Article L1222-2 — Informations demandées au salarié : finalité et lien avec l'aptitude professionnelle
L'article L1222-2 limite les informations que l'employeur peut demander au salarié à celles ayant un lien direct et nécessaire avec l'évaluation de ses aptitudes professionnelles.
Ce que dit l'article L1222-2
Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :
Les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, à un salarié ne peuvent avoir comme finalité que d'apprécier ses aptitudes professionnelles.
Ces informations doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l'évaluation de ses aptitudes.
Le salarié est tenu de répondre de bonne foi à ces demandes d'informations.
L'article L1222-2 protège la vie privée au travail : les informations demandées à un salarié ne peuvent servir qu'à apprécier ses aptitudes professionnelles et doivent avoir un lien direct et nécessaire avec l'emploi. En contrepartie, le salarié répond de bonne foi.
En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?
Un employeur ne peut pas demander n'importe quoi à un salarié. L'article L1222-2 fixe trois règles :
- toute information demandée (par écrit, oralement, via un questionnaire, un logiciel…) ne peut viser qu'à évaluer les aptitudes professionnelles ;
- elle doit présenter un lien direct et nécessaire avec cette évaluation ;
- le salarié est tenu d'y répondre de bonne foi.
Autrement dit, les questions sans rapport avec le poste (vie privée, situation familiale, opinions, santé hors aptitude…) sont hors-jeu. Ce principe est le pendant, en cours d'exécution du contrat, de la règle applicable au recrutement (article L1221-6).
Qui est concerné ?
- Tous les salariés, à l'embauche comme pendant l'exécution du contrat.
- Les employeurs, managers et services RH qui collectent des informations.
- Les concepteurs d'outils d'évaluation, d'entretiens et de questionnaires internes.
Ce que cela implique en pratique
Les données collectées doivent rester pertinentes et proportionnées — une exigence qui rejoint le principe de minimisation du RGPD. Le salarié peut légitimement ne pas répondre à une question sans lien avec ses aptitudes, sans que ce silence constitue une faute. À l'inverse, une réponse de mauvaise foi (mensonge) sur un point directement lié à l'emploi peut, elle, poser problème.
Articles connexes du Code du travail
L'article L1222-2 se lit en lien avec :
- Article L1222-1 — exécution de bonne foi du contrat de travail.
- Article L1121-1 — restrictions aux libertés justifiées et proportionnées.
- Article L1132-1 — principe de non-discrimination.
Cas pratiques
Cas n°1 — Questionnaire interne intrusif
Un questionnaire RH interroge les salariés sur leur situation familiale et leurs projets d'enfants. Ces informations n'ayant aucun lien direct et nécessaire avec l'aptitude professionnelle, elles ne peuvent pas être exigées (article L1222-2).
Cas n°2 — Test de compétences pour une mobilité
Pour une mobilité interne, l'employeur évalue les compétences techniques requises par le nouveau poste. Ces informations ont un lien direct avec les aptitudes : le salarié est tenu d'y répondre de bonne foi.
Questions fréquentes
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Page mise à jour le 10/07/2026.