Subrogation
Subrogation employeur — l'employeur perçoit directement les IJSS
La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement les IJSS et de verser au salarié son salaire maintenu, évitant au salarié d'attendre la CPAM. Obligatoire dès lors que l'employeur maintient une rémunération supérieure aux IJSS (article L323-2 CSS).
Comment cette ligne apparaît sur votre bulletin
Subrogation Subrogation IJSS IJSS subrogées Subrogation maladie Indemnités subrogéesQu'est-ce que c'est ?
La subrogation est le mécanisme par lequel l'employeur perçoit directement les Indemnités Journalières de Sécurité Sociale (IJSS) à la place du salarié en arrêt maladie, et lui verse en contrepartie son salaire maintenu.
Sans subrogation, le salarié devrait attendre que la CPAM lui verse ses IJSS (souvent avec un délai de plusieurs semaines), ce qui crée une trésorerie difficile. Avec la subrogation, le salarié perçoit son salaire normalement chaque mois via son employeur, qui se fait rembourser par la CPAM.
La subrogation est obligatoire si l'employeur maintient une rémunération supérieure aux IJSS (article L323-2 CSS). Elle est très répandue dans les entreprises qui appliquent un maintien de salaire (légal ou conventionnel). Sur le bulletin, les IJSS subrogées apparaissent en ligne distincte.
Comment c'est calculé ?
La subrogation ne se "calcule" pas comme une cotisation : c'est un mécanisme comptable entre la CPAM, l'employeur et le salarié.
Schéma de la subrogation
- Le salarié est en arrêt maladie
- L'employeur calcule le salaire maintenu (selon la convention applicable, ex : 90 % du brut)
- L'employeur verse au salarié son salaire maintenu chaque mois
- L'employeur perçoit les IJSS de la CPAM (en remboursement partiel)
- Le complément maintenu - IJSS reste à la charge de l'employeur
Exemple chiffré (à titre indicatif — 2026)
Salarié à 2 400 € brut/mois, arrêt 1 mois, maintien à 90 % :
- Salaire maintenu versé par l'employeur : 2 160 € (90 % du brut)
- IJSS calculées par la CPAM : ≈ 1 200 € (50 % du salaire journalier)
- Avec subrogation : l'employeur perçoit les 1 200 € de la CPAM, et porte seul le complément de 960 €
Sur le bulletin de paie
- Salaire de base : 2 400 €
- Retenue pour absence : − 2 400 €
- IJSS subrogées : + 1 200 € (perçues par l'employeur, reversées au salarié)
- Maintien employeur : + 960 € (complément à la charge de l'employeur)
- Net imposable : intègre les IJSS (imposables) et le complément (imposable)
Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?
La subrogation n'est pas une cotisation, mais un mécanisme de gestion de trésorerie entre la CPAM, l'employeur et le salarié.
Caractère obligatoire
La subrogation est obligatoire dès lors que l'employeur maintient une rémunération supérieure aux IJSS (article L323-2 CSS). Elle est facultative si le maintien est inférieur ou égal aux IJSS (rare).
Mécanisme côté salarié
- Perçoit son salaire maintenu directement de l'employeur chaque mois
- Pas besoin d'attendre la CPAM (gain de trésorerie)
- Les IJSS subrogées figurent sur son bulletin (informatif)
- Cotisations sociales normales sur le complément maintenu
- CSG/CRDS au taux applicable aux revenus de remplacement sur les IJSS
Mécanisme côté employeur
- Verse le salaire maintenu au salarié
- Demande à la CPAM le versement des IJSS par voie de subrogation (via la DSN, signalement d'arrêt de travail)
- Supporte seul le complément (différence entre maintien et IJSS)
- Doit déclarer correctement les IJSS perçues dans son comptable
Articulation avec la prévoyance
Pour les arrêts longs, après épuisement du maintien employeur, la prévoyance complémentaire peut prendre le relais avec un mécanisme similaire de subrogation auprès de l'organisme assureur.
À quoi sert cette cotisation ?
La subrogation simplifie la gestion de la paie en cas d'arrêt maladie et protège la trésorerie du salarié.
Pour le salarié
- Continuité du revenu : perception du salaire maintenu chaque mois, sans attendre les IJSS de la CPAM
- Évite les difficultés de trésorerie en cas d'arrêt long
- Simplifie la déclaration fiscale (un seul revenu, intégré dans le bulletin)
Pour l'employeur
- Gestion centralisée du salaire maintenu
- Récupération des IJSS directement de la CPAM
- Évite au salarié les démarches administratives auprès de la Sécu
Pour la CPAM
- Verse les IJSS à un interlocuteur unique (l'employeur) plutôt qu'à chaque salarié
- Réduit les démarches et le traitement administratif
Sans subrogation
Si la subrogation n'est pas pratiquée (employeur ne maintenant pas le salaire), le salarié doit attendre les versements directs de la CPAM (généralement toutes les 2 semaines, avec un délai de plusieurs semaines au début de l'arrêt). C'est une source courante de difficultés financières.
Source : Ameli — Subrogation · Article L323-2 du Code de la Sécurité sociale.
Évolutions récentes
La subrogation est un mécanisme ancien, présent dès la création des IJSS en 1945, et progressivement encadré et simplifié :
- 1945 : création des IJSS avec possibilité pour l'employeur qui maintient le salaire de se faire rembourser par la Sécurité sociale.
- Loi de mensualisation 1978 : avec la généralisation du maintien de salaire en cas d'arrêt maladie, la subrogation devient le mode de gestion standard pour les employeurs maintenant tout ou partie du salaire.
- 2017 (généralisation DSN) : la subrogation est désormais déclarée et gérée intégralement via la DSN (signalement d'arrêt de travail), supprimant la paperasserie administrative.
- Depuis 2020 : généralisation du portail "Ameli employeur" pour suivre les remboursements d'IJSS subrogées.
La subrogation est devenue un mécanisme quasi systématique dans les entreprises qui appliquent un maintien de salaire (conventionnel ou légal). Elle est l'outil principal de protection sociale des salariés en arrêt maladie.
Source : Ameli — Subrogation.
Cas pratiques
Cas 1 — Salarié en arrêt long avec subrogation
Salarié à 2 500 €, arrêt de 3 mois, convention prévoyant maintien à 100 % :
- Chaque mois : l'employeur verse 2 500 € au salarié (maintien)
- L'employeur perçoit ≈ 1 250 € de la CPAM (IJSS)
- Reste à charge employeur : 1 250 €/mois
- Pour le salarié : aucune attente, aucune démarche, salaire normal
Cas 2 — Sans subrogation (employeur ne maintient pas)
Employeur ne maintenant pas le salaire (ex : salarié avec moins d'1 an d'ancienneté, sans convention plus favorable) :
- Le salarié perçoit directement les IJSS de la CPAM
- Délai de versement par la CPAM : généralement 2-4 semaines après le début de l'arrêt
- Source courante de difficultés de trésorerie
Cas 3 — Subrogation prévoyance
Pour les arrêts longs (> 90 jours), une fois le maintien employeur épuisé, la prévoyance complémentaire prend le relais avec son propre mécanisme de subrogation :
- L'employeur perçoit les IJSS Sécu + indemnités prévoyance
- Et verse au salarié le total maintenu (souvent ≈ 80 % du net selon le contrat)
Questions fréquentes
Sources officielles
- Ameli — Subrogation — officiel
- Article L323-2 du Code de la Sécurité sociale — loi
Page mise à jour le 29/05/2026.