victimes.

La lecture du bâtiment complète donc la lecture du feu, abordée au module 1. Pour vérifier l'ensemble de ces connaissances, le QCM techniques opérationnelles du sapeur-pompier propose 30 questions corrigées ; la préparation au concours lui-même est présentée par la formation préparer le concours de caporal de sapeur-pompier professionnel, et l'engagement volontaire par la formation devenir sapeur-pompier volontaire.

Se situer sur une carte, en quatre étapes

Orienter la carte vers le nord
Repérer deux points visibles et cartographiés
Tracer les directions : l'intersection donne la position
Contrôler avec un troisième point

D'après IGN Mag, « Bien s'orienter en randonnée sans GPS ».

Sources

  • Arrêté du 30 novembre 2020, art. 2 (programme de l'équipier), tel que reproduit par la note de cadrage du centre de gestion de la Gironde (2025) ; arrêté du 23 décembre 2009 relatif à l'OBNSIC, art. 1er — Légifrance
  • GTO « Lutte contre les feux de forêts et d'espaces naturels » (DGSCGC, 1re édition, février 2021) : sécurité des personnels (p. 42 et 48) et annexe A ; GTO « Engagement en milieu vicié » (DGSCGC, 2e édition, février 2024), chapitre 1, § 1.4.2 — interieur.gouv.fr
  • GDO « Interventions sur les incendies de structures » (DGSCGC, version du 16 avril 2018), chapitre 1, § 3.3.4.3 et 3.3.4.5 — interieur.gouv.fr
  • IGN, « Bien s'orienter en randonnée sans GPS », « Mieux comprendre le nivellement », « Qu'est-ce que la géodésie ? » — ign.fr

À retenir

  • ANTARES : « adaptation nationale des transmissions aux risques et aux secours ».
  • L'OBNSIC (arrêté du 23 décembre 2009) fixe les règles de mise en œuvre de l'architecture unique des transmissions.
  • Une alerte utile donne la situation, la position la plus précise possible et le moyen de protection envisagé.
  • Pour se situer : orienter la carte, viser deux points connus, tracer les directions, vérifier avec un troisième.
  • Le nivellement détermine les altitudes ; la géodésie étudie la forme, la pesanteur et la rotation de la Terre.
  • Lire le bâtiment : joint de dilatation, escalier protégé ou non protégé, enjeux de propagation et d'accessibilité.

Sommaire de la formation