Calculer une retenue sur salaire pour absence
Absence injustifiée, grève, arrêt maladie, congé sans solde : choisissez le mois et les jours d'absence, la retenue s'affiche selon les heures réelles, les jours ouvrés, ouvrables et calendaires. Pour une entrée ou une sortie en cours de mois, utilisez le calculateur de prorata de salaire.
Calculer la retenue du mois
Les 4 méthodes sur ce mois
| Méthode | Calcul | Retenue | Salaire |
|---|
Estimation pour un salarié mensualisé (article L3242-1), sur le salaire de base. Une convention collective, un accord ou un usage peut fixer la méthode de l'entreprise ; la retenue ne peut jamais dépasser le temps non travaillé. Sous réserve de l'appréciation des tribunaux.
Même absence, quatre retenues : exemples chiffrés
Salaire de 2 200 € brut, 35 heures du lundi au vendredi (7 heures par jour), jours fériés chômés. Retenues en euros brut, calculées par le calculateur ci-dessus.
| Absence | Heures réelles | Jours ouvrés | Jours ouvrables | Jours calendaires |
|---|---|---|---|---|
| Février 2026, du mardi 3 au jeudi 5 (3 jours) Mois : 140 h · 20 j ouvrés · 24 j ouvrables · 28 j calendaires — absence : 21 h · 3 · 3 · 3 |
330,00 | 330,00 | 275,00 | 235,71 |
| Mai 2026, du mardi 19 au jeudi 21 (3 jours, mois à 4 fériés) Mois : 119 h · 17 j ouvrés · 22 j ouvrables · 31 j calendaires — absence : 21 h · 3 · 3 · 3 |
388,24 | 388,24 | 300,00 | 212,90 |
| Octobre 2026, du vendredi 9 au lundi 12 (arrêt couvrant un week-end) Mois : 154 h · 22 j ouvrés · 27 j ouvrables · 31 j calendaires — absence : 14 h · 2 · 3 · 4 |
200,00 | 200,00 | 244,44 | 283,87 |
Trois jours d'absence coûtent de 212,90 € à 388,24 € selon la méthode et le mois. La méthode des jours calendaires pénalise peu une absence en semaine mais beaucoup un arrêt qui couvre un week-end ; celle des heures réelles suit exactement le temps de travail perdu.
Retenue pour absence : les règles de calcul
1. Le principe : une retenue proportionnelle au temps non travaillé
Le salaire d'un salarié mensualisé est le même chaque mois, que le mois compte 20 ou 23 jours de travail. L'article L3242-1 du Code du travail le dit ainsi : la rémunération est mensuelle et indépendante, pour un horaire déterminé, du nombre de jours travaillés dans le mois.
Quand le salarié est absent sans que la loi, la convention collective ou l'employeur maintienne sa rémunération, le salaire du mois est diminué d'une retenue pour absence. Pour la calculer, la chambre sociale de la Cour de cassation a posé une règle de principe :
Cass. soc. 11 février 1982, n° 80-40.359, publié au bulletin. Exemple : 2 200 € brut, 21 heures d'absence dans un mois de 140 heures de travail, soit 2 200 × 21 ÷ 140 = 330 € de retenue.
La retenue ne peut pas dépasser le salaire correspondant au temps réellement non travaillé. Au-delà, elle deviendrait une sanction pécuniaire, interdite par l'article L1331-2.
2. Les quatre méthodes de calcul
Les logiciels et les services de paie utilisent plusieurs méthodes. Toutes suivent le même schéma : salaire × durée de l'absence ÷ durée du mois, dans la même unité. Seule l'unité change.
| Méthode | Ce qu'on compte dans le mois | Statut |
|---|---|---|
| Heures réelles | Heures que le salarié aurait travaillées, selon son horaire, jours fériés chômés exclus | Règle de principe de la Cour de cassation (1982) |
| Jours ouvrés réels | Jours habituellement travaillés (souvent du lundi au vendredi), fériés chômés exclus | Pratique de paie |
| Jours ouvrables réels | Jours du lundi au samedi, fériés chômés exclus | Pratique de paie |
| Jours calendaires réels | Tous les jours du mois (28 à 31), week-ends et fériés compris | Pratique de paie |
Aucun article du Code du travail n'impose ni n'interdit nommément les trois méthodes en jours. Une convention collective, un accord d'entreprise ou un usage peut en fixer une. Quelle que soit la méthode, le résultat doit rester proportionnel au temps non travaillé : c'est pourquoi le calculateur affiche la méthode des heures réelles comme référence et signale les écarts.
3. Pourquoi les méthodes ne donnent pas le même résultat
- La longueur du mois. Un jour d'absence pèse 1/20 du salaire en février 2026 (20 jours ouvrés), mais 1/22 en octobre 2026.
- Les jours fériés. En mai 2026, quatre fériés tombent en semaine : le mois ne compte que 17 jours ouvrés, et chaque jour d'absence coûte plus cher en jours ouvrés ou en heures.
- Les week-ends. En jours calendaires, un arrêt du vendredi au lundi compte 4 jours ; en jours ouvrés, 2 jours.
- Les journées inégales. Avec un horaire de 8 heures du lundi au jeudi et 3 heures le vendredi, une absence le vendredi coûte beaucoup moins en heures réelles qu'en jours ouvrés. Renseignez l'horaire jour par jour pour voir la différence.
Le calcul se fait toujours mois par mois : un arrêt à cheval sur deux mois donne deux retenues, chacune rapportée à la durée de son mois. Pour compter les jours ouvrés d'une période sans calculer de retenue, utilisez le calculateur de jours ouvrés.
4. Absence injustifiée et retards
Une absence non autorisée et non justifiée n'est pas payée : l'employeur retient le salaire du temps non travaillé. Il ne peut pas retenir davantage. Dans un arrêt du 8 juillet 1992 (n° 89-42.563), la Cour de cassation a jugé qu'un employeur qui avait retenu une somme supérieure au temps perdu pour deux retards de 6 et 7 minutes infligeait une sanction pécuniaire interdite : la somme retenue ne pouvait excéder le temps non travaillé.
Une absence injustifiée peut aussi donner lieu à une sanction disciplinaire, mais jamais sous forme d'amende ou de retenue supplémentaire. Pour vérifier une sanction reçue : ma sanction disciplinaire est-elle régulière ?
5. Grève
Le temps de grève n'est pas payé, mais la retenue est strictement encadrée. L'exercice du droit de grève ne peut donner lieu à aucune mesure discriminatoire en matière de rémunération (article L2511-1), et la rémunération des grévistes ne doit subir qu'un abattement proportionnel à la durée de l'arrêt de travail (Cass. soc. 8 juillet 1992). Dans l'affaire jugée, l'employeur avait retenu 751,40 francs pour deux grèves d'une heure, au lieu des 70,72 francs correspondant aux deux heures.
Pour un débrayage de quelques heures, choisissez « Quelques heures » dans le calculateur : seule la méthode horaire s'applique. Les agents de la fonction publique relèvent de règles propres, que ce calculateur ne couvre pas.
6. Arrêt maladie, congé sans solde et autres absences
Pendant un arrêt maladie, la retenue pour absence se calcule de la même façon. Le bulletin fait ensuite apparaître les indemnités journalières de la Sécurité sociale et, le cas échéant, le complément de l'employeur : après un an d'ancienneté et sous conditions, 90 % puis deux tiers de la rémunération brute (article L1226-1), sauf maintien plus favorable prévu par la convention collective. Les indemnités se calculent avec le simulateur d'arrêt maladie, et la ligne du bulletin est expliquée dans le décodeur de fiche de paie.
Un congé sans solde accordé par l'employeur suspend le salaire pour sa durée : la retenue suit les mêmes règles. Les absences rémunérées par la loi ou la convention (congés payés, jours fériés chômés dans les conditions légales, heures de délégation, congés pour événements familiaux) ne donnent pas lieu à retenue.
Pour convertir le salaire mensuel en taux horaire, journalier ou annuel, utilisez le convertisseur salaire et taux horaire.
7. Le taux horaire de 151,67 heures, pour mémoire
151,67 heures correspond à la durée mensualisée d'un salarié à 35 heures : 35 × 52 ÷ 12 (article L3242-1). Diviser le salaire par 151,67 donne un taux horaire moyen, utile pour payer des heures supplémentaires ou comparer des salaires.
Pour une absence, la règle de principe est différente : on divise par les heures du mois considéré, qui varient d'un mois à l'autre : 119 heures en mai 2026 et 154 heures en octobre 2026 pour 35 heures du lundi au vendredi. Le calculateur affiche la retenue au taux de 151,67 heures pour mémoire, et signale le cas où un mois entier d'absence aboutirait à retenir plus que le salaire du mois.
Sources officielles : Code du travail, art. L3242-1 (mensualisation) — Légifrance · Cass. soc. 11 février 1982, n° 80-40.359 — Légifrance · Cass. soc. 8 juillet 1992, n° 89-42.563 — Légifrance · Code du travail, art. L1331-2, L2511-1, L1237-1-1, R1237-13, L3133-1 — Code du travail numérique
Contenu vérifié — dernière vérification : octobre 2026