Secrétaire & Trésorier du CSE

Le trésorier : les deux budgets du CSE

Module 3 / 5

Module 3 : Le trésorier : les deux budgets du CSE 22 min de lecture

3.1 Le budget de fonctionnement (AEP)

Le CSE dispose de deux budgets aux usages strictement séparés. Le premier, le budget de fonctionnement (aussi appelé budget des attributions économiques et professionnelles, AEP), finance la vie de l'instance : il permet aux élus de travailler, de s'informer, de se faire conseiller. Ce chapitre détaille son montant, son assiette et surtout ce qu'il peut — et ne peut pas — financer.

Cette formation est une action de sensibilisation, pas une formation officielle ni certifiante. Le droit du CSE évolue régulièrement : vérifiez toujours les textes en vigueur sur Légifrance avant toute décision engageant le comité.
Le taux de la subvention de fonctionnement selon l'effectif
Effectif de l'entrepriseTaux minimum de la subventionRéférence
De 50 à moins de 2 000 salariésAu moins 0,20 % de la masse salariale bruteArt. L2315-61 C. trav.
À partir de 2 000 salariésAu moins 0,22 % de la masse salariale bruteArt. L2315-61 C. trav.

Il s'agit d'un minimum légal : un accord d'entreprise peut prévoir une subvention plus élevée.

1

Qu'est-ce que le budget de fonctionnement (AEP) ?

Le budget de fonctionnement est la dotation que l'employeur verse au CSE pour lui permettre d'exercer ses attributions économiques et professionnelles (AEP). C'est l'argent du fonctionnement de l'instance elle-même : tout ce qui sert aux élus pour analyser la marche de l'entreprise, préparer les réunions, se documenter et défendre les intérêts des salariés.

Ce budget n'a rien à voir avec les avantages distribués aux salariés (chèques-cadeaux, vacances, billetterie) : ces dépenses relèvent du second budget, celui des activités sociales et culturelles, traité au chapitre suivant. La séparation des deux budgets est l'un des principes cardinaux de la trésorerie du CSE.

L'obligation de verser une subvention de fonctionnement concerne les CSE des entreprises d'au moins 50 salariés (article L2315-61 du Code du travail). En deçà de ce seuil, le CSE n'a pas d'attributions économiques étendues et ne perçoit pas cette subvention.

2

Le montant : 0,20 % ou 0,22 % de la masse salariale

Le Code du travail fixe un plancher pour cette subvention, indexé sur l'effectif de l'entreprise (article L2315-61) :

  • une subvention d'au moins 0,20 % de la masse salariale brute dans les entreprises de 50 à moins de 2 000 salariés ;
  • une subvention d'au moins 0,22 % de la masse salariale brute à partir de 2 000 salariés.

Ce sont des montants minimaux. Un accord collectif ou un usage peut prévoir mieux, jamais moins. La subvention est versée par l'employeur, en principe de manière régulière sur l'exercice.

Réflexe terrain : je vérifie le calcul avant de l'accepter. Avant de valider le montant versé, le trésorier reconstitue lui-même l'assiette (masse salariale brute) et applique le taux. Une subvention sous-évaluée se réclame.
3

L'assiette : la masse salariale brute

Le taux ne suffit pas : encore faut-il savoir sur quelle base il s'applique. L'assiette de la subvention est la masse salariale brute de l'entreprise, définie par le Code du travail (article L2315-61).

Concrètement, cette masse salariale correspond, pour l'essentiel, à l'ensemble des rémunérations brutes soumises à cotisations versées aux salariés. Le périmètre exact (éléments inclus, éléments exclus) a fait l'objet de précisions jurisprudentielles : c'est un point technique où le trésorier a tout intérêt à vérifier le détail plutôt qu'à se fier à un montant communiqué sans justificatif.

Le contour de l'assiette ayant évolué au fil des réformes et des décisions de justice, il est prudent de se référer au texte en vigueur et, en cas de doute sur des éléments de rémunération particuliers, de demander le détail du calcul à l'employeur. Pour vérifier les règles d'assujettissement à cotisations, la documentation de l'URSSAF est une source officielle utile.

— Publicité —
4

Ce que finance le budget de fonctionnement

Le budget de fonctionnement sert à faire vivre l'instance et à donner aux élus les moyens d'exercer leur mandat. Il couvre notamment :

  • Le fonctionnement courant : fournitures, frais de réunion du comité, documentation, abonnements professionnels, matériel et outils de travail des élus.
  • Les expertises libres : lorsque le CSE décide de faire appel à un expert à sa propre initiative (au-delà des expertises légales prises en charge par l'employeur), c'est en principe sur ce budget que la dépense est imputée.
  • La formation des élus : certaines formations utiles à l'exercice du mandat — notamment la formation économique des membres titulaires — peuvent être prises en charge sur ce budget.
  • Le conseil et l'assistance : honoraires d'avocat, de conseil juridique ou comptable sollicités pour l'activité du comité.
En résumé : tout ce qui aide les élus à travailler relève du budget de fonctionnement. C'est le budget « outil de travail » du comité, pas le budget « avantages aux salariés ».
Le budget de fonctionnement en un coup d'œil

Fonctionnement courant

Fournitures, documentation, abonnements, matériel des élus.

Expertises libres

Expertises décidées à l'initiative du CSE.

Formation des élus

Formation économique et formations utiles au mandat.

Conseil & assistance

Avocat, conseil juridique ou comptable du comité.

Pas les ASC

Aucune dépense d'activités sociales et culturelles ici.

5

Ce qu'il ne peut PAS financer : les ASC

C'est la règle qu'il faut graver : le budget de fonctionnement ne finance jamais les activités sociales et culturelles (ASC). Pas de chèques-cadeaux, pas de billetterie, pas de subvention vacances, pas d'arbre de Noël payés sur ce budget.

Ces dépenses relèvent du second budget, celui des ASC, qui a sa propre dotation et ses propres règles (chapitre 3.2). Les deux enveloppes sont distinctes et étanches : on tient deux comptabilités, on ne pioche pas dans l'une pour l'autre au gré des besoins.

Réflexe terrain : je vérifie le bon budget avant d'engager la dépense. Confondre les deux budgets expose le comité à un risque de redressement et engage la responsabilité des élus gestionnaires. En cas de doute sur l'imputation, on tranche avant de payer, pas après. Il existe toutefois une possibilité encadrée de transfert d'excédent d'un budget vers l'autre, dans la limite de 10 % — voir le chapitre 3.3.
6

Le rôle du trésorier sur ce budget

Le trésorier est le garant de la bonne tenue du budget de fonctionnement : il vérifie le versement de la subvention, suit les dépenses, conserve les justificatifs et veille à ce qu'aucune dépense d'ASC ne s'y glisse par erreur.

Avant chaque engagement, trois questions simples : quel budget ? quel justificatif ? quelle traçabilité ? Cette discipline protège le comité et ses élus.

Pour approfondir vos prérogatives et vos repères de gestion : Hub CSE
— Publicité —
À retenir
  • Le budget de fonctionnement (AEP) finance la vie de l'instance : il donne aux élus les moyens d'exercer leurs attributions économiques et professionnelles.
  • Montant minimum : 0,20 % de la masse salariale brute (50 à moins de 2 000 salariés), 0,22 % à partir de 2 000 salariés — article L2315-61. Ce sont des planchers.
  • L'assiette est la masse salariale brute ; son périmètre exact a été précisé par la jurisprudence, à vérifier au cas par cas.
  • Il finance : fonctionnement courant, expertises libres, formation des élus, conseil et assistance.
  • Il ne finance JAMAIS les ASC : les deux budgets sont distincts et étanches.
  • Le droit du CSE évolue : cette sensibilisation ne remplace ni les textes en vigueur ni un conseil professionnel.