Cotisations patronales · 2026

AT/MP

Accidents du travail et maladies professionnelles (taux notifié Carsat)

Cotisation patronale qui finance la branche AT/MP de la Sécurité sociale. Taux propre à chaque entreprise, notifié chaque année par la Carsat selon la sinistralité, le secteur et l'effectif. 100 % à la charge de l'employeur, assiette = brut total.

Catégorie Cotisations patronales
Taux salarial néant
Taux patronal variable selon entreprise (taux moyen national ~2,22 %, notifié par la Carsat)
Assiette Salaire brut total
Millésime 2026

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AT / MP AT/MP Accident du travail ATMP AT-MP Sécurité sociale - Accidents du travail

Qu'est-ce que c'est ?

La cotisation AT/MP (Accidents du travail et Maladies professionnelles) est une cotisation exclusivement patronale qui finance la branche AT/MP de la Sécurité sociale, gérée conjointement par la CNAM (Caisse nationale d'assurance maladie) et les Carsat en région (Cramif en Île-de-France, CGSS en outre-mer).

Sa particularité par rapport aux autres cotisations : le taux n'est pas national et figé. Il est propre à chaque entreprise et notifié chaque année par la Carsat compétente, en fonction de la sinistralité observée sur l'établissement, du code risque (activité exercée) et de l'effectif.

À retenir — Le taux AT/MP est variable d'une entreprise à l'autre. Le taux moyen national se situe autour de 2,22 %, mais il peut descendre à 1 % ou moins dans une activité de bureau et dépasser 8 % dans le BTP ou l'industrie lourde. La cotisation est intégralement à la charge de l'employeur : le salarié n'a aucune part à payer.

Vérifiez toujours le taux notifié à votre entreprise sur ameli.fr/employeur ou auprès de votre Carsat. Le taux est consultable dans le compte employeur en ligne (Net-entreprises) et figure sur la notification annuelle envoyée chaque début d'année.

Comment c'est calculé ?

La formule est simple : cotisation AT/MP = taux notifié × salaire brut total. L'assiette est le brut total sans plafond. C'est le mode de fixation du taux qui est complexe : il dépend du mode de tarification applicable à l'établissement.

Les trois modes de tarification

Le mode dépend de l'effectif de l'entreprise (apprécié au niveau national, tous établissements confondus) :

  • Tarification collective — entreprises de moins de 20 salariés. Le taux est identique pour toutes les entreprises d'un même secteur d'activité (même code risque CTN). Aucune prise en compte de la sinistralité propre de l'entreprise.
  • Tarification mixte — entreprises de 20 à 149 salariés. Le taux est une combinaison pondérée du taux collectif national du secteur et du taux individuel de l'entreprise. Plus l'effectif augmente, plus le poids du taux individuel grandit.
  • Tarification individuelle — entreprises de 150 salariés et plus. Le taux reflète uniquement la sinistralité propre de l'entreprise sur les trois dernières années connues (n-2, n-3, n-4).
Impact de la sinistralité — Plus l'entreprise déclare d'accidents du travail et de maladies professionnelles, plus son taux augmente (avec un effet décalé de deux à quatre ans). Une politique de prévention efficace fait baisser mécaniquement le taux notifié, donc la cotisation. C'est l'un des intérêts économiques majeurs d'une démarche QHSE structurée.

Exemple chiffré (à titre indicatif)

Salarié rémunéré 3 000 € bruts/mois, entreprise dont le taux AT/MP notifié par la Carsat est de 1,80 % :

  • Cotisation patronale AT/MP : 3 000 × 1,80 % = 54 €/mois
  • Part salariale : 0 €

Pour la même rémunération dans une entreprise BTP avec un taux de 5,20 %, la cotisation passerait à 156 €/mois. La différence illustre l'enjeu sectoriel.

Exemple à titre informatif au 1er janvier 2026. Vérifiez le taux exact notifié à votre établissement sur le compte employeur Améli.

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Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?

La cotisation AT/MP est intégralement à la charge de l'employeur. Il n'existe aucune part salariale : le salarié ne paie rien pour cette couverture.

  • Part salariale : néant (0 %)
  • Part patronale : 100 % du taux notifié par la Carsat (variable selon l'entreprise)
Pourquoi 100 % employeur ? — Le principe historique (loi du 9 avril 1898) est celui de la responsabilité sans faute de l'employeur : en contrepartie d'une indemnisation automatique du salarié victime, sans avoir à prouver la faute, l'employeur supporte intégralement le financement du risque professionnel. Ce principe est rappelé à l'article L241-5 du Code de la Sécurité sociale.

Tous les employeurs du régime général sont concernés, quel que soit leur statut (entreprise privée, association, particulier employeur, certaines structures publiques). Les intérimaires sont couverts via leur ETT, qui paie la cotisation sur leur rémunération brute.

À quoi sert cette cotisation ?

La branche AT/MP finance l'intégralité de la prise en charge des accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles. Sa particularité : aucune franchise, aucun ticket modérateur ne reste à la charge du salarié victime (à la différence de la branche maladie classique).

Prestations financées

  • Soins médicaux à 100 % — consultations, hospitalisations, médicaments, examens, prothèses, transports liés à l'AT/MP, pris en charge sans avance de frais (tiers payant intégral).
  • Indemnités journalières AT (IJSS AT) — versées dès le lendemain de l'accident, calculées sur le salaire journalier de référence : 60 % pendant les 28 premiers jours, 80 % à partir du 29e jour, sans application des règles de carence de la branche maladie.
  • Rente d'incapacité permanente (IPP) — versée à vie en cas de séquelles. Capital si le taux d'IPP est inférieur à 10 %, rente trimestrielle ou mensuelle au-delà.
  • Capital décès et rente de conjoint / orphelins — en cas de décès consécutif à un AT ou une MP, versement aux ayants droit selon les règles des articles L434-7 et suivants du Code de la Sécurité sociale.
  • Actions de prévention — la branche finance également l'INRS, les programmes de prévention des Carsat, les subventions Prévention TPE et les contrats de prévention.
Différence majeure avec la branche maladie — En AT/MP, le salarié victime n'a aucun reste à charge sur les soins liés au sinistre et bénéficie d'IJSS plus avantageuses, sans délai de carence. C'est la contrepartie de la cotisation 100 % patronale.

Voir la documentation officielle Améli employeurs — AT/MP et le BOSS — Cotisation AT/MP.

Évolutions récentes

La branche AT/MP est la plus ancienne des branches de la protection sociale française. Elle précède d'un demi-siècle la création de la Sécurité sociale.

  • 9 avril 1898 — Loi sur les responsabilités des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail. Première loi sociale française : elle pose le principe de la responsabilité sans faute de l'employeur. L'ouvrier accidenté n'a plus à prouver la faute du patron pour être indemnisé : en contrepartie, l'indemnisation est forfaitaire et l'employeur ne peut être poursuivi pénalement que pour faute inexcusable.
  • 30 octobre 1946 — La loi sur la prévention et la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles intègre la branche dans le régime général de la Sécurité sociale créé en 1945. La gestion est confiée à la CNAM et aux caisses régionales (futures Carsat).
  • Années 1970-1990 — Élargissement progressif des tableaux de maladies professionnelles, reconnaissance de l'amiante, des troubles musculo-squelettiques (TMS), des cancers professionnels.
  • 2010 — Réforme de la tarification (décret n° 2010-753) : nouvelles règles de calcul du taux notifié, prise en compte renforcée de la sinistralité et incitation à la prévention.
  • Depuis 2017 — Notification dématérialisée du taux AT/MP via le compte employeur en ligne sur Net-entreprises. Obligation progressive pour toutes les entreprises (généralisée).
  • 2026 — Le taux moyen national se maintient autour de 2,22 %. La COG (Convention d'objectifs et de gestion) 2023-2027 entre l'État et la CNAM AT/MP fixe des objectifs ambitieux de prévention (TMS, chutes, risques psychosociaux, exposition chimique).

Sources : Loi du 9 avril 1898 (Légifrance) · Assurance Maladie — Branche AT/MP.

Cas pratiques

Cas 1 — PME de bureau (12 salariés)

Une agence de communication de 12 salariés, activité de services administratifs (faible sinistralité). L'entreprise relève de la tarification collective (effectif < 20). Taux notifié par la Carsat pour 2026 : 0,90 % (taux collectif du secteur).

  • Masse salariale annuelle brute : 480 000 €
  • Cotisation AT/MP annuelle : 480 000 × 0,90 % = 4 320 €
  • Coût par salarié : ~360 €/an

Quels que soient les accidents déclarés dans l'agence, le taux ne bougera pas tant que l'effectif reste sous 20 : il suit la sinistralité moyenne nationale du secteur.

Cas 2 — PME du BTP (60 salariés)

Entreprise de gros œuvre, 60 salariés. Tarification mixte (effectif 20-149) : pondération entre taux collectif du secteur BTP et taux individuel basé sur la sinistralité de l'entreprise. Taux notifié 2026 : 5,40 %.

  • Masse salariale annuelle brute : 2 400 000 €
  • Cotisation AT/MP annuelle : 2 400 000 × 5,40 % = 129 600 €
  • Coût par salarié : ~2 160 €/an
Levier de prévention — Si l'entreprise réduit sa sinistralité (port systématique des EPI, formation prévention chutes, mécanisation du gros œuvre), le taux individuel intégré dans la pondération baissera mécaniquement deux à trois ans plus tard. Une baisse d'1 point représente ici 24 000 € d'économie annuelle.

Cas 3 — Grande entreprise industrie (450 salariés)

Site industriel de métallurgie, 450 salariés. Tarification individuelle (effectif ≥ 150) : le taux reflète uniquement la sinistralité propre de l'établissement. Taux notifié 2026 : 3,80 %.

  • Masse salariale annuelle brute : 22 000 000 €
  • Cotisation AT/MP annuelle : 22 000 000 × 3,80 % = 836 000 €

Pour un tel établissement, chaque accident grave déclaré pèse directement sur le taux des années suivantes. C'est le mode de tarification le plus incitatif à la prévention : un investissement de quelques dizaines de milliers d'euros en équipements de sécurité peut générer plusieurs centaines de milliers d'euros d'économies de cotisations sur la durée.

Cas pratiques à titre illustratif. Taux indicatifs au 1er janvier 2026. Vérifiez le taux propre à votre établissement sur ameli.fr/employeur.

Questions fréquentes

Parce qu'il reflète la sinistralité propre à l'établissement, le code risque (activité) et l'effectif. Une activité dangereuse (BTP, industrie) ou une entreprise qui déclare beaucoup d'accidents aura un taux plus élevé qu'une activité de bureau. Source : Améli — taux AT/MP.

La Carsat compétente (Cramif en Île-de-France, CGSS en outre-mer) calcule et notifie chaque année le taux à l'entreprise, sur la base des données de sinistralité fournies par la CNAM. La notification est consultable sur le compte employeur Net-entreprises.

Moins de 20 salariés : tarification collective (taux identique par secteur). 20 à 149 salariés : tarification mixte (pondération entre taux collectif et taux individuel). 150 salariés et plus : tarification individuelle (taux basé uniquement sur la sinistralité propre). Source : article D242-6-1 du Code de la Sécurité sociale.

Les soins médicaux à 100 % sans reste à charge, les indemnités journalières AT (IJSS AT), les rentes d'incapacité permanente, le capital décès et les rentes aux ayants droit, ainsi que les actions de prévention (INRS, programmes Carsat). Source : Améli AT/MP.

Les indemnités journalières AT sont versées dès le lendemain de l'accident (pas de carence), à 60 % du salaire journalier pendant 28 jours puis 80 % à partir du 29e jour. Elles sont plus avantageuses que les IJSS maladie classiques. Source : articles L433-1 et suivants du Code de la Sécurité sociale.

Non. La cotisation AT/MP est intégralement à la charge de l'employeur (100 %), conformément au principe de responsabilité sans faute issu de la loi du 9 avril 1898 et codifié à l'article L241-5 du Code de la Sécurité sociale.
Information à titre indicatif : les taux, plafonds et assiettes mentionnés sont ceux en vigueur au 2026. Vérifiez systématiquement la dernière version sur BOSS et URSSAF. Pour une analyse personnalisée de votre bulletin, consultez votre service paie ou un expert-comptable.
Page mise à jour le 26/05/2026.