Vieillesse déplafonnée
Cotisation Sécurité sociale Vieillesse — part déplafonnée
La cotisation Vieillesse déplafonnée finance la retraite de base CNAV sur l'intégralité du salaire brut. Au 1er janvier 2026 : 0,40 % salarial et 2,02 % patronal, sans plafond. Contrairement à la part plafonnée, elle n'ouvre pas de droits supplémentaires à la retraite : c'est une cotisation de solidarité.
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Vieillesse déplafonnée Sécurité sociale déplafonnée Vieillesse déplaf. CNAV déplafonnéeQu'est-ce que c'est ?
La cotisation Vieillesse déplafonnée (souvent libellée « Sécurité sociale déplafonnée » sur les bulletins) est la seconde cotisation qui finance la retraite de base du régime général, gérée par la CNAV (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse). Contrairement à sa jumelle plafonnée, elle s'applique sur l'intégralité du salaire brut, sans aucun plafond.
Elle vient en complément de la Vieillesse plafonnée pour faire participer tous les salariés au financement du régime général, y compris sur la part de rémunération supérieure au PMSS. Son taux est nettement plus faible que celui de la part plafonnée, mais l'assiette est plus large.
Point essentiel à comprendre : la Vieillesse déplafonnée est une contribution de solidarité. Elle n'ouvre pas de droits supplémentaires à la retraite : la part déplafonnée n'est pas comptabilisée dans le calcul du Salaire Annuel Moyen (SAM) des 25 meilleures années, qui est lui-même plafonné au PMSS. Voir la fiche Vieillesse plafonnée pour la part qui ouvre des droits.
Comment c'est calculé ?
Le calcul est simple : on applique le taux à la totalité du salaire brut, sans plafond. Il n'y a ni tranche, ni découpage : 100 % du brut entre dans l'assiette.
Taux en vigueur au 1er janvier 2026
- Part salariale : 0,40 % du brut total
- Part patronale : 2,02 % du brut total
- Total : 2,42 % du brut total
Exemple chiffré n°1 — salaire au SMIC
Pour un salarié payé 1 800 € brut/mois en 2026 :
- Assiette : 1 800 € (intégralité du brut)
- Cotisation salariale : 1 800 € × 0,40 % = 7,20 € (retenue sur le bulletin)
- Cotisation patronale : 1 800 € × 2,02 % = 36,36 € (à la charge de l'employeur)
Exemple chiffré n°2 — cadre supérieur
Pour un salarié payé 8 000 € brut/mois en 2026 :
- Assiette : 8 000 € (intégralité du brut, sans plafond)
- Cotisation salariale : 8 000 € × 0,40 % = 32,00 €
- Cotisation patronale : 8 000 € × 2,02 % = 161,60 €
Contrairement à la Vieillesse plafonnée, l'assiette ici n'est pas tronquée au PMSS : la cotisation continue de courir, dans les mêmes proportions, sur les très hauts salaires.
Qui paie ? Salarié, employeur, ou les deux ?
La cotisation est partagée entre le salarié et l'employeur, avec une part patronale plus de cinq fois supérieure à la part salariale.
Profils concernés
- Tous les salariés du secteur privé : non-cadres, cadres, apprentis, contrats de professionnalisation, intérimaires, salariés en CDD ou CDI.
- Fonctionnaires : régime spécifique distinct, non concernés par la cotisation CNAV du régime général.
- Travailleurs indépendants : régime propre (ex-RSI, désormais intégré à la Sécurité sociale des indépendants).
Répartition de la cotisation (2026)
- Salarié : 0,40 % — retenu directement sur le bulletin de paie, ligne « Sécurité sociale déplafonnée » ou « Vieillesse déplafonnée ».
- Employeur : 2,02 % — payé à l'URSSAF mais affiché également sur le bulletin (réforme du bulletin simplifié — décret n° 2016-190 du 25 février 2016).
Pour rappel, la réduction générale de cotisations patronales ne porte pas sur la Vieillesse déplafonnée à plein taux : elle vise principalement les cotisations maladie et famille pour les bas salaires.
À quoi sert cette cotisation ?
La Vieillesse déplafonnée alimente la branche Vieillesse de la Sécurité sociale, gérée par la CNAV au niveau national et par les CARSAT en région. Elle finance le versement des pensions de retraite de base du régime général.
Une cotisation de solidarité, pas génératrice de droits
C'est la grande différence avec la Vieillesse plafonnée : la part déplafonnée n'ouvre aucun droit supplémentaire à la retraite du régime général.
- Le SAM (Salaire Annuel Moyen des 25 meilleures années) est calculé sur les rémunérations plafonnées au PMSS. Tout ce qui dépasse le plafond n'augmente pas la pension future.
- Les trimestres validés sont fonction d'un seuil de salaire (150 SMIC horaires) et non du montant total cotisé en déplafonné.
- Le déplafonné fonctionne donc comme une contribution de solidarité : les hauts salaires participent au financement du régime sans recevoir de droits supplémentaires en contrepartie.
Un outil de financement du régime
Historiquement, la Vieillesse déplafonnée a été instaurée pour combler le déséquilibre démographique du régime général : moins d'actifs par retraité, baisse du taux de remplacement, allongement de l'espérance de vie. Elle élargit l'assiette de financement à l'ensemble des salaires, alors que la Vieillesse plafonnée seule serait insuffisante.
Évolutions récentes
La cotisation Vieillesse déplafonnée a été créée en 1991 pour répondre au déséquilibre financier croissant du régime général d'assurance vieillesse. À l'origine, seule la part plafonnée existait, l'idée étant que la retraite du régime général étant elle-même plafonnée, l'assiette des cotisations devait l'être aussi.
L'évolution démographique (baby-boom partant à la retraite, allongement de l'espérance de vie, baisse du nombre d'actifs par retraité) a rendu nécessaire un élargissement de l'assiette : la Vieillesse déplafonnée a été instituée pour capter une part des hauts salaires au profit du régime général, sans pour autant leur ouvrir de droits supplémentaires.
Hausses progressives depuis 1991
- Années 1990-2000 : taux initialement très bas (de l'ordre de 0,10 % salarial et 1,60 % patronal), augmentés régulièrement par les Lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS) successives.
- Réformes des retraites (2003, 2010, 2014) : hausses échelonnées pour financer les déficits du régime général, sans toucher à l'équilibre apparent de la fiche de paie.
- 2017 — Bascule cotisations / CSG : la suppression des cotisations chômage et maladie salariales, compensée par une hausse de la CSG, n'a pas modifié la Vieillesse déplafonnée.
- 2026 : taux en vigueur — 0,40 % salarial + 2,02 % patronal (source : BOSS — Vieillesse).
Cas pratiques
Trois cas concrets pour illustrer comment la Vieillesse déplafonnée se calcule selon le niveau de rémunération. Tous les chiffres sont en vigueur en 2026.
Cas n°1 — Salarié au SMIC (non-cadre)
Sophie est employée polyvalente à temps plein. Son salaire brut mensuel est de 1 802 € (SMIC mensuel 2026, base 35h).
- Assiette : 1 802 €
- Part salariale Vieillesse déplafonnée : 1 802 × 0,40 % = 7,21 €
- Part patronale Vieillesse déplafonnée : 1 802 × 2,02 % = 36,40 €
- À ce niveau de salaire, la Vieillesse plafonnée s'applique aussi sur l'intégralité de la rémunération (puisque le brut est inférieur au PMSS).
Cas n°2 — Cadre confirmé (salaire au-dessus du PMSS)
Marc est ingénieur. Son salaire brut mensuel est de 4 500 €. En supposant un PMSS 2026 à environ 3 925 €, la part plafonnée s'arrête au PMSS mais la déplafonnée porte sur la totalité.
- Assiette Vieillesse déplafonnée : 4 500 € (totalité du brut)
- Part salariale : 4 500 × 0,40 % = 18,00 €
- Part patronale : 4 500 × 2,02 % = 90,90 €
Cas n°3 — Cadre dirigeant à 5 PMSS
Claire est directrice générale d'une PME. Son salaire brut mensuel est de 19 625 € (soit ~5 PMSS). C'est le cas typique où l'on voit la spécificité du déplafonné.
- Assiette Vieillesse déplafonnée : 19 625 € (totalité, aucun plafond)
- Part salariale : 19 625 × 0,40 % = 78,50 €
- Part patronale : 19 625 × 2,02 % = 396,43 €
- À comparer avec la Vieillesse plafonnée, dont l'assiette s'arrête au PMSS (~3 925 €) et qui ne génèrera que 270,83 € de cotisation salariale (3 925 × 6,90 %).
Questions fréquentes
Sources officielles
- BOSS — Cotisations vieillesse — officiel
- Article L241-3 du Code de la Sécurité sociale — loi
- URSSAF — Taux de cotisations — officiel
Page mise à jour le 26/05/2026.